> Fanchita Gonzalez-Batlle (Traducteur)

ISBN : 2867465656
Éditeur : Liana Lévi (2011)


Note moyenne : 4.05/5 (sur 37 notes) Ajouter à mes livres

Charger un passager à l'aéroport, quoi de plus juteux pour un chauffeur de taxi ? Une bonne course vous assure une soirée tranquille. Ce soir-là, pourtant, c'est le début des emmerdes... Tout d'abord la cliente n'a pas assez d'argent ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Lolokili, le 21 novembre 2011

    Lolokili
    C'est l'histoire d'une erreur judiciaire. L'irrésistible descente aux enfers de Jeff Sutton, suspect numéro-un parfaitement innocent, y est disséquée dans les moindres détails, de sa petite vie tranquille au couloir de la mort jusqu'à un semblant de dénouement qui n'en dit pas assez.
    Ce livre se lit très facilement mais ne m'a pas totalement convaincue. Est-ce le ton désinvolte qui contraste étrangement avec la gravité des événements ? Les longueurs dans la narration du quotidien carcéral ? le style (ou la traduction ?) sans grand intérêt ?... Bref, sans être un mauvais livre, «Arrêtez-moi là !» ne laisse pas un souvenir impérissable.
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Eskalion, le 10 avril 2011

    Eskalion
    « Ah que le hasard fait parfois bien les choses ! » Combien de fois dans notre existence n'avons-nous pas prononcé ces quelques mots pour souligner un moment inattendu, riche de joie imprévue, de perspectives ou d'opportunités inespérées ? Sans doute que Jeff Sutton, chauffeur de taxi de son état, les a-t-il un jour prononcés lui aussi.
    Sans doute que c'est même ce qu'il lui est venu à l'esprit lorsque celui-ci , qui ne vient habituellement pas charger de clients à l'aéroport, tente sa chance ce soir là et décroche une course qui le conduit dans les beaux quartiers de la ville avec une belle commission à la clé !
    Pourtant, il arrive parfois que ce hasard vienne jouer les grains de sable dans nos existences bien ordonnées, qu'il nous projette alors dans un tourbillon cauchemardesque où nous ne devenons plus que les pions d'un un scénario écrit par d'autres mains, que nous ne maîtrisons pas et où l'on tient forcément le plus mauvais rôle.
    Plongez dans le shaker de la vie celle d'un innocent, rajoutez y comme ingrédient une police que se fourvoie, un avocat commis d'office minable, une meute journalistique qui crie la mise à mort, un juge décidé d'en finir promptement, un couloir de la mort comme cadre de vie et un tueur psychopathe comme seule compagnie, et secouez le bien fort. Vous obtiendrez alors un cocktail à l'aspect sombre et au goût particulièrement amer.
    Quand les flics déboulent dans son appartement et lui passent les menottes pour le conduire prestement au poste de police, l'existence ordinaire et bien rangée de Jeff Sutton prend fin. Lui qui se faufilait dans la vie sans jamais se faire remarquer, dont les balises de son existence résumaient à sa lessive du mercredi soir, sa distraction quelconque du jeudi et à l'engourdissement du vendredi soir, se retrouve embarqué malgré lui dans le grand huit judiciaire américain.
    La vie n'est qu'une question de perspective. Les actes quotidiens de l'existence, comme déposer une cliente devant sa demeure, la suivre jusque chez elle car elle n'a pas assez d'argent pour vous régler, s'intéresser à ses fenêtres le temps qu'elle trouve sa monnaie à l'étage, en vous rappelant que vous en posiez dans une autre vie professionnelle, sont des choses bien anodines. Tout comme le fait de nettoyer à la vapeur les banquettes de votre taxi, parce que l'une des deux jeunes filles éméchées que vous avez accepté de transporter officieusement après votre service, a eu la bonne idée d'y déposer le souvenir de ses excès éthyliques.
    Mais vu sous le prisme de la police qui cherche à mettre la main sur le kidnappeur d'une fillette et à retrouver le corps de cette dernière, les choses prennent une toute autre signification ! Des empreintes sur les vitres de la victime, des preuves que l'on efface à la vapeur, et les jeunes filles alcoolisées qui auraient été transportées qui sont introuvables. Il n'en faut pas plus pour faire enfiler le costume de coupable à Jeff Sutton.Et il lui va si bien !
    Le roman de Ian Levison est une charge contre le système judiciaire américain. Une de plus dirons certains. Sans doute, mais la force de ce roman réside dans le fait que le personnage principal semble accepter sa déchéance avec résignation, pour mieux la supporter. Il n'est en rien révolté, ne s'insurge pas contre le tort qui lui est fait, il subit en observant toute l'absurdité d'un système qui le détruit. Il est le témoin de cet acharnement aveugle. Jeff n'est pas un héros, juste un type ordinaire tiré de sa vie banale de chauffeur de taxi pour servir de faire valoir à une justice spectacle qui réclame son dû.
    C'est cette résignation de cet individu broyé, habillé de sa seule ironie, qui rend la charge de l'auteur encore plus efficace, car tout combat est inutile.
    Ce qui est important n'est pas de savoir si vous êtes innocent, mais de savoir si vous avez les moyens de l'être. Quand la situation de Jeff prendra finalement une autre tournure, ce sera grâce au potentiel financier qui pourra être retiré de son affaire par un grand cabinet d'avocats qui aura flairé le bon coup. Car la société américaine est ainsi faite, à toute chose malheur est bon ! le soucis de justice et d'équité n'est qu'accessoire .
    Un roman puissant, percutant par la mise à nue d'un système qui ne se remet jamais en question, qui broie coupable comme innocent, à seule fin de rassurer une société qui ne veut pas douter d'elle-même, et qui démontre qu'il y a parfois plus d'humanité à partager en prison qu'à l'extérieur dans cette société prétendument civilisée.
    « Quel monde merveilleux ce serait si les ignorants étaient un peu moins sûrs d'eux » dira Jeff.
    Tout est dit !

    Lien : http://passion-polar.over-blog.com/
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    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Phares, le 28 avril 2012

    Phares
    Roman tiré d'un fait divers réel : un homme innocent est jeté en prison pour soupçon d'enlèvement d'un enfant (qui dans les faits a complètement disparu).
    L'auteur décrit de façon magistrale la solitude abyssale d'un citoyen accusé, en face des comportements des "corps constitués" :
    - les policiers, en présence d'un 1er indice apparemment significatif, pratiquer une résolution rapide de l'affaire plutôt qu'une enquête minutieuse qui peut s'avérer longue et coûteuse;
    - les juges, en concordance avec les hommes politiques locaux, donner la priorité avant tout aux objectifs de résultat pour satisfaire la soif de tranquillité des citoyens et faciliter ainsi les victoires aux élections auxquelles ces juges sont soumis aux Etats-Unis;
    - un premier avocat commis d'office, prendre soin de ses problèmes personnels plutôt que de la conduite du plaidoyer de son client;
    - un cabinet d'avocats haut de gamme reprenant le dossier, tout faire pour que le procès se termine principalement par une bonne publicité génératrice de notoriété et de revenus futurs, même si c'est au détriment partiel des intérêts du client;
    - les journalistes de la télévision, donner la priorité à l'information instantanée, à l'exposition dramatique des parents victimes, à l'expression du désir de vengeance rapide de nombreux citoyens.
    Le rouleau compresseur de la Justice américaine se révèle implacable.
    La trame du roman comprend aussi des chapitres instructifs sur les conditions d'incarcération et les relations entre prisonniers, avec notamment la relation du héros avec un condamné à mort perpétuellement en attente d'une demande de grâce de son avocat ou d'une sentence en retour de l'administration judiciaire.
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    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par keisha, le 12 juin 2011

    keisha
    Ce soir là Jeff Sutton commet deux erreurs : toucher à une fenêtre chez sa cliente qui allait chercher de la monnaie à l'étage et, après avoir chargé gratuitement dans son taxi deux jeunes filles ivres, nettoyer son véhicule à la vapeur. Il se retrouve le seul accusé de l'enlèvement de la fille de sa cliente, ni la police ni même son avocat ne croient à son innocence. Il risque la peine de mort puisqu'au Texas, après un certain laps de temps, on n'a pas besoin de retrouver un corps. Enquête bâclée, procès dont l'issue est courue d'avance, bref, c'est mal parti. Jusqu'au retournement de situation (ouf!), mais la liberté a un drôle de goût...

    Ce nouveau roman de Iain Levison fait froid dans le dos. Il est dédié à Richard Ricci, qui a connu la même fausse accusation, mais hélas est mort en prison. Il détaille par le menu comment un innocent peut se retrouver sans défense, l'aveuglement de la police heureuse d'avoir trouvé son coupable, quitte à ignorer ou bricoler un témoignage, la vie carcérale, sans oublier les dérives des medias américains et la difficile réinsertion des condamnés.

    Evidemment le ton est moins farfelu que dans Trois Hommes, Deux Chiens et une Langouste, mais l'humour qui fait mouche, parfois désespéré, remonte à la surface.

    Quelques extraits :
    "Il y a eu un moment pendant l'interrogatoire où je me suis vraiment concentré sur les événements de la soirée en question, et je me suis sérieusement demandé : est-ce que j'ai kidnappé cette fillette? L'avais-je simplement effacée de ma mémoire? A ce moment-là j'ai découvert qu'il existe chez les humains une force très puissante qui les force à croire tous la même chose, et j'étais entouré de gens qui pensaient que j'étais un tueur d'enfant. Qui étais-je pour discuter?"
    "Un peu d'isolement suffit à faire sombrer les critères en matière de contacts humains."
    "Comment un innocent est-il censé se distinguer de ceux qui cherchent seulement à être perçus comme innocents? "

    Un roman noir, qui se dévore d'une traite.


    Lien : http://en-lisant-en-voyageant.over-blog.com/article-arretez-moi-la-7..
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    • Livres 4.00/5
    Par beeshop, le 17 août 2011

    beeshop
    Ce livre est le récit de ce que l'on souhaiterait être un cauchemar, une angoisse anéantie par la sonnerie du réveil. Malheureusement ici personne ne dort et la spirale infernale est bien réelle. Jeff est chauffeur de taxi. Il prend en charge une femme à l'aéroport et la reconduit chez elle. N'ayant pas de monnaie, la cliente lui propose de rentrer et de l'attendre le temps qu'elle monte à l'étage chercher de quoi payer. Jeff patiente en observant le montant d'une fenêtre qu'il touche d'un air connaisseur ayant été poseur de fenêtre par le passé. Une fois payé il éteint son compteur et s'apprête à rentrer à la base après une longue journée. Sur le chemin il croise deux jeunes filles rentrant d'une soirée quelque peu alcoolisée. Bien que le règlement de sa société de taxi l'interdise, Jeff propose aux jeunes filles de les avancer. Une des jeunes filles vomit alors dans le taxi ! Une seule solution : lavage à grande eau et à la vapeur. Une fois son taxi propre Jeff peut enfin rentrer chez lui pour, ce qu'il ne sait pas encore, sa dernière nuit d'homme libre.
    La fillette de la femme de l'aéroport à disparue et qui mieux qu'un homme ayant laissé des empreintes sur la fenêtre et désinfecté son taxi peut-être le coupable idéal ?
    Commence alors une longue chute pour Jeff où la vérité n'a pas d'importance. Les « preuves » permettent de raconter une histoire crédible donc le coupable est trouvé. La présomption d'innocence ? Inconnue au bataillon. L'exhibition devant les médias d'un « coupable » non encore jugé ? Cela rassure la population sur l'efficacité (sic) de sa police.
    Sauver la victime semble importer peu, il y a un coupable, il faut qu'il paie. Ce livre donne le tournis, à chaque page on espère, on se dit que tout cela est trop gros, que la vérité va être rétabli, mais non ! Saviez-vous qu'un innocent condamné vaut plus qu'une personne reconnue innocente par l'enquête ? Lorsque que l'on est un grand cabinet d'avocat se rémunérant par un tiers des indemnités perçues autant attendre le plus tard possible pour dévoiler son jeu. Vous avez alors un client condamné détruit psychologiquement, ayant tout perdu jusqu'à son honneur mais un client riche ! Ce roman inspiré de fait réel est incroyable, l'écriture de Ian Levison est au scalpel et imprégné d'un humour à la limite du cynisme.

    Lien : http://mespetitesidees.wordpress.com/2011/08/17/arretez-moi-la-de-ia..
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Citations et extraits

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  • Par Lolokili, le 21 novembre 2011

    « Ne m’appelle pas Bob. Même si la tentation est très forte, tiens-t’en à Robert. »
    Je n’arrive pas à savoir si c’est une menace ou une plaisanterie. J’ai la vague impression que quelqu’un qui l’a appelé Bob quand il ne fallait pas est enterré quelque part.
    Citation de qualité ? (13 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 21 novembre 2011

    Ma voix est calme et intimidée. Est-ce que mon poste est toujours libre ? Je me sens comme Oliver Twist demandant une autre portion de gruau.
    Citation de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 21 novembre 2011

    La première chose dont je me souviens c’est l’odeur de l’endroit, celle de l’acier, froide, tenace, qui agressait les sens comme un chien en colère.
    Citation de qualité ? (9 votes positifs)
  • Par Lolokili, le 21 novembre 2011

    Comment un innocent est-il censé se distinguer de ceux qui cherchent seulement à être perçus comme innocents ? Tout coupable d’un tel crime va vouloir imiter mon comportement parce que je suis réellement innocent, alors comment me distinguer de mes imitateurs ?
    Citation de qualité ? (4 votes positifs)
  • Par Eskalion, le 10 avril 2011

    ici dans le couloir de la mort, il est au bout du chemin et se découvre la liberté rare de pouvoir être totalement honnête.Il n'a plus besoin de vivre un mensonge.A présent qu'il vit dans une boîte en béton, il n'a plus besoin de se sentir isolé. Tout le monde ici sait ce qu'il a fait, et il à l'air aussi à l'aise avec ça qu'avec ce qu'il va lui arriver pour l'avoir fait.Il attend simplement le jour,et la seule joie qui lui reste est la liberté pleine et entière de dire ce qu'il pense.
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