ISBN : 2070324133
Éditeur : Gallimard (1987)


Note moyenne : 4.1/5 (sur 50 notes) Ajouter à mes livres
Dans ce petit opuscule, rédigé en 1952, Claude Lévi-Strauss, qui n'est pas encore un anthropologue renommé, nous livre sa conception du fait culturel. Sans polémiquer, le texte renverse bon nombre d'idées reçues : l'illusion ethno... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par nastasiabuergo, le 07 avril 2012

    nastasiabuergo
    "Race et histoire" est né d'une commande de l'UNESCO pour éditer une brochure. le style en est donc fort éloigné du style "ordinaire" de Claude Lévi-Strauss, beaucoup plus accessible à un large public, beaucoup plus général. Ce petit livre est une sorte de mémento, de piqûre de rappel, sur que l'on entend par "race" quand il s'agit de l'humain et, in fine, a pour but de lutter contre le racisme planant un peu partout dans le monde. En quelques pages et sans la moindre nécessité de forcer son talent ou de polémiquer, l'auteur démontre les incongruités de certains modes de penser et de considérer l'humain en tant que mosaïque de groupes ethniques parfaitement caractérisés et différenciés les uns par rapport aux autres, ou bien encore de considérer des groupes ethniques ou des "races" comme "pures" par opposition aux "altérées", aux "métissées", aux "amoindries", aux "abâtardies". (Je vous conseille à ce propos, si cette question vous intéresse, un autre vibrant plaidoyer anti raciste, "La malmesure de l'homme" de Stephen Jay Gould). Les ponts historiques ou géographiques, les ressemblances ou les dissemblances que l'on tient pour structurelles d'une population par rapport à une autre ne sont bien souvent que des artéfacts, des productions hasardeuses de l'histoire, parfois fort récentes.
    Il démonte une à une les béquilles de l'édifice de notre ethnocentrisme ordinaire (qui, lui, est probablement structurel chez l'humain) qui crée moult de nos préjugés absurdes ou erronés sur tel ou tel groupe ethnique. Il aborde aussi la notion de "classification" des cultures ou des civilisations ; les unes étant qualifiées de "modernes", les autres de "primitives" ou "archaïques", d'autres encore de "traditionnelles". Les civilisations sont ce qu'elles sont, un accomplissement en soi, tout comme les individus sont ce qu'ils sont, ni mieux ni moins bien, ni plus ni moins, ni beau ni laid, ni grand ni petit par rapport à une norme qu'on serait bien en peine de fixer dans le marbre. Un livre plus que jamais indispensable en ces temps électoraux où certains agitent les chiffons rouges de nos peurs ancestrales de l'autre. Je n'ai mis que quatre étoiles car, bien que parfait en l'état, ce livre n'est pas à mon sens du niveau de densité et de richesse d'édification d'un "Anthropologie structurale" par exemple. Dans mon cas, ce livre "enfonçait un peu des portes ouvertes", mais je reste convaincue de son utilité pour un large public, et d'ailleurs, tout ceci n'est que mon avis, c'est-à-dire, pas grand chose.
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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 22 octobre 2010

    chartel
    Les polémiques lancées par l'américain Samuel Huntington dans les années 1990 avec son « choc des civilisations » ont relancé l'intérêt pour l'œuvre de Claude Lévi-Strauss, notamment ce qu'il développe, sobrement et clairement, dans l'opuscule Race et histoire . A l'opposé des égalitaristes ou uniformistes, il y valorise les notions d'altérité et de différence, montrant qu'elles sont un moteur d'une évolution cumulative. La confrontation et la coexistence deviennent alors indispensables à la survie d'une culture, non pas sous une forme identique, mais dans une structure renouvelée. Il relativise également l'idée de progrès et revient sur la prétendue supériorité de l'Occident. C'est passionnant, concis et remarquablement écrit. Parfais pour celui qui voudrait prendre connaissance de cet éminent auteur qui ne fut pas loin d'obtenir, en son temps, le prix Nobel de littérature.
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    • Livres 4.00/5
    Par colimasson, le 11 juillet 2011

    colimasson
    Ce texte a été commandé par l'Unesco dans les années 1950 pour traiter de la question du racisme. Visant à dénoncer l'ethnocentrisme comme la base de la plupart des conceptions racistes, les idées de Lévi-Strauss, bien que pertinentes, sont de plus en plus controversées pour leur manque d'efficacité. le problème du racisme n'a toujours pas disparu malgré les progrès effectués en matière de relativisation, ceci signifiant, pour certains, que la solution de Lévi-Strauss était incomplète ou limitée au contexte des années 1950.
    Malgré ce problème pointé sur le manque d'efficacité de la thèse de Lévi-Strauss, Race et histoire est ponctué de nombreux passages pertinents, expliqués dans un langage clair, et certainement novateurs à l'époque de leur publication.

    Si Race et histoire se voulant bref et concis pour répondre à la demande de l'Unesco, les exemples pour illustrer les idées de Lévi-Strauss sont malheureusement trop rares. On a l'impression de suivre le développement des raisonnements qu'un ethnologue aurait mis au point depuis longtemps et qui se décide enfin à le coucher sur papier, mais en faisant abstraction de la majorité des étapes qui l'ont conduit à aboutir à une telle réflexion. Un peu frustrant pour le lecteur qui n'a pas mêmes connaissances que Lévi-Strauss
    Cette lecture est donc intéressante mais je pense qu'elle nécessite vraiment d'être croisée avec les autres ouvrages du même auteur pour être comprise plus entièrement.

    Lien : http://colimasson.over-blog.com/article-race-et-histoire-1952-de-cla..
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    • Livres 5.00/5
    Par Walktapus, le 14 février 2012

    Walktapus
    Ce sont les guéanteries récentes qui m'ont fait repenser à ce bouquin. du coup en recherchant un peu, je découvre que wikipedia en parle très bien. Ma critique se contentera donc d'y faire référence.
    http://fr.wikipedia.org/wiki/Race_et_Histoire
    Livre grand public, court et accessible, ouvreur de conscience, Race et histoire montre les impasses où on peut se fourrer quand on prétend juger les cultures.

    Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Race_et_Histoire
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Citations et extraits

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  • Par Sarahcarabin, le 28 avril 2012

    Le développement des connaissances préhistoriques et archéologiques tend à étaler dans l'espace des formes de civilisation que nous étions portés à imaginer comme échelonnées dans le temps. Cela signifie deux choses : d'abord que le "progrès" (si ce terme convient encore pour désigner une réalité très différente de celle à laquelle on l'avait d'abord appliqué) n'est ni nécessaire, ni continue ; il procède par sauts, par bonds, ou, comme diraient les biologistes, par mutations. Ces sauts et ces bonds ne consistent pas à aller toujours plus loin dans la même direction ; ils s'accompagnent de changements d'orientation, un peu à la manière du cavalier des échecs qui a toujours à sa disposition plusieurs progressions mais jamais dans le même sens. L'humanité en progrès ne ressemble guère à un personnage gravissant un escalier, ajoutant par chacun de ses mouvements une marche nouvelle à toutes celles dont la conquête lui est acquise ; elle évoque plutôt le joueur dont la chance est répartie sur plusieurs dés et qui, chaque fois qu'il les jette, les voit s'éparpiller sur le tapis, amenant autant de comptes différents. Ce que l'on gagne sur un, on est toujours exposé à le perdre sur l'autre, et c'est seulement de temps à autre que l'histoire est cumulative, c'est-à-dire que les comptes s'additionnent pour former une combinaison favorable. (p.29-30)
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  • Par colimasson, le 11 juillet 2011

    On lit dans des traités d’ethnologie –et non des moindres- que l’homme doit la connaissance du feu au hasard de la foudre ou d’un incendie de brousse ; que la trouvaille d’un gibier accidentellement rôti dans ces conditions lui a révélé la cuisson des aliments ; que l’invention de la poterie résulte de l’oubli d’une boulette d’argile au voisinage d’un foyer. On dirait que l’homme a d’abord vécu dans une sorte d’âge d’or technologique, où les inventions se cueillaient avec la même facilité que les fruits et les fleurs. A l’homme moderne seraient réservées les fatigues du labeur et les illuminations du génie. (Postface de Jean Pouillon)
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  • Par colimasson, le 11 juillet 2011

    […] à côté des différences dues à l’isolement, il y a celles, tout aussi importantes, dues à la proximité : désir de s’opposer, de se distinguer, d’être soi. Beaucoup de coutumes sont nées, non de quelque nécessité interne ou accident favorable, mais de la seule volonté de ne pas demeurer en reste par rapport à un groupe voisin qui soumettait à un usage précis un domaine où l’on n’avait pas songé soi-même à édicter des règles. Par conséquent, la diversité des cultures humaines ne doit pas nous inviter à une observation morcelante ou morcelée. Elle est moins fonction de l’isolement des groupes que des relations qui les unissent. (Postface de Jean Pouillon)
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  • Par Sarahcarabin, le 28 avril 2012

    Comment des sociétés contemporaines, restées ignorantes de l'électricité et de la machine à vapeur, n'évoqueraient-elles pas la phase correspondante du développement de la civilisation occidentale ? Comment ne pas comparer les tribus indigènes, sans écriture et sans métallurgie, mais traçant des figures sur les parois rocheuses et fabriquant des outils de pierre, avec les formes archaïques de cette même civilisation, dont les vestiges trouvés dans les grottes de France et d'Espagne attestent la similarité ? C'est là surtout que le faux évolutionnisme s'est donné libre cours. Et pourtant ce jeu séduisant, auquel nous nous abandonnons presque irrésistiblement chaque fois que nous en avons l'occasion (le voyageur occidental ne se complaît-il pas à retrouver le "moyen âge" en Orient, le "siècle de Louis XIV" dans le Pékin d'avant la Première Guerre mondiale, l'"âge de la pierre" parmi les indigènes d'Australie ou de la Nouvelle-Guinée ?), est extraordinairement pernicieux. Des civilisations disparues, nous ne connaissons que certains aspects, et ceux-ci sont d'autant moins nombreux que la civilisation considérée est plus ancienne, puisque les aspects connus sont ceux-là seuls qui ont pu survivre aux destructions du temps. Le procédé consiste donc à prendre la partie pour le tout, à conclure, du fait que certains aspects de deux civilisations (l'une actuelle, l'autre disparue) offrent des ressemblances, à l'analogie de tous les aspects. Or non seulement cette façon de raisonner est logiquement insoutenable, mais dans bon nombre de cas elle est démentie par les faits. (p.22)
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  • Par Sarahcarabin, le 28 avril 2012

    Si nous avons accordé à l'Amérique le privilège de l'histoire cumulative, n'est-ce pas, en effet, seulement parce que nous lui reconnaissons la paternité d'un certain nombre de contributions que nous lui avons empruntées ou qui ressemblent aux nôtres ? Mais quelle serait notre position, en présence d'une civilisation qui se serait attachée à développer des valeurs propres, dont aucune ne serait susceptible d'intéresser la civilisation de l'observateur ? Celui-ci ne serait-il pas porté à qualifier cette civilisation de stationnaire ? En d'autres termes la distinction entre les deux formes d'histoire dépend-elle de la nature intrinsèque des cultures auxquelles on l'applique, ou ne résulte-t-elle pas de la perspective ethnocentrique dans laquelle nous nous plaçons toujours pour évaluer une culture différente ? Nous considérerions ainsi comme cumulative toute culture qui se développerait dans un sens analogue au nôtre, c'est-à-dire dont le développement serait doté pour nous de signification. Tandis que les autres cultures nous apparaîtraient comme stationnaires, non pas nécessairement parce qu'elles le sont, mais parce que leur ligne de développement ne signifie rien pour nous, n'est pas mesurable dans les termes du système de références que nous utilisons. (p.32-33)
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Vidéo de Claude Lévi-Strauss

L'anthropologue Marcel Detienne rend hommage à Claude Lévi-Strauss. Entretien Sylvain Bourmeau (Mediapart).








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