> François Postif (Traducteur)

ISBN : 2859405992
Éditeur : Phébus (1999)


Note moyenne : 4.07/5 (sur 28 notes) Ajouter à mes livres
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 4.00/5
    Par encoredunoir, le 10 janvier 2012

    encoredunoir
    Sortons encore un peu des sentiers battus du roman noir et du polar pour une lecture documentaire pourtant bien sombre.
    À l'été 1902, Jack London doit partir en Afrique du Sud afin de faire quelques reportages sur guerre des Boers qui vient de s'achever pour l'American Press Association. Malheureusement, sa mission est annulée avant qu'il parte pour le Cap. Il décide donc de proposer à son éditeur de se lancer dans une aventure inédite : une immersion dans l'East End de Londres, le quartier le plus pauvre de la métropole. Là, se faisant passer pour un marin américain que le destin a fait échouer en Angleterre sans un sou, il va vivre quatre-vingt six jours durant la vie de ces miséreux de l'Empire le plus puissant et le plus riche du monde et en faire le récit.
    Cette plongée au cœur du prolétariat et du lumpenprolétariat londonien, qu'il appelle le peuple de l'Abîme (Titre de la traduction parue en 10/18 en 1984, plus fidèle au titre original – The People of the Abyss – que celui des éditions Phébus) a finalement tout du roman noir social, l'intrigue en moins. Encore que… Jack London, en fin de compte, y incarne l'étranger qui arrive dans la ville. Sauf qu'il ne va rien y changer, juste témoigner.
    Commencée sur le mode humoristique, puisque London commence par contacter l'agence de voyage Cook qui s'avère capable d'organiser pour un gentleman un voyage en Nouvelle-Guinée mais pas dans l'East End tout proche, cette descente a tôt fait de se transformer en descente aux enfers. Témoin engagé – il a adhéré au Socialist Labor Party en 1896 – Jack London fait une peinture précise et sans concession de la cour des miracles dans laquelle il s'est projeté et où il rencontre un peuple maintenu dans son état de misère par son gouvernement, sa police, ses associations caritatives et, aussi, par lui-même.
    London pose sur ce peuple de l'Abîme un regard aigu et non dénué d'une ironie qui frise parfois le cynisme :

    « le taux de mortalité est donc particulièrement élevé, mais veuillez observer la beauté de l'agencement du système : dans l'Est de Londres, ce qui peut arriver de mieux à un père de famille nombreuse, c'est d'être débarrassé de ladite famille, et l'environnement ici est tel qu'il le décharge de ce souci. Bien sûr, il y a une chance qu'il y passe lui aussi ; les réglages de détail ne sont donc pas absolument parfaits, mais on doit pouvoir y remédier, j'en suis sûr ».
    Une ironie qui n'empêche pas l'empathie et l'auteur de prendre à partie les dirigeants de ce puissant empire et les décideurs. Il montre comment l'avènement de la société industrielle a réduit en esclavage une part immense de la population au service des plus riches. Si London ne s'en étonne pas – il connaît son Karl Marx sur le bout des doigts – il ne peut cependant que s'insurger face à l'apathie d'un lumpenprolétariat qui a fini par accepter sa condition et par abandonner la revendication et même le rêve. Ainsi relève-t-il comment, l'engrenage une fois lancé, il n'est plus possible de s'extraire de ce cercle vicieux (« L'homme obtient toujours moins que ce qu'il demande et, comme ils ne demandent que le minimum, le peu qu'ils reçoivent ne peut absolument plus les sauver »).
    Les témoignages poignants succèdent ainsi aux scènes dantesques et tout le monde en prend pour son grade, l'Armée du Salut comprise, dans un chapitre particulièrement ahurissant.
    Voici donc une lecture instructive qui séduira les amateurs d'Histoire comme les amateurs d'histoires et qui nous montre que les choses ont bien changées… au moins en apparence.


    Lien : http://encoredunoir.over-blog.com/article-le-peuple-d-en-bas-de-jack..
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    • Livres 5.00/5
    Par gill, le 03 mai 2012

    gill
    Ce roman est un livre dur, qui décrit la misère dans ce qu'elle a de plus abjecte. Pendant plusieurs semaines Jack London, grimé en clochard observe et nous raconte ce qu'il a vu dans cette société misérable de Londres du début du 20ème siècle.
    Comme Orwell, tous deux précurseurs, il s'enfonce dans la cloche pour dénoncer.
    Cet ouvrage est une dénonciation édifiante mais aussi un magnifique cri de révolte.
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    • Livres 5.00/5
    Par soleil23, le 22 mars 2012

    soleil23
    Le récit que nous fait Jack London du monde impitoyable des SDF a Londres..
    Un roman qui nous prend le cœur et le serre si fort qu'on a mal !
    Un roman qui décrit le désespoir et la misère des rues !
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    • Livres 4.00/5
    Par Madimado, le 22 décembre 2010

    Madimado
    Encore un très bon roman de London. le meilleur selon certains, même s'il n'est pour moi pas aussi fort que Martin Eden. Un très beau texte et une critique acerbe du milieu carcéral.

    Lien : http://grim-livres.over-blog.com/article-jack-london-le-vagabond-des..
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Citations et extraits

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  • Par gill, le 05 mai 2012

    Le 16 octobre 1916 - un mois et six jours avant sa mort - Jack London écrivait à un admirateur curieux de connaître ses livres préférés.
    "Je crois avoir mis mon coeur dans "Le peuple de l'abîme" plus que dans n'importe lequel de mes livres".
    Lorsqu'en octobre 1903, "Le peuple de l'abîme" paraît chez Macmillan à New-York, Jack London a vingt-sept ans.
    Depuis quelques mois "L'appel de la forêt" l'a rendu célèbre.
    Chantre de l'aventure et de la vie dangereuse, apôtre de l'énergie et de l'effort récompensé, il est considéré - flatteuse compensation ! - comme le Kipling du Froid.
    Image de marque que "Le peuple de l'abîme" va dégrafer pour faire apparaître celle, moins rassurante, de l'écrivain révolutionnaire...
    (extrait de l'introduction "Prélude au "Talon de fer")
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  • Par encoredunoir, le 10 janvier 2012

    Le taux de mortalité est donc particulièrement élevé, mais veuillez observer la beauté de l’agencement du système : dans l’Est de Londres, ce qui peut arriver de mieux à un père de famille nombreuse, c’est d’être débarrassé de ladite famille, et l’environnement ici est tel qu’il le décharge de ce souci. Bien sûr, il y a une chance qu’il y passe lui aussi ; les réglages de détail ne sont donc pas absolument parfaits, mais on doit pouvoir y remédier, j’en suis sûr.
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"L'appel de la forêt" Livre vidéo. Non sous-titré. Non traduit.
Livre intégral.








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