ISBN : 2715226454
Éditeur : Mercure de France (2007)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 198 notes) Ajouter à mes livres
Alabama, 1918.

Quand Zelda, " Belle du Sud ", rencontre le lieutenant Scott Fitzgerald, sa vie prend un tournant décisif. Lui s'est juré de devenir écrivain : le succès retentissant de son premier roman lui donne raison.

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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 04 mars 2012

    carre
    Plongée au coeur du couple Fitzgérald, à travers la vie douloureuse de Zelda, l'épouse de l'auteur de "Gatsby le magnifique" devant lutter quotidiennement pour trouver sa place. Mais à quel prix ?
    Gilles Leroy redonne vie à cette belle femme qui va progressivement perdre sa beauté et sa santé mentale. Avec en toile de fond, la célébrité de son mari qui lui vaut trahison, dénigrement et abandon.
    Gilles Leroy raconte les années fastes, la rencontre, la gloire et puis vient s'immiscer petit à petit le détachement, les mensonges, l'indifférence . Et Zelda, épouse bafouée, humiliée qui se bat pour exister plonge petit à petit dans la destruction et la folie. Raconté à la première personne, Zelda est le roman d'une étoile éclipsée par un astre encore plus grand qu'elle. Et Leroy dresse un hommage sensible et fiévreux à une femme dont le seul tort aura été d'aimer à la folie. Prix Goncourt.
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par comtesseoboulof, le 19 mars 2012

    comtesseoboulof
    Gilles Leroy signe un très beau roman intimiste, en se glissant dans la peau de Zelda la blonde, l'effrontée, qui épousa Scott Fitzgerald pour le meilleur et surtout pour le pire. Chacun ayant besoin de l'autre, elle pour quitter ce Sud où l'attend inévitablement un mariage conventionnel rédhibitoire au vu de son tempérant anti-conformiste , et lui , souffrant d'avoir eu un père ruiné, cherchant auprès d'elle le scandale et la gloire. C'est ce désir de briller, qui va les entraîner dans un descente aux enfers, pavée de jalousie, d'alcool, de possession destructrice. Gilles Leroy met sa plume au service d'une Zelda, touchante, humaine, broyée par cette alliance sans amour physique, enfermée dans un asile, punie d'avoir aimer Edouard Jozan l'aviateur français, privée de publication par son mari qui enrage de la voir voler de ses propres ailes. Une Zelda qui lutte malgrè tout, cherchant dans la danse, l'écriture et la peinture, un accomplissement personnel qui n'aura pas lieu. Unis par la folie et l‘alcool , la lucidité de leur propre déchéance les fera se perdre à jamais. Très beau roman sur un amour destructeur , emprisonnant mais consenti.
    Merci à Carre qui par sa critique m‘a donné envie de lire ce livre.
    Alabama Song , Gilles Leroy, Prix Goncourt 2007.
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    Critique de qualité ? (15 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par jeanmarcg, le 17 février 2011

    jeanmarcg
    Est-ce que l'amour libère ou emprisonne ? Sans révéler les dernières pages du livre, on peut quand même sentir tout au long d'Alabama Song que l'écrivain Gilles Leroy ne s'intéresse pas au couple d'écrivains Zelda et Scott Fitzgerald, mais à un couple tout court. Sous la plume de Leroy, Zelda raconte : elle est issue d'une puissante famille de Montgomery, Alabama (elle se plait à le rappeler souvent, et il existe même des rues qui portent son nom dans sa propre ville), c'est une délurée, qui n'a que faire des conventions de son milieu social.
    En 1918, lors d'un bal, elle s'entiche de Scott, le futur grand écrivain. Ils se marient, connaissent la gloire, le tourbillon des mondanités… D'abord l'amour libère Zelda, lui permet d'échapper à son milieu, à son sud qu'elle aime mais dans lequel elle ne se voit aucun avenir, de s'inventer un autre destin. Mais progressivement, l'amour de Zelda l'emprisonne. Elle est l'ombre de l'idole, c'est lui qui reçoit toute la lumière. Alors, elle vit sur la côté d'Azur avec son amant français, l'aviateur Joz, qui, lui, lui offre une vie certes rustique mais la traite comme elle le souhaitait : pour les hommes français, explique Zelda, « une femme qui cède n'est pas une putain mais une reine ». Seulement Scott intervient pour mettre fin à la situation. Et la narratrice connaît les affres des dérèglements mentaux.
    Certains ont pu reprocher à Leroy de faire de Zelda une fille dessalée et à la tête légère… Dessalée, pourquoi pas, mais c'est son droit de romancier… Quant à l'argument de la femme à la tête légère, c'est tout le contraire : Zelda fait des séjours dans de nombreux asiles psychiatriques, et la deuxième partie du livre est sérieusement plombée par le récit que la narratrice fait de ses face-à-face avec les nombreux psys qui se chargent de traiter son cas, des électrochocs, des bains glacés. Disparu le strass, envolées les mondanités, éteints à jamais les flashes des appareils photos : quand elle ne surfe plus sur la vague de Scott (qui lui aussi est retombé sur le rivage, bien mal en point), Zelda se retrouve à travailler seule ses angoisses, ses pulsions. Fitzgerald n'est plus là pour faire écho à ses tensions intérieures, pour l'emmener dans un tourbillon d'activités, alors elle se replie sur sa terre natale, l'Alabama, revoit les amis d'avants, peint, fabrique des poupées. Déchue, elle devra encore survivre à Scott, qui part le premier, et mourra elle-même, dans l'incendie de son asile…
    Partant de la biographie du célèbre couple, l'auteur, dont l'ouvrage vient récemment d'être couronné par le Prix Goncourt, invente des faits, dramatise des situations, mais le fond, lui, est bien réel : même les amours mythiques sont désenchantées. Et il n'y a rien de pire pour quelqu'un traversé par de profondes fêlures psychiques, que de rencontrer quelqu'un d'aussi borderline que soi… car l'amour devient dévastateur. Il n'est pas alors quelque chose qui stabilise, mais un feu qui détruit tout sur son passage…Ne reste alors dans le cas de Scott et Zelda que deux oeuvres d'écrivains foudroyés. Et une légende qui renaît sous la plume d'un auteur français.
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  • Par asphodele85, le 08 juin 2011

    asphodele85
    Dans le cadre du Concours Babelio, « Lettre à l'écrivain 2011″, j'ai fini par me décider à écrire ma « lettre » à Gilles Leroy pour Alabama Song mais de façon un peu particulière… Je rappelle aux retardataires (comme moi), que vous avez jusqu'à ce soir pour concourir dans les différentes catégories. J'ai déjà participé pour la catégorie San Antonio dans ma lettre à Tonino Benacquista pour la Boîte Noire. Ici c'est lettre d'amour, tout un programme…


    Mon Cher Gilles Leroy,
    Oh ! Pardonnez-moi si je vous ai effrayé ! C'est moi, Zelda ! Mon impudence de ressurgir ainsi n'est pas qu'une image fantomatique, loin s'en faut. Vous avez su me faire revivre comme peut-être jamais je n'avais vécu et, d'où je suis, (qu'importe le réel ?) je voulais vous en remercier avec ferveur.
    Nous sommes désormais éternels Fitz et moi, dans cette mémoire que vous nommez collective et jamais je n'eus rêvé d'hommage aussi vibrant que le vôtre. Je sais, je sais et je souris, vous avez clamé qu'Alabama Song était en partie une fiction et que ce livre était dédié à une autre. Dieu qu'elle doit me ressembler, ou alors a-t-elle vécu elle aussi à l'ombre d'un grand écrivain ? le chapitre sur la corrida sanglante est venu me conforter dans cette image désespérée.
    Que j'eus aimé lire vos mots et le portrait que vous faites de moi sous la plume de mon cher Goofo ! Vous me renvoyez à ma jeunesse qui trop vite s'est fanée. A la fureur délictuelle dont elle s'est nourrie ; pendant que des chiens, avides de charogne aboyaient autour de nous, les loups, eux se sont couchés à jamais. J'étais une lionne mais j'ai vécu comme une chatte. de rebelle et dévergondée, je me suis transformée en douce folie au nom de ce péché qui se nomme amour, et que je vénérais comme un dieu… Avec Scott, au début, nous volions de fête en fête, toutes s'entremêlaient et finissaient dans les sons du cristal qui tintait et les cris ébréchés des ivrognes que nous côtoyions. le champagne et le gin, la tête nous a fait perdre. Pourtant, Scott qui buvait plus que moi et désertait souvent sa table d'écriture pour d'obscurs flatteurs a gardé sa raison quand la mienne m'a quittée…
    J'ai écrit mon livre dans cet asile dont vous décrivez si bien les barbares méthodes, je savais qu'il n'était pas aussi bon que l'ont laissés croire certains. Mais vous, Mon Cher Gilles, vos mains ont su me faire frémir comme celles de l'Aviateur en son temps, vos mots ont sur ma peau la sensualité des perles roses dont je me parais, le parfum enivrant des gardénias blancs et des camélias de mon Alabama que j'ai tant haï pourtant…dans la maison de l'austère Juge Sayre où j'ai grandi. Je m'incline devant votre talent, celui-là même qui m'a permis d'exister dans le regard des autres, autrement que comme le « monstre » que j'étais devenue.
    Mais je dois m'en retourner dans les limbes de mon esprit enténébré à jamais, calciné d'amour et de fièvre pour l'éternité. Est-ce ma folie, est-ce cette noblesse que vous m'avez prêtés qui m'ont autorisée, un court instant à vous parler ainsi ? Je ne répondrais pas, Mon Cher Gilles, je vous laisse la part de rêve infini qui ne sera jamais révélée, celle-là même qui permet aux étoiles de rester pour toujours au Panthéon des dieux, dans le mystère où nous brillons silencieusement.
    Et à mon tour de vous dire,
    « Ce fut un honneur «.
    Zelda Sayre Fitzgerald
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    • Livres 4.00/5
    Par manos, le 14 juillet 2008

    manos
    LEROY, Gilles. Alabama Song. Mercure de France, 2007. 189 p.
    Zelda Sayre est la fille d'un notable, juge austère et froid en Alabama. Zelda est insolente, provocante, tumultueuse, énergique; elle fait tourner la tête des nombreux garçons qui lui font la cour. Lors d'un bal elle rencontre Scott Fitzgerald, un jeune lieutenant en garnison dans le sud. Il veut devenir le plus grand écrivain de sa génération: Zelda a trouvé l'homme de ses ambitions, contre l'avis de sa famille elle l'épouse et le suit à New-York. Scott écrit et devient bientôt célèbre; ce couple jeune, beau et libre, devient la coqueluche de ces années folles. L'argent vite gagné est aussi vite flambé, hôtels de luxe, beuveries et soirées se succèdent, Scott s'enfonce dans l'alcoolisme. Zelda, fière et indépendante supporte difficilement de vivre dans l'ombre de son mari; Scott dont l'inspiration s'assèche sous les litres d'alcool finit par plagier les écrits de sa femme. C'est bientôt une folie à deux qui s'installe; la santé de Zelda se détériore et ses séjours en psychiatrie sont de plus en plus longs et fréquents.
    Quelle magnifique histoire que ce roman inspiré par la vie de Zelda Fitzegarld, c'est très bien écrit, juste, lumineux, l'ambiance de ces années a été parfaitement recrée. On sent Leroy fasciné par son personnage qu'il incarne a merveille, j'ai vraiment dévoré ce livre. J'ai été touchée par cette femme entière, sensible plongée dans un univers qui lui était totalement étranger. Quelle solitude aussi quand celui qu'on aime s'abîme à son tour et trahit l'intimité. Ce couple au destin hors norme s'est brûlé les ailes, comment résister si jeune a une telle pression, sans gardes fous, un thème en tout cas qui transcende les époques.
    http://livresetlibre.canalblog.com
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2007
    Lecture jeune, n°124 - Zelda, l’épouse légendaire de l’écrivain Scott Fitzgerald nous livre sa sombre destinée. Gilles Leroy donne voix à cette femme belle, fragile et arrogante avec une troublante justesse. « Je suis Zelda Sayre. La fille du juge », cet énoncé ponctue le roman tel un leitmotiv et perd de sa consistante au fil des pages alors que Zelda devient l’ombre d’elle-même. Cette femme fait entendre une parole intime, empreinte de lyrisme et de poésie, comme un trop plein d’émotions, à peine contenu. Zelda raconte son coup de foudre pour l’écrivain, leur histoire d’amour se délitant peu à peu, partagée entre monotonie et infidélités. Zelda, dévorée par cet homme, s’oublie elle-même, délaisse sa possible carrière d’auteur et sombre dans la folie. L’auteur propose une oeuvre à l’écriture rare et intense : aux chapitres courts et aux phrases hachurées, succèdent les temps calmes et les descriptions lumineuses des souvenirs d’enfance. Le lecteur est interpellé par ce parcours. Zelda, jeune femme fière dans les premières pages, se fane au fil des ans, résignée. À cela s’ajoute une mise en scène typographique qui semble être le reflet de la personnalité chaotique de cette femme : italiques, lignes en pointillés, astérisques, dates en marge et autre ornements complètent l’œuvre et lui confèrent son épaisseur. Alabama Song a obtenu le prix Goncourt 2007.ndlr Anne Clerc

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Citations et extraits

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  • Par KATE92, le 17 avril 2012


    « La belle flasque allait beaucoup servir, cadeau étrange et criminel, quand j’y repense. Scott l’égarait souvent et se maudissait de l’avoir sortie de sa poche de veston puis il partait à sa recherche comme un fou. Il pouvait retourner une chambre d’hôtel ou une maison en une demi-heure. On voyait l’angoisse grandir minute après minute, mais l’angoisse de quoi au juste ? La peur d’avoir perdu un objet précieux à son cœur, ou la peur de manquer de ce que l’objet renfermait – bathtub gin, corn whiskey, ou quelque autre bourbon de contrebande ? “Ne m’oublie pas” : n’est-ce pas la vérité, au fond ? On boit pour se souvenir autant que pour oublier. Avers et revers d’une même médaille, pas glorieuse, qui s’appelle le malheur. »
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  • Par philo15, le 08 août 2008

    Les garçons des clubs, les jeunes officiers du mess, je les tiens dans ma main gantée de fil blanc. Je suis Zelda Sayre. La fille du juge. La future fiancée du grand écrivain.
    Du jour où je l'ai vu, je n'ai plus cessé d'attendre. Et d'endurer, pour lui, avec lui, contre lui.
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  • Par ChezLo, le 09 avril 2011

    Je ne prétend pas me mesurer à l'amour qu'il eut pour son père mais, parfois, je me demande si un jour il m'a aimée plus que Lewis, plus que Wilson, plus que Bishop. Cet ardent désir de me posséder, était-ce bien ce qu'on nomme l'amour ? Jamais je n'ai été regardée de la façon recueillie et absolue dont il regardait Lewis cette nuit-là. Des flammes dansaient dans ses pupilles dilatées. De ses yeux je n'ai connu, moi, que l'iris vert pâle, élégant, presque transparent, et le blanc explosé d'alcool. Ce feu dans les pupilles noires, quel sentiment l'attisait soudain ? Je n'ai pas fini de me poser la question. Je n'aurai jamais fini.
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  • Par marilou_gum, le 06 octobre 2010

    " Il en est qui se cachent pour voler, pour tuer, pour trahir, pour aimer, pour jouir.

    Moi, j'ai du me cacher pour ecrire.

    J'avais vingt ans à peine que deja je tombai sous l'emprise - l'empire - d'un homme

    à peine plus vieux que moi qui

    voulait decider de ma vie et s'y prit tres mal. "
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  • Par julifly, le 23 décembre 2011

    Les gens, écrire, pour eux, c'est comme une longue conversation que l'on aurait avec soi-même, comme une confession devant le prêtre de la famille (...), et pour d'autres, écrire c'est comme se coucher devant un monsieur ou une demoiselle Freud. Mais non: écrire c'est passer tout de suite aux choses sérieuses, l'enfer direct, le gril continu, avec parfois des joies sous les décharges de mille volts.
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