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Anne Bervas-Leroux (Éditeur scientifique)
ISBN : 2081204711
Éditeur : Flammarion (15/08/2007)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 121 notes)
Résumé :
Venue se livrer à la Bête pour sauver son père, la Belle finit par aimer le monstre qui se révèlera alors être un beau prince ensorcelé... Tout le monde connaît l'une ou l'autre des adaptations de ce célèbre conte sous forme de film ou de dessin animé. L'histoire imaginée par Madame de Beaumont est devenue mythique. Elle glorifie la "beauté intérieure" qui peut exister dans l'être le plus laid, voire terrifiant, et la valeur de ceux qui, comme la Belle, savent aller... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
Melisende
16 novembre 2011
★★★★★
★★★★★
C'est Méloë, il y a quelques semaines, qui m'a fait parvenir ce petit titre (et beaucoup d'autres !), juste pour me féliciter d'être arrivée au bout de mon M1. Lorsque l'on me dit « La Belle et la Bête », je pense immédiatement au Disney (mon préféré d'ailleurs) et à la version en noir et blanc de Cocteau (de 1946). J'avais très envie de découvrir un des textes d'origine (celui d'Apulée attend sagement dans ma PAL…) alors je remercie Méloë pour ce bon choix !
Première constation en ouvrant le livre : le texte qui a donné son titre (le plus célèbre et celui que j'attends le plus) est minuscule : 15 pages à peine ! Il est suivi de trois autres petits textes tout aussi courts : le Prince Chéri, La Belle aux cheveux d'or et le Mouton. Même si j'ai relativement apprécié ces quatre petits contes, La Belle et la Bête reste mon grand favori (sans doute parce que c'est aussi celui que je connais le plus). Dans une moindre mesure j'ai apprécié le Prince Chéri, un peu moins La Belle aux cheveux d'or et j'ai eu un peu plus de mal avec le Mouton (qui m'a laissé peu de souvenirs…). Finalement, mon ordre de préférence suit l'ordre proposé par le recueil !
Avant d'aller un peu plus loin, quelques mots sur l'histoire offerte par chacun des quatre contes.
La Belle et la Bête. Un marchand ayant trois fils et trois filles - la cadette étant la plus belle et la plus douce - part chercher des marchandises au loin. Sur le chemin du retour, il se perd dans un bois. La neige et les loups l'entourant le mettent dans une triste position jusqu'à ce qu'il tombe sur un château qui semble vide mais emprunt de magie. Il s'y abrite, s'y restaure et s'y réchauffe. Alors qu'il s'apprête à partir le lendemain matin, cueillant la rose qu'il a promis à sa plus jeune fille, une bête affreuse le surprend et lui demande réparation. La Bête accepte de laisser partir le vieil homme en échange de la promesse qu'une de ses filles viendra le remplacer. Laissant parler son bon coeur, Belle décide de prendre la place de son père…
Le Prince Chéri. La Fée Candide promet au roi de rendre son fils vertueux. Elle offre à celui-ci, une bague qui le piquera dès qu'il fera les mauvais choix. Laissant parler ses mauvais instincts, le Prince Chéri se fiche des recommandations de la fée. Il rencontre Zélie, une petite bergère qui refuse de l'épouser car elle ne supporte pas les mauvaises actions du jeune homme. Chéri enferme la jeune fille et la maltraite. Pour le punir, la fée Candide le transforme en créature difforme, à l'image de son âme (lion, taureau, loup, vipère,…). Il doit racheter sa conduite s'il veut un jour retrouver son visage d'homme…
La Belle aux cheveux d'or. Un jeune roi veut épouser la princesse très courtisée du royaume voisin. Elle refuse malgré les nombreuses tentatives. Avenant, un des courtisans du roi, propose d'aller convaincre la Belle aux cheveux d'or d'épouser son roi. Sur le chemin, il vient en aide à plusieurs créatures. Arrivé devant la princesse, celle-ci lui lance plusieurs défis qu'il devra réussir s'il souhaite qu'elle le suive…
Le Mouton. Merveilleuse, fille cadette d'un roi, déplait un jour à son puissant père qui décide de la punir. le capitaine des gardes du royaume doit égorger la jeune fille et rapporter son coeur et sa langue au roi. Pris de pitié, il la laisse partir. Elle s'enfuit et rencontre un mouton parlant qui se met en devoir de lui conter sa triste aventure…
J'ai aimé retrouvé dans les textes de Madame Leprince de Beaumont, les thématiques chères aux contes traditionnels, thématiques visant à apporter et enseigner quelques morales aux plus jeunes : la vertu (les bonnes/mauvaises actions et leurs conséquences), l'amour (des frères et soeurs, des parents,…), l'apparence (les bons sont parfois beaux, mais ne le sont pas forcément, comme le prouve la Bête… il faut se méfier des apparences !)… On trouve également la magie propre au genre : les fées, les animaux parlants, les objets enchantés, les métamorphoses,…
Comme tout conte qui se respecte, c'est parfois un peu « too much », mais c'est aussi ce qui fait le charme… et qui marque l'esprit des enfants !
Si j'ai plutôt apprécié les personnages, les apparitions et agissements des figures masculines m'ont paru plus intéressants et plus « profonds ». Quelles gourdasses ces demoiselles ! Si « fades » et sans relief (exceptée peut-être la fée Candide qui un a un peu plus de charisme, mais reste sans surprise). Difficile de s'attacher aux personnages dans ces conditions, et ça me manque toujours lorsque je lis des textes du genre ou des écrits aussi courts…
Ce que je peux reprocher à ces quatre contes de Madame Leprince de Beaumont (et aux textes appartenant à ce genre, en général), c'est que tout est amplifié, exacerbé : les sentiments, les personnages et leur comportement… Alors oui, c'est un peu la caractéristique du conte car permet de bien mettre en avant ce qu'il y a d'important mais… sur quinze pages seulement, je trouve ça un peu lourd parfois. Ou alors je suis juste devenue aigrie.
Côté style, ce n'est pas compliqué mais ce n'est pas non plus fluide. Certes les textes sont destinés aux enfants, mais aux enfants du XVIIIe siècle. Les jeunes lecteurs du XXIe pourront s'aider des nombreuses notes en bas de page pour comprendre la signification des termes les plus désuets, mais s'ils sont comme moi, ils se lasseront vite de devoir lâcher le texte en milieu de phrase pour aller lire ce qui est écrit en dessous. (Rien de telles que de nombreuses notes de bas de page pour gâcher ma lecture, m'empêcher une lecture fluide et de m'immerger pleinement dans l'intrigue - déjà que ce n'est pas facile avec un conte si court…). Cela dit, c'est toujours plaisant de découvrir la plume d'une auteure du XVIIIe siècle - recherchée, travaillée -, mais ce n'est pas des plus abordables !
Pour ceux qui veulent se lancer dans cette lecture pour se faire une idée du texte qui a inspiré le Disney tant aimé, je leur dis oui mais… attention ! L'histoire d'origine est beaucoup plus proche de celle mise en scène par Cocteau en 1946 (une adaptation fidèle d'ailleurs, pour ce que je m'en souviens !) que du dessin animé ! Soyez prévenus !
Lien : http://bazar-de-la-litteratu..
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PiertyM
20 avril 2014
La belle et la bête est un conte dont je n'ai jamais cessé d'être fascinée dans ses multiples versions, que ce soit en BD ou en cinéma animé.
Une belle histoire où la beauté n'est pas toujours un critère de séduction, où l'humanisme est d'une grande valeur. C'est aussi une histoire où la sorcellerie est d'une grande impuissance face au meilleur sentiment: l'amour...
En tout je me délecte toujours en lisant ce conte!
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Kenehan
13 février 2013
★★★★★
★★★★★
Pour la énième fois, j'ai visionné "La Belle et la Bête" de Disney, probablement mon conte préféré et je me suis dis qu'il était plus que temps de lire le conte original.
D'après ce recueil, il existerait plus de 1000 versions à travers le monde de ce merveilleux conte. J'ai donc opté pour celle de Mme Leprince de Beaumont (la seule sur laquelle j'ai pu mettre la main aujourd'hui).
Après une petite introduction sur l'origine du conte, une brève biographie de l'auteure et une petite chronologie pour resituer le contexte historique, le conte nous est présenté.
Une vingtaine de pages seulement et pourtant on retrouve globalement les éléments que l'on connait : Belle, la rose, le château enchanté, la Bête, l'intrigue, etc. Seuls quelques petits détails s'ajoutent ou sont modifiés par rapport à la version de Disney.
J'ai trouvé que cette version de Madame Leprince de Beaumont était vraiment très belle. L'écriture reste simple mais conserve un certain raffinement dans la tournure des phrases et la présentation des éléments. le vocabulaire recherché n'y est pas étranger certainement. L'histoire n'est ni trop courte, ni trop longue de sorte que l'on a le temps de rentrer dans l'histoire.
Sont présent également dans ce recueil d'autres contes relatifs à la Belle et la Bête. le premier, intitulé "La Belle et la Bête" est une version recueillie en 1944. Probablement, la moins agréable à lire. C'est quasiment le même conte à un ou deux détails près. Toute l'histoire est expédiée en quatre pages et ce de manière assez "bancale". On sent qu'il s'agit plus d'un conte oral que d'un conte littéraire.
"Courbasset, petit corbeau" est plus intéressant que le précédent. On s'éloigne de "La Belle et la Bête" tout en gardant l'idée de l'homme-animal. S'ajoute ici le concept de "pénitence" autant pour le prince que pour la Belle ainsi que tout un parcours très ritualisé pour se défaire du mauvais sort et atteindre le bonheur.
"L'homme-poulain" est le conte type que Disney adoucie dans son travail d'adaptation. Dans cette version bretonne, le fils d'un riche seigneur est venu au monde doté d'une tête de poulain. Il demande à sa mère d'épouser l'une des belles jeunes filles du fermier.
Tentative de meurtre, décapitations, rejet, abandon, punition, etc...tout est ici assez sanglant et cruel mais on parvint tout de même à une fin heureuse.
"Le Loup Blanc" ou une preuve de plus que les contes n'ont pas toujours de happy ending.
Imaginez la Bête, blessée, agonisant dans les bras de Belle avant de rendre son dernier souffle. La dernière pétale de la rose enchantée se détache et tombe délicatement. Les larmes de Belle n'y font rien, il est trop tard, le sortilège ne peut plus être inversé. Fin.
C'est un peu ce qui se passe ici mais en plus brutal encore !
Le livre se termine par un petit dossier fais pour les plus jeunes et contenant d'autres textes de Madame Leprince de Beaumont ainsi que deux textes des "Métamorphoses" d'Ovide.
J'imagine que le texte de "La Belle et la Bête" est trop court pour bénéficier d'une édition plus adulte et plus travaillée. Peut-être à chercher du côté des bandes dessinées avec de beaux dessins... En attendant, je me pencherais probablement vers des versions plus anciennes de ce conte comme celles, mentionnées en introduction, de Mme de Villeneuve et d'Apulée (enfin une excuse pour que ce dernier quitte enfin son étagère poussiéreuse et retrouve sa place dans ma PAL !
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Takalirsa
22 mars 2017
★★★★★
★★★★★
C'est en lisant l'adaptation de Jennifer Donnelly "La Belle et la Bête : histoire éternelle" à l'occasion de la sortie du film Disney que j'ai eu envie de relire le texte originel. Qui ne l'est pas tout à fait d'ailleurs, puisque Madame Leprince de Beaumont aurait emprunté l'histoire du roman de Madame de Villeneuve, "La jeune Américaine ou les Contes marins" (1740), lui-même inspiré d'Amour et Psyché de l'auteur latin Apulé (paru dans le recueil "L'Âne d'or ou les Métamorphoses"). C'est dire combien le conte a traversé les siècles !
Paru dans un ouvrage d'éducation à destination de jeunes Anglaises aristocratiques, La Belle et la Bête, ainsi que les autres contes du recueil, sert de support pédagogique à Madame Leprince de Beaumont qui est alors gouvernante. le côté moralisateur y est donc très prononcé. Ainsi le contraste est grand entre la Belle et ses soeurs : les deux aînées apparaissent superficielles et mauvaises (comme dans Cendrillon de Charles Perrault) : "elles avaient beaucoup d'orgueil" et "personne ne les aimait à cause de leur fierté". Elles seront d'ailleurs "punies" à la fin du conte. Par opposition, la Belle est "bonne fille, douce et honnête" et "employait la plus grande partie de son temps à lire de bons livres". Quand son père, dont elle est très proche, perd sa fortune, elle n'hésite pas à prendre en charge les tâches ménagères. Bref c'est une jeune fille parfaite, et pour les lectrices le message est clair : prenez l'exemple ! C'est un peu caricatural (et agaçant) mais efficace !
Deuxième leçon de morale : ne vous fiez pas aux apparences. Derrière son physique horrible, la Bête cache un grand coeur. Son comportement envers la Belle est irréprochable, il est toujours attentionné et prévenant - même si pour le coup, on se demande s'il en aurait été de même face à un laideron... de même, il est bien arrangeant que le vilain monstre soit en réalité un beau prince ! Cependant c'est le principe du conte que de faire passer des valeurs à travers une histoire aux traits un peu excessifs : "la Belle vécut avec lui fort longtemps et dans un bonheur parfait, parce qu'il était fondé sur la vertu".
Lien : https://www.takalirsa.fr/la-..
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Entournantlespages
20 mars 2017
★★★★★
★★★★★
Acheté un peu par hasard (même si je voulais lire depuis un moment une histoire de la Belle et la Bête), je peux dire que j'ai apprécié ces différents contes, même si j'ai remarqué une certaine redondance. Ce recueil compte 10 contes. Nous connaissons tous le fond de l'histoire de la Belle et la Bête, mais c'est vrai que je n'avais aucune connaissance des autres histoires. Ces dernières étant aussi bonnes que la première plus connue.
J'ai aimé tous les contes que j'ai pu lire dans ce recueil, je les ai trouvé bien construits et racontés, mais certains points m'ont dérangés (particulier dans l'aspect global). Dire que le dénouement ou même toute l'histoire est trop facile ne serait tout simplement pas fortuit, car c'est une des spécificités du conte, que ce ne soit pas compliqué pour les plus jeunes, et qu'il est une morale qui soit bien sous-entendue. Mais si j'avais lu ce livre d'un coup je pense que j'en aurais fait une indigestion. L'avoir lu de temps à autre en parallèle m'a aidé à apprécier ces différentes petites histoires. Ce qui m'a le plus dérangé c'est la franche similitude entre tous les contes. Ils ont à peu près tous la même morale, ce qui fait qu'au long de ce recueil, j'avais l'impression de lire la même histoire mais avec des personnages et caractéristiques différentes.
Alors oui la vertu est quelque chose de beau, d'important. Mais Mme de Beaumont le lance à toute les sauces, et on pourrait avoir l'impression avec ces textes qu'il est le seul accomplissement pour une vie heureuse. Je suis à peu près d'accord avec la morale, qui est d'aider son prochain et de ne pas toujours en à vouloir plus et à envier la personne qui a plus de richesse que nous, etc... Mais j'ai trouvé que ça faisait trop et avais donc l'impression que l'auteur essayait de faire la morale au lecteur de manière trop lourde. Malgré les points négatifs cités, j'ai vraiment apprécié ma lecture. Je suis toujours envieuse de connaitre de nouveaux contes, et ce livre m'a permise d'augmenter cette envie.
Lien : http://entournantlespages.bl..
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
TakalirsaTakalirsa21 mars 2017
Ce n'est ni la beauté ni l'esprit d'un mari qui rendent une femme contente : c'est la bonté du caractère, la vertu, la complaisance.
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ElGatoMaloElGatoMalo03 mai 2015
La mère qui idolâtrait Joliette, et qui était naturellement curieuse, dit à son mari qu’il n’aimait pas cette pauvre enfant, parce qu’elle avait le défaut d’être muette ; qu’elle était déjà assez malheureuse avec son infirmité, et qu’elle ne pouvait se résoudre à la rendre encore plus misérable en la contredisant. Le mari qui ne se paya pas de ces mauvaises raisons, prit Joliette en particulier, et lui dit :

« Ma chère enfant, vous me chagrinez. La bonne fée qui vous a rendue muette, avait sans doute prévu que vous seriez une rapporteuse ; mais à quoi cela sert-il que vous ne puissiez parler, puisque vous vous faites entendre par signes ; savez-vous ce qu’il arrivera : vous vous ferez haïr de tout le monde, on vous fuira comme si vous aviez la peste, et on aura raison, car vous causerez plus de mal que cette affreuse maladie. Un rapporteur brouille tout le monde, et cause des maux épouvantables : pour moi, si vous ne vous corrigez pas, je souhaiterais de tout mon cœur que vous fussiez aussi aveugle et sourde. »

Joliette n’était pas méchante ; c’était par étourderie, qu’elle découvrait ce qu’elle avait vu ; ainsi, elle lui promit par signes qu’elle se corrigerait. Elle en avait intention, mais deux ou trois jours après, elle entendit une dame qui se moquait d’une de ses amies : elle savait écrire alors, et elle mit sur un papier ce qu’elle avait entendu. Elle avait écrit cette conversation avec tant d’esprit, que sa mère ne pût s’empêcher de rire de ce qu’il y avait de plaisant, et d’admirer le style de sa fille. Joliette avait de la vanité : elle fut si contente des louanges que sa mère lui donna, qu’elle écrivait tout ce qui se passait devant elle. Ce que son père lui avait prédit arriva ; elle se fit haïr de tout le monde. On se cachait d’elle, on parlait bas quand elle entrait, et on craignait de se trouver dans les assemblées dont elle était priée.
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Anais31Anais3105 mai 2016
La Belle, lui dit ce monstre, voulez-vous bien que je vous voie souper ? Vous êtes le maître, répondit la Belle en tremblant. Non, répondit la Bête, il n'y a ici de maîtresse que vous; vous n'avez qu'à me dire de m'en aller si je vous ennuie, je sortirai tout de suite. Dites-moi, n'est-ce pas que vous me trouvez bien laid ? Cela est vrai, dit la Belle, car je ne sais pas mentir; mais je crois que vous êtes fort bon. Vous avez avez raison, dit le monstre; mais outre que je suis laid, je n'ai point d'esprit: je sais bien que je ne suis qu'une bête. On n'est pas bête, reprit la Belle, quand on croit n'avoir point d'esprit: un sot n'a jamais su cela. Mangez donc, la Belle lui dit le monstre, et tachez de ne point ennuyer dans votre maison; car tout ceci est à vous; et j'aurais du chagrin si vous n'étiez pas contente. Vous avez bien de la bonté, lui dit la Belle; je vous avoue que je suis bien contente de votre cœur; quand j'y pense, vous ne me paraissez plus si laid. Oh dame, oui répondit la Bête, j'ai le cœur bon, mais je suis un monstre. Il y a bien des hommes, cachent un cœur faux, corrompu, ingrat.
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Anais31Anais3117 juin 2016
Vous me demandez, d'où vient que la plus grande partie des belles personnes sont extrêmement sottes et stupides ? Je crois pouvoir vous en dire la raison. Ce n'est pas qu'elles aient moins d'esprits que les autres, venant au monde; mais c'est qu'elles négligent de la cultiver. Toutes les femmes ont de la vanité; elle veulent plaire. Une laide connait qu'elle ne peut être aimée à cause de son visage;cela lui donne la pensée de se distinguer par son esprit. Elle étudie donc beaucoup, et elle parvient à devenir aimable, malgré la nature. Le belle, au contraire, n'a qu'à se montrer pour plaire, sa vanité est satisfaite: comme elle ne réfléchit jamais, elle ne pense pas que sa beauté n'aura qu'un temps: d'ailleurs elles est si occupée de sa parure, du soin de courir les assemblées pour se montrer, pour recevoir des louanges, qu'elle n'aurait pas le temps de cultiver son esprit, quand même elle en connaîtrait la nécessité. Elle devient donc une sotte tout occupée de puérilités, de chiffon, de spectacles; cela dure jusqu'à trente ans, quarante ans au plus, pourvu que la petite vérole ou quelque maladie, ne viennent pas déranger se beauté plus tôt. Mais quand on n'est plus jeune, on ne peut plus rien apprendre: ainsi cette belle fille, qui ne l'est plus, reste une sotte pour toute sa vie, quoique la nature lui ait donné autant d'esprit qu'à une autre; au lieu de la laides qui est devenue fort aimable, se moque des maladies et de la vieillesse, qui ne peuvent rien lui ôter.....
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alicejoalicejo23 juillet 2013
On se corrige de l'orgueil, de la colère, de la gourmandise et de la paresse, mais c'est un espèce de miracle que la conversion d'un cœur méchant et envieux.

La Belle et la Bête
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>Coutumes, savoir-vivre, folklore>Folklore>Littérature populaire orale (603)
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