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ISBN : 2211220592
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2014)


Note moyenne : 4.22/5 (sur 558 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d'individu n'existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par mimienco, le 23 juin 2009

    mimienco
    Résumé:" Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n'existent pas. Les inégalités n'existent pas. La désobéîssance et la révolte n'existent pas. L'harmonnie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le Comité des Sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveaux nés inaptes sont "élargis", personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Dans la communauté, une seule personne détient le savoir: c'est le dépositaire de la mémoire. Lui sait comment était le monde , des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l'oeil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d'une grande cérémonie, il se verra attribuer comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. Jonas ne sait pas encore qu'il est unique. Un destin extraordianire l'attend. Un destin qui peut le détruire..."
    Mon opinion: très bien! Ce roman est véritablement une apologie du libre arbitre et de la liberté. Jonas en devenant le dépositaire de la Mémoire acquiert la connaissancce du passé et surtout de la liberté: la liberté de choisir, de désirer, d'aimer, de penser... Au fil des souvenirs que lui transmet Le passeur, le héros se rend compte de la réalité d'une société aseptisée, aliénante et dépourvue de vie, de spontanéité. Refusant de s'y conformer plus longtemps, Jonas décide d'exercer sa liberté dont il a été privé trop longtemps. Grâce à une narration maitrisée, l'auteure nous offre le portrait d'une société qui fait froid dans le dos mais qui nous pousse à réfléchir.
    A travers ces deux romans, Lois Lowry traite d'une problématique profonde, qui fait question mais d'une façon totalement différente d'un roman à l'autre. A la société violente et persécutante de L'Elue s'oppose une société entièrement contrôlée et aseptisée dans Le passeur, dans laquelle les choix, les plaisirs, les sentiments n'ont pas lieu d'être. Les approches sont différentes mais la question reste la même. Je trouve que ces deux romans, par une fiction intéressante, abordent de façon pertinente une problématique complexe et s'adressent autant à des adultes qu'à des adolescents. A lire, vraiment!
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    • Livres 5.00/5
    Par verobleue, le 13 juillet 2014

    verobleue
    « Le passeur » de Loïs Lowry est un livre qui prenait la poussière sur l'étagère car je trouvais sa couverture peu attrayante. Quel dommage ! Ce livre est tout simplement une pépite !
    Il a fait partie des lectures scolaires obligatoires de mon fiston. Il fait, apparemment, partie d'une trilogie comprenant également : "L'Elue" et "Messager". La facilité de lecture est déconcertante par rapport au message délivré. Étiqueté "livre de jeunesse", il s'adresse aux enfants (à partir de 10-12 ans) et aux adolescents mais parle, en fait, à tous. J'aime les dystopies : elles font prendre conscience de la chance que nous avons de vivre dans un monde comme le nôtre. Et elles Sont utiles aux adolescents, sincèrement persuadés, qu'ils ne Sont jamais assez libres dans ce même monde.
    Ce roman d'anticipation présente une société imaginaire, futuriste où les individus Sont formatés pour ne plus ressentir d'émotions et pour se comporter de façon préétablie. Dans ce monde, toutes les différences ont été abolies, non par respect ou par tolérance, mais pour les intérêts du système. Tout est réglé pour être parfait, chaque vie est régie par des lois que perSonne n'aurait l'idée de transgresser : ces règles fondamentales encadrent le quotidien, semblent parfaites car dans cette communauté, l'harmonie règne. Autant dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages que dans la société où tout le monde est content de Son sort, pratique une activité qui lui convient. Une vie simple où chacun sait ce qu'il a à faire, où chacun a une utilité. Eliminés les douleurs et les conflits mais aussi, tant qu'à faire, les couleurs, les parents, les émotions, le choix....
    Tous les habitants Sont pris en charge. Des parents Sont accouplés par affinités, les bébés nés par mères porteuses puis élevés en crèche jusqu'à l'âge d'un an, Sont attribués à une cellule "familiale". Les perSonnes âgées, les nouveau-nés trop faibles Sont "élargis" et rejoignent un monde meilleur, mieux adapté à leurs besoins, "L'Ailleurs".
    Le lecteur découvre progressivement cette dictature par le point de vue de Jonas, un jeune garçon de 11 ans, qui vit avec ses parents et sa sœur de 7 ans, Lily. C'est un petit garçon alerte, vif, intelligent et qui possède un esprit un peu rebelle. le livre s'ouvre sur Son appréhension de la cérémonie des 12 ans. Car douze cérémonies, une par an, rythment la vie des enfants : La douzième cérémonie est la plus importante car c'est au cours de celle-ci que l'enfant se voit attribuer Son futur métier. Il est choisi d'avance par les membres du comité en fonction de la perSonnalité de l'enfant, de ses qualités, du nombre d'heures de bénévolat effectuées au sein des différents services.
    Il y a un métier particulier, attribué à une unique perSonne dans la communauté, dont le but est de conserver la mémoire, le rappel de ce qui faisait le propre de l'homme avant le grand changement. Il se souvient de tout ce que la communauté a réussi à éliminer de la vie quotidienne. Il voit encore les couleurs, se rappelle l'époque où les animaux et les défauts existaient. Il se souvient de ce qu'était l'amour. Jonas, ce jour-là, devient le Dépositaire de la Mémoire, mémoire des temps anciens qui lui sera révélée par un Passeur...
    Jonas reprend progressivement contact avec la réalité et Son humanité. Son éveil se fait en parallèle avec celui du lecteur, ce qui donne beaucoup de force au récit. On constate dans ce roman que cette société future, pacifiée, débarrassée de la violence et de la compétition, aboutit à la négation de l'individu. Ce livre propose des solutions qui présentent, a priori, de très bons côtés avec l'aide aux perSonnes âgées, le développement du sens des responsabilités, le respect d'autrui, le contrôle de soi, les périodes d'essais professionnels permettant de comprendre les capacités, aptitudes et préférences de chaque enfant.
    Le sujet est traité de façon intelligente et sensible, le lecteur entre peu à peu dans l'univers de Jonas. L'écriture est très agréable et fluide et j'ai eu du mal à lâcher le livre avant la fin.
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    • Livres 5.00/5
    Par Shaitana, le 30 décembre 2010

    Shaitana
    Un livre qui fait réfléchir, qui fait grandir...
    En le lisant, on voit toute l'importance du libre arbitre et que tout compte fait même si notre société n'est pas la meilleure qui soit ce n'est pas non plus la plus mauvaise.

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    • Livres 4.00/5
    Par Yumiko, le 27 mai 2012

    Yumiko
    Ce livre est une vraie surprise! Je ne savais pas à quoi m'attendre avant de le lire et l'étonnement a été total! Mais soyez rassurés dans le bon sens du terme.
    Nous découvrons la vie de Jonas, jeune garçon qui vit dans une communauté bien étrange. Au début, rien ne semble particulier, si ce n'est les règles constantes qui régissent la vie des habitants et qui permettent une vie calme, ordonnée dans la joie et la bonne humeur. du moins c'est le point de vue de notre héros, qui ne s'est jamais posé de questions et qui prend la vie telle qu'elle est.
    Mais voilà qu'arrive la cérémonie des douzes-ans. Durant ce moment chaque enfant se voit assigner sa nouvelle orientation et le métier qu'il fera. Car personne n'a de libre arbitre dans cette société, tout est décidé pour eux à l'avance, en observant les capacités et intérêts de chacun. Jonas se voit assigner un rôle bien étrange: celui de dépositaire de la mémoire. Un rôle tenu par une seule et unique personne qui consiste à conserver la mémoire du passé et de tous les habitants de la communauté. Il va ainsi découvrir que les gens vivaient dans un monde bien différent, où les sentiments n'étaient pas aseptisés, où l'amour, la colère, la tristesse, existaient vraiment, et surtout il va découvrir les couleurs! (Un monde sans couleur, c'est incroyable O_o) Ces découvertes vont l'emmener dans une aventure hors du commun…
    J'ai été subjuguée par ce livre! Au début tout semble tellement net (trop net) et tellement faux, que cela en est incroyable! Je n'arrivais pas du tout à m'imaginer vivre dans un tel monde où personne n'a de pensée propre, où tout est régulé, codifié; où les enfants sont assignés et naissent uniquement de mères porteuses; un monde où seul « l'Identique » prime et où les être non adaptés à cette vie sont « élargis ». Une horreur absolue! J'ai tournée les pages traumatisées par la lobotomisation des gens vivant dans cette communauté. J'ai adoré suivre Jonas et le voir ouvrir les yeux sur le monde qui l'entoure. Sa découverte des couleurs et de l'amour m'ont particulièrement touchée, et l'émotion qu'il ressent montre à quel point il serait difficile de vivre sans tout cela.
    L'écriture est sublime et nous transporte dans ce monde créé de toute pièce. le roman est très bien ficelé et les pages se tournent à un rythme effréné. Seul bémol: la fin qui arrive beaucoup trop vite et qui manque franchement de clarté. J'ai été franchement déstabilisée et j'ai de la peine à comprendre où a voulu nous emmener l'auteur. Mis à part cela, c'est un vrai bijou!
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    • Livres 3.00/5
    Par Malivriotheque, le 29 juillet 2014

    Malivriotheque
    A presque douze ans, Jonas va bientôt découvrir lors d'une cérémonie officielle quel sera son métier dans sa communauté. Le moment tant attendu arrive : il sera "passeur", gardien des souvenirs du passé, cachés aux autres habitants de cette société volontairement aseptisée. Jonas découvre lors de sa formation des sentiments inconnus, des merveilles, des atrocités, la douleur. Mais pourquoi tout le monde reste-t-il bien sagement à obéir aux ordres, sans savoir qu'une vie colorée et teintée d'amour existait par le passé ?
    Le cinéma a tout de même de beaux atouts : il encourage à la lecture. S'ensuivent des réactions en chaîne : aperçu d'une bande annonce, découverte que le film est basé sur un livre, lecture en prévision d'une sortie imminente dans les salles obscures. Tout un programme.
    Ce livre a tous les atouts en main pour initier les 8-12 ans à la dystopie. Précurseur du genre dans le rayon jeunesse, The Giver nous embarque dans un monde désinfecté de tous les malheurs possibles, écartant l'amour pour ne pas créer la peine ou le manque. On vit dans le "Sameness" (traduit par "l'Identique" en français, que je suis contente d'avoir lu la version originale !), tout le monde est pareil, la notion de "famille" n'existe que sous la forme pasteurisée "d'unités familiales". Mais pour qui connaît la vérité, la joie, la chaleur et les couleurs, pour qui sait qu'il fut un temps où l'Homme pouvait ressentir des émotions et faire des erreurs, ce monde qui a fait le choix d'oublier est invivable, intenable, faux. Et constater que les gens "released" ("élargis" en français, alors là va falloir que le traducteur m'explique sérieusement son choix incompréhensible !!) que l'on envoie "Elsewhere" sous couvert de cérémonies poétiquement éloquentes sont en fait assassinés de sang-froid, c'est trop pour le jeune Jonas qui prend sa destinée et celle d'un bébé en danger en mains.
    Le lecteur passe par divers genres littéraires. L'auteur s'interroge sur le caractère humain, sa capacité de survie, mais également de destruction. Oublier et de ne pas savoir est-il plus enviable que de connaître le malheur et la douleur ? Toutes ces questions sont très accessibles aux plus jeunes, dans un style parfaitement adapté. Le lecteur adulte sera, lui, intéressé, mais sans doute pas autant emballé vu une intrigue assez lente et peu révélatrice de secrets incroyables. La révélation du devenir des "released people" n'est pas franchement une surprise, et le seul moteur extrêmement puissant est finalement l'utilisation du mensonge, extrêmement révélateur du fonctionnement de cette société qui contrôle tout.
    La fin, quant à elle, nous laisse cois : l'action n'est pas terminée, apporte à peine un semblant de réponse quant à ce qui se trouve à l'extérieur de la communauté, et n'apporte en aucune façon un explication sur l'existence d'une telle communauté. Est-elle unique ? Est-ce une expérience ? Une autarcie ? Pourquoi ? Comment ? Aurons-nous les réponses dans les tomes suivants, dont apparemment les 2 et 3 ne sont pas les suites directes ?? Le tome 4 Son nous en révèlera-t-il plus ?
    Un goût d'inachevé et de frustration conclut cette lecture toutefois plaisante. Quid de l'avis des plus jeunes lecteurs ?

    Lien : http://livriotheque.free.fr/#!xhr_find_book.php?nom=118&titre=170
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Citations et extraits

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  • Par UnknownOrEveryone, le 17 octobre 2014

    Derrière lui, à travers l'espace et le temps, comme venue de l'endroit qu'il avait quitté, il lui sembla aussi entendre de la musique. Mais peut-être n'était-ce que l'écho.

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  • Par EveLen, le 13 juin 2008

    - Papa? Maman? demanda timidement Jonas après le repas du soir. J'ai une question que j'aimerais vous poser.
    - Qu'est-ce que c'est? demanda son père.
    Il se força à prononcer les mots bien qu'il se sentît rougir de gêne. Il les avait répétés pendant tout le chemin du retour.
    - Est-ce que vous m'aimez?
    Il y eut pendant quelques instants un silence embarrassé. Puis Papa émit un petit gloussement.
    - Jonas! Toi! Et la précision du langage, alors?
    - Qu'est-ce que tu veux dire? demanda Jonas.
    Une réaction amusée n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait.
    - Ton père veut dire que tu as utilisé un terme très général, tellement dénué de sens qu'il est pratiquement tombé en désuétude, expliqua sa mère avec soin.
    Jonas les regarda d'un air ébahi. Denué de sens? Jamais auparavant il n'avait ressenti quelque chose d'aussi riche de sens que ce souvenir.
    - Et bien entendu, notre communauté ne peut pas fonctionner correctement si les gens n'emploient pas un langage précis. Tu pourrais demander: "Est-ce que vous appréciez ma présence?" Et la réponse est oui.
    - Ou bien, suggéra son père: "Est-ce que vous êtes fiers de mes réalisations?" Et la réponse est oui, de tout coeur!
    - Est-ce que tu comprends pourquoi c'est impropre d'utiliser un mot comme "aimer"? demanda Maman.
    Jonas hocha la tête.
    - Oui, merci, je comprends, répondit-il lentement.

    Ce fut la première fois qu'il mentit à ses parents.
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  • Par Yuko, le 12 juillet 2010

    - Mais pourquoi est-ce que les souvenirs ne peuvent pas être à tout le monde ? Je pense que ce serait peut-être un peu plus facile si on les partageait. (...)
    Le passeur soupira.
    - Tu as raison, dit-il. Mais alors tout le monde devrait supporter ce fardeau et cette douleur. Ils ne veulent pas de ça.

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  • Par GabySensei, le 02 novembre 2012

    Nous ne pouvons pas prendre le risque de laisser les gens faire des choix.
    - Ce serait dangereux? suggéra le Passeur.
    - Tout à fait dangereux, répliqua Jonas avec assurance.
    Et si on les autorisait à choisir leur conjoint? Et s'ils faisaient le mauvais choix? Ou si, poursuivit-il en riant presque devant l’absurdité d'une telle hypothèse, ils choisissaient leur métier?
    - Ça fait peur, non? dit le passeur.
    Jonas gloussa.
    - Très peur. Je ne veux même pas me l'imaginer. Nous devons vraiment empêcher les gens de faire des mauvais choix.
    - C'est plus sûr.
    - Oui approuva Jonas. Beaucoup plus sûr.
    (P127)
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  • Par Lenora, le 08 juillet 2012

    - Mai sje les veux ! dit Jonas avec colère. Ce n'est pas juste que rien n'ait de couleur !
    - Pas juste ?
    Le Passeur regarda Jonas avec curiosité.
    - Explique moi ce que tu veux dire.
    Eh bien... Si tout est pareil, on n'a plus de choix. Je veux pouvoir me lever le matin et faire des choix. Une tunique bleue ou une tunique rouge ?
    Il baissa les yeux sur le tissu terne de son habit.
    - Mais c'est toujours la même chose.
    Puis il rit doucement.
    - Je sais que ça n'a pas d'importance, ce que l'on porte. Cela ne compte pas. Mais...
    - C'est le fait de choisir qui compte, n'est-ce pas ? lui demanda le Passeur.
    Jonas acquiesça.
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