ISBN : 2234058643
Éditeur : Stock (2009)


Note moyenne : 3.28/5 (sur 95 notes) Ajouter à mes livres
"Maman est morte, je suis maman. Voilà, c'est simple, c'est aussi simple que ça, c'est notre histoire à toutes les trois. Tu en mets du temps à raconter les histoires, je me disais quand elle me racontait une histoire dans mon lit. Là c'est allé vite, si vite, le regard... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 26 mai 2011

    canel
    Louise est amoureuse de Pablo, elle apprend avec surprise et bonheur qu'elle est enceinte tandis que sa mère Alice est mourante. On suit l'agonie de la maman à l'hôpital, d'autant plus douloureuse pour Louise qu'elle n'ose pas lui annoncer sa grossesse et qu'elle a l'impression d'avoir mal aimé cette mère "pas comme les autres" (cf. "Le Rendez-vous" de la même auteur).
    Après le décès d'Alice, Louise continue à vivre sa grossesse tant bien que mal : comment être à la fois heureux et malheureux ? comment voir sa mère mourir et sa fille naître peu de temps après sans ressentir de culpabilité ? comment ne pas chercher sa mère trop tôt disparue dans le visage de son enfant ?
    L'écriture est fluide et très agréable, la description de la lente (et trop rapide) perte d'un proche par la maladie sonne souvent juste, les sentiments ambivalents d'alors sont bien dépeints : vouloir désespérément retrouver la mère d'avant et souhaiter que celle-là, méconnaissable sur son lit d'hôpital, meure pour ne plus souffrir... Les maladresses, la simplicité et la modestie de Louise/Justine la rendent touchante et de ce fait attachante. On peut s'identifier à certaines faiblesses de fille indigne, de femme enceinte, de jeune mère qui se sent coupable, qui en fait trop par peur de ne pas être à la hauteur.
    Par contre, plusieurs points ont gâché ce plaisir de lecture. Tout le monde le sait, Justine Lévy est la fille de BHL et d'Isabelle Doutreluigne, et l'épouse du comédien Patrick Mille. Pourquoi qualifier de roman un récit qui semble largement autobiographique, en gardant de surcroît certains des vrais noms et en en changeant d'autres ?... La scène de l'enterrement m'a semblé outrée, de même que cette manie de clamer ces comportements à risques de femme enceinte. La simplicité auto-proclamée de l'auteur est-elle réelle, ou s'agit-il de fausse modestie ? Les difficultés de cette petite fille riche et couvée par son papa m'ont parfois échappé. Enfin, on a beau aimer ses parents, cela ne dispense pas de rester objectif. Mais bon, l'auteur est franche et avoue p. 184 être "une menteuse", à nous de relativiser tout cela, donc !
    Un moment de lecture néanmoins agréable.
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    • Livres 4.00/5
    Par camille_alivreouvert, le 27 décembre 2011

    camille_alivreouvert
    (Billet écrit en juin 2011)
    C'est avec beaucoup de retard que je me plonge dans le dernier roman de Justine Levy, Mauvaise Fille, sorti il y bientôt deux ans.
    L'auteure continue d'explorer la veine autofictionelle et revient sur l'agonie de sa mère, et sur sa propre grossesse.
    La jeune fille du Rendez-vous et de Rien de grave a grandi. Louise est témoin du cancer qui ronge sa mère Alice quand elle découvre qu'elle est elle-même enceinte. Terrible concours de circonstances, un être qui est en train de mourir et l'autre qui va naître.
    Louise est chamboulée, oscille entre des sentiments contradictoires, peine à assumer ses rôles de fille et de future mère.
    Elle se sent coupable d'être enceinte et de ne pas avoir la tête tout à sa mère dans ces derniers moments. Elle aimerait aussi pouvoir partager l'annonce de cette grossesse avec sa mère mais il est peut-être trop tard.
    Il s'agit de faire face à l'issue inéluctable de la maladie, et l'agonie est saisissante.
    Et puis cette grossesse... A t-elle vraiment envie de cet enfant ? Saura-t-elle être une bonne mère ?
    Il faut dire que l'héritage maternel est lourd à porter. En effet, Alice a été une très belle femme, une très forte personnalité, mais a aussi mené une vie fantasque, parfois extrême, et été une mère inconséquente, ce qui bien sûr pèse dans les questionnements de Louise.
    Justine Levy analyse avec acuité les émotions de la narratrice et raconte son cheminement pour se réconcilier avec le souvenir de sa mère et devenir mère à son tour.
    Mauvaise Fille est un roman profond et émouvant, à mes yeux réussi bien que parfois inégal (Quelques règlements de compte et un portrait très flatteur du père m'ont semblé manquer de nuance ; certaines énumérations m'ont fatiguée)
    J'ai aimé le style : Phrases lapidaires, mots jetés sur le papier au rythme des pensées de la narratrice, style oral donc, presque viscéral dans les instants de détresse.
    J'ai surtout aimé l'honnêteté et la sensibilité avec lesquelles Louise/Justine se met à nu.
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 28 juin 2011

    canel
    Louise est amoureuse de Pablo, elle apprend avec surprise et bonheur qu'elle est enceinte tandis que sa mère Alice est mourante. On suit l'agonie de la maman à l'hôpital, d'autant plus douloureuse pour Louise qu'elle n'ose pas lui annoncer sa grossesse et qu'elle a l'impression d'avoir mal aimé cette mère "pas comme les autres" (cf. Le Rendez-vous de la même auteur). Après le décès d'Alice, Louise continue à vivre sa grossesse tant bien que mal : comment être à la fois heureux et malheureux ? comment voir sa mère mourir et sa fille naître peu de temps après sans ressentir de culpabilité ? comment ne pas chercher sa mère trop tôt disparue dans le visage de son enfant ?
    L'écriture est fluide et très agréable, la description de la lente (et trop rapide) perte d'un proche par la maladie sonne souvent juste, les sentiments ambivalents d'alors sont bien dépeints : vouloir désespérément retrouver la mère d'avant et souhaiter que celle-là, méconnaissable sur son lit d'hôpital, meure pour ne plus souffrir... Les maladresses, la simplicité et la modestie de Louise/Justine la rendent touchante et de ce fait attachante. On peut s'identifier à certaines faiblesses de fille indigne, de femme enceinte, de jeune mère qui se sent coupable, qui en fait trop par peur de ne pas être à la hauteur.
    Par contre, plusieurs points ont un peu gâché ce plaisir de lecture. Tout le monde le sait, Justine Lévy est la fille de BHL et d'Isabelle Doutreluigne, et l'épouse du comédien Patrick Mille. Pourquoi qualifier de roman un récit qui semble largement autobiographique, en gardant de surcroît certains des vrais noms et en en changeant d'autres ?... La scène de l'enterrement m'a semblé outrée, de même que cette manie de clamer ces comportements à risques de femme enceinte. La simplicité auto-proclamée de l'auteur est-elle réelle, ou s'agit-il de fausse modestie ? Les difficultés de cette petite fille riche et couvée par son papa m'ont parfois échappé. Enfin, on a beau aimer ses parents, cela ne dispense pas de rester objectif. Mais bon, l'auteur est franche et avoue p. 184 être "une menteuse", à nous de relativiser tout cela, donc !
    J'avais préféré "Le Rendez-vous" et "Rien de grave".
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    • Livres 3.00/5
    Par Juste-Lire-Avec-Plaisir, le 15 novembre 2010

    Juste-Lire-Avec-Plaisir
    Ce livre se lit comme si nous lisions un journal intime. Parfois, il renvoie à ce que nous connaissons, à ce que nous avons déjà ressenti et parfois nous nous demandons pourquoi une personne se met à raconter sa vie ainsi. Ce que j'ai lu m'a renvoyé à un précédent livre de Justine Lévy, Le Rendez-vous où elle parle longuement de sa mère. Ce qui est également le cas ici. Pourtant, on fait le rapprochement sans le faire vraiment. Parce qu'il est assez difficile de différencier le vrai du faux et au fond, je me demande si cela a vraiment de l'importance. Quoiqu'il en soit, il y a beaucoup « d'elle » dans ce livre, que ce soit sa propre histoire ou non.
    Ce genre de livre est agréable mais il ne fait pas voyager, il ne fait que nous ramener encore plus près de là où nous sommes déjà.
    La narratrice, Louise tombe enceinte au moment à sa mère se meurt à cause d'un cancer. Tout le livre relate de leur relation tumultueuse depuis l'enfance, entre indifférence, amour et tendresse. Mais au fond, la narratrice parle surtout d'elle. Elle par rapport à sa mère, elle par rapport à son père, elle par rapport à son compagnon Pablo, par rapport à son futur enfant.
    En fin de compte, elle est égoïste. Elle prend soin de sa mère, dans ses derniers moments mais c'est pour éviter ou plutôt atténuer la culpabilité qui la ronge sans cesse. Elle en veut à son enfant de prendre tant de place alors qu'il n'est même pas déjà là. C'est une personne en proie à ses états d'âme, comme nous tous mais qui a l'air de complaire ainsi.
    En bref, une lecture sympathique mais pas le genre de livres qui laisse un souvenir impérissable.
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    • Livres 3.00/5
    Par zabeth55, le 05 février 2012

    zabeth55
    acheté sans conviction, ce livre s'est révélé être une bonne surprise. C'est émouvant.
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Alexis Lacroix pour le Magazine Littéraire

    Louise apprend sa grossesse et la maladie de sa mère de manière presque simultanée. À travers elle, Justine Lévy ne se contente pas de fouailler, dans une prose âpre, l... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par MyaRosa, le 29 avril 2010

    Parfois, des gens que je connais à peine me demande de ses nouvelles. Mais comme je suis méchante, je les torture un peu. Maman ? Elle est morte, je réponds en souriant, froidement, sans ciller, mais comme j'aurais dit maman est au ciné. Elle est morte, je leur répète, en les regardant droit dans les yeux, en les forçant à baisser les leurs, à encaisser. Il n'y a pas de Maman. Il n'y a plus que Maman-est-morte. Sa-mère-est-morte, […] c'est un fait, c'est établi, j'ai les papiers, je peux le prouver. C'est comme ça qu'elle existe, maintenant, maman. Maman-est-morte, c'est le nouveau nom de maman. Et c'est ma façon aussi de mettre une barrière entre eux et moi, entre sa mort et leur pitié sirupeuse, sur-jouée, indécente. Et c'est ma façon, encore, de leur refiler, quand même un bout de ma peine. Même s'ils font semblant, ça fait rien. C'est bien qu'ils la pleurent aussi un peu, qu'ils m'allègent de ce chagrin [...]
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  • Par MyaRosa, le 29 avril 2010

    Ça y est, elle est morte. Je devrais être soulagée, mais je ne suis pas soulagée. Maman est morte. Pourquoi, alors, a-t-elle encore l'air d'avoir si mal? Dehors, dans la cour, une femme a hurlé, et j'ai cru que c'était moi. Mais non, je n'ai pas hurlé, je n'ai rien dit, j'ai les mains jointes sur mon ventre, je ne pense à rien, je ne veux pas pleurer, je ne veux pas m'effondrer, j'attends que les gens arrivent, j'attends un moment décent pour sortir de cette chambre, je suis monstrueuse, […] je ne sais plus où j'en suis, je ne sais plus qui je suis, je suis sonnée, je me hais.
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  • Par MyaRosa, le 29 avril 2010

    Je reviens dans la chambre. Pablo a éteint la lumière. Ah ben d'accord, super, je constate en shootant dans un oreiller et en déplaçant une chaise exprès. Si je comprends bien, j'ai pas le droit de lire ? Il se lève tôt demain, il proteste, il a un rendez-vous important. Je sais qu'il faut pas le stresser, qu'il a besoin de dormir, mais c'est plus fort que moi, j'ai envie de le provoquer, de l'agresser, et qu'il m'agresse aussi, une bonne scène, une bonne engueulade bien vivante, et le rendre responsable de tout, et qu'on se batte, et qu'on se fasse du mal, et que j'aie une bonne raison, une raison objective, claire, sans bavure, de me plaindre et d'aller mal. Quelque chose de bénin mais de net. Une dispute de couple bien sordide. Tout plutôt que cette boule que je sens grossir dans ma gorge, ce malheur qui veut sortir à tout prix, et tout éclabousser, et tout salir.
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  • Par MyaRosa, le 29 avril 2010

    Il les garde toujours sur lui, les échographies. On n'y voit pas grand chose, surtout sur la première, celle qu'il préfère, je n'ai jamais compris pourquoi, et qu'il montre à tous les gens qu'il rencontre. Eux n'y voient qu'une tache, une goutte, une petite masse, une fumée. Mais, pour lui, c'est une vie. Une vie parmi des milliards de vies possibles. Cette vie-là. Pas une autre. […] Il s'y accroche tant qu'il peut, à cette vie. Il n'a que ça, lui. Il n'a pas le gros ventre. Il n'a pas les nausées, les pieds qui enflent, les chaussures qui ont l'air de chaussons. Alors, pour lui, c'est pas une goutte, c'est un océan. C'est pas une vie, c'est la vie. Il est si content. C'est son enfant.
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  • Par MyaRosa, le 29 avril 2010

    L'étage de maman, c'est l'étage de ceux qui vont bientôt mourir. Mais c'est une erreur, n'est-ce pas ? Si maman est là c'est bien parce qu'il n'y avait pas de place ailleurs ? Depuis la chambre de maman, on entend l'agonie des autres. Leurs râles. Les pleurs des proches. Leurs plaintes. Pas nous. Nous on n'est que de passage. […] Maman sortira bientôt.
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Vidéo de Justine Lévy

Vidéo réalisée lors de la signature de Mauvaise Fille (Stock), le dernier livre de Justine Lévy à la librairie l'Amandier de Puteaux en Février 2010








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