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ISBN : 207078097X
Éditeur : Gallimard (2006)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 530 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
« En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu, je n'ai jamais eu besoin, comme certains de mes anciens collègues, d'écrire mes Mémoires à fin de justificatio... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 2.00/5
    Par yann-frat, le 08 juillet 2008

    yann-frat
    Ça y est j'ai enfin fini ce fichu pavé... pfiouuu la tête me tourne encore de cette avalanche de mots, de faits, d'allusions, de vitesse et d'accumulation.
    Mais une question se pose tout de même: finalement est-ce un bon roman?
    Pour quelqu'un qui -comme moi par exemple- bosse cette période depuis presque un an, qu'en penser?
    Ben...
    Euh...
    Il y a quand même un problème...
    Il y a quand même un problème parce que je suis désolé mais littérairement parlant (au sens strict du style) c'est un texte franchement assez faible: on ne sait rien de ce héros, rien de ses passions réelles, rien de sa biologie, rien de son intérieur, on ne ressent rien, on reste dehors... Par exemple une chose me frappe: il parle de sa bite pendant une petite centaine de page (en tout hein) mais ne la décrit jamais... Pareil est il brun? blond? le style n'évoque aucune image précise, aucune sensation, tout reste à plat, vraiment trop à plat à mon gout.
    Mais bien sur il y a du souffle; un ouragan de souffle même et les 1400 pages de l'édition de poche (1400 pages!!!) passent finalement assez vite.
    Oui mais grâce à quoi puisque ce n'est pas le style qui fait tenir?
    Et bien , il me semble que c'est surtout grâce à la foule de détails historiques qui inondent, encerclent, envahissent le roman. Pour être tout à fait méchant le vrai écrivain de ce livre me semble être plus l'Histoire que Johnny Little lui même. Finalement Johnny n'a fait qu'"inventer" des raisons ""plausibles"" pour que son héros se ballade de Berlin à Stallingrad puis à Berlin puis a Auschwitz puis à Berlin (jusque dans le bunker du führer) puis à survivre...
    Or, si je mets des guillemets c'est que la seule solution trouvée par Johnny est d'évoquer la carrière erratique d'un seul homme protégé de façon tout à fait in-croyable (au sens propre!) par un meilleur ami qui ressemble fort à "l'adversaire" (même si cette idée n'est même pas évoquée!) et qui surgit toujours à temps puis par une paire d'oncles qui ressemblent a s'y méprendre au docteur Mad de l'inspecteur gadget (un peu relooké à la sauce Gattaca...) Bel effort!!! pfiouuu il a du en suer des litres de café pour pondre ça!!! du coup hop comme par magie, le Maxi Aue il est toujours où il faut quand il faut...pratique...
    Quand je dis où il faut quand il faut, c'est à dire qu'à partir de cette trame ultra légère, little nous livre alors un condensé de ses lectures averties. Ainsi, plus que de lieu en lieu, Aue se ballade de livre en livres, évoquant chapitre après chapitre des bouts assumés des grand témoignages de l'époque (ainsi pour ce que j'en ai clairement repéré : il a pompé sans vergogne la bio de hoess "le commandant d'Auschwitz parle" et "si c'est un homme" de levi).
    (Note: je n'ai pas encore la bio de Speer mais pour ce que je sais de lui apparemment il y en a aussi de bons gros bouts tout le long du roman...)
    Par exemple la référence à Levi est tellement énorme que des que Aue s'est approché d'Auschwitz (comme par hasard Auschwitz, hein, pas Treblinka dont on a peu de témoignages) cela devenait comique et je me demandais jusqu'où il irait ( croiser Levi dans l'usine de chimie ? Lui offrir une cigarette? Réciter du Dante avec lui?) et évidemment la réponse tombe assez vite: au moment de la libération on sait que Levi était dans l'infirmerie de Auschwitz (et c'est ce qui lui a permis de survivre) et ben paf! comme par hasard Aue est celui qui va empêcher le directeur du camp de flinguer tous les infirmes dans l'infirmerie (waoouh); plus fort encore Levi décrit qu'au moment de l'évacuation du camps il a peu vu de SS et évoque (dans "si c'est un homme") avoir à peine vu de loin une moto SS traverser le camps alors qu'il fouillait les décombres pour chercher des vivres... et ben re-paf! Aue traverse le camps et aperçoit de loin un détenu fuir entre les baraques!!! Mais où little est il allé chercher tout ça??? Quelle imagination de dingue!
    Ainsi pour ceux qui, comme moi, commencent a avoir fait un peu le tour des livres de cette époque, Les bienveillantes apparait donc avant tout comme une bonne compilation, un résumé facile à lire de l'Allemagne nazie en 1400 pages...
    Mais cela en fait il un roman? En quoi little est il responsable de cette trame? Quand on pompe a ce point les autres textes sur la période, fait on encore du travail de romancier ou un simple ouvrage de vulgarisation pour grand public? Parce qu'il a écrit une bio de Napoléon passionnante, peut-on considérer Max Gallo comme un bon romancier?
    La réponse la plus évidente a cette question me semble résider dans le style, dans le regard dans le questionnement personnel que l'auteur pose alors sur ces faits... Mais là justement...
    Mais là justement , désolé, mais dés qu'on lui retire les béquilles de la réalité historique, le style de little fait plouf. Les rares parties qui ne sont pas très droitement argumentées sont franchement mauvaises, peu inventives (dés qu'il a une période de jonction un peu trouble, hop là on fait faire un délire au héros comme ça pas de soucis Aue s'endort à Stallingrad et se réveille à Berlin et le tour est joué)... et je ne parle même pas de la fin qui est totalement absurde et tellement mauvaise que même wrath aurait fait mieux (pourquoi ne pas avoir coupé cette fin? Après tout ce récit pouvait très bien rester inachevé...)...
    Et puis et puis il y a le personnage central: Aue.
    Finalement qu'est ce que c'est que ce personnage? En quoi croit il? Quelles sont ses passions? Pourquoi avance-t-il? mystère... De toute façons même son histoire, au bout des 1400 pages n'est pas finie (a t il tué ses parents oui ou non? Pourquoi est il circoncis alors qu'il est catholique ? Qui est son père? Qui sont les deux gosses?... En plus d'avoir du mal à inventer des question little ne prend même pas la peine d'y répondre...)
    Apparemment le seul défaut majeur de ce héros est qu'il aime se faire enculer (ouuuuh perdition!) et qu'il a et veut de nouveau coucher avec sa sœur... mais a part ça rien. A part ça c'est juste un gars qui veut bien faire son travail. Pour moi le seul coté original de ce personnage est alors qu'il saisit (pour une fois) bien la pensée nazi envers les juifs : il ne déteste pas le juifs en tant que tel mais qu'il est simplement persuadé de la supériorité de sa race pour laquelle les juifs sont un danger. La solution finale est donc simplement présentée comme une réaction naturelle d'autodéfense (pour les nazis j'entends...), ce qui me semble tout à fait juste historiquement.
    Après il y a aussi des passages qui m'énervent carrément: tout d'abords évidemment Aue est un pervers sexuel qui aime se faire prendre... A bien tiens, il y avait longtemps qu'on ne nous l'avait pas fait celle là!! le liens entre les nazis et les pédés... En plus, en lisant les critiques de la presse, je trouve assez drôle que toutes les journalistes se fixent sur sa prétendue homosexualité... mais pas du tout sur son désir d'inceste qui lui passe comme un lettre à la poste (!) Vouloir cacher avec sa sœur est moins grave que vouloir coucher avec son voisin et/ou s'enfoncer une saucisse de Francfort dans le cul (sic!) je le note...
    Ensuite, évidemment, notre petit little, dont les racines américaines affleurent souvent je trouve (cf plus loin) comme par hasard n'assume pas vraiment un héros vraiment antisémite... Un héros qui prendrait son pied à tuer des juifs et qui le dirait dans notre monde puritain et bien pensant qui trouve des raisons excusables à tout, non ce n'est pas possible... Un SS, responsable de l'élimination des juifs, qui se foutrait de tuer (voire y prendrait du plaisir?) vraiment c'est pas possible et surtout commercialement commercialement ce serait un suicide... Alors comme l'idée lui plait bien quand même, jonhy réussit le tour de force de faire de son héros le seul SS qui se bat pour... que les conditions de détention des juifs soient améliorées!!! Un gentil SS quoi...
    Si madame!!! God bless américa et le manichéisme!!
    Note: En plus finalement le plus drôle est qu'on se rend compte que Aue le fait pour des questions de main d'œuvre, de productivité... ce que je trouve d'un cynisme parfait même si je ne suis pas sur que Johnny l'assume a 100%, ou en tous cas qu'il se rende compte de ce qu'il raconte... et qu'il met le bon vieux pragmatisme américain au même rang que les techniques nazies... et dont les bénéfices moraux ne sont qu'un artéfact involontaire...
    Personnellement (comme vous le savez peut être) je suis plutôt nihiliste et je nie la morale commune. Alors cette volonté absolue, presque inconsciente, de trouver des justifications à un personnage qui n'en a pas besoin m'ennuie profondément. Et m'ennuie d'autant plus qu'elle enlève tout ce qui aurait pou faire le sel de ce roman.
    Ainsi je crois que j'aurais aimé lire, tant qu'à faire, Patrick Bateman devient SS.
    En effet pour moi le livre dont les bienveillante se rapproche le plus est "american psycho" (les mémoires d'un homme seul, proche du pouvoir, qui pète un plomb dans un univers d'ultra violence...). la ressemblance se poursuit même dans cette incapacité assez propre au roman américain contemporain (en particulier bee, wolfe et macinerney) d'évoquer la biologie, la vie du corps, de nier la réalité corporelle des héros...
    Sauf que Bee a créé de toutes pièces un univers en prenant les éléments marquants des années 80 sans chercher à en faire un musée délirant et assume totalement la folie et le nihilisme de son personnage... et fait un bon roman là ou little ne nous fait qu'une compilation fade des meilleurs livres sur les années nazies.
    Mais peut être que Bee se sert des éléments extérieur comme des outils pour faire sa sauce, là ou little fait sa sauce en prenant uniquement des éléments extérieurs; peut être alors que BEE est un bon romancier là ou little euh... on attendra le (vrai) deuxième pour être sur...
    en conclusion Les bienveillantes mérite son statut de monument littéraire. C'est une somme, une somme utile sur les années nazies. Cependant je regrette, qu'embourbé dans ces références Jonathan Littl ait apparemment oublié d'écrire un peu de littérature...
    Mais personne n'est parfait. Les bienveillante est donc à lire. Pour la fond mais pas pour la forme.
    Gwynplaine.
    ps : étrange tout de même la similitude de thème entre celle développés dans l'opprobre de Millet (éditeur des bienveillante) et certaines thèses du livre : les musulmans ont aidés les nazis, l'homosexualité est une tare...
    Qui se ressemble, s'assemble?
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    • Livres 4.00/5
    Par Gwen21, le 28 septembre 2012

    Gwen21
    Ecrire la critique des Bienveillantes, voilà une tâche malaisée. Déjà, impossible de le faire à chaud, il m'a fallu attendre quelques heures afin de laisser retomber la pression.
    Soyons clairs, je ne suis pas du tout de celles qui s'abonnent aux Goncourt et ne jurent que par eux. En fait, c'était ma première expérience mais il en faut toujours une première, n'est-ce pas ?
    L'oeuvre est monumentale, 1390 pages pour l'édition Folio que j'ai attaquée (le terme est bien choisi) en mars pour l'achever en juillet, soit 4 mois 1/2 ! Certes, j'ai peu de temps pour lire et j'ai même mis le livre entre parenthèses une semaine pour lire une oeuvre plus "légère" (ceux qui l'ont lu comprendront la double signification de cet adjectif). C'était ma deuxième tentative, j'avais déjà essayé de le lire en 2008 mais un déménagement avait interrompu ma lecture, jamais reprise. Et puis, le bouquin était sur ma bibliothèque et de par son épaisseur tranchait dans le linéaire, semblant me narguer, me mettre au défi de... relever le défi ! Car lire Les Bienveillantes relève quasi du défi !
    Je mentirais si j'affirmais ne pas avoir été tentée à plusieurs reprises de balancer cette brique à travers la pièce. Il faut comprendre (et vous ne le comprenez vraiment qu'à partir du tiers de l'oeuvre) que deux histoires s'acheminent de concert vers le dénouement : l'Histoire (celle de la Seconde Guerre Mondiale vue du côté des bourreaux) et l'histoire du Dr Maximilien Aue, juriste enrôlé dans la SS, un homme au parcours personnel complexe qui pour moi a clairement des allures de névrosé psychopathe. Ses rapports à sa famille, à son enfance, à son entourage, à ses partenaires sexuels... aucun ne me semble équilibré hormis son rapport à son travail. Très professionnel, rigoureux jusqu'à l'intransigeance, maniaque quoi, le genre de type qui bosse un peu comme... moi ! Fort heureusement, le seul point commun entre mon travail et le sien est de trouver des solutions à des problèmes de fonctionnement interne pour accroître la productivité et fort heureusement pour moi, la productivité qui me concerne n'a rien en commun avec l'extermination d'une "race" humaine.
    Pour être tout à fait honnête, celle de ces deux histoires qui m'a le plus intéressée n'est pas celle avec un petit "h" mais l'autre, la Grande, même s'il m'est pénible de donner ce qualificatif à cette sombre période. Pourtant, elle n'est pas si ancienne qu'elle soit déjà entrée dans l'ombre, et trop traumatisante pour pouvoir être oubliée. Elle ne doit pas être oubliée.
    Mais je m'égare, revenons à l'oeuvre.
    L'oeuvre est colossale. Rien qu'en termes de recherches, l'auteur mérite qu'on lui tire notre chapeau. le style ensuite que j'ai trouvé parfois pesant mais le plus souvent vif, tranchant, chirurgical, une écriture au scalpel qui donne un rythme effréné salutaire car n'oublions pas qu'il y a quand même près de 1400 pages donc mieux vaut un style affirmé qui donne envie de tourner les pages !
    Les points faibles de ce livre sont, je l'avoue, tous pragmatiques : lourd (à déconseiller aux poignets graciles et je ne recommande pas la lecture en position allongée), écrit sur un papier tellement fin que vous avez l'impression de tenir dans les mains votre stock d'OCB pour 10 ans, souvent impénétrable pour qui, comme moi, n'a jamais étudié l'allemand (oui, je me suis vite lassée d'avoir à me référer tous les deux paragraphes au glossaire en fin de pavé pour comprendre les différentes abréviations (inévitables quand il s'agit de nommer les services administratifs allemands!) et la correspondance des grades entre la SS, les fonctionnaires et l'armée).
    Sinon, passés ces désagréments qui bien que réels ne doivent pas décourager le lecteur, le fond ne peut laisser indifférent. J'ai été emportée, et bien souvent malgré moi, dans une fascination glauque pour la narration du Dr Aue, aimantée par les descriptions d'atrocités qui couvrent des dizaines et des dizaines de pages, voulant à toute force comprendre, percer le mystère, aller au fond de cette mentalité, comprendre comment, par conviction politico-économique, par médiocrité, par pauvreté matérielle et intellectuelle, par endoctrinement, par vice ou par idéalisme, des millions d'hommes et de femmes en étaient arrivés là : croire qu'en exterminant les "ennemis du peuple", en "rayant de la carte" les "improductifs" et les Juifs, ils bâtiraient un monde meilleur, idéal, idyllique, base d'un système politique garant de la prospérité d'un peuple entier.
    En refermant Les Bienveillantes (et j'ai été particulièrement heureuse, en lisant la scène finale, d'être allée jusqu'au bout!), j'ai ressenti un trouble, une chute dans le néant, un malaise et, l'espace de quelques instants, l'impression d'avoir touché du doigt une vérité (l'une de celles qui composent l'Histoire) que je n'ai ressenti pour aucune oeuvre auparavant. le dénouement tant attendu de ces deux histoires parallèles qui m'ont accompagnée dans ma lecture pendant presque 5 mois a été comme un éblouissement de toute l'oeuvre.
    A lire dans son existence.
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    • Livres 5.00/5
    Par olivberne, le 18 novembre 2012

    olivberne
    Une collègue, grande lectrice, me l'avait conseillé, bien avant que le tapage médiatique soit fait autour du phénomène Littel. Il y avait d'ailleurs beaucoup de critiques à l'époque. Je me suis mis à lire ce pavé et pris par le temps et le plaisir, j'ai étalé ma lecture sur six mois, pour savourer chaque page de ce monument. En le refermant, je me suis dit que je venais de lire un livre qui ferait date dans l'histoire de la littérature.
    Ce roman me fait penser aux Misérables. Il se veut, comme Hugo, un roman-bible, avec tous les genres romanesques abordés. A travers le roman historique, on passe du roman plolicier au roman psychologique et même au roman sentimental. Il y a de longues descriptions, notamment de Berlin, qui font penser aux descriptions Balzaciennes et une histoire incroyable, avec des passages effroyables sur l'extermination du peuple juif ou la souffrance de Stalingrad.
    Mais Littel a surtout réussi un roman à clef. Il faut plusieurs clefs pour le comprendre, pour entrer dans cette lecture. D'abrord une bonne culture historique (certains passages sont longs), littéraire et linguistique (l'analyse des langues slaves m'a vraiment impressionné, tout comme l'incipit repris à Dante et sa Divine Comédie), ensuite une clef pour comprendre (et accepter) le personnage principal. Je vous renvoie à ce bain qu'il fait dans la Mer Noire et où un allemend le questionne sur son appendice et sa forme: tout le mystère de ce personnage, jamais dévoilé, est ici. Enfin, il y a le titre, Les bienveillantes étant des divinités grecques, les Euménides ou Erynies, qui persécutent les hommes et donnent un autre sens au roman.
    Bref c'est un roman inépuisable, une somme de recherche incroyable, à tel point que je me suis souvent posé cette question: est-ce cet écrivain inconnu qui l'a vraiment écrit, ou n'est-ce pas le véritable récit d'un autre écrivain, peu-être plus célèbre et disparu?
    Ce roman est un mystère à lui tout seul, comme cet écrivain fantôme et le lire pose plus de qestions que de réponses mais quel bonheur de lire un livre si abouti!
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    • Livres 3.00/5
    Par Cath36, le 13 janvier 2011

    Cath36
    Appeler ce livre " pavé" me semble en-dessous de la réalité. Imaginez plutôt un quadruple hamburger sans sauce, accompagné de frites bien grasses et le tout sans boisson. Ajoutez-y un dessert bourratif, privez-vous de café (même avec on n'échappe pas à une certaine somnolence) et vous approcherez de la réalité. ceci dit l' histoire est intéressante : un citoyen allemand lambda pris dans les toumentes du nazisme un peu malgré lui (comme le lecteur d'ailleurs) et découvrant les horreurs du front russe attirera les passionnés d'histoire même si tout ne paraît pas vraisemblable. Mais pourquoi écrire un livre aussi dense sans paragraphes et quasiment sans chapitres. Dommage qu'on ne puisse pas faire des raccourcis, comme pour certains films : l'intérêt y gagnerait
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  • Par lulli, le 09 juillet 2009

    lulli
    de l'absurdité dans Les Bienveillantes.

    Resituons l'action de ce pavé (à jeter à la mare après l'avoir lut). le héro de ce livre est un nazi intelligent mais pas très doué qui – par les joies de l'apprentissage – va parvenir à grimper dans la hiérarchie malgré quelques débouars (a Stalingrad notamment). Je fais le choix de ne pas entrée plus avant dans les détails pour une raisons assez simple : ça n'a pas d'intérêt majeur dans ma démonstration de l'absurdité d'un tel livre, l'histoire étant basé sur l'Histoire et puis parce qu'il est bon de l'avoir lus par soit même si l'on veut des détails sur la progression de ce personnage.
    Il faut bien comprendre que ce livre linéaire, classique au possible dans sa construction (on débute par le début avec un personnage plutôt médiocre mais déjà attachant pour finir par un personnage qui est parvenus à des sommets qui le rendent encore plus médiocre et nettement moins attachant). Ce livre n'a rien pour être absurde, et pourtant… il l'est dans son essence même.
    Qui dit essence dis explosif et en parlant de seconde guerre mondial on voit des liens fort facile à tissé. Passons et entrons dans le vif de ma réflexion…
    Ce livre est basé sur deux thèses… qui le rende totalement non-recommendable à la lecture non avertis. Pour faire simple, le livre s'articule entre deux pôles distinct qui se succèdent plus où moins régulièrement tout au long de son dérouler.
    Il y a un univers historique, basé sur des faits réel de guerre, où notre personnage principale tente de gravir les échelons de la haute hiérarchie Allemande (et de ces talonnettes). Cette partie là est merveilleusement bien agencer et construite, sur documenté. Notre héro est humain, il a des désirs inavouable (homosexuel) et des peurs bleue (qui le font avoir la chiasse en plein champ de bataille). Il est on ne peu plus humain, avec ces défaut mais je suis bien incapable de dire que c'est un monstre à cette lecture, il joue d'un système qu'on lui à proposer, avec attention et dégoût pour l'exer, il n'est pas franchement anti-sémite (il pense qu'il faut les exterminer – les faibles, juifs et autres - mais qu'ils ne sont pas si inhumain que ça et ne supporte pas l'idée de les gazés). Il comprend – grâce au second personnage du récit qui est un « salaud » au sens cliché du terme – que pour monter en grade et ne plus faire d'Action* il faut avoir de l'ambition, être se que l'on veut qu'il soit, devancer, dans ces rapports, l'envie de ces supérieur d'entendre leur propres gloire. Bref, notre homme comprend qu'il ne doit plus être intègre et juste (il s'offusque des pertes en camp de travaille demandant plus de nourriture afin de rendre la main d'œuvre plus rentable par exemple) mais calculateur (en flattant la hiérarchie et en leur écrivant uniquement ce qu'ils veulent entendre : que tout va bien dans le meilleur des Rich).
    Sur cette histoire là, je n'ai rien à redire, c'est instructif et ça se lit bien, ce personnage est complexe et de ce fait aimable tout en étant nazi (pari plaisant, on ne peu plus). Oui, ça pourrai être notre voisin de palier en sommes, on n'aimerai pas ces idées mais on pourrai comprendre qu'il ce soit laissé embarquer, trouille au ventre dans l'aventure (et puis, qui c'est se que nous aurions fait).
    Or… Or il y a le reste (qui doit être un bon quart de ce foutu livre quand même), le reste qui démontre l'exacte inverse de ce qui me plaisait comme thèse, comme postulat de départ ! le reste c'est sa vie privé (avec sa sœur jumelle il y a l'inceste, avec ces parents on ne sais trop mais sa s'approche du meurtre), et là on ne comprend plus… POURQUOI falait-il déshumanisé ce nazi ? pourquoi, alors qu'il en fait un être pensant et doutant, il nous en donne une images de dément skyzophréne et spycotique ? pourquoi en fait il un être haïssable ?
    Voilà. Un livre où le nazi n'aurait pas était un monstre mais un humain du début à la fin m'aurait plus ! Enfin on réhabilite la vérité qui est en nous : potentiellement tous des nazis. Tous des humains pouvant allez jusque dans l'horreur entraîner par un système qui nous dépasse… le Rwanda nous le rappelle encore et toujours ! Ce partie prix fou que la critique trouvait monstrueux m'avait séduite ! Mais l'auteur n'a pas pus se retenir, il n'a pas sus osé affronter la haine de tout une partie du monde… Alors il en fit un fou, un type à lier le repoussant en dehors de l'humanité bien pensante…
    Effectivement, si pour être nazi il fallait être fou, alors ça nous rassure nous autres qui n'avons pas pus savoir si nous serrions entrée en résistance ou pas. Ça nous rassure parce que nous ne sommes pas fou, nous ne le sommes pas et donc nous ne pouvions pas être nazi, être colabos, être du coté du mal. Non, bien sur que non, et nous sommes rassurés. Et cela est écoeurant.
    Car l'humain n'est jamais un monstre, il n'est qu'humain.
    Car j'avait cru un instant, dans les critiques acerbes qui naquire de ce livre qui n'en valait pas tant d'encre, que J. little l'avait compris et s'en était fait le porte parôle.


    ----
    *Action : façon d'exterminer des villages entier, en générale par les armes à feu après avoir fait creuser des tranchers aux condamnés. Ils y en eu bien plus qu'il n'est imaginable, on ne parle bien souvent que des camps et du gazs, mais le gaz à commencer à être utiliser lors d'action dans de petit camion fort peu pratique nous apprend l'auteur par l'intermédiaire de ce personnage.
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Citations et extraits

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  • Par horline, le 02 janvier 2008

    Je ne tirais pas, mais j'étudiais les hommes qui tiraient, les officiers surtout comme Häfner ou Janssen, qui étaient là depuis le début et semblaient maintenant devenus parfaitement insensibles à leur travail de bourreau. Je devais être comme eux. En m'infligeant ce lamentable spectacle, pressentai-je, je ne visai pas à en user le scandale, le sentiment insurmontable d'une transgression, d'une violation monstrueuse du Bien et du Beau, mais il advenait plûtot que l'habitude, on ne sentait, à la longue, plus grand chose ; ainsi, ce que je cherchais, désespérément mais en vain, à recouvrer, c'était bien ce choc initial, cette sensation d'une rupture, d'un ébranlement infini de tout mon être ; à la place je ne ressentais plus qu'une excitation morne et angoissante, toujours plus brève, acide, confondue à la fièvre et à mes symptômes physiques, et ainsi, lentement, sans bien m'en rendre compte, je m'enfonçais dans la boue tandis que je cherchais la lumière.
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  • Par lireanimes, le 06 juillet 2008

    Cette tendance s’étendait à tout notre langage bureaucratique (…) : dans les correspondances, dans les discours aussi, les tournures passives dominaient, « il a été décidé que… », « les Juifs ont été convoyés aux mesures spéciales », « cette tâche difficile a été accomplie », et ainsi les choses se faisaient toutes seules, personne ne faisait jamais rien, personne n’agissait, c’étaient des actes sans acteurs, ce qui est toujours rassurant, et d’une certaine façon ce n’étaient même pas des actes, car par l’usage particulier que notre langue nationale-socialiste faisait de certains noms, on parvenait, sinon à entièrement éliminer les verbes, du moins à les réduire à l’état d’appendices inutiles (mais néanmoins décoratifs), et ainsi, on se passait même de l’action, il y avait seulement des faits, des réalités brutes soit déjà présentes, soit attendant leur accomplissement inévitable (…).
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  • Par gargamel00, le 26 juillet 2011

    Comme plusieurs d'entre vous, j'ai été véritablement soulagée d'arriver à la fin de ce livre. Non pas à cause du nombre de pages, qui était une des raisons de mon achat (j'adore relever des défis "pavés"), mais surtout à cause des sentiments tantôt mitigés, tantôt dégoutés, tantôt plats que cette histoire m'a inspirés. Je ne sais pas trop quoi penser de cet ouvrage. Je reconnais que l'auteur, né dans les années 60 et qui n'a donc pas connu la guerre, a du fournir un travail de titan pour réussir à écrire une si longue histoire avec autant de détails, de précision. Il a accompli un travail de recherches qui force le respect, et je lui tire mon chapeau. Mais ce sont justement tous ces détails, ces pléthores de titres officiels, et d'emploi de termes très nébuleux et mal expliqués qui ont entre autre rendus ma lecture pénible. Le lexique en fin de livre était très incomplet et certains termes expliqués tellement longs que je m'y perdais. De plus, même si je pense que le ton du livre était volontairement froid et distant, il rendait presque impossible une totale immersion dans l'histoire, il rendait le personnage principal presque inintéressant. Les allusions systématiques au pénis de Max, et à ses problèmes d'estomac étaient tellement présents que ça en frôlait le ridicule, j'ai failli stopper ma lecture quand je suis arrivée au chapitre interminable sur sa visite au manoir de sa soeur et ou il part dans un délire total de relations incestueuses avec sa soeur? c'était écœurant, ridicule, et je n'ai pas du tout compris le but et l’intérêt de ce chapitre. Ce qui a sauvé ce livre à mes yeux, c'est sa facilité de lecture, le style est fluide, et parvient par moments à nous plonger dans cette triste page de notre histoire. Mais je ne le recommanderai sans doute pas!
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  • Par horline, le 02 janvier 2008

    Dans beaucoup de cas, en venais-je à me dire, ce que j'avais pris pour du sadisme gratuit, la brutalité inouïe avec laquelle certains hommes traitaient les condamnés avant de les exécuter, n'était qu'une conséquence de la pitié monstrueuse qu'ils ressentaient et qui, incapable de s'exprimer autrement se muait en rage, mais une rage impuissante. [] Leurs réactions, leur violence, leur alcoolisme, les dépressions nerveuses, les suicides, ma propre tristesse, tout cela démontrait que l'autre existe, existe en tant qu'autre, en tant qu'humain, et qu'aucune volonté, aucune idéologie, aucune quantité de bêtise et d'alcool ne peut rompre ce lien, ténu mais indestructible.
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  • Par mojobzh, le 23 août 2011

    Or si l'on suspend le travail, les activités banales, l'agitation de tous les jours, pour se donner avec sérieux à une pensée, il en va tout autrement. Bientôt les choses remontent, en vagues lourdes et noires. La nuit; les rêves se désarticulent, se déploient, prolifèrent, et au réveil laissent une fine couche âcre et humide dans la tête, qui met longtemps à se dissoudre. Pas de malentendu : ce n'est pas de culpabilité, de remords qu'il s’agit ici. Cela aussi existe, sans doute, je ne veux pas le nier, mais je pense que les choses sont autrement complexes. Même un homme qui n'a pas fait la guerre, qui n'a pas eu à tuer, subira ce dont je parle. Reviennent les petites méchancetés, la lâcheté, la fausseté, les mesquineries dont tout homme est affligé. Peu étonnant alors que les hommes aient inventé le travail, l'alcool, les bavardages stériles. Peu étonnants que la télévision ait tant de succès.
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Koenraad Tinel présente Jonathan Littell, "Les Bienveillantes", Gallimard
En fait, j'aurais tout aussi bien pu ne pas écrire. Après tout, ce n'est pas une obligation. Depuis la guerre, je suis resté un homme discret ; grâce à Dieu...








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