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De la nature - de rerum natura2Ajouter à mes livres
" La poésie vit d'une vie virtuelle.
Les sciences peuvent étendre sa sphère, non augmenter sa puissance. " Victor Hugo justifie en ces termes l'intérêt extrême que l'oeuvre de Lucrèce suscite chez les lecteurs modernes. Or, de récentes découvertes scientifiques o... > voir plus
C'est une expérience étrange que ce livre. C'est un poème latin, très long, mais parlant exclusivement de sujets scientifiques. Ce que j'aime dans cette oeuvre, c'est la façon avec laquelle elle s'appuie sur les croyances qu'elle n'approuve pas (dieux, etc.) pour démontrer ensuite C'est-à-dire que ce n'est pas juste une suite d'accusations, mais bien une ode complète et détaillée à La nature, fournissant des explications de phénomènes pointus parfois très pertinentes (et descendantes d'Epicure), qui ont encore aujourd'hui une base et un écho important. Une pierre de marbre de la littérature, montrant l'envolée de la science et son importance dans l'explication des choses produites qui nous entourent.
Si donc les corps premiers sont, comme je l'ai montré, solides et sans vide, ils sont nécessairement doués d'éternité. Du reste si la matière n'avait pas été éternelle, depuis longtemps déjà les choses seraient toutes et tout entières retournées au néant, et c'est du néant que serait né de nouveau tout ce que nous voyons.
Pour moi, j'ai beau ignorer ce que sont les principes des choses, j'oserais pourtant, et sur la simple étude des phénomènes célestes, et sur bien d'autres faits encore, soutenir et démontrer que le monde n'a nullement été créé pour nous par une volonté divine : tant il se présente entaché de défaut !
Car en quelque lieu que l'on suppose que la matière vient à manquer, c'est là que s'ouvrira pour l'univers la porte de la mort : c'est par là que s'échapperont en foule tous les atomes de la matière.