ISBN : 2709629127
Éditeur : J.-C. Lattès (2012)


Note moyenne : 4/5 (sur 2 notes) Ajouter à mes livres
Lorsqu’il se découvre un talent pour la vente en porte-à-porte, Lem Altick est le premier surpris. Il déteste cet univers de VRP prédateurs, mais veut à tout prix gagner de l’argent pour payer son inscription à l’université. Lors d’une tournée de prospection, dans un so... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par yv1, le 26 janvier 2012

    yv1
    Tout est dans le titre : l'assassin est éthique, qui tente d'expliquer ses gestes, qui tente aussi de convertir tous les gens qu'il rencontre au végétarisme voire au végétalisme. Il est empli de pensées et de théories dans beaucoup de domaines. Ceux pré-cités bien sûr, mais aussi les vraies raisons pour lesquelles on met les gens en prison, les violences faites aux animaux, ... A chaque fois qu'il aborde un sujet, l'auteur pose des questions poussant son raisonnement jusqu'aux imites de la raison. On se retrouve donc parfois aux frontières de l'absurde, mais évidemment avant d'en arriver à ce point, le lecteur -moi, en l'occurrence- se pose des questions sur ses propres pratiques, ses propres raisonnements et ses propres pensées. Un peu comme lorsqu'on converse avec des amis et que l'un d'entre eux pousse toujours le bouchon un peu plus loin, pour nous pousser dans nos retranchements, jusqu'au moment ou on l'envoie promener gentiment ou moins élégamment, tout dépend du degré d'intimité et d'amitié.
    Il y a des passages dans ce livre qui sont extrêmement drôles ou cyniques voire les deux en même temps, comme lorsque le chef d'équipe des vendeurs expose les techniques de vente ou lorsqu'il explique ce qu'est le "moochie"
    Ou encore lorsqu'il précise que la cible visée est la catégorie des gens pauvres, car l'encyclopédie peut leur apporter ce qu'ils ne peuvent offrir à leurs enfants : un avenir par la connaissance.
    Ce roman noir est aussi une vue désabusée des États-Unis d'Amérique, entre rêve et réalité. le fameux rêve américain dont on nous rebat les oreilles un peu partout : "Là-bas, tout le monde peut réussir, avec une bonne idée et de la volonté" est un leurre : ce pays charrie un nombre impressionnant de pauvres, de gens qui ne "réussissent" pas, non pas parce qu'ils n'ont pas de volonté ou de courage, mais parce qu'ils n'ont pas la chance d'être au bon endroit, d'avoir un minimum d'argent au départ.
    Et l'intrigue me direz-vous impatients que vous êtes de savoir si ce livre a toutes les qualités ? Eh, bien, plutôt bien, et surtout David Liss la complique à souhait en rajoutant des faux indices, des intrigues mineures qui embrouillent l'intrigue majeure. Pour le plus grand plaisir du lecteur, qui lui, du fait de la multiplicité des narrateurs en sait plus que Lem et le voit avec plaisir tenter de se dépatouiller de cet imbroglio. Tout s'explique à la fin, à la toute fin pourrais-je même dire.
    A me lire vous aurez compris tout le bien que je pense de ce roman qualifié par The Washington Post de "thriller décapant et à mourir de rire sur l'Amérique d'aujourd'hui !". Je n'aurais pas mieux dit. Ils sont forts ces Étas-Uniens !
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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 21 février 2012

    encoredunoir
    Lem Atlick, 17 ans, vend des encyclopédies au porte-à-porte pour pouvoir payer son inscription à l'université de Columbia. Timide, peu sûr de lui, Lem se révèle pourtant un bon vendeur et arrive à fourguer assez d'encyclopédies à des pigeons dans les parcs de mobil-homes des alentours de Jacksonville pour espérer pouvoir rejoindre la prestigieuse université. C'est justement alors qu'il s'apprête à conclure une vente chez un couple un peu bizarre, Karen et Bâtard, qu'un homme pénètre dans le mobil-home et abat sans autre forme de procès ses deux clients putatifs. L'assassin, Melford Kean, passe un accord avec Lem : il se tait et Kean ne lui fera pas porter le chapeau pour ce double assassinat.
    Bien sûr, les choses ne vont pas en rester là et Lem se trouve irrémédiablement lié à Melford, qui se révèle un assassin philosophe, végétalien, militant pour la protection des animaux et qui l'entraîne dans une affaire mêlant un flic local psychopathe éleveur de porcs qui arbore une coiffure mullet, un sosie vieillissant de Don Johnson luttant contre ses tendances pédophiles, une dangereuse et séduisante blonde en bikini armée d'un cran d'arrêt qui communique avec sa sœur siamoise morte, des vendeurs d'encyclopédies qui fourguent aussi du speed à leurs clients…
    David Liss, donc, dresse une savoureuse galerie de portraits assez caricaturaux pour être amusants mais aussi assez crédibles pour laisser planer un soupçon de noirceur sur l'histoire. Lancé au milieu d'une intrigue qui le dépasse, Lem joue le rôle du candide qui, peu à peu, révèle une force de caractère qu'il ne soupçonnait pas lui-même.
    Tirée par les cheveux et assez retorse, l'intrigue en question est avant tout un prétexte au développement de thèses qui tiennent de toute évidence à cœur à l'auteur, en particulier sur la manière dont sont traités les animaux et sur l'alimentation, et qui auraient pu alourdir le roman. Néanmoins, maniées avec dextérité, placées dans la bouche du déconcertant Melford (que l'on peut, d'une certaine manière, en effet, rapprocher de Serge A. Storms, le héros de Tim Dorsey), elles finissent par donner du sel à ce livre et participent de ce côté décalé, corrosif et amusant au même titre que Lem et ses considérations sur les personnages qui l'entourent.
    Amusant, certes, réservant même quelques moments de franche rigolade, L'assassin éthique, à l'image du lagon à lisier de la ferme du shérif Jim Doe, se révèle finalement plus profond qu'il n'y paraît. Roman décapant mais aussi roman sur la fin de l'innocence dans une Amérique qui refuse de se voir telle qu'elle est, sur l'acceptation de soi-même, L'assassin éthique est une des bonnes surprises de ce début d'année.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-l-assassin-ethique-de-davi..
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Citations et extraits

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  • Par encoredunoir, le 21 février 2012

    Melford s’aperçut que j’observais le centre commercial.
    -J’adore la Floride, s’exclama-t-il.
    -Tu plaisantes ? Moi, il n’y a rien que je déteste plus. Je n’ai qu’une hâte, me tirer d’ici.
    -C’est toi qui plaisantes. Une région qui n’a pas de valeurs, dépourvue de toute orientation culturelle, ne serait-ce que la plus basique. Une région où rien ne compte à part les centres commerciaux et l’immobilier, où on dénombre plus de golfs que d’écoles, où les bâtiments préfabriqués se développent comme des cancers, où vit une population vieillissante et dangereuse au volant, sans parler du Ku Klux Klan, des barons de la drogue, des cyclones et de l’été perpétuel.
    -Oui, je confirme mes propos.
    Milford secoua la tête.
    -En Floride, on finit par vivre dans une ironie permanente. Ça empêche de tomber dans une conscience mensongère.
    -Et bien moi, je n’ai qu’une seul envie, partir pour toujours.
    -C’est une autre façon de voir les choses.
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  • Par yv1, le 26 janvier 2012

    Certains jours, toutes ces personnes m'inspiraient presque de la condescendance. Ces personnes qui m'observaient d'un air vide tandis que je leur servais mon speech appris par coeur, je les méprisais pour leur apathie, que je jugeais responsable de leur condition sordide. Je pensais que c'était cette mollesse qui les avait menés, et mènerait plus tard leurs enfants, à vivre dans un mobile home déglingué. Parce qu'au fond, ils s'en foutaient. (p.248)
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  • Par yv1, le 26 janvier 2012

    Le moochie, ce sont les jouets en plastique, les carillons éoliens, les décorations de Noël tape-à-l'oeil qu'on installe trop tôt et qu'on laisse jusqu'au mois de février, tout ce qui suggère que les gens qui vivent là aiment dépenser de l'argent qu'ils n'ont pas pour des choses dont ils n'ont pas besoin ou dont leurs enfants n'ont pas besoin -voilà à peu près ce qu'est le moochie. (p.16)
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  • Par yv1, le 26 janvier 2012

    Je n'étais pas censé me trouver là. J'avais été accepté à la Columbia University, mais mes parents avaient refusé de payer l'inscription. Tout ce que je voulais, c'était gagner de l'argent pour la fac, point final. Rien de tout ça ne me concernait ; j'ai fermé les yeux dans l'espoir que tout allait disparaître. Ça n'a rien changé. (p.34)
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