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Isabelle Delord-Philippe (Traducteur)
ISBN : 2290005789
Éditeur : J'ai Lu (03/09/2007)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 291 notes)
Résumé :
Sur la terrasse d'un café dominant la baie de Baxter's Teeth, deux familles, qui semblent n'en former qu'une, se prélassent au soleil. Roz et Lil, les grand-mères, restées belles, entourées de Tom et Ian, leurs fils, et de leurs petites-filles, semblent filer le parfait bonheur. Depuis toujours, Roz et Lil sont aussi inséparables que des sœurs jumelles, et l'affection qu'elles se portent s'est doublée peu à peu d'un amour pour le moins trouble de chacune pour le fil... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (70) Voir plus Ajouter une critique
Dionysos89
14 novembre 2013
★★★★★
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Au sommet d'un belvédère baigné par le soleil, un drame se joue. Deux belles-filles bafouées retirent leurs filles à leurs maris un peu trop accoquinés avec les grand-mères. Amours croisées et adultères répétés, l'intrigue ne laisse clairement pas indifférent.
Doris Lessing se fait plaisir en une centaine de pages sur un sujet sûrement bien maîtrisé, mais très restreint au niveau du volume et de l'approfondissement. Malgré son prix Nobel, je ne conseille surtout pas d'aborder son oeuvre avec ces Grand-mères. En effet, rien que le style déjà m'a énervé comme pas possible : cassant, multipliant les digressions sans intérêt, n'arrêtant que trop rarement d'abuser des parenthèses et autres tirets de ponctuation, l'ensemble en deviendrait presque casse-tête à lire. du côté de ces grand-mères, comme l'auteur est adepte des situations anticonformistes, elle mise sur l'étrangeté des relations fusionnelles entre deux femmes depuis leur plus tendre enfance, qui iront jusqu'à se lier charnellement l'une avec le fils de l'autre, et vice-versa. L'ennui vient du fait qu'elle crée là des personnages constamment aveugles devant leur réalité et volontairement égoïstes au point de ne penser qu'à leur bien-être et blesser tout leur entourage.
Un tout petit roman que j'ai trouvé aussi limité qu'agaçant. Bien dommage au vu de la renomme de son auteur, mais le fait est là : je ne conseille pas ces Grand-mères ; mieux vaut découvrir Doris Lessing par une autre de ses ouvrages (en espérant que cela ne représente pas l'ensemble de son oeuvre pour laquelle elle reçut son Prix Nobel…).
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Titania
04 avril 2015
★★★★★
★★★★★
Il faut une certaine maturité à une femme, pour imaginer une histoire aussi inhabituelle. Doris Lessing, qui la portait en elle, sans doute depuis un moment, a attendu d'avoir 86 ans pour l'écrire. On trouve des quantités de romans avec des héros âgés aimant avec des fortunes diverses, un égoïsme certain, de très jeunes femmes, mais l'inverse est un sujet plutôt tabou, dans la société comme dans la littérature.
Deux amies, Roz et Lil élèvent quasiment seules leurs deux fils. Ian le fils de Lil devient l'amant de Roz, et Tom celui de Roz devient l'amant de Lil. Ces relations deviennent au fil du temps, des histoires d'amour sincères et profondes, mais sans issue, dans lesquelles, les femmes trouvent dans la douleur, et même un peu d'humour, la force de la rupture inévitable en déclarant simplement : " nous allons devenir des parangons de vertu ! " . Leur amitié peu commune les transcendent comme des "matriarches" , les piliers d'une famille dans laquelle les belles filles, plutôt effacées sont reléguées à des fonctions procréatives.
C'est avec un récit construit et sobre, que le grand auteur britannique nous parle de faux semblant, de la fuite du temps et du vieillissement.
De la grande littérature !




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Palmyre
10 juillet 2013
★★★★★
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Challenge Nobel 2013/2014
Roz et Lil sont deux amies d'enfance que rien ne sépare pas même le mariage, puisqu'elles l'ont célébré le même jour et habitent l'une en face de l'autre.
Enceinte au même moment, elles élèveront leur progéniture côte à côte, comme des frères jumeaux.
Les années passent. le mari de Lil meurt dans un accident de voiture. Celui de Roz demande le divorce. Il lui reproche de se sentir exclu de leur relation et de l'éducation de son fils.
Mères et fils forment alors une famille fusionnelle à quatre jusqu'à ce qu'ils deviennent adolescents. Tout bascule après une relation sexuelle entre Roz et le fils de Lil et inversement entre le Lil et le fils de Roz.
Devenus amants, les deux hommes finiront par se marier avec deux filles de leur âge et élèveront leur enfants avec l'aide des grand-mères. Mais ces relations quasi incestueuses ne seront pas sans conséquence sur leur vie.
Premier livre que je lis de Doris Lessing est déjà happée par son écriture, par son sens de la psychologie. J'ai tout de suite remarqué le point de vue externe qu'elle emploie dans la narration. Ce regard sur ce quatuor fusionnel on le retrouve d'ailleurs dans celui de la serveuse du bar le "Baxter's" où ils viennent régulièrement. Elle envie leur bonheur, mais finalement elle s'aperçoit qu'il y a quelque-chose qui cloche dans leur relation, dans cette démonstration de perfection familiale.
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palamede
09 décembre 2015
★★★★★
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Des grand-mères indignes diront les bien-pensants, des femmes libres affirmeront les esprits ouverts. En réalité ni l’un ni l’autre, car si les deux amies Roz et Lil sont plutôt des femmes égoïstes, se souciant de leurs belles-filles comme d’une guigne, assumant sans complexe les relations sexuelles qu’elles ont avec le fils l’une de l’autre, elles sont amoureuses. Des histoires d’amour, forcément sans avenir, auxquelles il faudra bien qu'elles donnent une fin.
Avec ce sujet sur les relations de femmes mûres avec des hommes jeunes, Doris Lessing inverse une situation largement admise dans les sociétés patriarcales et pointe l’injustice faite aux femmes. Sans faire de ses héroïnes des femmes sympathiques, elle les soumet implicitement à notre jugement moral pour que nous le remettions éventuellement en cause.
Une belle démonstration sur l’inégalité des hommes et des femmes qui souffre probablement de sa brièveté et de sa forme pour être tout à fait séduisante.
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ladesiderienne
13 novembre 2013
★★★★★
★★★★★
CHALLENGE NOBEL 2013/2014 (3/15)
Ce challenge aura au moins eu un mérite, celui de me faire connaître des auteurs que je ne lis pas habituellement. Avec "Les grand-mères", je découvre donc Doris Lessing et ma lecture finie, une réflexion me vient à l'esprit : j'espère que sa nobellisation ne repose pas uniquement sur ce titre et qu'elle a dans son oeuvre d'autres arguments plus solides. En effet, ce petit roman ou cette grosse nouvelle, comme vous voulez, n'est pas très consistant, que ce soit au point de vue du nombre de pages ou de son contenu que je qualifierais de très superficiel.
Déjà, pour moi, le titre ne s'accorde pas avec l'histoire puisqu'on y parle essentiellement de relations mère-fils ; je lui préfère celui du film qui en a été tiré "Perfect Mothers" même si, je me dis que ce dernier doit être prodigieusement ennuyeux vu la faiblesse du scénario.
Au début du livre, le lecteur est spectateur de ces deux familles aisées (trois générations), bien sous tout rapport, qui passent la journée à se dorer la pilule sur une plage sélecte. Mais voilà que l'arrivée d'une des belles-filles va jeter un pavé dans la mare et rompre le charme. Peu à peu, il va découvrir que derrière les apparences se cachent des relations que la morale pourrait réprouver et les non-dits vont faire exploser ce bonheur de façade.
Envie de faire scandale ou fantasme inassouvi de grand-mère (Doris Lessing a écrit ce roman à 86 ans), j'ai du mal à comprendre la motivation de l'auteure. Ce livre restera pour moi une histoire futile, sans profondeur, animée par des personnages peu attachants.
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Les critiques presse (1)
Lecturejeune01 mars 2006
Lecture jeune, n°117 - Le soleil baigne la terrasse avec vue sur mer du Baxter’s. Là, est attablé un sextuor que nous découvrons à travers le regard fasciné de la serveuse : deux petites filles angéliques ; leurs pères, Tom et Ian, de séduisants trentenaires ; les mères de ces derniers, Roz et Lil, «assez belles pour que personne n’eût songé à les juger vieilles». La même blondeur, le même teint doré, la même aisance radieuse caractérisent ces êtres qui semblent nés pour le bonheur. Le charme est rompu par l’arrivée fracassante de Mary, la femme de Tom, «un petit bout de brune remuante, qui n’avait rien de l’assurance et du style de ‘‘la Famille’’» : au bord des larmes, visiblement choquée, Mary brandit à l’assistance un paquet de lettres défraîchies… Cette scène inaugurale saisissante soulève une foule de questions. Quels liens unissent vraiment les membres de cette extraordinaire tribu ? Aussi intriguée que le lecteur, la serveuse cède la parole à un narrateur omniscient qui ouvre l’album de famille. Inséparables, Roz et Lil se connaissent depuis leur plus jeune âge. Leur duo est si parfait que même leurs maris s’en sentent exclus. Roz et Lil élèvent donc seules leurs fils et la relation fusionnelle des deux femmes fait jaser le voisinage. Mais le scandale ne réside peut-être pas là où on le croit… Lorsque les garçons atteignent cet «âge éphémère, vers seize, dix-sept ans, où ils ont une aura poétique» et ressemblent à «de jeunes dieux», chaque mère se sent irrésistiblement attirée par le fils de l’autre. N’est-ce qu’un moyen détourné d’exprimer l’amour qu’elles se portent ? Révélations progressives, phrases courtes et limpides, style direct : à quatre-vingt cinq ans, Doris Lessing livre avec un mélange de calme et de malice un récit surprenant, impertinent, par lequel le lecteur est véritablement happé. Gaëlle Glin
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations & extraits (24) Voir plus Ajouter une citation
Dionysos89Dionysos8909 novembre 2013
La beauté des jeunes gens, bon, ce n’est pas si simple. Les filles, oui, pleines de leurs œufs appétissants, nos mères à tous, c’est normal qu’elles doivent être belles, et d’habitude elles le sont, ne serait-ce même qu’un an ou un seul jour. Mais les garçons, pourquoi ?

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sylviesylvie18 janvier 2008
"Elle avait été amoureuse de Tom, et puis de Ian, puis de nouveau de Tom, pour leur beauté, leur aisance, et quelque chose de plus, un air comblé, comme s'ils avaient baigné toute leur vie dans un plaisir qui s'exprimait à présent sous forme d'ondes invisibles de contentement....

....Ce qui emplissait ses yeux de larmes, c'était de les voir tous là, de les regarder, comme en ce moment....

...Elle rêvait à cette décontraction physique, à ce calme qui s'exprimait en mouvements nonchalants, à ces longs bras et ces longues jambes hâlés, et au reflet des têtes d'un blond doré au soleil...."
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BrooklynNoABrooklynNoA11 juin 2014
Ces deux femmes superbes, de nouveau réunies comme si les hommes n’étaient jamais entrés dans l’équation, allaient et venaient avec, à leurs côtés, les deux beaux adolescents : l’un plutôt délicat et poétique avec ses boucles décolorées qui lui retombaient sur le front, l’autre robuste et athlétique, inséparables comme l’avaient été leurs mères au même âge.
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BrooklynNoABrooklynNoA11 juin 2014
Alors que Lil jetait un regard pur et grave sur le monde, Roz trouvait à plaisanter sur tout. Mais c’était chic de penser et de dire « comme des sœurs », et aussi « on croirait qu’elles sont jumelles » ; c’était agréable de trouver des ressemblances là où il n’y en avait peut-être aucune, et cela continua au fil des trimestres puis des années scolaires.
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ladesiderienneladesiderienne12 novembre 2013
Hannah avait raison. Quand elle considérait leur situation vue de l'extérieur, elles étaient mariées à ces deux hommes convoités, connus, bien établis, riches, aimés de tous - de quoi se plaignait-elle donc ? "J'ai tout", décida-t-elle. Mais, à cet instant, une voix monta de ses entrailles : "Non, je n'ai rien", se répéta-t-elle, submergée par un sentiment de vide. Au centre même de son existence, il n'y avait rien, une absence.
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