> Antonin Artaud (Autre)

ISBN : 2070366901
Éditeur : Gallimard (1975)


Note moyenne : 4.09/5 (sur 107 notes) Ajouter à mes livres
Le Moine (The Monk) est un roman gothique de jeunesse écrit par Matthew Gregory Lewis, et publié en 1796. Mathew Gregory Lewis a écrit Le Moine dans le but de divertir sa mère. Il peut paraître très subversif dans les thèmes abordés (viol, inceste, matricide, magie noir... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 22 mai 2010

    Couperine
    Le roman de Lewis fut censuré à l'époque. On peut comprendre pourquoi dans la mesure où l'on voit un religieux vendre son âme au diable. C'est d'ailleurs sans doute un des facteurs qui a fait que j'ai aimé ce livre, symbole de ce que l'on nomme le roman gothique. Tout y est: le décor (église), l'exotisme (l'Espagne), les personnages types (religieux, femme fatale, diable), les situations (pacte infernal ; torture...)
    Les thèmes abordés sont par ailleurs assez violents puisqu'ils font intervenir le viol, l'inceste, le meurtre, la magie noire...) Bref, tous les éléments sont réunis pour que l'intrigue fonctionne.
    Résumer l'histoire n'est pas chose facile. En effet, le roman gothique comporte une telle imbrication d'éléments qu'il n'est pas aisé de n'en dire que quelques mots. Voici cependant l'histoire (pardon d'avance pour les détails manquants):
    Le Moine Ambrosio est réputé pour sa sainteté et pour être LE confesseur qu'il faut avoir, même si celui-ci est intraitable. Cependant, ce religieux va céder aux avances d'une jeune femme, Mathilde, qui semble éprise de lui. Mais cette dernière, incarnation du Diable, va le pousser à des crimes ignobles : nantis d'un charme certain (charme dû à une invocation satanique), Ambrosio ira violer sa sœur et tuer sa mère. Arrêté et enfermé par l'Inquisition, Ambrosio fait une dernière fois appel au Diable. Celui-ci intervient, l'enlève, et le mène au sommet d'une montagne, d'où il le précipite.
    Antonin Artaud ne fait pas une simple traduction. Il travaillait par ailleurs avec celle de Léon de Wailly, faite en 1840. Celle-ci lui a servi d'avant texte en quelque sorte. Il a ensuite résumé des passages, coupé certains et rajouté sa patte personnelle. Il respecte cependant le texte original, ce qui lui évite des divagations gênantes. (La suite sur mon blog)

    Lien : http://medieval-lydia.blogspot.com/2010/05/le-moine-de-lewis.html
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    Critique de qualité ? (18 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Bookworm84, le 17 mars 2012

    Bookworm84
    Ce roman est réputé comme un classique du roman gothique. Adapté récemment au cinéma, j'avais envie de le lire avant un éventuel visionnage.
    Pour ce qui est des poncifs du roman gothique classique, je n'ai pas été déçue : montée en puissance dans la terreur, récit situé au 18e siècle, spectres, intrigues amoureuses et criminelles, châteaux et cryptes obscurs, tout y est!
    On peut analyser le roman de différentes manières, selon son degré de connaissance de l'époque. Pour ma part, j'y ai clairement vu une histoire anti-cléricale ! Les religieux sont vraiment dépeints avec les traits les plus noirs possible, même celui qui semble le plus dévot, le plus croyant, se révèle vite sujet à des passions peu catholiques... A l'opposé, la jeune innocente qu'est Antonia est à ce point protégée des vices au niveau de son éducation qu'elle tarde à identifier le danger.
    Le roman fut interdit à l'époque, et on comprend pourquoi au fur et à mesure que l'on avance dans l'intrigue, en particulier vers la fin. Des intrigues amoureuses, passionnelles, on passe ensuite à l'enlèvement, la séquestration, l'agression sexuelle, et l'escalade se poursuit.
    Si j'ai adoré découvrir les codes du roman classique gothique directement " à la source" (si je puis dire), vu que jusque là je ne les connaissais que par connaissance du mouvement sans en avoir ouvert un ouvrage, j'ai cependant été déçue et n'ai guère apprécié l'ouvrage.
    Déçue, par l'intrigue trop prévisible. Même s'il y a des coups de théâtre, je n'étais pas surprise de voir réapparaître des personnes supposées mortes ou des amants a priori séparés à tout jamais réussir à se réunir...
    Et je n'ai pas aimé les multiples longueurs qui m'ont poussée à sauter des pages - oui, j'ai osé sauter des paragraphes, mais c'est l'un des droits du lecteur comme l'énonçait Pennac ;-). Par exemple, j'ignore l'utilisé de décrire en long et en large telle aventure arrivé à quelqu'un, surtout sur tant de pages. Sans compter les textes écrits ou lus par des personnages, souvent retranscrits dans leur totalité. C'est intéressant parfois, ennuyeux à la longue.
    Bref, un roman intéressant à lire du fait de son statut, mais pour ma part, je n'ai guère pris de plaisir à ma lecture.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Ellcrys, le 14 décembre 2011

    Ellcrys
    J'avais ce roman depuis un an environ dans ma PAL. J'avais déjà tenté de le lire, mais sans succès. Alors quand avec Belledenuit, nous avons pu mettre en place une lecture commune, je n'ai pas hésité. Je comptais sur elle pour me motiver et c'est ce qu'elle a fait avec brio.
    Comme la première fois, le début fut laborieux et, si cela n'avait pas été une lecture commune, j'aurai abandonné au même point que la première fois. Et j'aurai eu du regret, car au final, même si la première partie est quelque peu ennuyeuse à mon goût, la suite m'a vraiment beaucoup plu. Même si ce n'est pas un coup de coeur.
    Ma lecture s'est véritablement éveillé quand les éléments fantastiques sont apparu. L'histoire du moine, en elle-même m'a semblée vraiment beaucoup trop longue, trop confuse, trop ennuyeuse.
    Par contre la suite a vraiment été digne de ce que j'appel un roman gothique. J'ai eu la chair de poule à plusieurs moment de ma lecture. L'histoire est terrible, horrible voir immonde, mais franchement cette lecture est parfaite pour la saison ! le roman est sombre à souhait et très inquiétant, flippant !
    Le personnage du moine m'a vraiment horripilé. Il est abjecte et franchement, c'est assez simple de ne pas l'apprécier, de l'avoir en horreur. Par contre, le combat intérieur qui l'habite est franchement incroyable et interrogeant. On comprend vite qu'il va se perdre de part sa faiblesse et ses questionnements. J'ai trouvé que l'auteur était un gothique pur et dur, allant dans l'infâme parfois. Le Moine est un détraqué et franchement Lewis le décrit d'une telle manière, qu'à mon sens, c'est impossible de ne pas ressentir de la répulsion pour ce personnage. Il m'a vraiment fait horreur.
    Concernant le style de l'auteur, j'avoue n'y avoir pas franchement accroché plus que ça. Par contre, je lui reconnais un talent pour effrayer et tenir un lecteur dans une peur totale durant de nombreuse page. le récit est plutôt bien construit, mais parfois la plume de l'auteur me faisait perdre le fil.
    Au final, ce livre est délicieusement horrible. Et bien qu'il soit loin d'être un coup de coeur, je suis heureuse de l'avoir enfin lu.
    Par contre, cette lecture ne m'a absolument pas donné envie de voir le film avec Vincent Cassel. du coup, je passerai la-dessus.
    Merci à toi, Belledenuit, pour cette lecture commune et pour ton soutien.
    Amis lecteurs, vous pouvez découvrir son avis, ici. Et merci à Eiluned, pour nous avoir rejoint. Découvrez son avis ici.

    Lien : http://soifdeliredellcrys.blogspot.com/2011/11/le-moine.html
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    • Livres 4.00/5
    Par Gusseuh, le 26 septembre 2010

    Gusseuh
    Roman monumental, souvent oublié mais à qui il faut rendre sa place, Le Moine a plus de 200 ans, et n'a pas perdu de sa force.
    L'écriture puissante et racée, parfois ampoulée, de Lewis, est un plaisir de lecture pour qui aime la littérature classique.
    Son romantisme étincelant, souvent décalé aujourd'hui, ne prépare pas le lecteur à la frénésie désespérée qui abonde dans les dernières pages de ce texte fondateur.
    Exceptionnel.
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    • Livres 4.00/5
    Par Charlye, le 11 septembre 2011

    Charlye
    Ce roman, écrit en 1795, est ce que l'on qualifie de gothique et effectivement, tous les ingrédients y sont incorporés. Nous y retrouvons la lutte du bien contre le mal, le vice contre la vertu, des destins tragiques, des fantômes, des apparitions, des brigands et des assassins, de la sorcellerie, des amours contrariés... Toute cette histoire se déroule en Espagne, à l'époque de l'inquisition mais aussi des plus folles superstitions.
    Deux héroïnes, jeunes filles vertueuses, vont être menées à leur perte par celui qui aurait dû être leur guide, leur modèle : Ambrosio " Le Moine". C'est un être que l'on croit vertueux, admiré par tous et considéré comme un saint mais qui va se révéler être un personnage sombre et mauvais.
    L'auteur nous livre une galerie de portraits flamboyants, des âmes torturées, des sentiments d'une noblesse aujourd'hui désuète.
    Voilà un roman que j'ai eu grand plaisir à lire. J'y ai retrouvé une langue que les jeunes lecteurs qualifieraient de vieillotte voire incompréhensible, mais qui contribue à la beauté de cette œuvre.
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Citations et extraits

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  • Par Sesheta, le 09 juin 2008

    Il y avait à peine cinq minutes que la cloche du couvent sonnait, et déjà la foule se pressait dans l’église des Capucins. N’allez pas croire que cette affluence eût la dévotion pour cause, ou la soif de s’instruire. Ce n’étaient là que de rares exceptions : dans une ville telle que Madrid, où la superstition règne en despote, on chercherait inutilement la vraie piété. L’auditoire assemblé dans l’église des Capucins y était attiré par des raisons diverses, mais toutes étrangères au motif ostensible. Les femmes venaient pour se montrer, les hommes pour voir les femmes : ceux-ci par curiosité d’entendre un si fameux prédicateur ; ceux-là faute de meilleure distraction avant l’heure de la comédie ; d’autres encore, parce qu’on leur avait assuré qu’il n’était pas possible de trouver des places dans l’église ; enfin la moitié de Madrid était venue dans l’espoir d’y rencontrer l’autre. Les seules personnes qui eussent réellement envie d’entendre le sermon, étaient quelques dévotes surannées, et une demi-douzaine de prédicateurs rivaux, bien déterminés à le critiquer et à le tourner en ridicule. Quant au reste des assistants, le sermon aurait pu être supprimé sans qu’ils fussent désappointés, et même très probablement sans qu’ils s’aperçussent de la suppression.
    Quoi qu’il en soit, il est certain du moins que jamais l’église des Capucins n’avait reçu une plus nombreuse assemblée. Tous les coins étaient remplis, tous les sièges étaient occupés ; même les statues qui décoraient les longues galeries avaient été mises à contribution : des enfants s’étaient suspendus aux ailes des chérubins ; saint François et saint Marc portaient chacun un spectateur sur leurs épaules, et sainte-Agathe se trouvait avoir double charge. Aussi, malgré toute leur diligence, nos deux nouvelles venues, en entrant dans l’église, eurent beau regarder alentour : pas une place.

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  • Par Couperine, le 22 mai 2010

    Les premiers transports étaient passés; les désirs d’Ambrosio étaient assouvis. Le plaisir avait fui, remplacé par la honte. Confus et épouvanté de sa faiblesse, le moine s’arracha des bras de Mathilde; son parjure se présentait devant lui : il réfléchissait à l’acte qu’il venait de commettre, et tremblait aux conséquences d’une découverte; il envisageait l’avenir avec horreur; son coeur était découragé, envahi par la satiété et le dégoût; il évitait les yeux de sa complice. Un sombre silence régnait, pendant lequel tous deux paraissaient en proie à de pénibles pensées.
    Mathilde fut la première à le rompre. Elle prit doucement la main du moine, et la pressa sur ses lèvres brûlantes.

    — Ambrosio! murmura-t-elle d’une voix tendre et tremblante.
    Le prieur tressaillit à ce son : il tourna les yeux sur Mathilde; elle avait les siens remplis de larmes; sa joue était couverte de rougeurs, et ses regards suppliants semblaient lui demander grâce.
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  • Par latina, le 02 août 2011

    L'horloge du clocher voisin sonna "une heure". Je sentis un frisson soudain se répandre sur mon corps. Je tremblais sans savoir pourquoi; des gouttes froides me coulaient du front et mes cheveux se hérissaient de frayeur. Tout à coup, j'entendis des pas lents et lourds monter l'escalier. Involontairement, je me mis sur mon séant et je tirai le rideau du lit. Une simple veilleuse, brûlant sur le foyer, jetait une faible lueur dans la chambre. La porte s'ouvrit avec violence; une figure entra, et s'approcha de mon lit d'un pas solennel et mesuré. Tremblant de crainte, j'examinai ce visiteur nocturne. Dieu tout-puissant ! c'était la nonne sanglante ! (...) Je contemplais le spectre avec une horreur trop grande pour être décrite; mon sang était gelé dans mes veines. Je voulus appeler au secours, mais le son expira sur mes lèvres. Mes nerfs étaient comme garrottés dans une complète impuissance, et je restai dans la même attitude, inanimé comme une statue.
    Le fantôme de la nonne me considéra quelques minutes en silence; il y avait quelque chose de pétrifiant dans son regard. Enfin, d'une voix sourde et sépulcrale, elle prononça les paroles suivantes :
    "Raymond ! Raymond ! tu es à moi ! Raymond ! Raymond ! Tant que le sang coulera dans tes veines, je suis à toi !"
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  • Par Couperine, le 25 mai 2010

    Comme elles arrivaient devant chez elles, une foule gesticulante et pressée les empêcha d’atteindre leur porte. Elles gagnèrent le trottoir opposé et se haussèrent sur la pointe des pieds pour essayer de discerner l’obstacle qui les empêchait ainsi d’avancer.
    Une femme d’une taille gigantesque, et si grande qu’on l’eût dit montée sur des échasses, tournait comme un derviche au milieu d’un cercle de gens éberlués. Son teint avait la couleur du bronze noir, ses regards étaient amers et perçants. Entre chacune de ses séries de tours, elle s’arrêtait et traçait sur la terre des signes compliqués au moyen d’une longue baguette de bois noir.
    Quant à son costume, il était proprement incompréhensible. Il tenait de l’homme et du prêtre. Des étoffes multicolores le composaient, arrangées avec un goût étrange, mais certain. On n’aurait pas su lui donner d’âge, et son visage dégageait une impression de beauté indéchiffrable s’apparentant, à travers les siècles, à des types maintenant oubliés.
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  • Par Aela, le 14 février 2011

    Le château que j'avais sous les yeux formait un spectacle effrayant et pittoresque à la fois. Ses murs imposants, teintés par la lune d'une lumière solennelle; ses vieilles tours, à moitié en ruines, qui s'élançaient vers les nuages et qui semblaient toiser les plaines alentour, ses hauts créneaux, recouverts de lierre; et ses portes ouvertes en honneur de l'hôte fantastique, m'emplissaient d'une horreur triste et respectueuse.
    The castle, which stood full in my sight, formed an object equally awful and picturesque. Its ponderous walls, tinged by the moon with solemn brightness, its old and partly ruined towers, lifting themselves into the clouds,, and seeming to frown on the plains around them; its lofty battlements, overgrown with ivy; and folding gates, expanding in honour of the visionary inhabitant, made me sensible of a sad and reverential horror.
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Vidéo de Matthew Gregory Lewis

Bande annonce "Le moine" (2011), adaptation de Dominik Moll du célèbre roman gothique de Matthew G.Lewis, publié en 1796, « Le Moine ». Avec Vincent Cassel dans le rôle-titre.








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