ISBN : B0000DR54C
Éditeur : Le Livre de Poche


Note moyenne : 4/5 (sur 22 notes) Ajouter à mes livres
Babbitt est l'un des très rares héros de la littérature - comme Tartuffe, Don Quichotte, Don Juan ou Harpagon - dont le patronyme est devenu quasiment un nom commun. Outre-Atlantique, un "Babbitt" désigne communément cet Américain moyen, homme d'affaires besogneux, aff... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

Critiques et avis(4)

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    BABBITT
    Traduction : Maurice Rémon
    George F. BABBITT est un courtier en immobilier plus près de ses cinquante que de ses quarante ans. Dans sa jeunesse, à l'Université de l'Etat qu'il continue à appeler affectueusement "l'U", il rêvait de devenir un grand avocat dont les plaidoieries empoigneraient les prêtoires et toujours prêt, bien entendu, à défendre la veuve et l'orphelin.
    Et puis, un soir, pour consoler Myra, une cousine de la petite amie de son meilleur ami, Paul Riesling, il a pris la tête de celle-ci sur son épaule. Et alors, comme cela semblait se pratiquer dans cette époque reculée de l'avant-première-guerre mondiale, elle lui avait dit : "Maintenant que nous sommes fiancés, George, quand l'annoncerons-nous ?"
    Il n'avait pas voulu décevoir la pauvre petite Myra, si douce, si aimable, si sûre et il l'avait épousée, devenant ainsi l'associé de son beau-père, Harry Thompson. Et tout avait été dit et joué pour BABBITT. Il avait engraissé, il avait vieilli, il s'était donné bien du mal pour élever ses trois enfants, Verona, Theodore (Roosevelt) et Catherine (dite Tinka), il avait couru sans cesse après l'argent, il l'avait engrangé et ... et sa vie était bien remplie en somme.
    Sinclair Lewis le saisit dans tout ce que son existence comporte d'atrocement ennuyeux, pesant et routinier, et l'amène à se poser quelques questions.
    Sans plus. Ca ne durera pas. BABBITT acceptera finalement de se lier à la "Ligue des Bons Citoyens" et reprendra ses oeillères. Après une liaison aussi éphémère que peu gratifiante avec Tanis Judique, une cliente de l'Agence BABBITT & Thompson, après que son ami Paul aura été arrêté pour tentative de meurtre sur son épouse Zilla, après que BABBITT aura eu très peur de perdre la sienne en raison d'une appendisectomie "à chaud", tout rentrera dans le même ordre étouffant, implacable, sur lequel s'ouvre et se poursuit ce roman dont certains décrocheront certainement très facilement avant d'en avoir lu le dernier mot. (J'avoue m'être moi-même un peu forcée parfois ... Wink )
    Au contraire de "Main street", "BABBITT" fait peu appel à l'action. C'est une description amère et quasi clinique des nantis bourgeois et citadins d'avant le grand Krach de 1929. le "rêve américain" triomphe : BABBITT ne saurait par exemple concevoir une maison sans les derniers atouts de la technologie contemporaine. Enfin, disons qu'il triomphe pour certains à condition que les autres "restent à leur place."
    Plus amer, plus cynique aussi que "Main street" - peut-être parce qu'il a un cadre vraiment urbain, celui de Zenith, et non plus cet arrière-fond de naïveté campagnarde qui adoucissait la sauce dans le précédent ouvrage - "BABBITT" est un constat accablant formulé à l'encontre d'une nation en train de vendre son âme. Et l'on discerne bien l'inquiétude croissante de son auteur : quel prix sera réclamé aux libres et démocrates Etats-Unis d'Amérique en échange de cette vente fructueuse ?
    Nous, aujourd'hui, nous le savons. A peu près. Sinclair Lewis, lui, en ignorait tout et on ne peut que saluer son étonnante clairvoyance, inspirée, en dépit des apparences, par un amour fervent du pays qui l'avait vu naître. ;o)
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Folfaerie, le 14 mars 2011

    Folfaerie
    Georges F. BABBITT est un homme d'affaires prospère, un agent immobilier plus précisément, qui vit avec sa famille (une épouse et trois enfants dont l'aînée a 22 ans) dans la petite ville de Zenith. Il possède, dans un quartier résidentiel, une belle maison pourvue de tout le confort moderne, semblable à celles de la plupart de ses voisins, et une voiture.
    Le roman débute en avril 1920, BABBITT a 46 ans, l'âge de la plénitude, et il représente l'américain moyen dans toute sa splendeur.
    "Pour Georges F. BABBITT, comme pour la plupart des gens aisés de Zenith, son automobile représentait à la fois la poésie et le drame, l'amour et l'héroïsme. le bureau était son navire de pirates mais son auto la périlleuse descente à terre."
    BABBITT est bien évidemment l'un des piliers de la chambre de commerce de sa ville. Il est membre de plusieurs clubs, grâce auxquels il pense faire partie de l'élite, n'a une opinion sur un quelconque sujet que si l'Advocates Times, le journal qu'il lit, s'en fait l'écho,
    En homme d'affaires pragmatique, seule la réussite matérielle importe à ce Républicain aux idées étroites, toujours prompt à mépriser la culture. Enfin, pas tout à fait. L'opinion de ses estimés concitoyens compte peut-être encore davantage. Ses collègues en affaires font partie des mêmes clubs que lui et tout ce petit monde s'autocongratule à qui mieux mieux. Certes, BABBITT n'est pas tout à fait le citoyen parfait : sa femme l'ennuie, ses enfants s'opposent à lui sur divers sujets et il n'est pas, à l'occasion, contre une aventure-extra-conjugale ni un bon verre d'alcool. Mais il n'en demeure pas moins un commerçant des plus estimables.
    Alors, ennuyeux et banal Georges BABBITT ? Pas tout à fait. Son talon d'Achille est son meilleur ami, Paul Riesling, qu'il considère comme son frère. Lequel a gardé une âme un peu bohème et est flanqué d'une femme frivole et égoïste, limite hystérique. Avec Paul, Georges BABBITT admet enfin ses fêlures et son insatisfaction. Car cet homme si prévisible, si imbu de lui-même, conscient de son admirable importance, ne mène pas la vie dont il rêvait. Même son mariage repose sur un malentendu. BABBITT étouffe, panique, se sent piégé, a des envies de rébellion. Cette nouvelle soif de liberté, provoquée par de menus événements et une amorce de réflexion sur sa place dans la société, pousse ce conventionnel hommes d'affaires à dire et faire des choses dont il ne serait pas cru capable. Peu à peu, son attitude est mal perçue par ses amis et collègues. Ce changement de pensée est remarquablement retranscrit par l'écrivain qui observe à la loupe les hésitations, et emportements de son anti-héros.
    J'ai adoré ce roman, adoré la traduction de Maurice Rémon qui est excellente. Tout repose sur des détails, sur la dissection des petits rituels qui ponctuent la vie domestique de BABBITT, sur cette analyse implacable, ironique mais humoristique des conventions sociales. Il y a du César Birotteau chez cet Américain moyen. Personnage à la fois tragique et comique, broyé impitoyablement pas la société capitaliste de ces années là et cependant victime consentante. le roman est un peu comme une radiographie de cette époque, de ce milieu. Qu'y avait-il à envier dans l'American way of life ? Tous les personnages décrits par Sinclair Lewis sont désespérément mesquins et ennuyeux, poursuivant une existence vide de sens. Un vrai bonheur de lecture, une œuvre magistrale que je suis ravie d'avoir découverte, même si cela est arrivé bien tardivement.

    Lien : http://lectures-au-coin-du-feu.over-blog.com/article-babbitt-sinclai..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par monana28, le 02 novembre 2010

    monana28
    L'évolution sociale d'un agent immobilier dans l'Amérique des années 20, tiraillé entre l'envie d'une ascension sociale parmi les grands de la petite bourgeoisie de Zénith et celle de suivre ses désirs plus humains et progressistes, n'allant pas dans le sens du consensus ambiant. Ce consensus si représentatif des ces petites villes américaines et puritaines où le personnage doit avoir une place importante pour survivre. Sous fond de prohibition, d'église évangélique et d'industrialisation automobile, George F. BABBITT prend de l'ampleur au fil des pages. D'abord décrit avec ironie par un narrateur amusé des choix grotesques de son personnage, de son avarice et de sa morale beaucoup trop bien pensante, BABBITT se transforme peu à peu en être doué d'opinions propres et utilise son libre-arbitre – on n'entend plus ce ton ironique et caustique du narrateur lorsque son personnage écoute enfin sa conscience – mais est parallèlement banni d'une société qui n'accepte que la norme et les convenances morales. Roman résolument moderne, il décrit avec humour et justesse les enjeux d'une société américaine en pleine mutation et le devenir d'un pays sous fond de morale religieuse, qui a un écho aujourd'hui particulièrement retentissant avec la société américaine du 21e siècle et sa politique de l'axe du bien contre l'axe du mal.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par Aela, le 02 février 2011

    Aela
    Une critique acerbe de l'American way of life. Des personnages types de la société américaine de l'après Première Guerre mondiale.
    Une vie provinciale qui respire l'ennui et le matérialisme mesquin et vide de sens. Ainsi apparaît la vie de George F. BABBITT, gros agent immobilier et de ses confrères hommes d'affaires de la ville de Zénith.
    Une excellente satire de Sinclair Lewis qui fut le premier Américain à recevoir le prix Nobel de littérature.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (10)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Brize, le 18 juin 2011

    De même qu’il était un Elan, un Booster, un membre de la Chambre de commerce, de même que les ministres de l’Eglise presbytérienne déterminaient toutes ses croyances religieuses, et que les sénateurs qui dirigeaient le parti républicain décidaient, dans leurs petites pièces enfumées, à Washington, ce qu’il devait penser du désarmement, des tarifs douaniers et de l’Allemagne, de même c’étaient les grands annonceurs nationaux qui réglaient toute sa vie extérieure, qui lui donnaient ce qu’il croyait être sa personnalité. Ces objets courants vantés par la réclame, pâte dentifrice, chaussettes pneumatiques, appareils photographiques ou bouilloires électriques, étaient pour lui des symboles et des preuves de l’excellence, signes de joie, de passion, de sagesse, qui finissaient par en tenir lieu.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Aela, le 02 février 2011

    Babbitt's virtues as a real-estate broker - as the servant of society in the department of finding homes for families and shops for distributors of food - were stadiness and diligence. He was conventionnally honest, he kept his records of buyers and sellers complete, he had experience with leases and titles and an excellent memory for prices. His shoulders were broad enough, his voice deep enough, his relish of hearty humor strong enough, to establish him as one of the ruling caste of Good Fellows.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (1 votes positifs)
  • Par Piling, le 01 août 2008 Première phrase du livre

    incipit :
    Les tours de Zénith se dressaient au-dessus de la brume matinale, tours austères d'acier, de ciment et de pierre, hardies comme des rocs et délicates comme des baguettes d'argent. Ce n'étaient ni des citadelles, ni des églises, mais franchement, magnifiquement, des édifices pour bureaux.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)
  • Par Folfaerie, le 13 mars 2011

    Il aimait trois sortes de films : de jolies filles en maillots de bain et jambes nues; des agents de police et des cow-boys avec des coups de révolver abondants, et de gros hommes comiques mangeant des spaghettis. Il se délectait, avec une profonde sentimentalité qui lui mouillait les yeux, quand, entre deux films, on projetait de petits chiens, de petits chats ou des bébés joufflus; et il pleurait devant les lits de mort ou les vieilles mères héroïques, dans une chaumière hypothéquée.
    > lire la suite
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)
  • Par zazimuth, le 15 octobre 2010

    Quels que fussent les ennuis, il ne pouvait pas se retrouver satisfait d'un monde qui, du moment qu'on avait des doutes, devenait absurde. (p.372)
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






Acheter sur Amazon

Faire découvrir Babbitt par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (57)

> voir plus

Quiz