ISBN : 2012011918
Éditeur : Hachette Jeunesse (2006)


Note moyenne : 3.6/5 (sur 5 notes) Ajouter à mes livres
150 ans d'histoire... La petite madeleine pour tant de générations ! Nostalgie, nostalgie... Mais aussi une collection bien vivante, une des plus connues encore aujourd'hui, des plus aimées... et des plus achetées ! A partir de 1856, la comtesse de Ségur assure son succ... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 31 mai 2008

    Woland
    Le fait d'avoir été publiées chez Hachette empêche ces trois-cents pages de se montrer ouvertement critiques envers les choix actuels de l'antique maison d'édition. C'est le seul reproche que l'on pourra faire à cet ouvrage extrêmement complet qui retrace la grande aventure de Louis Hachette et de ses successeurs.
    Tout commença avec la comtesse de Ségur, à qui son mari (qui cherchait un moyen de la tirer de la dépression dans laquelle elle s'enfonçait) présenta Louis Hachette, lequel recherchait des auteurs pour lancer sa collection pour la jeunesse. le courant passa et ce fut "Les Petites filles modèles", premier volume d'une longue série qui devait d'ailleurs apporter à son auteur une sécurité financière dont se fut bien passé son fringant époux. A l'époque en effet, en théorie, les gains de Mme de Ségur revenaient à son mari. Mais Sophie demanda son indépendance juridique - et l'obtint. Wink
    Et puis, bien évidemment, on retrouve Enid Blyton - laquelle était fille de divorcés, ce qui explique en partie ces familles quasi idéales qu'elle ne cessa de représenter dans ses romans ; Caroline Quine ou plutôt le pool d'écrivains qui commença, dès les années trente, à rédiger les aventures d'Alice Roy (Nancy Drew en V.O.) ; Paul-Jacques Bonzon et ses "Compagnons de la Croix Rousse" ; Georges Bayard et les "Michel" ; Georges Chaulet et sa Fantômette ; etc ...
    De Félix Lorioux à F. San Millan en passant par André Pécoud (ah ! ce style années 30 !) et Jeanne Hives-Bazin (ah ! ce style années 60 !), les illustrateurs ne sont pas non plus oubliés.
    Non sans étonnement, on apprend que les textes de la comtesse de Ségur encoururent les foudres de la censure. Ou encore qu'Enid Blyton était une femme d'affaires on ne peut plus compétente. Ou bien, avec attendrissement, que, derrière le pseudonyme de "Lelio", sous lequel parurent les "novellisations" de la série dessinée par Pierre Probst, "Caroline", se dissimula, le temps des deux premières aventures, un certain ... Claude Santelli.
    Bref, un ouvrage passionnant, doté d'une bibliographie qui donne quelques idées, qui se lit vite et bien mais où l'on aurait souhaité, je le répète, un peu plus de mordant. Quand on lit en effet que les textes des ouvrages de l'actuelle Bibliothèque rose ont été réduits de 25 % parce qu'il faut bien que les enfants regardent aussi la télévision et jouent aux jeux-vidéos, j'avoue que, même pour un parent plutôt cool mais qui se souvient de sa propre enfance (et du niveau qu'on exigeait de lui), la chose est plus difficile à avaler : elle reste même en travers de la gorge.
    En un mot, si l'envie tente quelqu'un ici de rédiger un jour "La Saga (interdite) de la Bibliothèque rose", la place reste à prendre. Je serai sa première lectrice, c'est sûr. ;o)
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 30 juillet 2009

    [...] ... La volonté des dirigeants d'Hachette de s'adapter à leur époque les maintient en permanence à l'affût des nouveautés. Se tourner vers les Etats-Unis apparaît, dans les années cinquante, comme une évidence. L'Amérique symbolise en effet, à elle seule, la modernité. Depuis les anées 20-30, la romancière américaine Caroline Quine (Carolyn Keene pour la version originale) remporte un immense succès dans son pays auprès des jeunes filles. Sa réputation franchit l'Atlantique et Louis Mirman voit en elle la perle rare qu'il lui faut. Son héroïne, Nancy Drew (nom original d'Alice Roy dans la version originale), symbolise à merveille l'image d'un pays hautement idéalisé. La blonde et ravissante Nancy vit à River City, petite ville imaginaire de l'Amérique profonde, avec son père, un brillant avoué. Malgré son jeune âge, dix-huit ans, elle possède un petit cabriolet bleu qu'elle conduit elle-même. Elle aime jouer au tennis, monter à cheval avec ses deux meilleures amies, Marion Webb et Bess Taylor, et aller danser avec son chevalier servant, le charmant et sportif Ned Nickerson. Si Nancy ne fréquente plus le lycée, elle ne mène pas pour autant une vie oisive. Elle seconde habilement son père, et résout des enquêtes policières. Confrontée à de délicates énigmes, à de dangereux criminels et à d'habiles escrocs, elle finit toujours par triompher.

    Le 28 juin 1955, Hachette signe, avec l'éditeur new-yorkais Grosset & Dunlap, un contrat pour publier deux aventures de la jeune détective. Nancy, rebaptisée Alice, arrive dans les librairies françaises en 1956, et ouvre ainsi la Bibliothèque verte aux filles. ... [...]
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  • Par Woland, le 17 juillet 2009

    ... Sophie de Ségur, elle, ne cesse de poser des soucis à ses éditeurs. Perpétuellement contrôlés par la censure préfectorale, ils se voient obligés de couper des passages entiers des manuscrits de Sophie. Mais celle-ci refuse catégoriquement que l'on touche à une seule ligne de ses écrits. Pour conserver son droit de regard, elle renonce à ce que ses descendants touchent des droits après sa mort et se fait payer au forfait. Certains passages scandalisent les mères "bien-pensantes." Les scènes de molestation s'enchaînent et parfois, Sophie de Ségur "oublie" la morale chrétienne. Dans "Un Bon Petit Diable", il n'y a ni pardon, ni rédemption pour l'horrible mère Mac Miche, et Charles se réjouit même de sa mort. Les ecclésiastiques reprochent à la comtesse de Ségur de "donner le goût du luxe aux petits pauvres" ! A cause d'elle, la société française court le risque que les plus démunis aspirent à une autre vie ! Une critique qui en dit long sur la mentalité de l'Eglise, de plus en plus inquiète devant les menées d'"extrémistes", tels Marx et Engels qui publient, en 1848, leur "Manifeste du Parti Communiste." L'épiscopat s'opposera d'ailleurs violemment en 1864 à la loi accordant le droit de grève aux travailleurs. ...
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