> Fanchita Gonzalez-Batlle (Traducteur)

ISBN : 2867463696
Éditeur : Liana Lévi (2004)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.82/5 (sur 49 notes) Ajouter à mes livres
Une petite ville américaine ravagée par la fermeture de l'unique usine, délocalisée au Mexique. Jake Skowran a non seulement perdu son travail, sa télé, son aspirateur, mais aussi sa petite amie, partie vers des cieux plus cléments... Pour ne pas perdre aussi sa propre ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par le_Bison, le 29 février 2012

    le_Bison
    Lacs gelés et forêts sombres et enneigées accentuent ce sentiment de solitude que traîne notre héros du jour : Jake. Loin des grandes métropoles urbaines, nous rentrons au cœur de l'Amérique, dans une petite bourgade du Wisconsin. L'une des dernières (à moins que cela soit la seule) usine de ce bled vient de fermer, provoquant ainsi une nouvelle vague de licenciements. de ce fait, Jake perd, en plus de son boulot, son abonnement au câble, sa télé même, puis sa femme et sa respectabilité... Il se sent perdu, décalé dans cette nouvelle Amérique où ses compétences et ses souhaits ne sont plus pris en compte. La morosité gagne la ville, la région qui ne vit plus que dans la mélancolie et la nostalgie des jours d'antan, des jours fastes et meilleurs à l'époque de la grande Industrie.
    L'Amérique profonde, celle des laissés-pour-compte, celle des désespérés... Que la littérature peut être belle et émouvante lorsqu'elle traite de cette Amérique-là, triste, humaine qui ose traité de ses démons intérieurs. L' « American Way of Life » me parait tout de suite moins idyllique racontée par un Iain Levison délaissant très tôt le raffinement de son whisky natal d'Aberdeen pour le grand cru local qu'est la Budweiser. Désespérés et oubliés, ces ex-ouvriers américains ont perdu totalement espoir en leur pouvoir dirigeant, mais aussi et malheureusement en leur propre capacité. Alors, lorsque Jake se voit proposer Un petit boulot par son « mafieux » bookmaker local, il croit en cette dernière chance, celle qui lui prouvera qu'il possède encore quelques qualités, quelques aptitudes pour gérer un poste à responsabilité. Simplement une histoire de confiance et de respectabilité...
    Sous l'écriture de ce nouvel écrivain, je croise des paumés, des américains moyens, des exclus du travail et donc de la société. Ce sont à priori des gens bons, humains mais qui ont tout perdu parce que les grandes entreprises préfèrent délocaliser leurs usines pour gagner encore plus de fric. Et sans travail, nous ne sommes plus grand-chose, que des hommes en voie de délabrements qui n'ont plus d'activités, à part traîner dans des pubs de plus en plus miteux. On se sent exclus et bons à rien, genre traîne-savates sans motivation. Les relations avec les autres, avec les proches s'en ressentent, deviennent de plus en plus difficiles, jusqu'à se retrouver enfermer dans un carcan, solitaires et abandonnés.
    Morosité, tristesse, désespoir... Cela ne semble pas une lecture très propice à l'optimisme et à la joie de vivre. Et pourtant, la plume de Levison est ravageuse, mortellement humoristique, voir désopilante. A la fois extrêmement drôle et pathétique, je ne peux que sourire, voir même jubiler face à la facilité qu'à Jake à se fondre dans son nouveau job. Avis aux recruteurs, ce type est capable de tout, dans n'importe quelle situation. Improvisation et réflexion font de lui le meilleur pour un poste à responsabilité de haute envergure.

    Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par AireLibre, le 22 janvier 2008

    AireLibre
    http://librairepassion.blog.ouestjob.com/index.php/post/2008/01/21/Iain-Levison
    Ce premier roman est une extraordinaire réussite, dans le récit que dans l'écriture. Il prend comme décor une petite ville américaine, totalement sinistrée depuis la délocalisation de l'usine qui faisait travailler tout le monde. La ville entière est au chômage, et le quotidien de Jake n'a rien d'une exception : il ne possède plus rien sinon des dettes de jeux, sa petite amie l'a largué et aucune lueur ne semble éclaircir l'horizon. Jusqu'à ce que son bookmaker lui propose Un petit boulot ... tueur à gages ! Jake joue au gars qui a des cas de conscience. Mais en réalité il est ravi : il a enfin décroché un job ! Bon, tueur à gages, il sait pas faire, mais il va apprendre et faire de son mieux. C'est qu'il y tient à son nouveau boulot !
    Ce petit bijou de littérature à contre-courant a été une véritable découverte, que je vous conseille chaudement. Levison est drôle, et totalement amoral, bousculant pour l'occasion des valeurs qui semblent évidentes pour les prendre à contre-pied. Si vous avez besoin de vous détendre, c'est vraiment le livre qu'il vous faut !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par narmiz, le 09 juin 2011

    narmiz
    Son dernier roman vient de sortir en France, la 4ème de couverture était aguichante, alors je me suis dit que j'allais prendre cet auteur du début, soit ce livre sorti en 2003.
    Les 50 ou 60 premières pages sont absolument scotchantes (à se demander si le bon format pour ce récit n'aurait pas été plutôt celui de la novella). Jake Skowran travaillait au service expédition d'une usine de pièces détachées pour tracteurs dans le Wisconsin (oui, décrit comme ça c'est pas très scotchant, je sais). L'usine a fermé il y a quelques mois, sa copine est partie, la ville est en décrépitude, et la vie de Jake part en lambeaux. Il parie (illégalement) chez un bookmaker et a plusieurs milliers de dollars de dettes. Il ne voit pas comment s'en sortir. C'est alors que le bookmaker lui propose de tuer sa femme…
    Joli pitch, ça part à 100 à l'heure ; les réflexions de Jake sur sa ville, l'usine partie, les relations humaines après des licenciements massifs, le travail dans une station service, sont criantes de sincérité, de drôlerie, de vérité et d'humour acerbe. Et ça continue de plus belle quand arrive le rôle de tueur à gages. le style est sec, efficace, acéré ; d'une sobriété correspondant bien au sujet et au personnage.bL
    La suite se laisse lire sans déplaisir, mais quitte un peu le registre réaliste / social pour devenir un peu plus délirant, avec un souci de réalité moindre. le récit est cependant bien développé ; les personnages secondaires ont une vraie vie et une vraie présence (Patate, l'étudiant qui travaille à la station service et qui s'exprime en borborygmes…).
    Moralité : donne envie de suivre les autres romans parus depuis.
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    • Livres 4.00/5
    Par chocobogirl, le 13 septembre 2009

    chocobogirl
    Jake est au chomage, comme la plupart des gars de la ville : la seule usine a fermé laissant sur le carreau des familles entières. Sa copine s'est cassé avec un vendeur de voitures plus argenté, emportant aspirateur et plantes. On lui a coupé la télé et ses dettes de jeu s'accumulent.
    Bref Jake Skowran est un looser.
    Jusqu'au jour où on lui propose un job de tueur à gages. Ni une, ni deux, notre Jake s'engage avec enthousiasme dans son nouvel emploi, prêt à prouver ses compétences et à s'investir comme dans tout autre travail.
    D'une lecture facile et jouissive , ce roman est un petit bijou d'humour et de cynisme !
    En faisant le portrait d'un chomeur désespéré qui accepte n'importe quel boulot lui redonnant l'occasion de prouver les valeurs du travail, sans s'encombrer de problèmes de conscience morale, Levison fait le portrait d'une Amérique désenchantée où les valeurs de l'argent et du capitalisme sont rois.
    Le quotidien du chomage avec ses pertes d'identités, de confiance en soi et de dignité sont parfaitement rendus. Jake s'enfonce dans la spirale du chomage et ce n'est qu'en trouvant ce nouveau travail qu'il retrouve la force de rebondir, trouver une copine, avoir des projets, ...Etc
    Les sociétés de crédits qui vous harcèlent, les patrons qui vous prennent pour de la merde et vous jettent à la moindre défaillance, les usines délocalisées : tout le monde en prend pour son grade !
    Un roman grinçant plein d'humour mais finalement très dur devant la chute du rêve américain, à lire absolument !
    Une lecture qui m'a rappelé "7c62bda012ec440453d3d8997910053PGEgaHJlZj0iL2xpdnJlcy9XZXN0bGFrZS0zNjEvNDY0MTYiIGNsYXNzPSJ0aXRyZTEiPjM2MTwvYT4=" de Westlake, où cette fois-ci, c'est un père de famille qui trucide ses concurrents d'entretien d'embauche afin de décrocher à tout prix LE boulot qui lui faut !


    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-35549740.html
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 04 février 2012

    carre
    Jake Skowran traverse une mauvaise passe, il vient de perd boulot, télé et cerise sur le gâteau sa petite amie. Pour ne pas sombrer il accepte une proposition de Ken Gardocki, bookmaker mafieux, le débarrasser de son épouse. Jake se met "au travail' de tueur à gages.
    Levinson sous l'humour toujours présent, dresse un portrait acide de petites gens que l'on laisse sur le carreau sans aucun remord. A chacun de se débrouiller à sa façon, drôle, extravagant, les livres de Levinson sont de formidables joyaux anti déprime. Un Westlake moderne. Génial.
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Citations et extraits

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  • Par le_Bison, le 29 février 2012

    - Tu pourrais m’avoir un silencieux ? J’aime pas le bruit du coup de feu. C’est dangereux, et ça me fait mal aux oreilles.
    Il grimace. « C’était bruyant à l’usine. Comment tu faisais ?

    - Je portais des boules Quies.

    - Porte des boules Quies, alors.

    - Le bruit est quand même là. Des gens peuvent l’entendre. Je voudrais vraiment un silencieux. » En plus, c’est chic, un silencieux. Tous les tueurs à gages en ont. Quel homme de main se trimballe avec un flingue merdique qui fait un bruit d’enfer ?
    « Je le leur demanderai. Ils te donneront une arme. Mais s’ils en ont pas, tu peux en trouver un ?

    - Je ne sais pas où trouver un silencieux. On en vend au supermarché ? »
    Ken hausse les épaules. « Tu as demandé ? Ils vendent des fusils de chasse. » Nous nous regardons, et nous éclatons de rire.
    Être tueur à gages, c’est comme tout, on a ses moments de rigolade.
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  • Par OneClick, le 31 mars 2012

    Investir dans l'avenir est un luxe de riche.
    Les pauvres le savent. C'est pour cela qu'ils investissent si rarement, qu'ils font si rarement avec leur argent quelque chose qui leur en rapportera davantage.
    Les pauvres cherchent seulement des moyens de rendre le présent supportable.
    L'argent peut procurer des moments de réalité agréable quels qu'ils soient.
    c'est pour cela que l'argent ne change jamais de mains.
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  • Par le_Bison, le 29 février 2012

    - Il n’y aura pas de nouvelle usine. Qui voudrait une foutue usine ici ?

    - J’ai entendu dire que les papiers Scott étudiaient le site. » Tommy m’avait téléphoné pour me dire qu’il l’avait lu dans le journal. De grosses compagnies étaient intéressées, je le savais. Il y avait une réserve d’ouvriers qualifiés, un bâtiment déjà équipé pour produire des pièces de tracteurs. Quelques transformations, et ça tournerait en produisant autre chose. Nous savions tous ça.
    Gardocki rigole de nouveau. « Les papiers Scott. » Il secoue la tête. « C’était une usine de construction mécanique. Tu penses qu’ils vont la transformer en moulin à papier ? Et remettre ça avec les conneries de syndicats ? Plus personne ne veut avoir affaire aux syndicats. On veut des Mexicains. On veut des gens qui seront contents avec sept dollars de l’heure et qui ne rouspèteront pas pour en toucher dix-sept. L’usine, ici, c’est fini, Jake. » Il se laisse aller contre son dossier et allume une cigarette. « Qu’est-ce qui est arrivé à cette jolie fille avec qui tu sortais ?

    - Je t’emmerde.
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  • Par caroline9691, le 24 juillet 2011

    Mais les réflexes de pauvres vous collent à la peau plus lontemps que la pauvreté elle-même

    Je suis un cafard économique, je peux survivre à tout.
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  • Par le_Bison, le 29 février 2012

    « Fais ce qu’il faut pour survivre, Jake. Les temps sont durs. » Qui dira le contraire ? Les flics ? Le pasteur ? je ne suis pas allé à l’église depuis les licenciements. De toute façon, les flics et les pasteurs ont du boulot.
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