ISBN : 2917718110
Éditeur : Griffe d'Encre (2009)


Note moyenne : 4.25/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
C’est l’histoire d’un homme...
« Le Bureau des Suicides, s’il vous plaît ? »
... qui voudrait en finir...
« Vous avez rendez-vous ? »
... mais quand la bureaucratie s’en mêle...
« Le suicide est une affaire sérieuse, monsieur. Rev... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par alex19899, le 28 décembre 2010

    alex19899
    Il s'agit d'une nouvelle de 122 pages écrite par Antoine Lencou et publiée chez Griffe d'Encre. La 4e de couverture nous met tout de suite dans le bain et donne le ton.
    Tout d'abord, l'histoire, elle se déroule sur une Terre futuriste, sans date précise. C'est dans ce futur qu'évolue Roïn Venkoo notre héros qui déçut de son existence, dans laquelle les hommes ne communiquent plus que via des écrans d'ordinateur, où le télétravail est devenu la norme. Les automates rendent la vie plus facile aux humains mais, ceux-ci ne savent plus rien faire et sont devenus totalement dépendant d'eux.
    Ensuite les personnages. L'histoire tourne autour de trois personnalités bien différentes, mais qui a elles seules portent l'histoire du début à la fin et tiennent le lecteur sous le charme. Roïn Venkoo donc, le héros suicidaire, Olcéana, sa compagne, créatrice de mode égoïste et égocentrique totalement intégrée à cette société où plus rien ne semble réel et enfin Athaïn Filiji, le chef d'entreprise et homme d'affaire sans scrupule aucun.
    Roïn insatisfait de sa vie et en total décalage par rapport à son époque, il est proche de nous tout en vivant dans ce monde qui n'a plus rien avoir avec le nôtre. Il se pose beaucoup de questions et se torture l'esprit.
    Au coeur de ce livre se trouve une réflexion, sur la mort bien sûr, mais aussi sur la vie, le choix. Dans cette société où l'on stocke l'âme des défunts pour ensuite la réutiliser, la question de l'éthique se pose bien évidemment et de jusqu'à quel point peut-on accepter les choses et les innovations censées nous offrir une vie meilleure. Que penser d'une société qui contrôle chaque seconde de votre et qui va même décider si vous pouvez mourir ou non (allant jusqu'à vous ressuscitez si vous enfreigniez sa décision).
    La lecture est fluide et agréable. La nouvelle n'est pas trop longue ce qui lui permet de ne pas s'essouffler. le cadre ainsi que les personnages sont bien définis dans les premières pages de la nouvelle. On accroche facilement à l'histoire. De plus cette société bien qu'étant très futuriste et éloignée de la nôtre ne semble pas si lointaine. Pour ma part, le mobilier qui se connecte à internet, parle, aide son propriétaire et la cuisine automatique me font vraiment penser à cette quête que nous menons actuellement, avec des appareils de plus en plus performant, qui font de plus en plus de chose pour nous laisser de plus en plus de "liberté". Et si ce monde dépeint par Antoine Lencou n'était que le miroir d'une société toute proche...
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    • Livres 4.00/5
    Par KORTO, le 24 novembre 2010

    KORTO
    Parole d'ascenseur : "Nous sommes 445 milliards de machines et 7 milliards d'humains à nous partager cette planète. Les ressources communes ne sont pas infinies et doivent être gérées avec soin." Dans cette société où les machines sont ultra-présentes, et les êtres humains effacés, enfermés chez eux (télétravail), et les contacts corporels et charnels auto-bannis au nom de la prévention sanitaire, il n'y a plus d'enfants à naître. La grossesse de la femme est d'ailleurs jugée dégradante pour le corps humain... L'être humain devient donc une ressource finie, qui ne peut pas tout à fait prétendre à l'autodétermination.... en tout cas dans un cadre limité. Notre héros, Roïn Venkoo, travailleur émérite, un des derniers à sortir de chez lui, demande la permission de mourir. Il n'a plus de motivation dans ce monde de machine, son travail ne le passionne pas, et sa femme, être extravagant inutile à la société (et qui le paiera) le lasse. Mais dans un monde animé par des robots-fonctionnaires, la permission de se suicider passe en examen... dans 6 mois. Trop long pour un dépressif... Dans un coup de tête, il saute dans le vide (300 m de chute) et passe ainsi outre la permission. Grave erreur... constatera-t-il au réveil. Son corps est reconstitué, son cerveau réinitialisé : " Lorsque vous êtes entré dans nos services, votre cerveau était inactif depuis quelques minutes, mais votre sauvegarde psy avait bien fonctionné. Nos neurochirurgiens ont prélevé votre encéphale, ont retiré la capsule bio avec laquelle ils ont programmé une endive qu'ils ont réimplantée dans votre crâne."
    Hors-la-loi par son acte, Roïn est condamné à une lourde peine : vivre. Dans ce monde où les maladies sont vaincues, la vieillesse des cellules aussi, c'est une condamnation à perpétuité.... ad vitam eternam.

    Antoine Lencou nous entraîne sur cette nouvelle de 122 pages sur un terrain intéressant : notre place dans la société, notre utilité au regard du monde extérieur, notre réelle capacité d'autodétermination. Si notre liberté s'arrête là où celle des autres commence, que dire des lois implicites qui régissent les sociétés ? Quand un mode de vie est imposée à tous sans concertation de chacun, peut-on parler de dictature par le nombre ou de soumission inconsciente de troupeaux dociles ? Si le propre du politique est de décréter le bonheur des foules à leurs dépends, l'état d'abrutissement qu'un monde aux apparences oisives nous impose sera-t-il suffisant à tirer l'humanité vers le haut et la faire progresser ? plus généralement : qu'est-ce que le bonheur, quelle est l'unité de mesure pour l'appréhender ? Quand on a tout, qu'est-ce qui manque encore ? Sujet de philo pour le bac, ou de thèse pour les psys : pourquoi prétendre à ce que l'on n'a pas ? Et pour les sociologues: l'art est-il inutile ?

    Autour de cette nouvelle, et des questions ainsi posées, on peut parler du livre en lui-même. Agréable à lire et bonne prise en main, format poche, avec un petit plus : le marque-page aux couleurs du livre. Pas de faute de typo, c'est agréable, pas de faute d'orthographe suite à de mauvaises relectures, agréable aussi (merci si j'en crois les "crédits" à Magali Duez, Réjane Durand, Menolly, Lucile Orliac).
    L'éditeur : Griffe d'Encre édition, se définit ainsi : une ligne éditoriale entre réel et imaginaire (bref de l'anticipation), un site web une boutique et un forum : http://www.griffedencre.fr/. le catalogue laisse apparaître de belles promesses de lecture. Personnellement, j'ai eu ce livre entre les mains grâce à Babelio et masse Critique spécial SFFF, et tomber sur un éditeur qui n'édite que ce genre de livres me ravit au plus haut point, étant donné que c'est mon style préféré.gageons que de belles perles s'y cachent... Merci donc à Babelio, et aux éditeurs qui sont plus grands que le "petit" par lequel ils s'auto-désignent...

    L'auteur Antoine Lencou m'était inconnu. Il a commis d'autres romans et nouvelles, et je vais de ce pas ajouter à Babélio une biographie de l'auteur telle qu'elle est décrite dans le site Internet de Griffe d'Encre. le lien : http://www.babelio.com/auteur/Lencou-Antoine/110784

    Pour clore le tout : une lecture très agréable, une histoire intéressante et pas très banale, une mise en situation intéressante qui laisse apparaître une suite... pourquoi pas ?

    Lien : http://www.avoriaz-vacances.fr/2010/11/votre-mort-nous-appartient-an..
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    • Livres 4.00/5
    Par Zazette97, le 26 novembre 2010

    Zazette97
    "Votre mort nous appartient" est une nouvelle publiée en 2009 et signée de l'écrivain français Antoine Lencou.
    Roïn Venkoo est un homme mal dans sa peau et dans son époque. Marié à Olcéana Xinava, une créatrice de mode fantasque et égocentrique, il mène une vie sans plaisir dans ce monde cloisonné où les hommes servis par des machines et des androïdes restent confinés chez eux, travaillant à domicile et communiquant majoritairement par l'intermédiaire de réseaux de communication. Les religions ont disparu sous le poids de la promesse d'une vie éternelle et depuis que le Forum Féminin Familial désapprouve la grossesse, le taux de natalité est en chute.
    Aliéné par cette société régie par une virtualité permanente, Roïn décide d'introduire une requête auprès du Service des Suicidés.
    Mais son désir d'en finir avec la vie se heurte à une administration peu compatissante qui ne lui accorde un rendez-vous que dans 6 mois.
    Or Roïn n'en peut plus d'attendre et décide de se jeter du haut d'un immeuble.
    A son réveil, il se rend compte qu'il a survécu et qu'il est sur le point de connaître sa sentence pour avoir outrepassé la loi. le juge fait annuler sa demande de suicide pour une durée de 107 ans et l'oblige à intégrer l'administration.
    Roïn choisit d'être affecté à l'Administration des Défunts. Bien que les décès surviennent encore, les âmes sont conservées sur support magnétique et peuvent être réimplantées dans un corps si besoin est. La mission de Roïn consiste à repérer les doublons et à les effacer.
    Mais au bout de quelques jours, le jeune homme constate une faille dans le système...
    Découpé en 25 chapitres courts, "Votre mort nous appartient" nous plonge dès les premières lignes dans un univers aux accents futuristes, lisse et aseptisé, au sein duquel les technologies régissent les rapports entre les êtres humains.
    Portés par un individualisme exacerbé, les hommes vivent en autarcie dans des appartements minimalistes mais modulables à souhait et qui contiennent tout ce qui est nécessaire à une vie d'assisté. Qui ne rêverait pas de se faire masser par un coussin qui lui tend les bras ou de se voir offrir n'importe quel rafraîchissement par sa table de salon?
    A l'évidence plus humain que les autres individus de son espèce, Roïn est un incompris, une âme sensible et réfléchie à qui cette oisiveté ne suffit pas. Contrairement aux autres, il aime se rendre au travail et prendre l'air pour admirer le monde extérieur.
    C'est pourtant depuis son salon que Roïn devra s'en remettre à une table espionne et un coussin hacker pour mener l'enquête et prouver la faillibilité du système en place, un système qui a fait de la mort son fond de commerce.
    Même si au cours de ma lecture, j'ai ressenti comme un goût de déjà lu/vu (je pense notamment aux oeuvres d'Orwell et de Wells, le tout baignant dans une absurdité toute kafkaïenne), j'ai trouvé l'intrigue cohérente et les personnages fort bien brossés et surtout, j'ai pris plaisir à voir les dérives de notre société (surpopulation, pollution, rentabilité maximum, mécanisation croissante des services, invasion du virtuel,...) soumises à l'imagination et à la plume vive et souvent drôle d'Antoine Lencou !

    Lien : http://contesdefaits.blogspot.com/2010/11/votre-mort-nous-appartient..
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Citations et extraits

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  • Par KORTO, le 24 novembre 2010

    (4ème de couverture)

    C'est l'histoire d'un homme...
    "Le Bureau des Suicides, s'il vous plait ? "
    ... qui voudrait en finir...
    "vous avez rendez-vous ? "
    ... mais quand la bureaucratie s'en mêle...
    "le suicide est une affaire sérieuse, monsieur. Revenez dans six mois."
    ... et qu'il prend en main son destin...
    Splash !
    ... il a une drôle de surprise au réveil...
    "Je ne suis pas mort ?
    - Disons que vous ne l'êtes plus."
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  • Par Zazette97, le 26 novembre 2010

    Il avait surtout oublié que la société, sa société, ne pouvait tolérer un décès qui n'entrait pas dans ses préceptes de vie. Elle l'avait donc ressuscité, et ses interrogations de son vivant laissaient place à des craintes sur son après-mort. Qui était-il devenu? Comment? Dans quelles conditions? Chaque cellule de ses chairs, chaque pore de sa peau, chaque pensée de sa conscience lui posaient tous la seule et même question : suis-je encore moi-même? Nul - et surtout pas lui - ne pouvait l'affirmer. Il en souffrait le martyre. p.37
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  • Par Zazette97, le 26 novembre 2010

    Décidément, il ne comprenait pas sa société, ses aspirations et ses desseins. Sans doute, ces enregistrements étaient à l'origine de son propre devenir. La technologie et la médecine de son époque les avaient transformés en une arme contre la mort, et la plupart de ses concitoyens, sinon la totalité, voyaient en eux le progrès ultime, définitif. Mais à quel prix? Celui de leur avilissement. p.57
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  • Par Zazette97, le 26 novembre 2010

    Vous n'imaginez pas la quantité de dérogations nécessaires à l'obtention d'un permis de suicide, la prise en charge de l'euthanasie et le remplacement de votre poste vacant. Sans compter que les services d'enregistrement des décès sont complètement surchargés avec la nouvelle loi sur la classification et l'évaluation des âmes sauvegardées sur support holographique. p.9
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  • Par Zazette97, le 26 novembre 2010

    L'avenir appartient à ceux qui savent l'anticiper. p.19
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