> Cécile Arnaud (Traducteur)

ISBN : 9782710331612
Éditeur : Quai Voltaire (2011)


Note moyenne : 3/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Sur les conseils de son fils imprimeur, July entreprend le récit de sa vie en Jamaïque, en ce xixe siècle qui voit l’abolition de l’esclavage. Née sur la plantation Amity, elle est la fille d’une « esclave des champs », travaillant dans les pièces de canne à sucre. La s... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par maevedefrance, le 01 mai 2012

    maevedefrance
    Ce roman ne conte pas une histoire d'amour mais une abomination ! Il décrit avec brio tout l'infâmie d'une époque, pas si lointaine (l'histoire se situe au début du XIXe siècle) où certains êtres humains avaient la certitude que d'autres êtres humains étaient inférieurs à eux. Cette histoire se déroule sur une île des Antilles qui appartenait alors à l'Angleterre (par ailleurs si puritaine et bien pensante...) mais elle aurait parfaitement pu se dérouler sur une île des Antilles françaises.
    Pourtant, July, aujourd'hui vieille femme, raconte l'Enfer de la plantation d'Amity sans pathos et même avec beaucoup d'humour parfois. Elle était une jeune femme au caractère bien trempé mais également très intelligente, sachant parfois manipuler sa "missus", Caroline Mortimer. Elle a parfaitement compris que celle-ci a peur des Noirs mais surtout qu'elle est infiniment seule (parce que son frère meurt rapidement dans l'histoire) et qu'elle a besoin de ses esclaves pour faire tourner sa plantation. Donc, contrairement aux apparences, c'est également parfois l'esclave qui a pouvoir sur sa maîtresse.
    Cette femme blanche n'étant même pas capable de comprendre pourquoi son esclave domestique s'appelle July ("juillet", en anglais), elle va jusqu'à la rebaptiser Marguerite... Cela montre toute la bêtise de Caroline, mais aussi toute sa méchanceté profonde : tout au long du roman, July raconte comment celle-ci n'aura de cesse de la démunir de tout, mais vraiment de tout (je ne peux pas révéler le pire du pire qu'elle parvient à faire), en partie pour se venger. Parce que July est aussi une très belle femme, ce qui n'échappera pas à l'oeil d'un certain Robert Goodwin, Anglais, fils de pasteur, tiraillé entre ses principes anglicans, le "qu'en dira-t-on" et son désir pour July... Seulement voilà, sur l'île la tentation, où tout le monde essaie de manipuler tout le monde, ça donne parfois des choses étranges.
    Andrea Levy n'épargne pas le racisme entre esclaves, celui où les quaterons (métis de métis), se sentent supérieurs aux Noirs. Un piège dans lequel tombera July, qui clame haut et fort qu'elle n'est pas noire mais mulâtre (ce qui est vari car elle née d'un père écossais, même si elle est noire comme l'ébène). L'écrivain soulève ici la quête d'identité des personnages esclaves, qui, pour se sentir exister, en viennent parfois à être aussi odieux que leurs maîtres. Mais elle y dénonce surtout avec brio toute l'hypocrisie d'une société anglaise, bien-pensante, qui en proclamant l'abolition de l'esclavage, fera tout pour mettre les anciens esclaves à terre.
    On adore July dans ce livre, qui interpelle constamment le lecteur en expliquant qu'elle n'est pas douée pour raconter sa vie. Mais aussi, parce que c'est un personnage pudique, elle réécrit certains passages, édulcore la réalité parce qu'elle a honte, ce qui met son fils Thomas, imprimeur, en rage. Donc July reprend sa plume pour rétablir la vérité.
    Le roman se termine par la voix de Thomas, qui lance au lecteur un avis de recherche sur sa demi-soeur Emily, tout en le mettant cependant en garde : "En Angleterre, la découverte de sang noir dans une famille n'est pas toujours accueillie avec joie."
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    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 19 juillet 2011

    litolff
    Un grand bonheur de lecture que ce second livre de l'auteure d'Hortense et Queenie.
    Andrea Levy, par les mots de July, esclave en Jamaïque sur une plantation sucrière anglaise au XIXe siècle, raconte dans une page d'histoire méconnue, une vie hantée par l'esclavage : July, née de père anglais (le contremaître de la plantation) qui bien sur ne la reconnaîtra jamais et d'une esclave des champs au fort tempérament, se verra arracher sa mère, puis son fils, et sa fille.
    Témoignage de tous ces esclaves que l'on a privés d'histoire et qui, le temps d'un roman, peuvent enfin raconter quelle vie a été la leur, une vie d'injustices et d'humiliations : dans un style à la fois poignant et drôle, sans jamais verser dans le pathétique, July déroule son quotidien, ses petits bonheurs et ses grands malheurs, ses ruses pour échapper à la colère de sa "Missus" et de son "Massa", sa ferme certitude qu'être mulâtresse vaut bien mieux qu'être noire, même si ça ne se voit pas...
    July nous raconte son destin d'esclave caribéenne, analyse les ravages du système colonial dans les plantations, mais surtout, elle élève une voix dépourvue de tous cliché, pétrie d'humour et d'humanité, qui oscille entre l'émotion et l'éclat de rire avec une dignité sans faille. Si sa vie a été dure, aucun doute là-dessus, elle est bien décidée à ne pas apitoyer son lecteur avec ça !
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  • Par Fantine, le 05 septembre 2011

    Fantine
    En ce qui me concerne, ce roman d'Andrea Levy est le premier roman que je lis, et, je n'ai pas été déçu.
    Par l'intermédiaire de son héroïne, Miss July, l'auteur dresse un portrait sans concession de l'esclavage et des planteurs dans un pays que l'on a guère coutume de cotoyer puisque tous les romans ayant trait à l'esclavage ainsi que son abolition se déroule aux USA.
    Même si il s'agit d'une oeuvre de fiction, il s'agit d'un excellent témoinage sur la vie quotidienne des esclaves (que se soit dans les champs et/ou la maison du maître) dans une grande plantation anglaise.
    On assiste également à la lutte des esclaves pour leur liberté, puis, à l'abolition de l'esclavage en Jamaïque ainsi qu'aux différents codes régissant la société jamaïquenne, et, l'on s'apperçoit que les riches planteurs ne sont pas vraiment intégrés à la vie en Jamaïque, et, tout comme les riches planteurs américains, traitent les noirs comme des bêtes et des moins que rien.
    J'avoue que Miss July, l'héroïne de ce roman, est une maîtresse femme, à la langue bien pendue, qui essaye de manipuler sa maitresse afin d'améliorer son sort, même si finalement, elle se fait avoir ...
    Andrea Levy est un auteur que je continuerais à lire.
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    • Livres 3.00/5
    Par stephanieplaisirdelire, le 16 avril 2012

    stephanieplaisirdelire
    J'ai beaucoup de mal à classer ce livre, à la fois document historique, saga familiale, comédie dramatique… Un peu de tout cela compose Une si longue histoire et c'est grâce à ce mélange des genres et au style confidence du texte qu'André Lévy en a fait un très bon roman, bien rythmé. Vous y trouverez forcément quelque chose qui vous touche et en ressortirez avec une note d'optimisme malgré la gravité du sujet.
    L'auteure a misé sur un style direct et, à travers le récit et les mots de son personnage, elle emmène le lecteur dans une partie de l'histoire coloniale britannique peu connue : l'abolition de l'esclavage et surtout le période d'adaptation qui a suivie. de façon directe, parfois très poétique, mais toujours naturelle, July, ancienne esclave jamaïcaine écrit l'histoire de sa vie. le lecteur est très vite entrainé dans l'histoire et dans la vie du personnage- protagoniste et narratrice.

    André Levy apporte un regard très subjectif sur l'époque : avec son personnage fictif qui évolue dans ce contexte historique réel, l'auteure met en avant les problèmes des minorités de l'époque : rivalités entre les différents esclaves (domestique et travailleurs des champs) et entres les différents noirs où les plus pâles sont considérés comme supérieurs, se rapprochant du modèle blanc !
    C'est un roman que j'ai trouvé très intéressant. le vrai travail de recherche d'André Lévy offre un récit fourmillant de détails. On est transporté en pleine Jamaïque du XIXème siècle. On en apprend d'avantage sur la révolte de 1932, l'abolition de l'esclavage l'année d'après, et surtout sur la période d'adaptation et d'apprentissage durant les années qui suivirent. le récit n'est pas toujours drôle, même parfois dur, mais le personnage de July a un style direct et ce brin d'optimisme qui font sourire le lecteur. Son ton naïf mais perspicace fait un savoureux mélange de tragique et de comique.
    On oscille entre l'horreur et le rire, ce qui fait de ce livre un roman plein d'émotion, drôle et poignant. Une si longue histoire est un roman captivant.......
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    • Livres 3.00/5
    Par SYLIANE, le 16 octobre 2011

    SYLIANE
    Une belle histoire, presque une saga, aux couleurs flamboyantes, sous forme de témoignage parlé, une voix qui monte des entrailles de la Jamaique, une mélopée qui nous parvient par la voix d'une esclave. Ce roman évite l'écueil de la revendication. Il fait fi du sermon et du jugement lapidaire. Il raconte un peu naïvemenent le conte d'une vie, de multitudes de vies sous la servitude de l'esclavage dan l'île de la Jamaique, les soulevements et les tueries, les mauvais traitements qui ne paraissaient pas, la vie et ses règles, le travail de la canne à sucre, la sous-vie des autochtones, les abus des contremaîtres, les chants et le sang de la vie, puis les soulèvements, avec ses tueries et massacres, la sauvagerie d'une terre ancestrale.
    Les mots sont ici une transmission, retranscription écrite d'une mémoire d'un peuple oublié, on revisite la tradition orale africaine du devoir de mémoire entre générations. L'écrivain est un passeur de mémoires.
    Un beau témoignage faussement naïf, gai, et descriptif.
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Citations et extraits

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  • Par maevedefrance, le 21 avril 2012



    Quand la petite sortit enfin du ventre de Kitty, elle lâcha une exhalation si puissante que les arbres ployèrent comme au passage d'un ouragan.
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  • Par maevedefrance, le 24 avril 2012


    Bon, les Anglais sont souvent difficiles à déchiffrer, car ils pensent qu'un visage impassible, dépourvu de sentiments, est une vertu.
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La chronique de Gérard Collard - Hortense et Queenie
Hortense et Queenie de Andrea Levy aux éditions Gallimard Regardez... La présentation du livre "Hortense et Queenie" par l'éditeur : Londres, 1948. L'Angleterre est encore secouée par la guerre. Au 21 Nevern Street vit Queenie Bligh, une belle femme de tempérament, élevée à la dure dans les Midlands. Son mari, Bernard, n'est pas rentré des Indes, où il servait dans la Royal Air Force. Pour survivre, Queenie est contrainte de prendre des locataires, dont un couple de jamaïquains, Gilbert et Hortense. Gilbert Joseph vient lui aussi de faire la guerre sous le drapeau de l'Empire et l'uniforme bleu de la RAF. Déterminé à rester à Londres, il subit bon gré mal gré le racisme ordinaire. Sa jeune femme, Hortense, a toujours rêvé de vivre en Angleterre, mais la Mère Patrie ne correspond pas à ce qu'elle imaginait à l'ombre des manguiers. Andrea Levy tisse avec une grande finesse d'observation un roman à quatre voix, teinté d'humour et d'émotion, pétri d'exotisme et d'humanité. En évoquant la rencontre et le métissage des cultures, elle pose avec intelligence la question de l'intégration. Un grand roman, couronné de nombreux prix. unanimement célébré par la critique et le public. Vous pouvez commander "Hortense et Queenie" sur le site de la librairie en ligne www.lagriffenoire.com








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