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Critiques sur La Trève (8)


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    • Livres 4.00/5
    Par Gast le 08/02/2011


    Manuscrit traitant du retour à la vie de Primo Levi après l'expérience ô combien anormale et inhumaine d'Auschwitz, ce témoignage démarre là où s'arrête "SI C'Est UN Homme". Ainsi, lire les deux coup-sur-coup c'est vivre la descente aux enfers des camps et le retour progressif au sein des vivants après la déportation.

    En un sens, ce texte et son prédécesseur sont utiles à mettre en parallèle avec le témoignage de Jorge Semprun, déporté politique à Buchenwald et qui fit de même dans "Le Grand Voyage" et "L'écriture ou la vie". On y discerne de grands points communs sur la barbarie nazie, sur le processus de déshumanisation, et aussi sur la manière dont la libération de l'esprit fut à ce point plus progressive et faite de petit détail, que celle du corps, immédiate et quelque peu teintée d'incrédulité. Mais d'un autre côté, ces deux témoignages montrent de manière évidente qu'il y eut un degré dans l'horreur vécu que l'on soit juif ou seulement un opposant politique ; deux horreurs, certes, mais celle de Primo Levi va un cran plus loin dans l'inhumain, dans l'abjection.

    Néanmoins, et malgré un incipit terrifiant, plus infernal que l'année et demi à Auschwitz décrite dans "SI C'Est UN Homme", ce texte devient vite joyeux, illustrant par là le rebond de la force vitale de ceux que les nazis voulurent effacer de la Terre, et la joyeuse pagaille d'une trêve dans les affaires du monde pour une époque savourant sa victoire sur la barbarie moderne.

    Mais à l'instar de Semprun, un texte qui malgré l'esprit festif qu'il décrit, démontre bien que l'accablement lié à la tragédie du lager perdure, et perdurera, tout au long de la vie de l'auteur, victime de cette haine contre nature.

    critique de qualité ? (11 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par JeanLouisBOIS le 27/08/2011


    Pour apprécier ce récit de Primo Levi, il me semble indispensable d'avoir lu Si c'est un homme qui est le récit autobiographique le précédant chronologiquement et qui donne à La Trêve tout son poids et toute sa profondeur. Par sa pudeur et sa distanciation, l'auteur donne toujours l'impression de nous raconter une histoire qu'il a vécu de l'intérieur et en même temps de l'extérieur.Cependant, pour que les mots prennent tout leur sens, il faut garder à l'esprit que Primo Levi vient de vivre une expérience inhumaine et déshumanisante en ayant pleinement conscience de l'épreuve qu'il vient de subir et qu'aucun texte ne pourra traduire de façon satisfaisante ou même ne pourra approcher. C'est vrai qu'on voit dans ce récit le retour à une vie libre et dégagée des contraintes physiques et morales du Camp, mais on y voit aussi poindre surtout vers la fin la certitude que l'auteur restera marqué de façon indélébile par le Camp et qu'il ne pourra jamais s'en libérer mentalement. Cette servitude absolue, au-delà du temps et de l'espace, est probablement une des causes du suicide de Primo Levi en 1987.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par DanielGauthier le 15/03/2010


    Le livre raconte la quasi-année que passa Primo Levi à rejoindre son Italie natale après sa libération d'Auschwitz en janvier 1945 : il recouvre peu à peu la santé, la faim le tenaille toujours, il rencontre un tas de personnages pittoresques, quelques jeunes femmes le troublent, il reprend goût à la vie...
    Ecrit sur le mode des "tribulations d'un Juif en Europe centrale", l'écriture est fluide, élégante, jamais maniérée, et le livre recèle de nombreux moments franchement comiques, ce qui le rend encore plus agréable à lire.

    critique de qualité ? (6 votes positifs)



    • Livres 4.00/5
    Par chartel le 15/01/2009


    Pour approcher l'œuvre de Primo Levi, peut-être aurait-il fallu débuter par le très populaire "Si c'est un homme", mais il était dit que je ne le pouvais pas. Chose surprenante, alors que je m'étais décidé à acheter ce récit autobiographique de l'expérience concentrationnaire dans le camp d'Auschwitz, je fus contraint de me rabattre sur une autre œuvre de Primo Levi parce que "Si c'est un homme" ne figurait pas dans les rayons de la librairie. Mon choix se porta alors sur "La Trêve" , récit également autobiographique, mais traitant de la période qui suit, celle de la libération et du retour en Italie. Période de l'entrée progressive dans la vie et d'une reconstruction personnelle.
    Primo Levi aime peindre les divers personnages rencontrés au cours de son périple, des hommes et des femmes qui, souvent, ne font que croiser la route du rescapé d'Auschwitz, mais ces rencontres tissent la trame de ce roman, elles participent à la vie itinérante, aux déplacements réguliers d'un camp d'accueil à un autre, dans une Europe en ruine et une Russie libératrice qui, tant bien que mal, acheminera ces êtres ressuscités jusqu'à leur terre natale, après plusieurs mois d'incertitudes, de doutes, et d'incompréhensions. Cette trêve, temps de la convalescence, présente aussi des hommes qui, ayant frôlés la mort et le néant, veulent vivre pleinement leur existence, sans peur, honte ni fatalité.

    critique de qualité ? (5 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par DanielGauthier le 10/03/2010


    Le livre raconte la quasi-année que passa Primo Levi à rejoindre son Italie natale après sa libération d'Auschwitz en janvier 1945 : il recouvre peu à peu la santé, la faim le tenaille toujours, il rencontre un tas de personnages pittoresques, quelques jeunes femmes le troublent, il reprend goût à la vie...
    Ecrit sur le mode des "tribulations d'un Juif en Europe centrale", l'écriture est fluide, élégante, jamais maniérée, et le livre recèle de nombreux moments franchement comiques, ce qui le rend encore plus agréable à lire.

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



  • Par keisha le 10/01/2010


    ce document qui commence là où Si c'est un homme s'arrêtait, à la libération du camp de Buna-Monowitz (tout près d'Auschwitz) par l'armée russe en février 1945.

    La libération des camps de concentration n'était hélas pas la fin des épreuves, la mort était encore présente, la guerre continuait ailleurs...
    Les survivants de l'infirmerie sont pris en charge bien sûr, mais ballottés de lieu en lieu. Primo Levi est malade, affamé, frigorifié.
    "Nous avions espéré un voyage bref et sûr, vers un camp équipé pour nous recevoir, vers un succédané acceptable de nos foyers; et cet espoir faisait partie d'un espoir bien plus grand, l'espoir en un monde droit et juste, miraculeusement rétabli sur des fondements naturels après une éternité de bouleversements, d'erreurs et de massacres, après le temps de notre longue patience. C'était un espoir naïf, comme tous ceux qui reposent sur une distinction trop nette entre le bien et le mal, entre le passé et l'avenir : mais nous, nous en tirions la force de vivre. " (...)
    " La liberté, l'improbable, l'impossible liberté, si éloignée d'Auschwitz que nous ne la voyions qu'en rêve, était arrivée : mais elle ne nous avait pas menés à la Terre Promise. Elle était autour de nous, mais sous la forme d'une plaine inexorable et déserte. De nouvelles épreuves nous attendaient, de nouvelles peines, de nouvelles faims, de nouveaux froids, de nouvelles peurs."

    Primo Levi raconte aussi au moyen de nombreuses anecdotes très vivantes les menus détails quotidiens de leur vie dans de nouveaux camps, les contacts avec les polonais, les russes.

    Et arrive (enfin!) la fin de la guerre. l'espoir d'être rapatriés en Italie augment, un convoi démarre vers Odessa... Mais il repart vers le nord et l'attente continue pour des centaines d'hommes, femmes et enfants (mais tous ne venaient pas de camps de concentration)

    "Mais les Russes, à la différence des Allemands, ne possédaient que dans une faible mesure le goût des distinctions et des classifications. Quelques jours plus tard, nous étions tous en route vers le nord, vers un but imprécis, de toute façon vers un nouvel exil. Italiens-Roumains et Italiens-italiens, tous dans les mêmes wagons de marchandises, tous le coeur serré, tous livrés à l'indéchiffrable bureaucratie soviétique, puissante, obscure et gigantesque, non point malveillante envers nous, mais soupçonneuse, négligente, ignorante, contradictoire et, dans les faits, aveugle comme une force de la nature."
    "L'administration russe s'occupait si peu du camp qu'on aurait douté de son existence : mais elle devait bien exister puisqu'on mangeait tous les jours. En d'autres termes, c'était une bonne administration."

    Et c'est seulement à l'automne qu'un convoi les emmène vers l'Italie, via la Roumanie, la Hongrie, l'Autriche, l'Allemagne ...

    "En errant dans les rues de Munich pleines de ruines, (...) j'avais l'impression de me promener au milieu de débiteurs insolvables, comme si chacun me devait quelque chose et refusait de me payer. (...) Il me semblait que chacun d'eux aurait dû nous interroger, déchiffrer notre identité sur notre visage et écouter humblement notre récit. Mais personne ne nous regardait dans les yeux, personne n'acceptait le débat; ils étaient sourds, aveugles, muets, retranchés dans leurs ruines comme dans une forteresse d'oubli volontaire..."

    Et finalement c'est l'Italie!
    "Nous étions partis six cent cinquante, nous revenions trois. Que n'avions-nous perdu pendant ces vingt mois? Qu'allions-nous retrouver chez nous? Quelle partie de nous mêmes avait été usée, consumée? Retournions-nous plus riches ou plus pauvres, plus forts ou plus vains? Nous n'en savions rien (...). Nous sentions couler dans nos veines, mêlé à notre sang exténué, le poison d'Auschwitz. (...) Nous nous sentions vieux de plusieurs siècles (...) Les mois que nous venions de passer à vagabonder aux confins de la civilisation nous apparaissaient maintenant, en dépit de leur rudesse, comme une trêve, une parenthèse de disponibilité infinie."


    Primo Levi garde le style sobre de Si c'est un homme pour nous narrer ses aventures tragiques et parfois comiques, il a le don de décrire ces hommes qu'il a rencontrés ou suivis. Il rend bien aussi l'impression d'un immense déplacement de population et de destruction dans les parties de l'Europe qu'il parcourt. C'est bourré d'énergie, d'envie de vivre, de se débrouiller, de s'en tirer. Il faut vraiment découvrir tous les épisodes parfois incroyables de cette véritable odyssée.

    Mais on sent aussi que cette expérience pèsera toujours sur lui. Même dès cette époque il ressent déjà quelle sera sans doute la difficulté de la partager.

    Est-il nécessaire de préciser que ce livre, lui aussi, doit absolument être lu?

    Lire la suite: http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-primo-levi-la-treve-39395309.html#ixzz0cCkjddYu


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-primo-levi-la-tr..

    critique de qualité ? (3 votes positifs)



    • Livres 3.00/5
    Par Nanne le 06/01/2010


    Le 27 janvier 1945, le camp de Buna-Monowitz est libéré par quatre soldats russes, arrivés là par hasard sur leurs chevaux. Pour Primo Levi et ses camarades, laissés sur place par leurs tortionnaires plus pressés de fuir l'avance de l'Armée Rouge que de suivre les ordres au pied de la lettre, ce 27 janvier est un jour comme les autres. On traîne les morts jusqu'à la fosse commune pour libérer de la place à l'infirmerie du camp, on tente de survivre avec rien, on attend. Quoi ? La fin de l'horreur ou le début cauchemardesque de la culpabilité du survivant ? En attendant, les rescapés vont être pris en charge par de robustes infirmières de l'Armée soviétique, dont le premier geste sera une bonne - et non moins réelle - douche tiède pour tous. C'est à cette occasion que Primo Levi apprendra ses premiers mots russes : "Po malu, po malu !" ("Doucement, doucement !").

    Lavé, rasé pour une ultime fois, habillé de frais, il sera séparé de ses amis français en meilleure forme que lui, pour être renvoyé à l'infirmerie, dans un autre "Service des contagieux".


    Lien : http://dunlivrelautredenanne.blogspot.com/2010/01/le-retour-la-vie.h..

    critique de qualité ? (1 votes positifs)



    • Livres 5.00/5
    Par cathgalloy le 04/10/2011


    Qu'en dire? "le métier de vivre"? le lire plutôt peut-être que les Bienveillantes!
    Qui peut écrire sur les camps, sur ce que c'est de rester un homme ?Primo Levi oui, beaucoup d'autres devraient certainement se taire

    critique de qualité ? (0 votes positifs)






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