ISBN : 2848050969
Éditeur : Sabine Wespieser (2011)


Note moyenne : 2.86/5 (sur 14 notes) Ajouter à mes livres

« Je réinvente ma vie dans le désordre en mélangeant les temps, les lieux, les êtres chers, maisc’est tout de même ma vraie vie. Peut-être que cette journée est un cadeau plutôt qu’unempêchement et u... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (6)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 21 mars 2012

    LiliGalipette
    La narratrice est allée à la gare à la rencontre de l'Italien, un homme qu'elle croise tous les mercredis matins au Café lunaire. L'Italien y parle toujours de Ferrare. Sésame des souvenirs, ce nom réveille la mémoire de la femme. « Au Café lunaire, en présence de l'Italien, je suis dans le temps de ma vie à Ferrare, un temps qui me poursuit depuis que j'ai quitté cette ville à laquelle je pense comme à un amour inachevé. » (p. 22) Ferrare, c'est une partie de la jeunesse de la narratrice, c'est une longue déambulation citadine au gré d'indices cinématographiques. C'est pourquoi, aujourd'hui, l'absence de l'Italien à la gare ébranle un équilibre déjà très fragile.
    Quand elle raconte sa routine matinale, la narratrice souligne la laideur de sa vie de bureau, laideur qu'elle ne peut supporter qu'avec le café qu'elle prend tous les matins et la promenade qu'elle fait dans le Jardin des Plantes. Elle y croise souvent un corbeau et tente de l'apprivoiser. La narratrice souffre d'une grande solitude et sa détresse est sans commune mesure. L'absence de l'Italien, ce matin, est presque inexcusable. Et pourtant : « J'aimerais que l'Italien me rattrape en courant et en s'excusant d'avoir raté son train. » (p. 29) Rêve romantique ? À peine, plutôt espoir de ne plus disparaître dans la brume des jours.
    Autre douleur, le Jardin des Plantes est fermé à cause de la neige. Alors la narratrice avance sans but dans la ville blanche et froide. Après l'Italie, c'est l'Aubrac qui remonte du fond de sa mémoire, entraînant dans son sillage les souvenirs d'une jeunesse exaltée. « J'aimais Antoine et Jean. Jean aimait Lise. Antoine m'aimait sans doute, moi c'était surtout notre complicité que j'aimais, ce voyage initiatique et tout un monde que nous inventions. » (p. 40) La narratrice court après un autre absent : un jour, Antoine a disparu et ce départ laisse trop de questions en suspens. « Je me demande ce que sont devenus Lise et Jean, ce que nous sommes devenus sans Antoine. » (p. 17) Toujours, l'absence de l'autre renvoie au constat d'un manque, voire d'un échec. La narratrice aimerait faire le point, redonner du poids à sa vie. Mais outre la détresse et la solitude, il y a un certain lâcher-prise, un abandon plus ou moins consenti : « Mais je ne sais plus très bien ce qu'est le cours ordinaire de mes jours, du moins ce qui lui donne un sens véritable. » (p. 85) Pas de révolte, ni de sursaut. La vie l'emporte et elle ne fait aucun geste pour sortir du lac immense et blanc dans lequel elle sombre.
    Son esprit mélange ses souvenirs et l'Histoire, et la narratrice vit une journée à part : mai 68, Woodstock, la Beat Génération, les chars dans Prague, les films d'Antonioni et un roman de Marguerite Duras composent une fresque mouvante qui témoigne des bonheurs et des peines. Et la neige, qui ne cesse de tomber, recouvre tout, comme un sceau fabuleux qui entérine toutes choses : « Je ne veux penser qu'à la neige, à toutes les fois où elle m'a laissé le souvenir d'un moment essentiel. » (p. 49)
    Lente élégie, le récit de la narratrice n'est jamais lyrique. Alors que le froid pourrait exacerber les sensations, la neige étouffe les douleurs et calme les mouvements brusques. Pas de doute, un roman qui magnifie à ce point le froid et l'hiver ne pouvait que me plaire. L'errance triste de la narratrice a trouvé quelques échos en moi. Et la citation finale, empruntée à Hannes Pétursson, est superbe : « Mourir, ce n'est rien que le mouvement absolument blanc. » Un très grand coup de cœur pour ce roman de Michèle Lesbre : je découvre l'auteure avec ce texte, je n'en resterai pas là.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par brigittelascombe, le 17 août 2011

    brigittelascombe
    "Seul l'hiver est la saison de l'âme" affirmait Césare Pavèse, et en cet hiver parisien, où le Jardin des plantes survolé par un corbeau noir, se couvre de blanc, les souvenirs d'Edith Arnaud (la narratrice d' Un lac immense et blanc) s'égrènent comme de gros flocons sonnant à l'horloge de sa vie.
    Gare d'Austerlitz. 8 heures 15.Le café Lunaire. L'italien, celui du mercredi, dont elle ne connait que la voix, la silhouette voutée et le statut de chargé de cours en fac,a-t-il raté son train?
    Rue Buffon.Il Neige.Le ciel est pâle.Et sur les accents chantants, "la douceur rapeuse des mots" de l'inconnu de Ferrare, la mémoire émerge du brouillard pour écrire le passé sur une page blanche.
    Antoine, l'étudiant fougueux de Nanterre lors des combats communs en 68, l' amant passionné du plateau d'Aubrac,le jeune révolutionnaire complice d'une guerre mélangée au bonheur et son lac immense et blanc s'est envolé sans laisser de traces.Le voilà, juste en filigrane.Fugace.
    Madame Renée,celle de l'enfance,celle qui fermait les fenêtres qu'Edith s'empressait d'enjamber pour s'en aller courir dans la Neige, le visage mordu par le gel.Vivace.
    Ferrare, ilot de silence et de paix dans un vieux couvent.Violence.
    Ferrare, "mot magique entre lui et elle". Cet italien "personnage de Bassani" le reverra-t-elle?
    "Ne penser qu'à la Neige comme un éternel éblouissement".
    Moment d'intense poésie nostalgique d'une Neige qui en appelle une autre celle de Maxence Fermine, avec sa funambule et son amour passé, mais l'on en vient à se demander si l' hiver de Michèle Lesbre,lui blanc de blanc, retrouvera un jour ses couleurs printanières?
    Un superbe roman d'une auteur qui a déjà publié une dizaine d'ouvrages, connue notamment pour Le canapé rouge (prix Millepages 2007).
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Missbouquin, le 22 mars 2012

    Missbouquin
    « Je réinvente ma vie dans le désordre en mélangeant les temps, les lieux, les êtres chers, mais c'est tout de même ma vraie vie. Peut-être que cette journée est un cadeau plutôt qu'un empêchement et un rendez-vous manqué. J'attendais l'Italien, c'est Antoine qui est venu, dans le silence de la ville qui est une autre ville, lointaine et familière à la fois. » M. L.
    Par un matin de neige, la narratrice attend dans une gare un homme qu'elle ne connaît pas : elle a envie de parler de Ferrare avec cet étranger qui, tous les mercredis matin, dans ce Café lunaire où ils ont leurs habitudes, évoque inlassablement sa ville d'origine. Elle a pris sa journée, mais l'homme n'arrive pas par le train habituel.
    Dès lors le temps s'étire, en autant de fondus enchaînés que favorise la blancheur environnante : les grilles du Jardin des Plantes s'estompent, laissant place au « lac immense et blanc », noyé sous la neige de l'Aubrac, où Édith Arnaud vécut ses premières amours et ses premiers combats politiques. Elle n'a jamais revu Antoine, le jeune homme en colère qui, à l'aube des années soixante, voulait changer le monde. Sa silhouette traverse le récit et bientôt se superpose à celle de l'Italien du delta du Pô, dont les brumes hantent le paysage mental de cette femme rompue à l'usage du monde.
    Le temps qui passe, la perte des illusions et les rendez-vous manqués ont pourtant éveillé en elle une joyeuse mélancolie. Témoin ses dialogues loufoques avec le corbeau freux du Jardin des Plantes… Dans le silence et la blancheur de cette journée particulière, la solitude a moins que jamais le goût des renoncements.
    Entrelaçant fiction et expérience intime, Michèle Lesbre est, dans ce récit lumineux, au plus près d'elle-même.

    Lien : http://missbouquinaix.wordpress.com/2011/11/30/les-livres-dont-je-na..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Catherine Jauffret, le 21 juin 2011

    Catherine Jauffret
    La narratrice attend un inconnu qu'elle a rencontré dans un bristrot où elle l'a entendu parler italien elle voudrait partager avec lui son amour de Ferrare .Ce récit est celui de son attente, de ses espoirs, de ses souvenirs qui se superposent au présent.
    Ecriture d'une pureté , d'une sobriété remarquables , parsemée d'évocations littéraires et musicales , voyage de l'Italie à l'Aubrac, entrelacs du présent et du passé . Un bouleversement émotionnel pour moi tout au long des 88 pages de ce récit de Michèle Lesbre .
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Cath36, le 01 août 2011

    Cath36
    Bien écrit mais sans grand intérêt.
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (12)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par LiliGalipette, le 21 mars 2012

    « Je ne veux penser qu’à la neige, à toutes les fois où elle m’a laissé le souvenir d’un moment essentiel. » (p. 49)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par LiliGalipette, le 21 mars 2012

    « J’aimerais que l’Italien me rattrape en courant et en s’excusant d’avoir raté son train. » (p. 29)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par KRISS45, le 29 avril 2012

    Dans ce récit court, superbe hymne à la neige, beaucoup de nostalgie et de poésie.
    A partir d'un hiver parisien enneigé, l'auteur revoit d'autres paysages hivernaux de sa jeunesse -campagne de l'Aubrac- en évoquant son premier amour et
    les idéaux contestataires du printemps 68.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 17 août 2011

    "Entre les plus beaux noms,leur nom est le plus beau.
    Toute gloire,près d'eux,passe et tombe éphémère."
    Lise m'avait récité ces vers de Hugo quand je lui avais confié mes longs moments de contemplation nocturne et mélancolique.
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par brigittelascombe, le 17 août 2011

    Aujourd'hui il m'arrive d'oublier ce qui me rend invisible aux yeux des hommes,j'oublie que je vieillis.
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)

> voir toutes (10)

Videos de Michèle Lesbre

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Michèle Lesbre

Michèle Lesbre - Un lac immense et blanc .
Dans le cadre de l'Escale du livre qui s'est tenue à Bordeaux les 1er, 2 et 3 avril 2011, Michèle Lesbre vous présente son ouvrage "Un lac immense et blanc" aux éditions Sabine Wespieser.http://www.mollat.com/livres/michele-lesbre-lac-immense-blanc-9782848050966.html








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Un lac immense et blanc par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (24)

> voir plus

Quiz