ISBN : 2020633639
Éditeur : Editions du Seuil (2004)


Note moyenne : 4.58/5 (sur 33 notes) Ajouter à mes livres
Mêlant astucieusement fiction et réalité, héros romanesques et personnages historiques, cet ambitieux roman révèle au grand jour les mécanismes de fonctionnement de l'une des organisations les plus secrètes au monde : la CIA. Saga qui se déroule sur près d'un demi-siècl... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par kedrik, le 08 septembre 2011

    kedrik
    Petite mise en contexte à propos de l'auteur : Robert Littell est un ancien journaliste de Newsweek qui s'est spécialisé dans l'écriture de romans d'espionnage dès les années 70 en signant une douzaine de titres. Il a couvert la Guerre des Six Jours, ce n'est donc pas un rond-de-cuir : quand il parle du terrain, ça sent le vécu. Robert Littell est aussi le père de Jonathan "Les Bienveillantes" Littell.
    Ceci étant posé, La Compagnie, késako ?
    C'est d'abord un pavé de 1200 pages.
    Mais c'est surtout une histoire romancée de la CIA entre 1950 et 1995.
    Tout commence à Berlin en 1950 quand un dignitaire russe demande à passer à l'ouest. Pour montrer sa bonne foi, l'agent soviétique prétend qu'il a des informations concernant une taupe très bien placée à la CIA. le roman n'aura de cesse de mettre en scène toutes les conséquences d'une telle affirmation. Quelle est l'identité de cette taupe (surnommée SACHA) ? N'est-ce pas une invention russe ? Qu'est-il moralement acceptable de faire pour démasquer le traitre ? Qu'est-ce qui pousse un homme de conviction à jouer les agents doubles (voire triples) ?
    L'histoire avance par petits bonds historiques : Berlin en 1950, Budapest en 1956, Cuba en 1961, Moscou en 1974, l'Afghanistan en 1983, Moscou en 1991... Les grands jalons historiques servent de décor à l'intrigue et montrent l'évolution des mentalités et des moyens au sein de la CIA. le récit est bien évidemment concentré sur les agents américains, mais les agents soviétiques ont aussi droit à quelques beaux chapitres. de tout ça jaillissent des thèmes forts : l'amitié (et donc la trahison), la notion d'héritage (avec de véritables dynasties d'espions des deux côtés), des choix moraux (faut-il armer des opposants pour renverser un dictateur sans réellement se mouiller les mains ? Sommes-nous certains d'être les gentils dans cette histoire ? La torture, ça rapporte combien d'années de purgatoire ?). Les protagonistes sont tous persuadés d'être du bon côté de la barrière, le lecteur a donc parfois droit à un patriotisme ronflant, mais compréhensible quand on remet les choses dans leur contexte.
    J'avoue que c'est un roman qui s'avale très facilement en dépit du probable manque de véracité factuelle que je subodore en bon lecteur sceptique. Même si à l'instar du film Titanic, on sait un peu à l'avance le déroulement de l'histoire (spoiler alert : l'URSS perd à la fin), le récit est riche et intéressant. Car en dehors du patriotisme des protagonistes, l'auteur ne glorifie pas tant que ça la CIA. Budapest est un véritable drame humain, la Baie des Cochons est tout aussi criminelle du point de vue sacrifice humain, la paranoïa du contre-espionnage (avec un excellent personnage qu'est Maman, qui se met à douter de tout et de tous, ce qui en fait parfois le pire ennemi de la CIA) provoque des tragédies... Les agents américains sont usés par la Guerre froide, finissent tous brisés et alcooliques et se révèlent des parents et des maris toujours absents. On est loin d'une apologie gratuite de la CIA et de ses méthodes. Pour tout dire, à de nombreuses reprises la CIA apprend plus de choses à travers les articles de journaux que via son réseau de renseignement.
    Pourtant, malgré mon plaisir évident, il y a deux points qui m'ont profondément agacé au cours de ma lecture. La première chose est que je trouve que les nombreux agents américains qui sont mis en scène finissent par tous se ressembler. Il y a des moments où je confondais un Jack avec un Ebby ou un Anthony. C'est l'effet récit "choral" sans doute, mais j'avais parfois l'impression qu'ils étaient permutables à volonté, sans réelle personnalité propre. Ensuite, STARIK est le Grand Méchant du roman. C'est le maître-espion soviétique, celui qui veut ruiner le capitalisme, celui qui est prêt à tout pour réussir... Or pour le rendre encore plus détestable, l'auteur ajoute un détail : c'est un pédophile. Et là, c'est trop. Même si ce personnage est inspiré d'un véritable espion russe qui était pédophile dans la vraie vie, je trouve cette accumulation parfaitement grotesque et insultante pour le lecteur. À un moment, j'ai cru qu'il allait torturer des chatons pour être encore plus ignoble. Quel manque de finesse de la part de Robert Littell. Surtout que cette perversion n'est pas utilisée dans le récit autrement que pour le diaboliser à outrance.
    De plus, je trouve qu'à mesure que Littell déroule son récit, il perd de la puissance. En gros, l'évocation du Berlin d'après-guerre ou de Cuba était savoureuse, mais la mise en scène de l'Afghanistan est d'une lourdeur incroyable. Sans doute est-ce dû à la proximité temporelle, mais évoquer Oussama Ben Laden est à mes yeux une facilité qu'il aurait pu éviter. D'autant plus que Littell fait dire à un de ces héros (grosso merdo, hein, je cite de mémoire) : "On arme les Afghans contre les Russes, mais n'y a-t-il pas un risque que les fondamentalistes religieux se retournent contre nous plus tard ?" Ce genre de fausse lucidité montre bien que le roman a été publié après le 11 septembre. Concernant cette période très intéressante, j'ai largement préféré le traitement du film Charlie Wilson's War avec Tom Hanks et Philip Seymour Hoffman.
    Enfin, 1200 pages, ce n'est pas assez. Comme la narration s'attache à raconter la lutte de la CIA contre l'URSS, l'auteur glisse littéralement sur des périodes qui auraient été très intéressantes à décoder du point de vue CIA : guerre du Vietnam, mort de JFK, chute du mur de Berlin...
    Ah oui, autre point qui m'a surpris : le portrait fait de Ronald Reagan. C'est à peine s'il est décrit comme quelqu'un de plus intelligent que George W. Bush et Sarah Palin réunis. le portait réalisé en fait un homme faible, qui ne comprend rien de ce que ses conseillers lui racontent et qui est à peine capable de se déplacer seul dans la Maison Blanche. Difficile de faire coïncider ce profil avec l'homme qui m'impressionnait tant à la télévision quand j'étais enfant.
    Edit : il existe même une mini-série télévisée en trois épisodes.

    Lien : http://hu-mu.blogspot.com/2008/10/la-compagnie.html
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    • Livres 4.00/5
    Par patouche, le 17 juillet 2010

    patouche
    Enorme pavé de 1200 pages, ce roman retrace un demi-siècle de lutte entre la CIA Américaine et le KGB soviétique.
    Un peu indigeste, avec de nombreux noms à retenir, il est vraiment très long.
    Malgré tout, pour ceux qui ne connaissent pas cette période , il peut être intéressant de lire ce livre qui revient sur certains évènements, comme le Berlin de l'immédiat après-guerre, la révolte Hongroise de 1956 ou encore le débarquement raté de la Baie-des-cochons à Cuba.
    On peut regretter qu'il passe sous silence d'autres évènements majeurs de cette époque, comme le mouvement "SOLIDARNOSC" en Pologne par exemple ou bien encore la révolte des habitants de Prague en 1968.
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    • Livres 5.00/5
    Par Louisefly, le 06 février 2012

    Louisefly
    Tout à la fois roman policier et roman historique, ce livre est un véritable défi, une plongée au coeur de la complexité et de la raison d'état.
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    • Livres 5.00/5
    Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    MonsieurO
    LE plus grand roman écrit autour de la C.I.A. : La Compagnie de Robert Littell, une fiction ultra documentée racontant l'histoire de la C.I.A. du début des années 50 au début des années 90 à travers la destinée de plusieurs agents. Encore une fois, il n'est pas ici de question de retracer une quelconque vérité historique, mais plutôt, de démonter les mécanismes, et zoomer au plus près du quotidien des agents de terrain de la fin de la seconde guerre mondiales aux conflits modernes. C'est en tout cas le complément idéal, voir la copie développée du film de Robert de Niro tant ils s'inspirent du même socle historique.

    Lien : http://monsieur-o.fr/2007/08/15/c-i-a-une-autre-histoire-de-lamerique/
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Citations et extraits

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  • Par MonsieurO, le 12 novembre 2010

    Vous racontez dans le détail quelques scènes fortes de l'histoire de la CIA: la situation à Berlin dans l'immédiat après-guerre, l'insurrection de Budapest, la baie des Cochons, la chute de l'URSS… Quelle liberté vous accordez-vous par rapport à la réalité?

    Mon livre est un mélange. C'est une fiction construite sur un socle historique. Avant de commencer à écrire, j'ai mené l'enquête pendant une longue année. En fait, je tournais autour du sujet depuis longtemps, car beaucoup de mes ouvrages ont pour toile de fond la guerre froide, période pendant laquelle on ne savait pas exactement ce que faisait la CIA. On ne connaissait que la partie émergée de l'iceberg, comme l'opération de la baie des Cochons. Depuis, beaucoup de secrets ont été rendus publics.
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