ISBN : 2754804242
Éditeur : Futuropolis (2011)


Note moyenne : 4.45/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres

C’est un récit de voyage, un reportage dessiné, où se mêlent les mots, la bande dessinée, les grandes illustrations couleur, les portraits et croquis pris sur le vif. De ces terres australes, de ce monde au bout du monde, dont on... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par emmyne, le 02 novembre 2011

    emmyne
    Un carnet de voyage, un documentaire, de croquis, d'aquarelles, de tableaux pleine pages, de couleurs et crayons noirs. Et des mots qui donnent autant que les images.
    " Ker-gue-len. Un mot qui racle la gorge puis se couche sur le palais. Ker-gue-len. Un nom breton égaré en Antarctique. Je n'imaginais pas terres plus perdues, plus lointaines. C'était le monde du bout du monde...Et voilà qu'on me proposait de m'y rendre...J'allais affronter une mer que les marins qualifient de rugissante, de hurlante même. La mer que je ne connais que de la côte, la mer que je contemple chaque matin, sans jamais l'avoir prise pourtant. [...] ...peut-être, enfin, la comprendre...et savoir la dessiner à mon tour. "
    Un récit autobiographique qui mêle toute la dimension humaine de l'expédition à la magie de la découverte nature, nourrie par les grands romans. Plus de 150 pages foisonnantes d'une chronique au jour le jour, trente jours de navigation, qui racontent avec réalisme et précision la marine contemporaine, les bases scientifiques - leurs fonctions, les missions, l'organisation pour y vivre - , la logistique, les îles - ces réserves naturelles, leur écosystème fragile, son évolution et ses impératifs -; des pages qui reviennent aussi sur les faits historiques superbement mis en couleurs dans des tons sépias. le crayon s'attarde sur les portraits, la profession de chacun sur ce navire, marins et chercheurs, les attentes des passagers " invités ", la diversité des personnalités et des motivations de ces voyageurs réunis ( cinéaste et photographe, membres de ministères, " touristes ", un ingénieur spatial... ), sur les " hivernants " ( ceux qui restent à terre plus d'un an parfois ), leur isolement, leur passion, sur la rigueur et les difficultés liées aux conditions météorologiques.
    Je suis sur la lune. Un univers minéral battu par les vents. Je sens cette force tellurique sous mes pieds. Une mousse spongieuse tente de s'accrocher à une roche noire, tranchante. Glissante. le froid, la pluie horizontale. J'essaie de croquer le glacier, tache turquoise enchâssée dans des camaïeux d'ocres, de bruns et de noirs. le papier est détrempé, se gondole, se plie, sous les bourrasques. le crayon accroche à peine..."
    Emmanuel Lepage, à travers cette expérience unique, évoque son art, son rôle du dessinateur, l'accueil qui lui est réservé, les réactions, la curiosité.
    " - Vous allez nous dessiner ?
    Le dessin inspire la bienveillance. C'est un sésame incroyable qui déverrouille les hiérarchies, les classes et les âges...Dessiner, c'est ma façon d'être au monde. [...] Personne n'a peur du dessin. On aime le voir en train de se faire. On s'en approche spontanément. Il renvoie à l'enfance. Et puis, c'est un moyen de rencontres et de complicités qui se passent de mots. [...] Dessiner oblige à se poser. le temps est suspendu. [...] Cormorans, otaries, phoques, éléphants de mer, manchots royaux, manchots papous font danser mon crayon. Ils m'observent autant que je les observe..."
    Des dessins sur le vif, pourtant fouillé, le trait intuitif, sensible, à l'essentiel, à l'expression, à l'émotion de ce qui est vu et ressenti. Un récit d'aventures modernes, une intensité du regard par les plans resserrés qui disent toute l'activité et les échanges, avec les peintures en camaïeux qui dévoilent la beauté des sites, du voyage, des heures partagées.
    " J'envie ces hivernants qui sillonnent cette île pas après pas, jour après jour. Qu'apprennent-ils de l'île, qu'apprennent-ils des autres, qu'apprennent-ils d'eux-mêmes ? "
    Un album hommage et témoignage offert autant aux compagnons qu'aux paysages, un album généreux.



    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/11/02/22510216.html..
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 17 décembre 2011

    colimasson


    Les rêves d'enfance d'Emmanuel Lepage prenaient leurs sources dans les albums d'aventure de Tintin et dans des manuels de géographie et de cartographie où il s'inventait la représentation des terres fabuleuses que lui inspiraient les noms de Crozet, Kerguelen, Amsterdam, jadis surnommées « les îles de la Désolation »…
    Des années plus tard, en mars et avril 2010, Emmanuel Lepage embarque sur le Marion Dufresne, au départ de Saint-Denis de la Réunion, en direction des Terres Australes et Antarctiques Françaises. L'occasion de confronter enfin son imaginaire à la réalité, dans une découverte qui pourra soit briser le rêve, soit le renforcer encore davantage.

    A la beauté de l'album qui résulte de cette expédition, il ne fait aucun doute que ce voyage a réussi à renforcer le charme qu'exerçaient ces terres lointaines sur Emmanuel Lepage. Sur plus de 150 pages, l'auteur déploie tous ses talents de dessinateur et d'aquarelliste et les met au service de la représentation des autres voyageurs du Marion Dufresne –scientifiques venus en mission, militaires, contractuels chargés du fonctionnement du navire, artistes et touristes- mais aussi, et surtout, des paysages magnifiques qui seront son quotidien pendant plusieurs semaines.

    Esthétiquement, les planches d'Emmanuel Lepage sont un ravissement. le grand format de l'album permet de déployer au mieux ses aquarelles pour en révéler toute la majesté et la grandeur. Paysages maritimes ou terrestres, souvent désolés et sauvages, paysages diurnes ou nocturnes, sous le soleil ou les bourrasques de vent, toutes les conditions les plus variées semblent avoir été offertes à Emmanuel Lepage pour lui donner la possibilité d'exercer son talent.
    Mais ce document n'est pas qu'un recueil de dessins et d'aquarelles, et le tout est lié par le récit au jour le jour du voyage à bord du Marion Dufresnes. A travers les relations liées par Emmanuel Lepage, on découvre les autres participants au voyage et la diversité des motivations qui les a réunis à bord du navire. On s'infiltre également dans les pensées de l'auteur et, sans virer pour autant à l'indiscrétion, on découvre, brossés de manière discrète, les principaux traits de son caractère, entre amour de la nature sauvage, curiosité, bravoure et rêverie. le tout est ponctué de quelques petites anecdotes historiques et scientifiques qui ne cesseront pas d'étonner le lecteur.

    Le pari des artistes regroupés à bord du Marion Dufresnes –faire découvrir ces expéditions scientifiques au grand public- est réussi pour Emmanuel Lepage. le voyage qu'il décrit dans les pages de cet album pourrait bien donner envie aux plus courageux de s'embarquer pour une expédition du même type. Mais si le devoir d'affronter la solitude, le dépaysement et le froid sont des limites que peu de gens sont près à franchir, la lecture de cet album procurera déjà une grande ivresse et un plaisir esthétique non négligeable.


    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-voyage-aux-iles-de-la-desola..
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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 09 août 2011

    chocobogirl
    2010. Emmanuel Lepage, le dessinateur, vient d'obtenir la possibilité de voyager à bord du Marion Dufresne en direction des TAAF (Terres australes et antarctiques françaises). Voyage aux iles de la désolation est son carnet de voyage où se mélange aquarelles et récit de son périple.
    Les îles de la désolation, mais où sont-elles ? En fait, il s'agit du surnom donné aux îles Kerguelen situées au beau milieu de l'océan indien, à proximité des terres arctiques. Au départ de La Réunion, Emmanuel Lepage est donc parti à bord d'un navire qui effectue la navette dans les TAAF et ravitaille ses terres éloignées qui ne doivent leur survie qu'à ces maigres voyages.
    Iles Crozet, Saint-Paul-et-Amsterdam, Kerguelen : des terres difficiles donc qui sont pour la plupart habitées par des scientifiques passionnés qui sacrifient souvent leur vie personnelle au service de leur travail.
    A travers les yeux d'Emmanuel Lepage, nous découvrons la vie à bord du bateau et le quotidien de l'équipage : la navigation difficile, le poste de commandement, les repas avec les membres de l'équipage qu'il nous présente par ailleurs individuellement, les manoeuvres de déchargement des marchandises qui se compliquent avec la réduction du personnel. L'immersion dans ce voyage maritime est totale.
    Les arrêts dans les îles sont l'occasion pour Lepage de croquer ses habitants, humains ou animals. On découvre les difficultés de la communauté scientifique, ses récriminations (l'absence trop fréquente de légumes frais par exemple dû à la suppression des potagers locaux, susceptibles de menacer la flore locale) comme ses joies (nuits étoilées sans pareil). On assiste aux magnifiques ballets des animaux : les manchots, les éléphants de mer, les albatros, ...
    Le dessinateur n'hésite pas à évoquer les conditions difficiles pour son art : vent d'une force à vous envoler, pluie battante qui ponctue les feuillets, animaux curieux, ou même temps compté qui oblige à un crayonné fait dans l'urgence.
    Et pourtant, quel résultat !! Cet album est tout simplement magnifique !
    Ces 5 mois de voyage ont donnés un recueil extrêmement vivant qui rapporte avec une palette chatoyante une expérience rare. L'album est construit sur une base de noir et blanc mais se ponctue régulièrement de vignettes ou de pages totalement en couleurs. Utilisant l'aquarelle, Lepage magnifie avec brio les immensités glaciales de l'arctique, les mers agitées, les colonies d'animaux. Certaines double-pages sont même de véritables peintures !
    Vous l'aurez compris, ce carnet de voyage est une vraie réussite et ravira tous les amateurs de voyage maritime ou non. Un beau coup de coeur pour moi !

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-voyage-aux-iles-de-la-..
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    • Livres 5.00/5
    Par ChezLo, le 14 janvier 2012

    ChezLo
    Depuis le temps qu'il en rêvait lui aussi, ça y est, il va pouvoir embarquer pour les TAAF, les Terres Australes et Antarctiques Françaises. le bout du monde. Les îles de Crozet, Saint Paul, Kerguelen, Amsterdam. Des noms qui font rêver ou frémir. C'est un voyage pas comme les autres qui s'annonce au printemps 2010. Départ sur l'île de la Réunion, d'où Emmanuel Lepage, ainsi que quelques touristes scientifiques et journalistes, embarque avec à bord du Marion Dufresne, le navire qui assure les ravitaillements en vivres, matériel et fioul ainsi que la relève des équipes disséminées sur les archipels. Durant un mois, Emmanuel Lepage partagera et croquera la vie des insulaires, des marins, des voyageurs, dans des conditions de vie extrêmes, au milieu d'une nature extraordinaire.

    Il suffit d'ouvrir au hasard une page de l'album pour se dire qu'on va vivre un grand moment graphique. En effet, les dessins sont de toute beauté, croquis, aquarelles, couleurs froides, traits gras, illustrations grand format. C'est un pur régal pour les yeux. Emmanuel Lepage dessine tout du quotidien : les repas à bord, les séances de dessin sur le pont, le mal de mer, les escales sur les îles, les ennuis techniques, le mauvais temps, la nature dépaysante, la faune, les stations scientifiques et les hommes et femmes qui partagent la mission. Beaucoup d'humanité transparaît, grâce aux croquis qu'il fait de presque chaque passager, leur demandant de signer au bas de l'esquisse. Il personnifie ces terres australes hostiles et les expéditions du Marion Dufresne dont beaucoup ignorent l'existence.
    Rarement documentaire n'aura été aussi bien mis en images, un témoignage vivant, des croquis vibrants qui ont été esquissés dans l'urgence, un regard émerveillé et humble qui m'a séduite. Un voyage émotionnel, scientifique et social, au sein d'un microcosme à la vie et aux habitudes particulières.

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2012/01/voyage-aux-iles-de-la-desol..
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    • Livres 5.00/5
    Par Deuzenn, le 15 juin 2011

    Deuzenn
    Emmanuel Lepage rêvait de partir pour Kerguelen. Un coup de fil et le voilà en route pour ces îles perdues au bout du monde.
    Ce livre est plus qu'une bande dessinée, c'est surtout un carnet de voyage sublime. E. Lepage a mêlé différentes techniques pour rendre compte de son périple, du simple crayonné à l'aquarelle et le résultat est juste bluffant, superbe. le calme et le silence qui s'en dégage, la beauté des paysages, donnent envie de boucler ses valises dans l'instant. On dit souvent que lire c'est s'évader: cela n'a jamais été plus vrai qu'avec ce Voyage aux Iles de la Désolation.
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Critiques presse (1)


  • ActuaBD , le 27 août 2011
    [..] Emmanuel Lepage revient à une thématique dans laquelle il excelle : la quête d’aventure dans un espace vierge et exotique. L’auteur nous raconte l’un de ses propres voyages aux « Îles de la Désolation », au large des Terres australes et antarctiques françaises. Une œuvre brillante, passionnante et interpellante.
    Lire la critique sur le site : ActuaBD

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Citations et extraits

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  • Par mandarine43, le 07 décembre 2011

    Alors que le "je" fait place au "nous", chacun semble plongé en lui-même.
    Peu à peu, nous prenons la mesure de l'infini qui nous entoure. De notre vulnérabilité.
    Nous sommes seuls.
    Plus de retour possible, plus de portable, plus d'internet, plus rien de ce qui, aujourd'hui, régit notre quotidien et nous rassure n'existe ici.
    Les terres australes seraient comme la promesse d'un temps qui n'est plus.
    Et le voyage, une nostalgie.
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  • Par ChezLo, le 14 janvier 2012

    Ker-gue-len. Un mot qui racle la gorge puis se couche sur le palais. Ker-gue-len. Un nom breton égaré en Antarctique. Je n'imaginais pas terres plus perdues, plus lointaines. C'était le monde du bout du monde...Et voilà qu'on me proposait de m'y rendre...J'allais affronter une mer que les marins qualifient de rugissante, de hurlante même. La mer que je ne connais que de la côte, la mer que je contemple chaque matin, sans jamais l'avoir prise pourtant. [...] ...peut-être, enfin, la comprendre...et savoir la dessiner à mon tour.
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  • Par colimasson, le 17 décembre 2011


    C’est entre les mots rares échangés ce jour-là, en marchant à leur rythme, en silence, alors qu’un soleil maigre nous caressait la peau, que j’ai cru apercevoir ce que ces hommes avaient pu vivre pendant ces longs mois au bout du monde.
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  • Par colimasson, le 17 décembre 2011

    - Je crois que si on met des gens sur les îles, il faut leur donner les moyens de vivre normalement. Ce choix, pour moi, est radical. Plus politique que scientifique.
    - Politique ?
    - Il y a, je crois, au fond, une nostalgie d’un état originel. On a fait des erreurs au cours des décennies passées en introduisant des espèces étrangères. Comme les chats, par exemple, pour éradiquer les rats amenés par les navires au fil des siècles. Les chats, en fait, ont trouvé bien plus facile de manger les poussins et les œufs des pétrels ! On a introduit dans les années 50 la myxomatose pour tuer les lapins, qui sont les plus grands responsables de la dégradation des îles. Ils sont progressivement devenus résistants au virus… Bref, la liste est longue des tentatives ratées ! Pour moi, il y a quelque chose de très « catho » dans ce choix de supprimer radicalement les serres : en gros, l’homme a fauté en introduisant des espèces étrangères, il lui faut encore expier par la privation !
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  • Par mandarine43, le 08 décembre 2011

    Il me faudrait des jours, des semaines, des mois même, pour appréhender ces lieux, en saisir l'essence, percer l'étrange fascination qu'ils exercent.
    Mais le temps manque, et je ne suis pas seul.
    Une sourde frustration s'installe en moi et ne me quittera plus.
    Je ne fais... que passer.
    J'envie ces hivernants qui sillonnent cette île pas après pas, jour après jour. Qu'apprennent-ils de l'île, qu'apprennent-ils des autres, qu'apprennent-ils d'eux-mêmes ?
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Videos de Emmanuel Lepage

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Vidéo de Emmanuel Lepage

Version longue du teaser réalisé par Jacques Ledoux, au printemps 2010. Emmanuel Lepage, auteur de bande dessinée a embarqué sur le Marion Dufresne pour rejoindre les Terres Australes et Antarctiques Françaises








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