On peut aujourd'hui se poser la question de savoir pourquoi l'épreuve cycliste la plus célèbre s'appelle le Tour de France ou encore plus « la Grande Boucle » ? Lorsqu'on observe les parcours, il faut vraiment se forcer pour y voir un tour ou une boucle…
Il faut alors remonter aux origines de l'épreuve, du temps des routes pavées ou caillouteuses et des étapes interminables. Comme, par exemple, en 1924, quand
Albert Londres suivit les forçats de la petite reine pour le journal le Petit Parisien, pour comprendre qu'à ses débuts le Tour était un tour. Pas question de traverser le Massif Central pour couper court et grappiller des kilomètres, on faisait les bordures pour allonger au maximum les distances. On longeait la Manche, on piquait sur Brest, on longeait l'Atlantique jusqu'à Bayonne pour s'attaquer ensuite aux Pyrénées jusqu'à Perpignan, ensuite s'était la Méditerranée jusqu'à Menton, ainsi de suite jusqu'à Dunkerque en passant par les Alpes, le Jura, les Vosges et les Ardennes, avant de boucler la boucle par un retour sur Paris. 5 425 kilomètres en 15 étapes, 488 pour la plus longue ! le vainqueur, l'italien Ottavio Bottecchia, aura pédalé ce tour de souffrance à la vitesse moyenne de 24 km/h… C'était un autre monde.
Avec son ironie décapante,
Albert Londres nous fait part de sa rencontre avec ces coureurs fous, capables d'endurer ce que beaucoup jugeraient impossible et inhumain. Ce recueil d'articles est court mais n'en a pas moins des accents épiques.