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Magdeleine Paz (Traducteur)
ISBN : 2859406271
Éditeur : Phébus (1999)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 73 notes)
Résumé :
Cette fiction (1956), qui fit comparer Meyer Levin à une sorte de Dostoïevski américain, se fonde sur un fait-divers authentique auquel l'auteur en sa jeunesse avait été mêlé malgré lui.
Dans le Chicago des années 20, deux garçons surdoués, promis à un brillant avenir, croient pouvoir exécuter un crime parfait... et y réussissent presque.
"Crime", qui suscita l'enthousiasme de Hemingway (et inspira un film fameux avec Orson Welles), avait disparu des ... >Voir plus
Critiques, Analyses & Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
jeranjou
jeranjou17 avril 2013
  • Livres 5.00/5
Ce Roman Inimaginable Magistralement Ecrit

EBÉ, quelle lecture !
Si je devais résumer CRIME de Meyer Levin en trois mots, je qualifierai ce roman à la fois d'Exigent, de Bouleversant et d'Éblouissant.
Exigent…
Touffu, très détaillé, philosophique même dans lequel Nietzsche et Freud sont omniprésents. Ce livre, édité chez Phébus libretto, qui plus est avec une police de caractère spéciale, n'est vraiment pas un livre de plage !
J'ai démarré cet ouvrage par les notes de l'éditeur et l'avant-propos, fort intéressantes au demeurant mais que je conseille de lire après coup en même temps que la postface également remarquable. J'ai donc enchainé sur le début du roman saturé d'informations et j'ai eu du mal à rentrer dans le récit. J'ai craqué et j'ai repris cet ouvrage une vingtaine de jours plus tard frais et disponible pour tordre le coup à ce roman vraiment spécial. Malgré la kyrielle de prénoms ou noms à assimiler, j'ai réussi à franchir le cap qui permet de savourer pleinement l'oeuvre étonnante de Meyer Levin.
Bouleversant…
Si certains ont lu « de sang-froid » de Truman Capote, « Crime » est de la même veine et raconte l'histoire d'un crime perpétré par deux adolescents Leopold et Loeb le 21 mai 1924 à Chicago. Tout est presque connu dès le début du récit, hormis le verdict final, et le roman va s'attacher à dérouler en détails l'assassinat, l'enquête et le procès des meurtriers. Différence notable avec le roman de Capote, l'auteur connaissait déjà les deux adolescents car ils étaient camarades de classe durant leur scolarité. En outre, Levin a décidé d'inscrire son propre personnage dans l'histoire en étant le journaliste d'un journal local, le Globe, pour survenir à ses besoins et participer activement à l'enquête.
Pour prendre des distances avec les faits réels, l'auteur a décidé de changer les noms des personnages ou d'en créer de nouveaux, imaginaires; les deux criminels juifs sont appelés Judd Steiner et Artie Straus tandis la victime, beaucoup plus jeune dans le roman, se nomme Paulie Kessler, fils de milliardaire. Ces deux étudiants, débarquant à l'école en limousine avec chauffeur, sont des fils de riches familles juives de la haute société américaine. Artie Strauss, adepte de romans policiers, indigne de son rang à l'époque (voir citation), était le plus jeune diplômé de l'histoire de l'université du Michigan. Judd Steiner, étudiant en droit, féru d'ornithologie et parlant quelques quatorze langues, s'apprête à être reçu à l' université d'Harvard. Bref, deux êtres extrêmement intelligents !
Comment ces deux individus ont-ils bien pu perpétrer un acte aussi horrible avec préméditation et avec une froideur aussi implacable ?
Eblouissant…
Contrairement à Capote, la liberté d'écriture de Levin a permis à l'auteur de romancer les nombreux dialogues entre les deux protagonistes et le reste des personnages qui les entourent, avant et même après le meurtre. Avec un brio incroyable…
Pour ma part, l'enquête située au deuxième tiers du roman est tout simplement extraordinaire. Peut-être la meilleure que je n'ai jamais lue. Les passionnés de Sherlock en auront pour leur argent.
Pour conclure, Meyer Lévin, a réussi à mêler, avec audace et talent dans une même oeuvre, polar, philosophie, religion, psychologie et sociologie. Magistral et unique.
Il est des lectures qui vous marquent pour une vie.
« Crime » me marquera assurément.

PS : J'avais été épaté par le roman "De sang-froid" qui joue fortement sur l'émotion suscitée alors que "Crime" focalise l'attention sur une enquête grandiose qui rend le livre unique et incomparable. Deux ouvrages à lire absolument même si on n'aime pas traditionnement les polars.
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nameless
nameless14 octobre 2015
  • Livres 5.00/5
Crime relate un fait divers sanglant survenu en 1924 à Chicago, l'assassinat d'un jeune garçon, Bobby Franks par Nathan Leopold et Richard Loeb, étudiants brillants, issus de la riche bourgeoisie, dont la seule motivation revendiquée est la perpétration « d'un crime pour le crime, un crime sans motif, sans but, un crime pour rien », un crime parfait. Juste pour la beauté du geste.
 
Meyer Levin a côtoyé les meurtriers durant ses études à l'Université de Chicago, qu'il finançait en étudiant pauvre, en réalisant des piges pour le Daily News, faisant de lui un apprenti-reporter amené à couvrir ce que la presse a surnommé, face à une opinion publique horrifiée « Le crime du siècle ». Il a donc été, pour le moins, spectateur de cette tragédie.  Dans le prologue de Crime, paru en 1956, Meyer Levin livre quelques indications sur les raisons qui l'ont incité à réveiller cet événement atroce : « Ce n'est certes pas le goût du sensationnel qui m'a guidé, en écrivant ce livre. Mais plutôt l'espoir d'apporter – qui sait ? – quelques clartés sur les causes psychologiques et sociales de certains crimes inexplicables, et d'accéder, peut-être, à une compréhension plus large des défaillances de la nature humaine ».
 
Roman solidement charpenté, Crime est divisé en deux parties : Livre I - le crime du siècle, Livre II - le procès du siècle, précédés d'un avant-propos et suivis d'une postface, essentiels pour les précisions qu'ils apportent sur les intentions de l'auteur.
 
Dès le premier livre, le journaliste est rebaptisé Sid, les assassins, Judd Steiner et Artie Straus. Judd et Artie, voisins et amis, sont fils de millionnaires en dollars, gâtés-pourris par la vie. Ils ont des personnalités différentes mais cependant complémentaires. Judd, dans ses rêves s'imagine volontiers esclave, alors qu'Artie affiche un caractère dominateur. le premier est féru d'ornithologie tandis que le second apprécie la littérature policière. Ils entretiennent une amitié sexuellement ambiguë. Judd ne se lie pas d'amitié avec une femme, car les relations entre hommes et femmes sont toujours altérées par la sexualité, et il n'hésite pas à citer Socrate, pour qui « l'amour vrai, l'amour pur, désintéressé, ne peut être ressenti qu'entre hommes”
 
Persuadés qu'ils sont surdoués, qu'ils possèdent des cerveaux supérieurs, Judd et Artie interprètent à leur façon détraquée, la philosophie de Nietzsche et s'auto-proclament surhommes, exemptés des lois ordinaires qui gouvernent le commun des mortels, reconnaissant comme seul crime “l'erreur”, pur camouflage pour justifier leurs actes. C'est dans ce contexte de toute puissance, qu'ils planifient, avec un soin du détail inouï, l'enlèvement, la demande de rançon, l'exécution de Paulie, fils d'amis de leurs parents. Qui sont donc ces surhommes ? Sid, page 263, nous en dresse un rapide mais néanmoins éloquent portrait : «J'avais beau faire, je n'arrivais pas à me les représenter sous les espèces du « surhomme ». Je les avais trop vus dans la vie quotidienne. Des garçons qui se pliaient à toutes les conventions, payaient leur billet de tramway et l'addition de leur dîner, offraient leur chaise aux dames, distribuaient des poignées de main, comment concilier cette image avec l'idée extravagante d'une loi surhumaine ? »  L'erreur, qu'ils admettent comme seul crime pouvant les concerner, les apprentis-surhommes l'ont pourtant commise, sous la forme d'une paire de lunettes oubliée près du cadavre de Paulie. Ils sont arrêtés et jugés.

Si la première partie de Crime est brillantissime, virtuosissime est la seconde (Vous trouvez que j'en fais trop ?).

Meyer Levin se livre à un exercice de très haut-vol littéraire, en restituant les débats et plaidoiries du procès, plongeant le lecteur dans un roman de procédure hors normes. Dans la fiction, c'est Jonathan Wilk , “A l'époque, Jonathan Wilk, qui faisait déjà figure de légende (…), vieux routier des débats judiciaires, bretteur subtil, dur quand il le fallait” (p. 302), qui assure la défense. “La célébrité lui était venue à la suite d'une grève des cheminots dont il avait défendu les meneurs ; pendant toute une génération, il avait été l'avocat des syndicalistes, des nègres, des parias, des opprimés, des malheureux. Avec une ardeur égale, il avait mené campagne contre le système pénitentiaire, dénoncé les causes économiques et sociales de la délinquance, en iconoclaste parfois, toujours en éveilleur des consciences” (p. 302-303).

Au cours de ces pages d'une clarté lumineuse, le lecteur assiste aux balbutiements de théories psychiatriques qui s'affrontent : “Supposer qu'un patient jouit de ses facultés mentales parce qu'il est bien équilibré dans le temps, dans l'espace et dans la conscience, est tout aussi naïf que de le supposer sain d'esprit sous prétexte qu'il n'est pas fou furieux” (p. 381). Ou encore : “Le but de la psychiatrie étant de découvrir les causes profondes du comportement, si chaque acte et chaque geste était provoqué par une cause, que resterait-il de la culpabilité”. Et bien oui, que reste-il de la culpabilité si l'on explique et justifie tout comportement déviant ?

N'étant spécialiste en rien ni susceptible de répondre à des questions aussi pointues, je laisse pour conclure la parole à Théodore Roosevelt, qui dans l'histoire vraie, a émis ce communiqué : “Je ne suis pas disposé à approuver un plaidoyer en faveur de la folie, à seule fin de préserver un meurtrier des conséquences de son crime, s'il s'avère impossible de convaincre les autorités compétentes que l'individu aurait dû être interné dans un asile, même s'il n'avait pas commis de crime”. Signé Théodore Roosevelt, himself.

Récit romancé, roman documentaire, reportage policier, roman de procédure, investigation journalistique, je ne peux me prononcer, Crime atteignant l'excellence dans chacune de ces catégories. Je peux cependant dire que dans tout roman inspiré de faits réels, la réalité dépasse souvent la fiction.

 

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marina53
marina5328 octobre 2013
  • Livres 4.00/5
Artie Straus et Judd Steiner sont de brillants voire très brillants élèves. Agés de 18 et 19 ans, issus de familles millionnaires, ces gamins sont nés avec une cuillère d'argent dans la bouche. Tout les promettait à un avenir glorieux et à des études réussies haut la main. Mais, serait-ce le manque d'adrénaline dans ce monde si parfait et si lisse à leurs yeux qui les a poussés à commettre l'irréparable? Une soif de vivre? Un besoin de se prouver qu'ils sont des surhommes, ainsi qu'ils se qualifient eux-mêmes? Leur seule envie: commettre le crime parfait. Pour cela, ils kidnappent un gamin de milliardaires, tant qu'à faire, autant que cela leur rapporte un peu d'argent en réclamant une rançon. Tout était étudié depuis des mois, le moindre détail fignolé: les lettres anonymes envoyées aux parents, l'endroit où le père devait remettre l'argent, la voiture de location pour passer inaperçu, l'usage de faux noms, déposer le corps de l'enfant dans un lieu peu fréquenté... Ils avaient tout prévu. Sauf que le corps a été retrouvé très vite, la remise de l'argent ne s'est pas faite étant donné que l'enfant a été très vite identifié grâce (ou à cause, c'est selon) à Sid, l'apprenti journaliste et accessoirement un camarade de classe de Judd et Artie. Malheureusement pour les deux jeunes hommes, la population, la police et les journalistes ont été chamboulés et horrifiés par ce meurtre gratuit et vont se lancer à corps perdu dans la recherche des assassins. Une paire de lunettes est retrouvée sur les lieux du crime et la machine s'enclenche irrémédiablement pour Judd et Artie...
Meyer Levin relate dans ce polar ce qu'il a vécu dans les années 20. Cette histoire défraya la chronique puisque ces deux jeunes hommes n'avaient qu'une envie: commettre le crime parfait. Tuer pour tuer, rien d'autre. L'auteur s'est beaucoup attardé sur la personnalité des meurtriers, l'enfance qu'ils ont eue, leur mode de vie, leur insouciance, leur façon de penser et le fait de croire qu'ils étaient au dessus des hommes et de la loi. L'auteur ayant vécu cela de très près, il a réussi à relater les faits d'une façon assez neutre et c'est bien là le point fort de ce polar. Avec son écriture terriblement efficace, Meyer Levin nous plonge réellement dans cette Amérique des années 20. Il décrit avec précision et avec une attention toute particulière pour les tueurs les faits en eux-mêmes et les conséquences qui en découlèrent. Avec une seconde partie accrocheuse, notamment les différentes plaidoiries, ce polar nous tient en haleine et nous montre une bien sombre image de la jeunesse dorée.
Un crime... presque parfait...
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cicou45
cicou4517 mai 2013
  • Livres 5.00/5
Qu'est-ce qui nous pousse à lire des histoires abominables, tirées de surcroît de faits réels ? Car il faut le dire, ce roman est abominable et pourtant...tellement bien écrit, enivrant et si captivant que le lecteur ne peut que s'y accrocher avec qu'une seule envie : savoir l'issue de l'histoire. Sommes-nous tous un peu fous ? Je ne le pense pas car, pour mon cas, moi qui suis une fan inconditionnelle des ouvrages de Truman Capote, on aurait dû me délivrer un certificat depuis longtemps...
Ici, nous avons face à nous deux jeunes hommes, Artie Strauss et Judd Steiner, tous deux âgés de 19 et 18 ans. Cette histoire se déroule dans les années 1920 à Chicago et tous deux sont donc encore considérés comme mineurs car, à l'époque, la majorité était fixée à l'âge de 21 ans. Tous deux sont fils de parent milliardaires et sont doués d'une intelligence hors du commun. Pourquoi alors puisqu'ils sont à l'abri du besoin financier, vont-ils enlevé un jeune garçon afin d'en demander une rançon au père avant de l'assassiner de sang-froid (j'adore cette expression, même si elle est horrible à proprement parler, car elle ramène sans cesse à mon cher Truman Capote) ?
C'est ce que le lecteur va tenter de découvrir tout au long de cet ouvrage. L'histoire nous est contée par l'un de leurs amis, ou du moins, camarades de classe -ce serait plus exact -, reporter pour le journal "Le Globe". C'est d'ailleurs le narrateur qui identifiera le corps puisque les pistes ont été brouillées par nos deux assassins qui avaient défigurer ce dernier avec de l'acide et qu'une paire de lunettes avait été repêchée (eh oui, le corps a aussi été noyé) alors que l'enfant n'en portait pas. Si ce n'était pas celles du jeune garçon, c'étaient alors forcément celles de l'un des assassins...
Cet ouvrage emmène le lecteur vers un long voyage, au coeur de l'Illinois, sur les suites d'un meurtre et puis d'un procès qui paraît interminable tant le lecteur a envie de savoir la sentence qui leur sera imposée. Seront-ils pendus comme semble le réclamer le procureur de l'accusation Horn ou enfermés "ad vitam eternam" comme le demande leur avocat, Jonathan Wilk ?
Les noms ont bien entendu été changés pour les besoins de l'histoire mais il n'en reste pas moins que cette histoire fait plus vraie que nature (c'est logique puisqu'elle est tirée d'une histoire vraie), que ce genre de crime a toujours été monnaie courante, l'est encore de nos jours (malheureusement) et le sera encore. Attention, ne vous méprenez pas, je ne me fais pas l'avocat du diable car s'il y a bien une chose que j'exècre (tout comme chacun d'entre vous), ce sont bien les crimes de quelque nature qu'ils soient mais il n'empêche que je n'ai pas pu m'empêcher de m'attacher aux personnages et de tenter de les comprendre, si pareille chose est possible...). A découvrir !
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mariecesttout
mariecesttout11 mars 2014
  • Livres 5.00/5
Tout d'abord, je tiens à remercier Jeranjou qui m'a mise sur la piste de ce livre,j'ignorais absolument tout de cet auteur et de cette sordide histoire.
Belle couverture, chez Libretto, Edward Hopper , qui nous plonge d'emblée avec Room in NewYork , aux Etats-Unis, mais à Chicago en 1924.
Qu'est-ce que ce roman? L'auteur précise dans son avant-propos avoir voulu suivre la " grande tradition littéraire de Stendhal, dans le Rouge et le Noir, de Dostoïevski dans Crime et Châtiment, de Théodore Dreiser dans Une tragédie américaine..
Par opposition aux romans à clef, je pense que Compulsion pourrait être classé dans la catégorie des romans historiques contemporains, ou dans celle des romans documentaires.
Bien que l'action soit empruntée à la réalité, il va de soi que les pensées et les sentiments des personnages sont imaginés par l'auteur."
Il s'est aidé pour cela de tous les détails connus de cette affaire, des rapports psychiatriques, a recopié des extraits entiers des plaidoiries, et était donc particulièrement bien placé pour être bien documenté, car d'une part il était à l'époque " apprenti journaliste" pour son université et a participé activement à l'enquête, et d'autre part, il connaissait ces deux garçons.
Mais c'est un roman, pas dans les faits eux-mêmes, incontestables, mais plutôt dans l'interprétation des caractères des principaux protagonistes, qui lui est propre, et c'est pour cela qu'il n'a pas utilisé les véritables noms de ces protagonistes.
' Telles sont la vérité et la réalité à mes yeux. Car, dans le domaine de l'émotion, il n'y a pas de vérité absolue ni définie, la réalité passe toujours à travers un être, et ce qui va suivre est la réalité à travers moi."
L'histoire elle-même a déjà été racontée, deux très jeunes hommes enlèvent un enfant et demandent une rançon à la famille. Mais ils le tuent tout de suite. Aucun suspense, donc, mais le récit de l'enquête, et du procès.
Pourquoi ont-ils fait cela?
La deuxième partie, c'est le procès et là.. il faut lire attentivement la plaidoirie de leur avocat qui était donc en fait Maître Clarence Darrow, qui est une merveille dans la dénonciation de la peine de mort. Tous les arguments connus sont énoncés , mais nous sommes en 1924..
"Cette question du crime et du châtiment, aussi vieille que l'humanité, suivez-là à travers les âges , devant les bûchers, les croix, les roues, les pals, les gibets et les échafauds, aux temps où la populace assemblée venait se repaître des supplices! …
Est-ce à moi de rappeler à Votre Honneur que la cruauté n'engendre que la cruauté? ..
Votre Honneur, je suis obsédé par la tempête de haine et de fureur qui secoue ce pays! Je me bats contre la tempête jusqu'à en perdre la raison. Ce n'est pas tant pour ces garçons que je me bats et que je plaide devant vous. Je plaide pour eux qui viendront après eux, la foule des autres qui affronteront peut être sans secours l'orage et la tempête. C'est en leur nom que je supplie la Cour de renoncer aux barbaries et aux cruautés du passé! "
Très longue plaidoirie, très grand moment d'éloquence pleine d'une humanité qui réconforte.Mêlée de poèmes, dont celui, très touchant , d'Alfred Edward Housman, cité par Jeranjou:
Voilà comme le jeu finit
Qui n'aurait pas dû commencer
Mes pères et mère ont eu un fils
Sans y penser.
Je me suis demandée si Maître Badinter la connaissait? Je suppose..
Lisant cela, je me suis dit, naïvement, que l'Illinois, avec de tels avocats, avait dû être un des états américains qui avaient supprimé la peine de mort rapidement.. Pas du tout, elle n'a été abolie qu' en 2011.
En tout cas, très bon moment de lecture!

Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Clarence_Darrow
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Citations & extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
jeranjoujeranjou08 mai 2013
Je me souviens d'un petit poème de Housman qui me semble fait pour ces enfants :



La nuit où mon père me fit naître

Mon père n'a pas pensé à moi

Pas songé que je pourrais être

Le fils que voilà.



Le jour où ma mère me fit naître

C'était un jour plein de chansons

Ma mère était folle, étourdie,

Ivre d'avoir donné la vie

A son garçon.



Mes père et mère sont couchés

Si, si profond

Que nul n'est allé les chercher

Là où ils sont.

Et c'est moi qu'ils ont enchaîné

Dans la prison.



Il ne faut pas qu'on se souvienne

De l'enfant que Dieu oublia :

Allez dire au bourreau qu'il vienne,

Vienne pendre le pauvre gars

Qui n'attend de miséricorde

Que de la corde.



Voilà comme le jeu finit

Qui n'aurait pas dû commencer,

Mes père et mère ont eu un fils

Sans y penser.





Magnifique poème extrait de la plaidoirie de Jonathan Wilk (Clemence Darrow en vérité) pour défendre les adolescents Judd et Artie coupables de meurtre d'un enfant
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jeranjoujeranjou27 mai 2013
« Telles sont la vérité et réalité à mes yeux. Car dans le domaine de l’émotion, il n’y a pas de vérité absolue ni définie, la réalité passe toujours à travers un être, et ce qui va suivre est la réalité à travers moi »





Un avant-propos qui justifie pourquoi l’auteur a notamment changé le nom des personnages pour raconter sa vérité, même si elle s'inpire grandement des faits avérés.

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jeranjoujeranjou07 mai 2013
Faites-les mourir : cela empêchera-t-il d'autres jeunes gens, d'autres hommes, d'autres femmes de tuer encore ? Vous savez bien que non.



Les pendaisons d'hier n'ont pas prévenu le crime d'aujourd'hui.







Extrait de la plaidoierie de Jonathan Wilk (Clemence Darrow dans la réalité)

+ Lire la suite
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jeranjoujeranjou14 juin 2013
Mais que leur reste-t-il à espérer ? ... Rien !



Puisque tous les feux sont éteints

Dans la vallée,

Il est temps de quitter les tiens

Pour t'en aller.

Prends ton sac, et serre les mains.

Ô vous autres, ne craigniez rien :

Rien à craindre ni espérer,

Sur la route où l'homme s'en va,

Rien que son pas,

Sur la route où l'homme s'enfuit,

Rien que la nuit.

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PiatkaPiatka04 août 2014
Cette question du crime et du châtiment, aussi vieille que l'humanité, suivez-la à travers les âges, devant les bûchers, les croix, les roues, les pals, les gibets et les échafauds, aux temps où la populace assemblée venait se repaître des supplices ! Vous verrez que, petit à petit, la loi s'est adoucie, et qu'au fur et à mesure qu'on renonçait aux châtiments barbares le crime décroissait au lieu de s'élever.
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