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ISBN : 2211205828
Éditeur : L'Ecole des loisirs (2016)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 1189 notes)
Résumé :


Le monde dans lequel vit Jonas est bien éloigné du nôtre : une société où la notion d'individu n'existe pas. Plus surprenant encore : ses membres ne ressentent rien. Ni amour ni haine viennent bousculer leur quotidien. Les gens ne meurent pas non plus. Ils sont "élargis". Tout comme le héros de cette histoire – un garçon de douze ans – le jeune lecteur brûlera de savoir ce qui se cache derrière ce terme si obscur.

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Critiques, Analyses & Avis (202) Voir plus Ajouter une critique
mimienco
mimienco23 juin 2009
  • Livres 4.00/5
Résumé:" Dans le monde où vit Jonas, la guerre, la pauvreté, le chômage, le divorce n'existent pas. Les inégalités n'existent pas. La désobéîssance et la révolte n'existent pas. L'harmonnie règne dans les cellules familiales constituées avec soin par le Comité des Sages. Les personnes trop âgées, ainsi que les nouveaux nés inaptes sont "élargis", personne ne sait exactement ce que cela veut dire. Dans la communauté, une seule personne détient le savoir: c'est le dépositaire de la mémoire. Lui sait comment était le monde , des générations plus tôt, quand il y avait encore des animaux, quand l'oeil humain pouvait encore voir les couleurs, quand les gens tombaient amoureux. Dans quelques jours, Jonas aura douze ans. Au cours d'une grande cérémonie, il se verra attribuer comme tous les enfants de son âge, sa future fonction dans la communauté. Jonas ne sait pas encore qu'il est unique. Un destin extraordianire l'attend. Un destin qui peut le détruire..."
Mon opinion: très bien! Ce roman est véritablement une apologie du libre arbitre et de la liberté. Jonas en devenant le dépositaire de la Mémoire acquiert la connaissancce du passé et surtout de la liberté: la liberté de choisir, de désirer, d'aimer, de penser... Au fil des souvenirs que lui transmet le Passeur, le héros se rend compte de la réalité d'une société aseptisée, aliénante et dépourvue de vie, de spontanéité. Refusant de s'y conformer plus longtemps, Jonas décide d'exercer sa liberté dont il a été privé trop longtemps. Grâce à une narration maitrisée, l'auteure nous offre le portrait d'une société qui fait froid dans le dos mais qui nous pousse à réfléchir.
A travers ces deux romans, Lois Lowry traite d'une problématique profonde, qui fait question mais d'une façon totalement différente d'un roman à l'autre. A la société violente et persécutante de l'Elue s'oppose une société entièrement contrôlée et aseptisée dans le Passeur, dans laquelle les choix, les plaisirs, les sentiments n'ont pas lieu d'être. Les approches sont différentes mais la question reste la même. Je trouve que ces deux romans, par une fiction intéressante, abordent de façon pertinente une problématique complexe et s'adressent autant à des adultes qu'à des adolescents. A lire, vraiment!
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verobleue
verobleue13 juillet 2014
  • Livres 5.00/5
« le passeur » de Loïs Lowry est un livre qui prenait la poussière sur l'étagère car je trouvais sa couverture peu attrayante. Quel dommage ! Ce livre est tout simplement une pépite !
Il a fait partie des lectures scolaires obligatoires de mon fiston. Il fait, apparemment, partie d'une trilogie comprenant également : "L'Elue" et "Messager". La facilité de lecture est déconcertante par rapport au message délivré. Étiqueté "livre de jeunesse", il s'adresse aux enfants (à partir de 10-12 ans) et aux adolescents mais parle, en fait, à tous. J'aime les dystopies : elles font prendre conscience de la chance que nous avons de vivre dans un monde comme le nôtre. Et elles sont utiles aux adolescents, sincèrement persuadés, qu'ils ne sont jamais assez libres dans ce même monde.
Ce roman d'anticipation présente une société imaginaire, futuriste où les individus sont formatés pour ne plus ressentir d'émotions et pour se comporter de façon préétablie. Dans ce monde, toutes les différences ont été abolies, non par respect ou par tolérance, mais pour les intérêts du système. Tout est réglé pour être parfait, chaque vie est régie par des lois que personne n'aurait l'idée de transgresser : ces règles fondamentales encadrent le quotidien, semblent parfaites car dans cette communauté, l'harmonie règne. Autant dans les cellules familiales constituées avec soin par le comité des sages que dans la société où tout le monde est content de son sort, pratique une activité qui lui convient. Une vie simple où chacun sait ce qu'il a à faire, où chacun a une utilité. Eliminés les douleurs et les conflits mais aussi, tant qu'à faire, les couleurs, les parents, les émotions, le choix....
Tous les habitants sont pris en charge. Des parents sont accouplés par affinités, les bébés nés par mères porteuses puis élevés en crèche jusqu'à l'âge d'un an, sont attribués à une cellule "familiale". Les personnes âgées, les nouveau-nés trop faibles sont "élargis" et rejoignent un monde meilleur, mieux adapté à leurs besoins, "L'Ailleurs".
Le lecteur découvre progressivement cette dictature par le point de vue de Jonas, un jeune garçon de 11 ans, qui vit avec ses parents et sa soeur de 7 ans, Lily. C'est un petit garçon alerte, vif, intelligent et qui possède un esprit un peu rebelle. le livre s'ouvre sur son appréhension de la cérémonie des 12 ans. Car douze cérémonies, une par an, rythment la vie des enfants : La douzième cérémonie est la plus importante car c'est au cours de celle-ci que l'enfant se voit attribuer son futur métier. Il est choisi d'avance par les membres du comité en fonction de la personnalité de l'enfant, de ses qualités, du nombre d'heures de bénévolat effectuées au sein des différents services.
Il y a un métier particulier, attribué à une unique personne dans la communauté, dont le but est de conserver la mémoire, le rappel de ce qui faisait le propre de l'homme avant le grand changement. Il se souvient de tout ce que la communauté a réussi à éliminer de la vie quotidienne. Il voit encore les couleurs, se rappelle l'époque où les animaux et les défauts existaient. Il se souvient de ce qu'était l'amour. Jonas, ce jour-là, devient le Dépositaire de la Mémoire, mémoire des temps anciens qui lui sera révélée par un Passeur...
Jonas reprend progressivement contact avec la réalité et son humanité. Son éveil se fait en parallèle avec celui du lecteur, ce qui donne beaucoup de force au récit. On constate dans ce roman que cette société future, pacifiée, débarrassée de la violence et de la compétition, aboutit à la négation de l'individu. Ce livre propose des solutions qui présentent, a priori, de très bons côtés avec l'aide aux personnes âgées, le développement du sens des responsabilités, le respect d'autrui, le contrôle de soi, les périodes d'essais professionnels permettant de comprendre les capacités, aptitudes et préférences de chaque enfant.
Le sujet est traité de façon intelligente et sensible, le lecteur entre peu à peu dans l'univers de Jonas. L'écriture est très agréable et fluide et j'ai eu du mal à lâcher le livre avant la fin.
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Shaitana
Shaitana30 décembre 2010
  • Livres 5.00/5
Un livre qui fait réfléchir, qui fait grandir...
En le lisant, on voit toute l'importance du libre arbitre et que tout compte fait même si notre société n'est pas la meilleure qui soit ce n'est pas non plus la plus mauvaise.
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florencem
florencem22 août 2016
  • Livres 3.00/5
Est-ce que je vous avoue que j'ai vu le film avant de me plonger dans le livre ? Non, vraiment, pas la peine ? C'est un peu une habitude avec moi et je ne m'en plains pas, cela me permet de découvrir des auteurs et parfois des pépites. Avec le passeur, j'ai eu deux sentiments prédominants : un goût d'inachevé et aussi un malaise récurrent. Et après avoir refermé le livre, je me dis que ce n'est pas vraiment une histoire jeunesse, à bien des niveaux.
J'ai d'abord été un peu surprise par l'âge de Jonas, notre héros. Avec le film, il avait seize ans environ, un âge où on se dit que plus de choses sont envisageables, possibles. Mais c'est un sentiment qui disparaît très vite, car au final, du haut de ses onze/douze ans, Jonas n'a rien d'un enfant. Il y a d'autres petits éléments qui changent, mais pour ma part, rien de trop conséquent. On retrouve beaucoup de points communs entre les deux oeuvres.
Mais si dans le film la nouvelle société qu'on nous dépeint est étrange, dans le roman j'ai eu pendant très longtemps un sentiment constant de malaise. Aucun choix, aucune personnalité, aucune liberté, aucune fantaisie. Tout est réglé à un niveau effrayant. On choisit si à la naissance vous avait le droit de vivre ou pas, on choisit votre métier, votre conjoint, vos enfants, l'heure de votre mort… Pour Jonas tout ceci est normal car il a été élevé dans cet environnement et comme ses amis et sa famille, personne ne semble malheureux. On cherche à protéger une société qui a vécu visiblement beaucoup de choses et le choix a été l'Identique. On a même enlevé aux gens la possibilité de voir les couleurs. Plus aucun choix possible mais derrière cette « protection », il y a aussi une violence sans nom. Latente quelque fois ou très présente à d'autres moments. Dès qu'un enfant sait marcher, on sort la baguette et cela jusqu'à ce qu'il comprenne qu'il ne doit pas désobéir pour des choses parfois grotesques, et on retrouver ce système pour les personnes âgées… Pleins de petits détails comme cela qui sont effrayants.
Puis Jonas bascule dans un autre monde. En devenant le successeur du Dépositaire, celui qui garde tous les souvenirs de l'humanité, notre jeune héros prend conscience du monde dans lequel il vit. Il découvre la « vraie » vie, en quelque sorte. On passe alors d'un sentiment de malaise à celui de la colère et de l'incompréhension. Les réflexions de Jonas deviennent pour moi la partie la plus intéressante. Sa prise de conscience redonne un souffle au roman. Les émotions reprennent vie et nous ne sommes plus les seuls à être « scandalisés » par cette société. Notre héros est en phase, en quelque sorte, avec le lecteur. Et ce petit bonhomme prend aussi une toute autre envergure. On souffre avec lui, on espère aussi. On rêve de changements.
Et puis la fin arrive. Je sais qu'il y a une suite, plusieurs même, mais je ne peux m'empêcher d'avoir un goût d'inachevé. On ne sait pas ce qu'il advient de cette société, un point pour moi primordial car on rêvait d'un changement depuis le départ. Et Jonas, où va-t-il ? Il semble connaître ce lieu, mais comment ? Ce n'est pas possible. Comment est-il si sûr de lui ? Et que va-t-il lui arriver ? On se retrouve avec des questions innombrables sans fin pour le coup, et de ce que j'ai pu lire, ce n'est pas le tome deux qui nous donnera des réponses. J'avais eu le même sentiment avec le film et j'avais espéré voir autre chose. Etrange. Je poursuivrais la saga pour avoir mes réponses, même si j'ai en quelque sorte un doute là-dessus.
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Shenandoah
Shenandoah03 décembre 2014
  • Livres 4.00/5
Depuis que j'ai découvert ce livre sur Babelio, il m'intriguait beaucoup. En effet, je n'en avais jamais entendu parler alors qu'il semble être un classique pour beaucoup d'entre vous, et qu'il s'agit apparemment de l'un des précurseurs des dystopies pour ado. de plus, son adaptation est sortie au cinéma le mois dernier, et je ne l'ai absolument pas vu passer. Bref, je crois que mon cerveau a décidé d'occulter complètement ce roman. Heureusement, on m'a prêté les quatre tomes de la série en anglais, donc je vais enfin pouvoir me faire mon avis sur ces livre !
Jonas, bientôt douze ans, vit dans une communauté où les émotions violentes et l'individualité sont gommées au maximum. À l'âge de douze ans, chaque enfant se voit attribué un métier en fonction de ses compétences. À sa grande surprise, Jonas est sélectionné pour devenir Dépositaire de la Mémoire, rôle mystérieux qui va le forcer à découvrir se qui se cache derrière cette société en apparence parfaite.
La première chose que je peux dire aux personnes qui souhaitent découvrir ce livre, c'est de ne surtout pas regarder la bande-annonce du film. Déjà, parce que l'histoire semble avoir été pas mal modifiée pour donner un scénario plus riche en action, mais surtout parce qu'elle révèle un élément important du livre. En effet, l'auteur parvient à nous cacher l'une des particularités de ce monde pendant plus de la moitié du livre, et même si j'ai fini par le deviner avant sa révélation, parvenir à camoufler ce "détail" démontre une écriture assez talentueuse, et ce serait vraiment dommage de se gâcher la surprise.
De plus, on voit que l'auteur a quand même pas mal réfléchi à son univers. En effet, les histoire de castes ou autres clans que les dystopies pour ado adorent sont bien sympathiques à première vue, mais si on s'y penche de plus près, on finit par se demander qui peut bien ramasser les poubelles ou faire le ménage. Ici au moins, les citoyens obtiennent un vrai métier, et même si on ne les explore évidemment pas tous en détails, le fonctionnement pratique de la société semble un peu plus crédible.
Concernant l'histoire, même si ce nombreux détails laissent à penser qu'il s'agit d'une version futuriste de notre monde, je pense que certains éléments tendent trop vers le fantastique pour pouvoir espérer une explication scientifique à tout ceci dans d'ici la fin de la série (mais je me trompe peut-être). Cet aspect risque donc de déplaire à celles et ceux qui aiment leur dystopie plus SF.
Autre chose qui risque de déplaire, c'est la fin qui n'en est pas vraiment une. Certes, il y a d'autres tomes derrière, mais si on ne le sait pas, notamment si un enfant choisit ce livre au hasard dans une bibliothèque, rien n'indique que ce roman n'est que le premier d'une série. Et je sais que j'avais horreur de ce genre de fins lorsque j'étais enfant, donc d'autres enfants risquent d'être frustrés par ce roman.
Quoi qu'il en soit, ce livre provoque pas mal de réflexions, notamment lors des conversations entre Jonas et son tuteur. Ce n'est pas forcément facile d'aborder des sujets tels que le libre arbitre dans des livres pour enfants, et l'auteur y parvient avec talent, le tout dans une écriture très agréable et accessible. Que vous soyez petits ou grands, je vous conseille donc chaudement cette lecture, qui m'a fait penser à une version jeunesse du Meilleur des Mondes.
Challenge Petits Plaisirs 2014-2015
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Citations & extraits (31) Voir plus Ajouter une citation
florencemflorencem21 août 2016
- Je sais que ça n’a pas d’importance, ce que l’on porte. Cela ne compte pas. Mais…
- C’est le fait de choisir qui compte, n’est-ce pas ? lui demanda le Passeur.
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ANILIL21ANILIL2122 août 2016
Nous vivons comme des ombres.
Nous ne sommes plus que l'écho lointain de ce qui nous a rendu autrefois vivant.
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LauBlueLauBlue17 août 2016
— Je les vois toutes. Toutes les couleurs.
— Et moi, je les verrai ?
— Bien sûr. Quand tu auras les souvenirs.
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EveLenEveLen13 juin 2008
- Papa? Maman? demanda timidement Jonas après le repas du soir. J'ai une question que j'aimerais vous poser.
- Qu'est-ce que c'est? demanda son père.
Il se força à prononcer les mots bien qu'il se sentît rougir de gêne. Il les avait répétés pendant tout le chemin du retour.
- Est-ce que vous m'aimez?
Il y eut pendant quelques instants un silence embarrassé. Puis Papa émit un petit gloussement.
- Jonas! Toi! Et la précision du langage, alors?
- Qu'est-ce que tu veux dire? demanda Jonas.
Une réaction amusée n'était pas du tout ce à quoi il s'attendait.
- Ton père veut dire que tu as utilisé un terme très général, tellement dénué de sens qu'il est pratiquement tombé en désuétude, expliqua sa mère avec soin.
Jonas les regarda d'un air ébahi. Denué de sens? Jamais auparavant il n'avait ressenti quelque chose d'aussi riche de sens que ce souvenir.
- Et bien entendu, notre communauté ne peut pas fonctionner correctement si les gens n'emploient pas un langage précis. Tu pourrais demander: "Est-ce que vous appréciez ma présence?" Et la réponse est oui.
- Ou bien, suggéra son père: "Est-ce que vous êtes fiers de mes réalisations?" Et la réponse est oui, de tout coeur!
- Est-ce que tu comprends pourquoi c'est impropre d'utiliser un mot comme "aimer"? demanda Maman.
Jonas hocha la tête.
- Oui, merci, je comprends, répondit-il lentement.

Ce fut la première fois qu'il mentit à ses parents.
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YukoYuko12 juillet 2010
- Mais pourquoi est-ce que les souvenirs ne peuvent pas être à tout le monde ? Je pense que ce serait peut-être un peu plus facile si on les partageait. (...)
Le passeur soupira.
- Tu as raison, dit-il. Mais alors tout le monde devrait supporter ce fardeau et cette douleur. Ils ne veulent pas de ça.
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