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ISBN : 2754804242
Éditeur : Futuropolis (2011)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 154 notes)
Résumé :
C’est un récit de voyage, un reportage dessiné, où se mêlent les mots, la bande dessinée, les grandes illustrations couleur, les portraits et croquis pris sur le vif. De ces terres australes, de ce monde au bout du monde, dont on dit qu’il est le point le plus isolé du globe, Emmanuel Lepage nous rapporte un récit vivant, chaleureux, mystérieux et, surtout, profondément humain.

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Critiques, Analyses & Avis (47) Voir plus Ajouter une critique
gill
gill26 janvier 2015
  • Livres 5.00/5
Est-ce encore de la bande-dessinée lorsque, devenant réalité, le rêve parvient à se glisser ainsi entre ciel et océan ?
L'auteur, Emmanuel Lepage, renoue, dans ce splendide album, avec une longue tradition de peintres explorateurs.
Il nous offre un voyage unique, une aventure sans pareille.
A bord du "Marion Dufresne", qui effectue les ravitaillements des terres australes françaises, ce jeune dessinateur va vivre de palpitants jours de mer.
Le voyage passe par l'île de la Réunion mais ne s'y attarde pas.
Dommage mais on y reviendra.
Le cap est mis sur Tromelin, l'ile de sable, lieu de ponte des tortues vertes.
Le dépaysement est total.
Au quatrième jour, le bâtiment est de retour au Port, au dessus duquel s'ouvre le cirque de Mafate.
Les cuves de gasoil sont pleines.
Au cinquième jour, enfin, cap au sud...
Façonné au talent pur, fait d'aquarelles, de crayonnés noir et blanc, de portraits, d'un récit de navigation et de voyages dans le temps, ce magnifique ouvrage est une véritable réussite, un livre exceptionnel.
Articulé autour de passionnantes rencontres, il offre plusieurs destinations qui, étant heureusement inaccessibles au tourisme, sont souvent entourées de mystère.
Ce livre est beau et intelligent, original dans sa forme et astucieux dans sa narration.
On y aperçoit, mieux qu'avec ses yeux, la véritable beauté de ces paysages abrupts des froides terres françaises du sud...
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Myriam3
Myriam321 février 2016
  • Livres 5.00/5
Au premier abord, j'avais hésité à prendre ce livre, trouvant les illustrations trop ternes et trop réalistes, mais le titre m'a retenue. Finalement, ce seront elles, surtout, qu'il me restera quand je repenserai à cette magnifique BD!
L'auteur, Emmanuel Lepage, se retrouve embarqué à bord du Marion, en partance pour l'autre bout du monde: les îles australes Crozet, Kerguelen, Saint-Paul et Amsterdam, au sud du continent africain. Son rôle, illustrer, auprès de son frère photographe et de leur amie Caroline, journaliste, la rotation des équipes scientifiques travaillant sur ces îles.
On ne peut pas dire que le récit soit plein de rebondissements, mais le voyage en lui-même et la vie de ces marins et scientifiques est une aventure en soi. Isolés du reste du monde dans un milieu hostile de glace et de tempêtes, entourés de manchots et d'éléphants de mer, interdits de cultures de fruits et de légumes pour ne pas nuire à la flore endémique tout comme ils vont l'être bientôt de bétail, ces hommes et ces femmes qui oeuvrent pour la science méritent la reconnaissance et c'est l'objectif de cette BD, faire connaître leur travail et ce qu'ils endurent.
Les marins du Marion ne sont pas en reste. Il en faut d'exceptionnels pour lutter contre la violence de la nature et mener ces scientifiques à bon port.
Le récit de cette rotation est efficacement racontée, les îles baignent dans le mystère dont Lepage essaie de s'emparer, parfois désemparé de ne les découvrir que pour quelques heures, quelques jours. Toutes ont un passé, des deuils, des couples qui se forment, des tragédies du temps des colonisations.
Mais là où j'ai été époustouflée, c'est par la maîtrise de Lepage quant aux illustrations: crayons noirs, aquarelles, gouache, et notamment la texture du papier épais que l'album rend si bien, un véritable travail tour-à-tour de précision et d'aplats de couleur.
Lepage dit s'attacher au réalisme mais, je dois bien l'avouer, ce sont ses paysages impressionnistes qui m'ont subjuguée.
Lien : http://pourunmot.blogspot.fr..
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mariecesttout
mariecesttout05 février 2014
  • Livres 5.00/5
Alors.. je ne vais pas vous raconter ma vie- surtout que ce n'est pas la mienne, mais un peu quand même- il se trouve que mon mari a fait son service militaire ( contraint et forcé, cela existait encore) comme VAT aux Iles Kerguelen. Cette destination avait été volontairement choisie. Il faut dire que plus sauvage, plus isolé, il n'y avait pas d'autre possibilité. Plus sympathique pour moi, certes, il y avait. Il y est parti avec une mission bien précise sur le plan scientifique, étudier une espèce particulière, l'homme. L'homme et pas la femme , à l'époque, il n'y avait pas de femmes sur l'île. Enfin, si un américain est venu avec sa secrétaire. Ils sont repartis très vite. Très, très vite.
Et l'homme en groupes et en milieu hostile et confiné. Les autres l'appelaient Papa Freud. Au retour, il a changé de spécialité.
Et , accessoirement , il devait, bien entendu ,après une préparation succincte au Val de Grâce, oeuvrer avec son confrère aussi... brillant et bien préparé que lui à assurer la sécurité médicale de cette communauté masculine des îles Kerguelen. Ceci pendant 14 mois. Je préfère ne pas commenter. Heureusement il y avait Allo!! Au secours le Val de Grâce!! Je fais quoi???
Ceci pour dire que quand cette BD est arrivée ( joyeux Noël, Papa!) , j'étais en terrain connu. le Marion Dufresne, les îles elles-mêmes, ses plages idylliques de sable noir où s'ébattent des éléphants de mer, ses manchots , pétrels etc, etc, ont alimenté 14 mois de courrier, et les années suivantes. Avec tous les camarades des TAAF.. Tous ravis de leur séjour! Ah, ces balades où on fait deux pas à la demie-heure ( enfin, beaucoup en arrière tant le vent est violent) , ah ces plongées dans une eau à 2° où on ne voit rien, mais on n'est pas là pour voir, ah, jouer à piquer la femelle d'un éléphant de mer, etc, etc, enfin, ils se sont bien amusés. Il manque dans cet album quelques épisodes, l'ascension du Mont Ross par des alpinistes déjantés ( on part à 3 h du mat après quelques bouffées de ce truc qui donne du coeur au ventre) et des épisodes disons plus dramatiques.
Donc en terrain connu, mais modernisé. Maintenant, les Kerguelen sont accessibles à tous ( à condition d'y mettre le prix..), il y a même des femmes!!
Sinon, oui, l'atmosphère telle que décrite du voyage, de ces amitiés qui se créent très vite, de l'enthousiasme de tous, du climat, de la force des éléments, oui, je l'ai bien retrouvée.Lui aussi.
Sur le plan graphisme, c'est très beau. Notamment les aquarelles, et Lepage a du mérite, car, visiblement, il a vraiment emmené ses palettes dans ses balades, et ça ne devait pas être évident.
J'ai beaucoup aimé ce qu'on devine aussi à travers ce qu'il dessine- et ce qu'il écrit, de lui-même. Quelqu'un de passionné, curieux, et généreux. Il m'a donné envie de découvrir d'autres ouvrages , en particulier Un printemps à Tchernobyl.
Après.. je préfère passer sur les réflexions un peu mesquines du genre" oui, il dessine très bien, mais..un mois,dans un aussi grandiose endroit ( sic) qu'est ce que c'est??"
Moi, je ne s'y serais pas restée une heure.. Ou, à la limite, à l'intérieur, avec un tas de bouquins??
Mais, comme le dit Emmanuel Lepage, je crois aussi qu'il faut ( comme partout..) y rester plus longtemps , s'aventurer , contempler, pour vraiment ne pas repartir un peu frustré de cette aventure. Car c'en est une, une vraie.
Combien de temps encore la France va-t-elle pouvoir permettre à des scientifiques de concrétiser des recherches, c'est un sujet qu'il évoque, là comme ailleurs, les budgets se restreignent.
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christinebeausson
christinebeausson05 août 2015
  • Livres 5.00/5
Je rêve...
Passer les quarantièmes rugissants,
Croset,
Un mirage glacial, les falaises noires,les nuages fous et l'air qui devient lame,
Aller à la baie du marin pour découvrir les pin.... Manchots pardon,
Les éléphants de mer, les albatros, dindes blanches posées sur l'herbe,
Puis
Kerguelen
Voir l'arche, la porte des iles de la désolation ou ce qu'il en reste, juste les piliers ( elle s'est effondrée au début du vingtième siècle ),
Naviguer dans la baie d'Audierne, voir le mont Cook, les cathédrales de basalte qui surgissent des entrailles de la terre,
Découvrir au fond du golfe du Morbihan, Port aux Français, passer devant l'abri côtier et le café du port,
Monter sur les hauteurs pour entrer à Notre Dame des Vents, rencontrer les âmes des pionniers, se souvenir des drames et des rêves suscités par ces contrées,
Côtoyer la mouche de Kerguelen, la mouche sans ailes, qui vole en se laissant porter par le vent, et qui fait de la graisse pour supporter le froid !
Jeter l'ancre à Port Jeanne d'arc, y voir les restes de l'usine baleinière des frères Bossière
Repartir, longer l'île des géants couchés,
Affronter le vent qui pourrait arracher les portières des voitures si elles n'étaient pas retenues par des chaînes,
Voir les aurores australes,
Saint Paul,
Saint Paul avec encore les frères Bossière qui là, voulaient exploiter la langouste alors découvrir les ruines de la conserverie et se souvenir de l'histoire vraie des oubliés,
Amsterdam
Retrouver un semblant de civilisation avec l'île Amsterdam, des arbres, des hortensias il n'y a juste que les otaries agressives pour oublier que nous sommes à l'autre bout du monde et pas dans une ile bretonne.
Quelle belle rencontre avec ces hommes qui partagent la même passion pour l'avenir de l'Homme.
Quel beau voyage, mes yeux sont éblouis par tant d'immensités, mes sens sont émerveillés, le voyage d'une vie, le voyage au bout des autres et de soi même, le voyage que j'ai toujours rêver de faire !
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trust_me
trust_me16 janvier 2013
En mars 2010, Emmanuel Lepage et son frère photographe passent un mois à bord du Marion Dufresne, un navire assurant le ravitaillement et la relève de personnel des TAFF (Terres australes et antarctiques françaises). de la Réunion aux Kerguelen en passant par St Paul et les îles Crozet, le dessinateur découvre la fureur des 40èmes rugissants et des 50èmes hurlants et vit une incroyable aventure humaine vers « le bout du bout du monde ». A bord du bateau, des scientifiques, des militaires et quelques touristes triés sur le volet. Lepage décrit l'expérience de manière linéaire et chronologique, réalisant des portraits, recueillant des témoignages et croquant sur le vif la faune et la flore propres à chaque île. Il s'autorise aussi quelques flash-backs historiques sur l'histoire de certains lieux emblématiques (notamment les Kerguelen) et s'attarde le plus souvent sur les menus détails qui régissent la vie à bord, focalisant son attention sur les liens qui se créent à l'intérieur de ces petites communautés isolées. La tension est souvent palpable dans cet univers clôt mais au final l'entraide et la fraternité demeurent les garants d'une certaine forme de stabilité.
Le dessin, tantôt au pastel, à l'aquarelle ou au fusain, est somptueux. le rendu de la texture de l'eau, sa transparence, le jeu sur la lumière, tout est magnifique. Lepage a établi un code simple pour que le lecteur s'y retrouve entre ce qui a été dessiné sur place et le reste : la couleur pour les croquis d'après nature, le sépia pour les flashs-back et le lavis en noir et blanc pour le présent du récit.
Hommage à la France du bout du monde et aux hommes qui y consacrent une bonne partie de leur vie, Voyage aux îles de la Désolation n'est pas qu'un simple carnet de voyage, loin de là. Si je devais le comparer avec Un printemps à Tchernobyl, il me semble que je préférerais quand même ce dernier. Sans doute pour son coté plus introspectif. L'expérience menée en Ukraine a quelque chose d'intime, c'est une réflexion très personnelle alors que ce récit maritime est davantage tourné vers autrui. En soi, ce n'est pas un défaut mais cela me touche moins. Ne vous méprenez pas pour autant, cet album reste une pépite et si vous êtes en manque d'embruns et de dépaysement, vous ne trouverez pas mieux pour respirer à pleins poumons l'air du grand large.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Les critiques presse (1)
ActuaBD27 août 2011
[..] Emmanuel Lepage revient à une thématique dans laquelle il excelle : la quête d’aventure dans un espace vierge et exotique. L’auteur nous raconte l’un de ses propres voyages aux « Îles de la Désolation », au large des Terres australes et antarctiques françaises. Une œuvre brillante, passionnante et interpellante.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Citations & extraits (30) Voir plus Ajouter une citation
miladomilado14 février 2013
(dédicace de l'auteur, Emmanuel Lepage, qui a fait le voyage avec son frère François) :
" ... je tiens à remercier chaleureusement :
Marie-Thérèse et Jean-Paul Lepage, pour avoir donné à leur enfants le goût immodéré du voyage, leur avoir appris à vivre les yeux ouverts... et donné le plaisir de se plonger dans les cartes.
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ChezLoChezLo14 janvier 2012
Ker-gue-len. Un mot qui racle la gorge puis se couche sur le palais. Ker-gue-len. Un nom breton égaré en Antarctique. Je n'imaginais pas terres plus perdues, plus lointaines. C'était le monde du bout du monde...Et voilà qu'on me proposait de m'y rendre...J'allais affronter une mer que les marins qualifient de rugissante, de hurlante même. La mer que je ne connais que de la côte, la mer que je contemple chaque matin, sans jamais l'avoir prise pourtant. [...] ...peut-être, enfin, la comprendre...et savoir la dessiner à mon tour.
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JumaxJumax06 janvier 2016
Ker-Gue-Len. Un mot qui racle la gorge puis se couche sur le palais. Ker-Gue-Len. Un nom Breton égaré en Antarctique. Je n'imaginais terres plus perdues plus lointaines. C'était le monde du bout du monde.
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colimassoncolimasson17 décembre 2011
- Je crois que si on met des gens sur les îles, il faut leur donner les moyens de vivre normalement. Ce choix, pour moi, est radical. Plus politique que scientifique.
- Politique ?
- Il y a, je crois, au fond, une nostalgie d’un état originel. On a fait des erreurs au cours des décennies passées en introduisant des espèces étrangères. Comme les chats, par exemple, pour éradiquer les rats amenés par les navires au fil des siècles. Les chats, en fait, ont trouvé bien plus facile de manger les poussins et les œufs des pétrels ! On a introduit dans les années 50 la myxomatose pour tuer les lapins, qui sont les plus grands responsables de la dégradation des îles. Ils sont progressivement devenus résistants au virus… Bref, la liste est longue des tentatives ratées ! Pour moi, il y a quelque chose de très « catho » dans ce choix de supprimer radicalement les serres : en gros, l’homme a fauté en introduisant des espèces étrangères, il lui faut encore expier par la privation !
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mandarine43mandarine4307 décembre 2011
Alors que le "je" fait place au "nous", chacun semble plongé en lui-même.
Peu à peu, nous prenons la mesure de l'infini qui nous entoure. De notre vulnérabilité.
Nous sommes seuls.
Plus de retour possible, plus de portable, plus d'internet, plus rien de ce qui, aujourd'hui, régit notre quotidien et nous rassure n'existe ici.
Les terres australes seraient comme la promesse d'un temps qui n'est plus.
Et le voyage, une nostalgie.
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