J'aime la littérature marine, celle qui me fait naviguer sur les flots, celle qui me fait sentir les embruns, celle qui me fait veiller sous les étoiles, celle qui me fait vomir toute la bile par temps de forte houle. Je crois que je rêverais d'être un marin, petit mousse avec son pompon rouge ou capitaine barbu, bourru et bourré. Une vie à bord d'un bateau, cela a quelque chose de fantastique, une grande aventure qui entre deux escales fouette et chevauche les flots.
Bien avant le Titanic, un naufrage marqua aussi fortement l'imaginaire du public. Nous sommes en 1629.
Le Batavia, navire marchand hollandais, fait la route vers Java, mais sombra au large des côtes australiennes. L'histoire aurait pu s'arrêter là : un banal naufrage comme il y en eu tant à l'époque. Des noyés certes, mais aussi des survivants, qui auraient peut-être mieux fait de se laisser aller à la noyade, car leur destin fut encore bien plus cruel qu'une agonie sous-marine de quelques minutes.
Simon Leys retraça l'histoire de ce naufrage et surtout de l'après… L'île sur laquelle se réfugient les naufragés a tout pour être paradisiaque. Aux alentours, on y trouve de l'eau potable, des fruits sauvages, des kangourous, des poissons et de succulentes langoustes. Et pour organiser cette nouvelle vie, un chef parmi les naufragés se désigne tout naturellement… Ce chef sera autoritaire, sanguinaire, totalement dépourvu de bon sens et sombrera dans la folie dictatoriale. Mais je ne vous en raconte pas plus… « Les Naufragés du Batavia », montre l'Homme, tel qu'il est lorsqu'il s'éprend du pouvoir, comment une idéologie peut transformer le Paradis Terrestre en enfer damné loin de toute rationalité.
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