Alors au début j'aimais vraiment beaucoup le roman mais sans plus, et la partie à Cambridge m'a moins plue car la famille Fyfe passait un peu au second plan, pour laisser la place à Jennyfer que j'ai détesté dès le début. Leur amitié était assez ambiguë même si Judith dans son innocence, ne se rendait compte de rien...je me demande si c'est la vie si proche que les étudiantes menaient 24h/24 ensemble qui fait que les sentiments même amicaux étaient si forts et si emprunts de tendresse, j'ai l'impression qu'aujourd'hui, même avec ses meilleurs amies, on reste quand même plus froides
Mais revenons au roman^^ A partir du moment où Judith n'est plus à Cambridge j'ai adoré de plus en plus, l'histoire avec Roddy m'a passionnée puis celles avec Martin et Julien aussi.
Rosamond Lehmann décrit à merveille les sentiments, c'est incroyable l'impression qu'on a, en lisant qu'elle tombe toujours juste! Je me suis totalement retrouvée en Judith dans pas mal de moments et je me disais "mais c'est exactement ça que je ressentais!", elle l'explique en quelques phrases mieux qu'on ne pourrait le faire en des dizaines de pages. J'ai trouvé les sentiments des garçons (surtout ceux de Roddy) très bien expliqués aussi, même si c'était moins détaillé, tout parait absolument clair: j'ai adoré du coup la scène de la dernière soirée entre Roddy et Judith (terrible Roddy que je n'arrive pas à détester, comme Judith ), la lettre qu'elle lui envoit ensuite et leur scène d'adieu Judith est tellement juste à ce moment, tiraillée entre l'envie de s'arrêter pour repartir avec quelques morceaux de fierté encore et celle de se dévoiler entièrement, de tenter le tout pour le tout! Quelle héroine! Pas une superwoman, mais une vraie femme-enfant, remplie de qualités, entière, passionnée, qui se laisse toucher, blesser mais est capable de trouver la force de s'en sortir toute seule. Je me suis aussi beaucoup retrouvée dans sa tendance à rêver sa vie, à en changer le cours dans sa tête avec le retour parfois rude à la réalité ensuite.
Les cousins Fyfe étaient vraiment passionants: on les découvre vraiment tout doucement, parfois on a l'impression de les avoir compris et puis non, ce n'est qu'à la fin que tout est vraiment dit. Mariella par exemple était assez mystérieuse, insaississable et sa lettre à la fin la rend accessible et humaine. Je les ai tous aimés, sauf Charlie un peu moins, car c'est celui qu'on a le moins connu. Mais Roddy reste mon préféré: il est impossible à détester, il est beaucoup trop complexe pour susciter des sentiments manichéens.
Ce roman est au final vraiment triste car il donne l'impression d'un énorme gachis pendant des années entre ces personnes qui sont quasi toutes passées à côté d'un amour réciproque. Au final seul Charlie pendant sa courte vie a été heureux en amour.
Mais en même temps le paragraphe de fin donne quand même de l'espoir.