La jeune Emma vit dans une plantation de coton entourée des siens et de la famille du maître, lorsqu'on la sépare de ses parents et de ceux qu'elle aime. À treize ans, elle est vendue, comme des centaines d'autres esclaves. Sarah, la fille du maître, très attachée à Emm... > voir plus
Roman bien intéressant pour connaitre la réalité des esclaves aux États-Unis au 19e siècle. Il peut être lu comme une pièce de théâtre et permet donc une lecture publique avec les élèves du secondaire.
Lecture jeune, n°122 - Dans une forme qui emprunte au théâtre - liste des protagonistes, didascalies… - Les larmes noires donne la parole à douze personnages. Chacun d’eux raconte la façon dont il a vécu, en 1859 en Géorgie, la plus grande vente aux esclaves organisée jusqu’alors, celle de la plantation Butler. Maîtres, esclaves, acheteurs, cet événement marquera leur vie à tout jamais. Le récit se construit autour de la figure d’Emma, jeune esclave vendue ce jour-là malgré l’attachement que lui portent les enfants de la famille Butler. Il alterne les dialogues des protagonistes de l’époque et des interludes, paroles de ceux qui ont vieilli et se souviennent. La galerie de personnages donne un rythme singulier à l’ouvrage. Elle permet surtout une lecture très riche des faits, même si dans sa diversité elle n’évite pas quelques portraits attendus. Peu importe, c’est bien l’émotion qui émane de ce récit tragique et cruel. Le destin d’hommes et de femmes dignes, courageux, en colère, nous touche infiniment et nous rappelle la violence de l’histoire américaine. L’auteur, qui s’est s’inspiré de faits réels, a travaillé à partir de documents historiques. Il reproduit ici la liste originale de la vente : « Numéro 347 - Tom, vingt-deux ans ; champ de coton. Vendu 1260 dollars »… Hélène Sagnet
J'ai envie de crier. J'ai envie de pleurer. Et en même temps, c'est comme si mon coeur avait cessé de battre et que je n'allais plus jamais rien éprouver. Les autres esclaves, ils savaient ce qui allait leur arriver. Ils ont eu le temps de faire leurs adieux. Alors que ma maman, elle pense que je vais rentrer à la plantation et l'aider à préparer le souper. Elle ne sait pas qu'elle ne va pas me revoir;"
Mattie : C'est hier qu'il a commencé à pleuvoir. Une pluie dure comme le regret. D'après Will, l'orage a éclaté au moment de la vente. "Je n'ai jamais vu des trombes d'eau pareilles, il a dit. Ce n'est pas de la pluie. Ce sont les larmes de Dieu."
Will : Dès que le marchand d'esclaves a appelé le 1er homme qu'il allait vendre aux enchères, les nuages gris sont devenus aussi noirs qu'une bûche calcinée. Le tonnerre a roulé à travers le ciel. Des éclairs ont surgi. Mes yeux ont tremblé. Mon coeur a bondi comme s'il voulait se sauver. Puis la pluie est tombée, dure comme le chagrin.