Babeliote, réjouis-toi ! Dans ma grande mansuétude, j'ai décidé de t'offrir un petit voyage dans le temps. Revêt ton plus beau slip en peau de bête, nous partons pour la Préhistoire, à l'époque du pléistocène pour être plus précise ! Avant que les dix doigts de tes pieds menus ne s'aventurent sur cette terre sauvage, quelques recommandations :
1-Que fait de mieux Forrest Gump d'après toi ? Il court ! Donc à partir de maintenant, tu penses Forrest, tu vis Forrest, tu es Forrest ! Si une bête sanguinaire est à tes trousses, tu ne réfléchis pas : tu détales !
2-Si une soif inaltérable te tenaille et qu'une étendue d'eau te fait de l'œil, fais gaffe à tes arrières ! Remarque, méfie-toi aussi de ce qui pourrait se tramer devant toi... Rappelle-toi ce petit imprudent de Narcisse ! Tout bien réfléchi, ne bois pas ! de toutes manières, sur « Hostiland », tu auras largement le temps de succomber à mille dangers avant de finir complètement déshydraté!
Laisse-moi, à présent, te présenter quelques-uns des membres de la famille qui nous accueille. Oui, j'ai préféré séjourner chez l'autochtone plutôt que de réserver un trois étoiles...Tu ne m'en veux pas, dis ? Notre périple n'en sera que plus authentique, tu verras !
Dans la famille pithécanthrope, je demande l'Oncle Vania. Cet être presque délicat, aux formes replètes, possède le charme suranné d'un Capitaine Caverne en colère. Tu vas me dire : « il a pas l'air très ouvert, le bougre ! » et tu auras raison ! Vania est contre le modernisme, contre le changement et surtout contre Edouard, son frère. Edouard justement, c'est le cerveau du groupe! Il a ramené le feu dans sa horde et cherche perpétuellement à améliorer les conditions de vie des siens ; c'est un Géo Trouvetou en puissance.
Voici maintenant, Ernest, le fils d'Edouard et narrateur de ce roman. Plus dans la réflexion que dans l'action, il n'a pas réellement d'aptitudes particulières.
Pourquoi j’ai mangé mon père est un roman d'une grande originalité, un voyage dans le temps au commencement de l'humanité.
Roy Lewis immerge avec habilité le lecteur dans cette époque lointaine et lui permet d'avoir une idée plus précise de la vie (ou plutôt de la survie !) qu'ont pu connaître nos aïeux. A travers les gestes du quotidien, les réflexions et les découvertes de ces homos erectus, l'auteur nous incite à nous interroger sur notre condition et notre devenir au sein de la société. Ces questionnements sont suscités avec un certain humour cautionné par un langage anachronique. Les pithécanthropes qui nous accueillent sont, en effet, doués de langage et le manient avec aisance. de ce fait, le décalage entre les aventures de ces Pierrafeu en devenir et leur façon de s'exprimer se révèle profondément cocasse. Un petit bémol cependant, ces effets linguistiques peuvent paraître un peu lassants à la longue...
Il est temps de repartir à présent...Je sais bien que tu appréciais de te promener en arborant ce magnifique slip en peau de bête véritable mais il y a un temps pour tout...
Tu peux retourner à présent à la vie réelle, continuer à surfer sur la toile, passer ton temps à cultiver ton côté geek, « textoter » plus vite que ton ombre, t'abreuver jusqu'à plus soif d'émissions de téléréalité et oublier ainsi qu'elles furent les valeurs si chères à nos ancêtres... (Oncle Vania sors de ce corps !). « Back to the trees ! » qu'il disait...