> Cécile Arnaud (Traducteur)

ISBN : 2917559063
Éditeur : Editions Baker Street (2009)


Note moyenne : 3.85/5 (sur 27 notes) Ajouter à mes livres

Ossip Mandelstam, le grand poète, n'est pas l'artiste qu'il aurait aimé être. Avec sa femme Nadejda, ils vivent de sexe et de vodka, enfermés dans leur appartement moscovite, sale et glacial. Effrayé par les dérives du stalinisme... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Bigmammy, le 08 novembre 2011

    Bigmammy
    Dans la famille Littell, tout le monde connaît désormais Jonathan, auteur des inoubliables Bienveillantes ; on a moins lu son père, Robert, journaliste américain longtemps posté à Moscou, et grand spécialiste de l'espionnage.
    Ce que nous offre ici Robert Littell est un chef d'œuvre : c'est l'histoire de la fascination mutuelle que se vouent Ossip Emilievitch Mandelstam, poète russe, et Joseph Vissarionovitch Staline. En 1934, Mandelstam écrit sur le maître du Kremlin des épigrammes de plus en plus critiques, au point de le traiter de « bourreau et d'assassin de moujiks ».
    La Tchekha se déchaîne, et Mandelstam entre dans le noir univers de la torture physique et morale, où il retrouve quelques braves soviétiques innocents, qui finissent par se dire que si la Parti les trouve coupables, c'est qu'ils ont bien commis quelque faute, mais laquelle ?
    Staline, qui admire le poète, décide qu'il aura la vie sauve, ce qui nous fait visiter une société où on survit grâce à la profonde et débrouillarde humanité dont est capable le Peuple russe, et où les jeunes cadres dénoncent allègrement leurs supérieurs pour prendre les bonnes places, et s'approprier leurs glacières électriques.
    Mandelstam, « armé du pouvoir explosif enfermé dans le noyau des poèmes », choyé par sa douce épouse Nadejda, tient le coup un moment, terrorisé et divagant, mais toujours vivant. Il meurt en 1939 au « Camp de la Deuxième rivière », ce qui fait dire à Staline : « le con ! comment vais-je faire maintenant ? »
    Il y a eu beaucoup de tableaux du Goulag, mais celui-ci, avec son humour, son humanité, sa vérité, son écriture splendide, mérite absolument d'être lu.


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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    Myrtle
    Ossip Mandelstam est un poète russe qui aura eu le sinistre privilège d'ébranler le système stalinien. L'hirondelle avant l'orage est une version romancée de sa vie, du récit de ses démêlés avec ce qui était la « justice » de l'époque.
    Robert Litrell, après sa rencontre avec la veuve du poète, a décidé de raconter à sa manière le conflit entre Staline et Mandelstam, qui avait osé critiquer son régime dans un de ses derniers poèmes. L'auteur, via les voix des acteurs de cette sombre période, nous donne à voir une Russie en pleine déchéance ainsi que le danger de s'élever contre le système stalinien.
    Parmi les voix qui traversent le livre, il y a celle de Nadedja Mandelstam, muse et épouse du poète, mais aussi celles du garde du corps personnel de Staline, du poète Pasternak, et celles d'un ancien champion russe d'haltérophilie et d'autres personnes qui croisèrent la route d'Ossip.
    Plein de poésie et d'un réalisme étonnant, ces témoignages, bien que fictifs, nous entraînent au coeur d'un système sans compromis, qui remet en cause le statut d'écrivain et sa place au sein de la société. Nous assistons à la descente aux enfers de Mandelstam, qui refusa de se plier à l'hypocrisie de son époque…
    « Peut-être devrions-nous tous commettre les crimes dont on va nous accuser »
    Lorsque l'on repense au début du roman, en connaissant tout ce que vont endurer les Mandelstam, on ne peut s'empêcher de ressentir un pincement. En effet, L'hirondelle avant l'orage s'ouvre sur la description de Mandelstam par sa femme. le lecteur a alors affaire à un écrivain-génie, charmeur et plein de force. Rien à voir avec l'homme broyé par les tortures et les persécutions que le régime stalinien lui aura fait subir, quelques centaines de pages plus loin.
    Il en est de même pour la situation de ce fameux soir qu'évoque Nadedja : Ossip et son épouse prennent sous leur aile une jeune femme avec qui ils vont faire un ménage à trois, le temps d'une nuit… Mais méfiance, on ne peut être audacieux avec tout le monde… La lecture d'un poème de Mandelstam fera souffler un vent de trahison parmi ses proches.
    « C'est le siècle chien-loup qui sur moi s'est jeté ». Ces paroles de Mandelstam résument parfaitement ce qui le mènera en prison, puis en déportation : Staline est un dictateur et on ne peut l'attaquer sans en subir gravement les conséquences. Ces mots vont le conduire au cachot : « montagnard du Kremlin », « bourreau », « assassin », « ses doigts sont gras comme des vers », « moustache de cafard ».
    En parallèle du destin du poète, le livre nous donne à voir ceux de ses contemporains. Il y a parmi eux Fikrit Shotman, un ancien champion d'haltérophilie, accusé de crimes qu'il n'a pas commis, amené à confesser des traîtrises que sa naïveté n'aurait jamais imaginées.
    L'entraide des amis du couple Mandelstam croise les actes de torture dans les prisons du Kremlin, où les tortionnaires jouent à la roulette russe avec les prisonniers.
    Mandelstam se laisse submerger par la folie et imagine qu'il rencontre en personne Staline, qui se confie à lui. Malade, exilé loin de Moscou, nous pensons que le régime va l'abandonner à son triste sort. Non, jusqu'au bout, il s'acharnera sur lui.
    L'hirondelle avant l'orage nous présente un âge sombre, un pays en pleine décomposition sous le joug de son dictateur, Staline. Mais il témoigne aussi du courage d'Ossip Mandelstam qui refusa toujours de s'incliner et qui plaça la poésie au-dessus de toute règle.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 09 avril 2012

    carre
    Dans cet admirable livre, Robert Littell nous décrit le portrait du poête Ossip Mandelstam. Homme de conviction et de courage, il n'hésitera pas à décrire tout le mal qu'il pense de Staline qu'il surnomma "le montagnard du Kremlin". Vivant dans un appartement vétuste avec son épouse Nadedja, il paiera très cher sa poésie diffamatoire. Littell donne la parole à Mandelstram, à son épouse, à ses meilleurs amis Boris Pasternak (l'auteur du Docteur Jivago) et la poêtesse Anna Akhmatova pour raconter cette révolte. Et à travers Mandelstram c'est tout un peuple opprimé, bafoué, réduit au silence que conte Littell. Avec une force évocatrice remarquable, Littell décrit l'absurdité d'un régime et l'incroyable chemin de croix mené par le poête. Un roman virtuose, captivant qui vous prend aux tripes et ne vous lache qu'a la dernière ligne. Avec en filigramme une question complexe : l'art peut t'il vaincre un régime dictatorial ?
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    Critique de qualité ? (12 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 27 juin 2011

    litolff
    Le combat poignant et le destin tragique d'un poète persécuté par la dictature stalinienne sont évoqués dans un récit polyphonique par les personnes qui ont croisé la route d'Ossip Mandelstam, grand poète russe opposé au Stalinisme.
    Hommage au dissident comme au poète, et réflexion intéressante sur le statut de l'artiste face au pouvoir, sur l'opposition entre idéologie communiste et création littéraire, Robert Litell nous éclaire sur un épisode méconnu de la dictature staliniste à l'issue duquel, Nadejda, la femme du poète, n'aura d'autre choix que d'apprendre par coeur tous ses poèmes afin qu'ils échappent à la destruction !
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par bvb09, le 08 novembre 2011

    bvb09
    C'est un livre de plus sur le communisme.
    Mais sous l'angle du poète harcelé qui a malgré tout la chance de dominer une disipline qui trouve grâce auy yeux de Staline. Ce livre se lit très bien et me rappelle Vassili Grossman dans l'athmosphère lourde de desespoir et les anecdotes de la vie quotidienne.
    Critique de qualité ? (4 votes positifs)

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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 16 juillet 2011

    Depuis cette nuit blanche où nos lignes de vie se sont entrelacées pour la première fois, il y aura quinze ans le 1er mai, au Bric-à-brac, un cabaret bohème et un peu miteux de Kiev, j’ai entendu Mandelstam donner d’innombrables lectures publiques, et pourtant le plaisir absolu que me procure sa poésie est demeuré intact. Par moments, l’indescriptible beauté des mots m’émeut aux larmes, ces mots qui acquièrent une nouvelle dimension lorsqu’ils pénètrent la conscience par l’oreille et non par les yeux. Comment puis-je expliquer ce miracle sans avoir l’air d’une épouse pâmée d’admiration, aveuglée par l’amour ? Cet homme nerveux, obstiné, joyeux vivant, cet homo poeticus (selon sa propre description, lancée négligemment quand il m’a chipé cette première cigarette au Bric-à-brac, dans une autre vie, semble-t-il), cet amant fébrile (le mien et celui de plusieurs autres) est alors transfiguré – il devient quelqu’un, quelque chose d’autre.
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  • Par carre, le 09 avril 2012

    Avec le recul, je me rends compte qu’une arrestation est une expérience merveilleusement libératrice - elle vous libère de la terreur de vous faire arrêter.
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  • Par litolff, le 08 novembre 2010

    Pasternak et Mandelstam étaient deux de mes meilleurs amis au monde - le temps précieux que nous passions ensemble nous offrait à tous trois une bouffée d'air pur dans ce pays confiné et étouffant qui était le nôtre. Chacune de nos rencontres était d'autant plus intense qu'elle pouvait fort bien être la dernière ; qui sait si nous survivrions jusqu'à la prochaine ?
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  • Par Catoucat, le 31 décembre 2011

    Tout le monde devient une victime - ceux qui ont la tête tranchée, les bourreaux qui tranchent les têtes, les masses dans les rues qui regardent, et même ceux qui ont la décence de détourner les yeux.
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  • Par litolff, le 08 novembre 2010

    En me persécutant, Monde, que retires-tu ?
    Où est l’offense puisque j’essaie seulement
    De mettre des beautés dans mon intelligence
    Plutôt que mon intelligence dans les beautés.
    Citation de qualité ? (2 votes positifs)






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