ISBN : 226202054X
Éditeur : Perrin (2003)


Note moyenne : 4.33/5 (sur 12 notes) Ajouter à mes livres
De 1764 à 1767, une bête mystérieuse sème la terreur dans le Gévaudan et dans le sud de l’Auvergne, tuant hommes, femmes et enfants. Michel Louis nous livre de cette fameuse affaire un récit passionnant : toutes les attaques de la bête, les grandes chasses, la terreur d... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 30 décembre 2007

    Woland
    Le livre de Michel Louis, que vous pourrez vous procurer à un prix très abordable dans n'importe quelle bonne librairie, en ligne ou pas, s'inscrit désormais comme un incontournable parmi le lot d'ouvrages, fantaisistes ou réalistes, de bonne ou de mauvaise foi, qui furent consacrés à La Bête du Gévaudan.
    J'ajouterai que les amis des animaux ET les écologistes ne pourront que s'enchanter de cette lecture qui nous apprend, par la plume d'un zoologiste expérimenté, tout ce qu'il faut savoir sur cet animal abusivement vilipandé par l'opinion publique qu'est le loup
    Quand on s'intéresse à La Bête du Gévaudan, on est très vite surpris par un fait primordial : l'animal n'hésitait pas à attaquer alors qu'elle se trouvait au beau milieu d'un village. En d'autres termes, la Bête n'avait nullement peur de l'homme. Et les loups, eux - qui les en blâmera ? - redoutent beaucoup les méchants tours de notre espèce et, un peu comme les chats d'ailleurs, nous considèrent avec un mépris dont notre supposée intelligence supérieure n'a pu venir à bout.
    C'est que le loup sait, par exemple, ce que veut dire le mot "solidarité" et qu'il l'entend comme recouvrant autant de devoirs que de droits. Dans la meute, il y a souvent plusieurs mâles et femelles. Mais, pour avoir le droit de vivre en meute, tous s'effacent (et ne tombent d'ailleurs jamais en rut) devant le mâle dominant et sa femelle. (Rappelons au passage que le loup est partisan de la monogamie.)
    Contrairement aux légendes engendrées par la Peste noire, qui faisait s'accumuler les cadavres aux quatre coins de l'Europe et notamment de la France, le loup ne s'attaque jamais à l'homme, même s'il est en meute. Il suivra l'homme affaibli dans l'espoir de le voir tomber et de se nourrir de son cadavre, mais il ne l'attaquera pas. Sauf s'il souffre de la rage. Mais un animal enragé n'a plus toute sa raison et meurt très vite.
    La preuve de la pusillanimité des loups et paradoxe qui ne peut que frapper dans la terrible histoire de la Bête, les bergers et bergères de l'époque savaient qu'ils pouvaient faire fuir un loup en lui lançant des pierres ou en heurtant leurs sabots l'un contre l'autre.
    De tels expédients n'ont pourtant pas fonctionné face à la voracité de La Bête du Gévaudan et cela tend bien à prouver qu'elle n'appartenait pas à l'espèce lupine.
    Des faits de ce type, Michel Louis en aligne un grand nombre dans un récit divisé en deux parties :
    a) l'histoire de la Bête qu'on lit ici sans se lasser un seul instant de cette accumulation de meurtres (ce qui n'est pas le cas, par exemple, dans l'ouvrage du curé Fabre) ;
    b) et les mystères de la Bête où l'auteur pointe du doigt avec passion le refus politique de Versailles de voir les choses telles qu'elles étaient après l'abattage de la présumée Bête et la reprise des crimes, les incohérences des enquêtes (les cadavres n'ont jamais été retrouvés immédiatement. Louis estime que des nécrophages bien réels étaient passés par là, après la Bête.), le manque de méthode des enquêteurs (le XVIIIème siècle ne possédait certainement pas les méthodes adéquates pour recueillir les indices en l'état : après tout, la création de la police, au sens où nous l'entendon aujourd'hui, ne date-t-elle pas d'un siècle plus tôt, du règne de Louis XIV ?) et, bien sûr, la mauvaise foi patente de certains écrivains (dont Guy Crouzet) qui, par la suite, se penchèrent sur l'affaire.
    Michel Louis m'a définitivement convaincue de la nature hybride de la Bête et de la relation qu'elle avait avec un ou plusieurs sadiques sexuels. Car, loup ou hybride, aucun animal de cette taille ne peut trancher une tête humaine. Pas plus qu'un animal, quel qu'il soit, ne déshabille ses victimes avant ou après les avoir tuées.
    Et Michel Louis fait mieux encore : en authentique amoureux des animaux et du sort que nous leur imposons trop souvent, il nous rend la Bête sympathique. Après tout, si on ne l'avait pas dressée à tuer ...
    Un livre passionnant, à lire ab-so-lu-ment ! ;o)
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    Critique de qualité ? (5 votes positifs)
  • Par sgmaster, le 23 juillet 2010

    sgmaster
    Parmi tout Les livres consacrés au mythe de la bête, celui de Michel louis se démarque des autres ouvrages. Louis est un spécialiste des fauves, et non un historien. Il a consulté les archives départementales, s'est rendu sur place pour enquêter afin d'écrire ce livre fort intéressant.
    Dans la première partie, l'auteur narre l'histoire de ce loup (ou autre animal, en fait on ne sait pas vraiment) qui attaqua les habitants du Gevaudan entre 1764 et 1767, et fit plus de cent victimes. Mais loin d'un compte-rendu historique, les faits sont relatés de manière parfois romancée, ce qui enlève l'austérité propre aux livres d'histoire. Cette manière de raconter des faits réels est d'ailleurs utile pour accrocher le lecteur.
    La deuxième partie aborde les hypothèses émises par différents spécialistes depuis deux siècles. Qu'était la bête? Un ou plusieurs loups? Peu probable à en croire les zoologistes. Un tueur en série déguisé? Si on se rapporte aux témoignages de l'époque, tous montrent un animal. Alors un fauve d'Afrique échappé d'une ménagerie? Comment aurait-il supporté les hivers rigoureux de la région?
    L'hypothèse la plus intéressante est celle de l'auteur. Un animal dressé pour tuer, revêtu d'une cuirasse pour se protéger des balles des chasseurs et des fourches des paysans, lui donnant un aspect effrayant. le dresseur serait l'un des protagonistes de cette histoire, mais aucune preuve ne vient certifier cette théorie. le mystère reste entier... Un livre passionnant.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Couperine, le 22 décembre 2010

    Couperine
    Pour avoir lu quelques bouquins sur le sujet, je dois avouer que c'est celui que j'ai trouvé le plus intéressant. Il est constitué de deux parties: la première consiste à relater tous les meurtres de la fameuse bête. Même si le style de l'auteur est agréable, je dois avouer que j'ai quand même sauté quelques passages. Mais on ne pourra pas reprocher à Michel Louis un quelconque manque d'exhaustivité. La deuxième partie est analytique. C'est le spécialiste des loups qui parle alors. L'auteur nous guide dans une réflexion. La seule véritable chose qu'il me manque, c'est une absence de prise de position véritable. Non pas par rapport au fait que la bête aurait été aidée par un humain, j'avais déjà mon idée sur la question, que ne fera que confirmer M. Louis. Mais par rapport à la nature de la bête elle-même. Je suis un peu sceptique sur les hypothèses émises.
    Ceci dit, je vous conseille vivement ce livre fort instructif et intéressant.

    Lien : http://livresetmanuscrits.e-monsite.com/rubrique,louis-michel,123066..
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    Critique de qualité ? (6 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    sentinelle
    e vous conseille vivement ce petit bouquin en édition de poche si vous vous intéressez au sujet, sa lecture est vraiment plaisante et intéressante, reprenant les faits tels qu'ils se sont passés, les enquêtes qui ont eu lieu, les témoignages de l'époque, expliquant le pourquoi du comment de l'énorme retentissement de cette affaire dans tout le royaume et les hypothèses de l'auteur, qui réfute totalement la thèse de la culpabilité du loup, étant par ailleurs plutôt bien placé pour la réfuter en tant que spécialiste des fauves et directeur du parc zoologique à Amneville. Cette reconstitution nous donne aussi l'impression de vivre les événements comme si on y était, une sorte de voyage dans le temps pour nous retrouver en 1764 au sud de l'Auvergne.

    Lien : http://livresque-sentinelle.over-blog.com/article-23469264.html
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Citations et extraits

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  • Par Couperine, le 22 décembre 2010

    Dresser un chien à attaquer sur l'ordre de son maître est une chose ; le dresser à TUER n'importe quel être humain pour le DÉVORER en est une autre. Il y a là recherche délibérée du meurtre.

    Tout dressage doit débuter tôt, alors que le chien est âgé de huit à douze mois. Pour dresser un chien à l'attaque, on le harcèle, on cherche à lui donner du mordant, de l'agressivité. On lui fait mordre le costume d'attaque, puis on associe un commandement précis à l'attaque de l'homme en costume. Celui-ci fait semblant d'avoir peur, pour que le chien prenne de l'assurance. A terme, le commandement lancera le chien à l'attaque de toute personne désignée par le maître.

    Il a fallu commencer par nourrir la Bête uniquement à la viande, puis la dresser à l'attaque. Mais ensuite, il a fallu la conditionner à tuer l'homme systématiquement, même en l'absence du maître. Pour cela, les maîtres lui ont donné une motivation: la faim ! Il a fallu faire jeûner la Bête, l'affamer au point de la rendre encore plus agressive ; mettre en elle l'obsession de la recherche d'une proie. Et alors, le commandement d'attaque a été donné sur un homme vivant. La Bête a tué, elle a dévoré sa victime. Puis ce fut une nouvelle période de jeûne, et un nouveau meurtre...
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  • Par sentinelle, le 07 octobre 2008

    Il y eut d’autres faits étranges, qui renforcèrent le peuple dans sa conviction que la Bête était un loup-garou : Le bruit avait volé comme l’éclair que deux femmes des Escures, paroisse de Fournels, en allant à la messe, avaient été rejointes par un homme extrêmement bourru [poilu]. Pendant tout le trajet qu’elles firent en compagnie de cet homme, en voyant les longs poils de son estomac à travers le fente de sa chemise, elles étaient tellement saisies de frayeur que la respiration leur manquait, et pouvaient à peine se tenir sur leurs jambes, quand cet homme les quitta brusquement ; et dans la matinée, on avait vu la Bête dans les environs. C’était, disait-on, le loup-garou, qui de rage voulait empêcher ces femmes d’aller à la messe.
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