ISBN : 2070109119
Éditeur : Gallimard (1978)


Note moyenne : 4/5 (sur 1 notes) Ajouter à mes livres
Au bord de l'eau est un des œuvres les plus connues du patrimoine chinois. Il s'agit d'un de ces romans à épisodes de cette littérature ancienne qui s'est formée en marge de la littérature classique.
La trame du livre est simple : on introduit d'abord les héros (... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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  • Par de, le 12 janvier 2012

    de
    Suite et fin de ce prodigieux voyage.
    vous avez déjà lu plus de mille pages, vous abordez avec délices, les mille suivantes.
    Et dans quelques temps, vous rêverez d'autres "mille" jamais écrites.
    Une lecture comme celle que l'on découvre dans l'enfance ou dans l'adolescence, avec cette ardeur si particulière.
    Un conte, une épopée, une fresque, pour celles et ceux qui n'ont pas oublié que la lecture est aussi un rêve...
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Citations et extraits

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  • Par de, le 05 avril 2012

    Kin-lièn se leva et rapporta bientôt dans un grand vase le vin qu’elle avait fait chauffer ; puis, demandant à son beau-frère s’il n’était pas trop légèrement vêtu pour la température, elle passa les doigts sur ses épaules et sur tout son corps comme pour s’en assurer. La chasteté de Wou-song souffrait beaucoup ; il paraissait triste et ne répondait rien. Alors Kin-lièn, relevant les manches de sa robe, saisit quelque menu bois et se prit à dire : « Mon beau-frère, vous ne savez pas faire le feu. Je vais m’en charger pour vous... » Wou-song était décontenancé ; il gardait le silence. Kin-lièn s’abandonne à sa passion, qui était ardente comme la flamme. Elle ne voit pas l’embarras de Wou-song ; elle verse encore une tasse, y trempe ses lèvres ; puis, avec ce regard expressif, particulier aux femmes libertines : « Si vous savez aimer, lui dit-elle, vous achèverez ceci. » Wou-song étend la main et prend la tasse, mais c’est pour la renverser par terre et s’écrier : « Ma belle-sœur, vous foulez aux pieds toutes les bienséances. » Puis, il la repousse ; et, la regardant d’un œil sévère, il continue : « Votre beau-frère est un homme qui a des cheveux sur la tête et des dents dans la bouche ; mais il est si grand, si grand qu’il touche à la voûte du ciel. Il n’appartient pas à la race des chiens et des porcs, qui sont dépourvus de raison et ne connaissent ni la justice, ni la pudeur. Ma belle-sœur, gardez-vous d’agir de la sorte. Autrement, quoique mes yeux reconnussent toujours qui vous êtes, mes poings pourraient bien l’oublier. » A ces paroles, Kin-lièn devint rouge jusque dans le blanc des yeux. « Je voulais plaisanter, dit-elle, vous interprétez mal les choses et vous calomniez les intentions. » Elle se leva, prit le plateau et descendit dans la cuisine.

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  • Par de, le 05 avril 2012

    Quand les préparatifs furent terminés, le supérieur choisit un jour heureux ; il ordonna aux néophytes de sonner les cloches et de battre le tambour. Alors les religieux, au nombre d’environ six cents, se rendirent processionnellement dans la chapelle ; ils étaient tous revêtus de la chape. Arrivés au pied de l’autel de la loi, ils joignirent les mains, firent une révérence profonde et se rangèrent sur deux files. Un moment après, le youên-waï, pour accomplir les cérémonies d’usage, prit de l’encens consacré dans une cassolette d’argent, se prosterna devant l’autel et adora le dieu Foë. Lou-ta vint à son tour, précédé des néophytes du monastère. Dès qu’il fut parvenu au pied de l’autel, un bonze, de ceux qui exerçaient les fonctions d’administrateur, lui ordonna d’ôter son bonnet ; puis il divisa les cheveux du brigadier en neuf touffes égales, qu’il lia avec des cordons de soie ; prenant ensuite chaque touffe l’une après l’autre avec la main, le purificateur les coupa tour à tour. Celui-ci se disposait déjà à couper les moustaches, mais le brigadier s’écria aussitôt : « Ah, si vous m’en laissiez un peu, vous m’obligeriez beaucoup. » A ces mots, les religieux ne purent s’empêcher de rire.

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  • Par de, le 05 avril 2012

    Le temps n’avait pas entièrement calmé la passion de la jeune femme. Voyant que Wou-song apportait des provisions de toute espèce, Kin-lièn, réfléchissant, se dit au fond du cœur : « Est-ce que par hasard ce vaurien penserait à moi maintenant ? Oui, je n’en doute plus, le voilà qui revient ! mais c’est un homme calme ; il ne voudra pas employer la violence. Oh ! il faut que je l’amène tout doucement à une conversation particulière. » Elle monta dans sa chambre, égalisa le fard sur ses deux joues, ajusta de nouveau les nœuds de son épaisse chevelure et quitta la robe qu’elle portait pour en mettre une autre d’une grande beauté. Alors seulement elle redescendit et saluant son beau-frère : « En vérité, lui dit-elle d’un air souriant, je ne sais ce qui vous amène ici. Que de moments se sont écoulés depuis que je ne vous ai vu et sans que je puisse comprendre la cause d’un pareil éloignement ! Chaque jour je disais à votre frère : « Allez donc à la préfecture ; causez avec le major ; tâchez de le ramener, Mais chaque jour il répondait que cela n’était pas nécessaire. Enfin, je me réjouis de votre retour, mais pourquoi prodiguer de l’argent sans motif ?

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  • Par de, le 05 avril 2012

    Ce jeune homme jouait des instruments à vent aussi bien que des instruments à cordes ; il connaissait la musique vocale, la danse, l’escrime ; il était du reste amoureux de tous les plaisirs. Cette vie désordonnée ne l’empêchait pas cependant d’étudier le Chi-king, le Chu-king, les poètes anciens et modernes ; quant à la charité, la justice, l’observation des rites, la sagesse, la sincérité, ce sont là des choses qu’il ignorait absolument. Aussi le voyait-on, tantôt dans la capitale, tantôt dans la banlieue, s’abandonner partout au luxe et à la mollesse. Il avait contracté avec le fils d’un officier supérieur, appelé Wang, une liaison qui aurait pu être préjudiciable à la fortune de celui-ci (car chaque jour amenait pour eux des intrigues et des dépenses nouvelles), si Wang n’eût porté sa plainte au premier magistrat de la capitale. Kao-khieou fut condamné à la bastonnade et au bannissement ; défense fut faite à tous les habitants de la capitale de lui accorder un asile dans leurs maisons.

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  • Par de, le 05 avril 2012

    Wou-ta se levait à chaque instant pour transvaser le vin, à la grande satisfaction de Kin-lièn, qui souriait et ne bougeait pas de sa place. « Mon beau-frère, continua-t-elle sans plus de façon, pourquoi ne mangez-vous pas du poisson avec votre bœuf ; tenez, je vais vous choisir un beau morceau. » Wou-song, comme on l’a dit, avait des principes, une conscience délicate. Il est certain qu’il trouvait les allures de Kin-lièn un peu vives ; mais il témoignait des égards à cette jeune femme, parce qu’elle était sa belle-sœur. Au fond, pouvait-il deviner que son frère avait épousé une camériste ?... Kin-lièn, après avoir bu quelques tasses de vin, se mit à considérer Wou-song. Celui-ci n’osait pas soutenir ses regards ; il baissait la tête et finit par se lever de table. « Encore quelques tasses, » lui dit Wou-ta. — « Mon frère, c’est assez pour aujourd’hui. Je reviendrai vous voir. »

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