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ISBN : 2756028126
Éditeur : Delcourt (2012)


Note moyenne : 4.18/5 (sur 157 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
En pleine guerre napoléonienne, un navire français fait naufrage au large de Hartlepool. Parmi les débris, un seul survivant: un chimpanzé, mascotte de l'équipage portant l'uniforme tricolore. Mais, dans ce petit village d'Angleterre, où personne n'a jamais vu de França... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par marina53, le 14 avril 2014

    marina53
    1814, nous sommes en pleine guerre napoléonienne. A bord du bateau qui les emmène vers la cote anglaise, le capitaine a embarqué avec l'équipage un petit singe prénommé Nelson. Habillé en officier, il amuse beaucoup ses hommes en imitant Napoléon. Un jeune garçon habilité aux sales travaux chantonne en anglais une chanson que sa nourrice lui fredonnait souvent. Cela ne plaît guère au capitaine qui décide sur-le-champ de le jeter à la mer. Mais une tempête fait rage aussitôt, la foudre frappe le mât, le bateau tangue puis chavire. L'équipage tente tant bien que mal de surmonter les énormes vagues. de la plage, deux anglais, avec leurs jumelles, s'amusent de voir ce bateau couler. Ils reviendront le lendemain, une fois que la tempête sera finie. C'est là que toute la petite ville de Hartlepool se retrouve sur la plage pour récolter tout ce qui s'est échoué. Quelle n'est pas leur surprise de découvrir le singe un peu sonné mais bien vivant. Ainsi vêtu, ils le prennent pour un Français, certainement un espion, le capturent et ne comptent pas en rester là avec lui...
    Pour ce récit, Lupano s'est inspiré d'une anecdote encore bien vivace en Angleterre, à savoir ces habitants de Hartlepool qui prirent un singe pour un Français et le traitèrent comme tel. La force de cet album réside dans le fait que l'histoire, bien que romancée, traite ici d'un sujet incroyable et bien méconnu et montre ainsi toute la bêtise humaine, la haine ordinaire et le racisme dans toute son horreur. Lupano étoffe son récit de dialogues perspicaces et parfois drôles. Quant aux personnages, dans leur bouffonnerie, ils font malheureusement pitié à voir mais amusent malgré tout le lecteur. Jérémie Moreau met parfaitement en lumière cette triste histoire, usant d'un trait saccadé, de couleurs chaudes et parfois brutales. Un album étonnant...

    Le singe de Hartlepool... à mettre en cage?
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    • Livres 3.00/5
    Par Laurence64, le 20 avril 2013

    Laurence64
    Il était une fois dans le petit village anglais d'Hartlepool, l'ignorance régnait.
    Enveloppés, non dans l'habituel fog, mais dans une bêtise insondable, les habitants aussi incultes qu'idiots (ou idiots parce
    qu'incultes) insultaient à qui mieux mieux les villageois voisins et vouaient une haine indéfectible à ces mangeurs de grenouilles et d'escargots qu'étaient (sont?) les Français.
    La bonne fée de la bêtise humaine, infatigable au cours des siècles, leur offrit le naufrage d'un bâtiment français. Au milieu des débris du bateau, un chimpanzé soigneusement vêtu par un imbécile Français à la mode soldatesque française survécut. On appelle cela tomber de Charybde en Scylla avec un peu de lettres ou avoir la scoumoune dans un registre plus simple.
    La brave bête essaya ses quenottes sur le pasteur local, lequel ne fit pas preuve du pardon que l'on aurait pu attendre de lui. La bestiole fut déclarée humaine malgré tout. Une fois n'est pas coutume. Elle eut pu croire en une promotion. Que nenni! Elle fut affirmée de nationalité française et donc ennemie de la mère patrie.
    Il était donc une fois des hommes n'ayant jamais vu ni singe ni Français. La confusion avec un ouistiti aurait été inexcusable. Celle avec un chimpanzé était plus légitime. D'autant que la fée de la bêtise humaine n'était pas, en ce XIX° siècle, soumise aux 35 heures.
    L'animal eut un procès au cours duquel il goûta son avocat et non sa plaidoirie. L'animal fut pendu avant que le papa du petit Charles Darwin, médecin de passage forcé sous les cieux d'Hartlepool, ne reconnaisse en lui un singe.
    Mais qu'importe le flacon… La bonne fée était en pleine forme.
    Le singe était français!
    Cette délicieuse légende anglaise qui épingle les habitants d'Hartlepool m'aurait séduite davantage si l'absurde avait été davantage poussé. La charge contre le nationalisme y aurait gagné avec une mise en scène plus échevelée. Cette fable anglaise manque de cet absurde si anglais qui enroule dans les éclats joyeux de la plus extravagante cocasserie toute dénonciation politico-sociale.
    Peut-être ai-je encore en mémoire le merveilleux Arthur Koestler (naturalisé britannique) dans ses réflexions contre la peine capitale. L'absurdité poussée au paroxysme du code sanglant anglais m'avait arraché quelques hennissements, braillements et grognements face à ces procès d'animaux qui, un jour, proliférèrent dans la perfide Albion. Et à grands coups de rires, je n'avais jamais cessé de militer contre l'abolition de la peine de mort.
    Le singe de Hartlepool, tout français fut-il, aurait gagné à être pendu par un scénariste anglais.
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    • Livres 4.00/5
    Par cicou45, le 14 octobre 2013

    cicou45
    Une grosse farce mais qui reste tout de même très émouvante ! C'est l'histoire de la bêtise humaine et de l'ignorance, ce qui pousse parfois les hommes à faire des choses relativement ridicules, pour ne pas dire stupides et souvent cruelles, tout simplement parce qu'ils ont peur de l'Inconnu.
    C'est ce qui se passe dans ce petit village de Hartlepool, situé sur les côtes anglaises, et dans lequel un navire français fait naufrage.
    Les habitants, n'ayant jamais vu un français de leur vie (sauf le vieil Alf Patterson mais son témoignage n'est pas très fiable), voyant le singe du capitaine du navire, vêtu d'un uniforme français, prennent tout bonnement et simplement ce dernier pour un représentant de la race française. Les Anglais et les Français, n'ayant pas de bonnes relations diplomatiques à l'époque puisque l'histoire se déroule au début du XIXe siècle, les villageois décident donc de le pendre, étant donné (ce qui est plutôt normal mais bon, allez leur dire à eux, qui n'ont jamais vu de singes non plus) qu'ils n'ont pas réussi à le faire parler afin qu'il puisse se défendre et décliner son identité.
    Une grosse farce basée sur une légende et même, paraît-il, sur une histoire vraie, dans laquelle il y a un gros clin d'oeil à Charles Darwin, que le lecteur découvre ici enfant, accompagné de son père et de passage dans ce village de Hartlepool. C'est d'ailleurs le père de Charles, le docteur Robert Darwin, qui accusera les villageois d'ignares en leur annonçant que "leur pendu" n'est pas un français mais tout simplement Un Singe, un singe français peut-être mais un singe tout de même !
    Une lecture agréable, avec un graphisme grotesque (cela est fait exprès car elle s'accommode parfaitement avec l'histoire) qui se lit en un rien de temps ! A découvrir !
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  • Par trust_me, le 18 janvier 2013

    trust_me
    1814. Un navire français sombre à quelques encablures des côtes anglaises, face au village d'Hartlepool. le lendemain les villageois trouvent sur la plage un survivant du naufrage. C'est un chimpanzé, habillé d'un uniforme français, qui servait à bord de mascotte. le prenant pour un être humain (et surtout pour un ennemi), ils le capturent et organisent un procès où le pauvre animal sera condamné en bonne et due forme par la vindicte populaire.

    On se dit au départ que c'est gros, trop gros. Comment peut-on confondre un singe et un homme ? Tout simplement en pensant que cet énergumène braillard dont la langue semble si agressive à l'oreille ne peut être qu'un de ces « fils de chienne engrossée par le diable déguisé en porc » que l'on trouve sur le sol français. Après tout, dans ce trou perdu d'Hartlepool, personne n'a jamais vu un soldat de Napoléon. Lupano s'est inspiré d'une légende toujours vivace en Angleterre. D'ailleurs la postface nous apprend qu'aujourd'hui encore les habitants d'Hartlepool continuent d'être la risée du royaume et sont affublés du sobriquet peu flatteur de monkey hangers, « les pendeurs de singe ».

    Le récit dénonce, en vrac et sans hiérarchie, l'ignorance crasse, la haine, le nationalisme exacerbé, l'obscurantisme le plus désolant ou encore l'effet de masse qui transforme des individus en un groupe d'abrutis (petite dédicace personnelle en passant aux supporters des équipes de foot que j'adore…). le tout sans jamais tomber dans un quelconque didactisme plombant. Parce qu'il faut bien reconnaître que cette histoire sordide est aussi drôle, surtout grâce à son incroyable galerie de personnages (avec une mention spéciale pour le vieux cul-de-jatte Patterson), tous plus lourdauds et ridicules les uns que les autres et à ses savoureux dialogues truffés d'injures que les rosbeefs adressent aux bouffeurs de grenouilles : « Saleté de cloporte nourri à la fiente de poule ! Crevure de bouffeur de tripes de rats ! Sale glaviot de vieux ragondin malade ! Espèce de déjection d'hirondelle africaine bouffée par les vers ! » L'outrance des propos va de pair avec la violence sourde de certaines scènes qui peuvent mettre le lecteur mal à l'aise mais l'équilibre fragile entre le cocasse et l'insoutenable n'est jamais rompu. Et si le sort du pauvre singe est abominable, le clin d'œil final apporte un peu de lumière dans cette sombre tragédie.

    Graphiquement, le trait nerveux de Moreau sonne juste et traduit bien les emportements incontrôlés de la populace, le tout sous un ciel gris délavé typiquement anglais.

    Assurément un titre qui me marquera durablement tant la portée de son message reste malheureusement universel.

    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.fr/2013/01/le-singe-de-hartlepool..
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    • Livres 3.00/5
    Par canel, le 19 février 2014

    canel
    1814, naufrage d'un navire de la flotte napoléonienne. Deux rescapés, dont un singe, échouent sur les côtes de Hartlepool, village britannique où personne n'a jamais vu de Français. Les habitants savent seulement et viscéralement que ces gens-là sont des ennemis. A tel point que ce brave chimpanzé, pris pour un soldat et/ou un espion frenchy à cause de l'uniforme, doit être exécuté.
    Inspiré d'une légende, l'album dénonce le patriotisme, le nationalisme et la xénophobie exacerbés par les guerres. Ici, en l'occurrence : la haine aveugle (et réciproque, soit dit en passant) à cette époque des Anglais envers les Français, ces ennemis de longue date, dont le portrait est vite dressé - créature du diable donc être puant, velu, doté de pieds fourchus, etc.
    L'idée d'illustrer ces thèmes à travers le destin d'un malheureux singe est judicieuse. Cela souligne l'absurdité des amalgames et des caricatures qui fédèrent la peur/haine de l'autre, de l'inconnu, pour motiver les troupes. "C'est important, les frontières. Sinon, on ne sait plus qui haïr..." (frontières géographiques ou différences physiques, réelles ou construites).
    Album intéressant pour ces idées. Mais plutôt rebutant si l'on n'est pas friand des ambiances et décors façon 'Pirates des Caraïbes'.
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Critiques presse (6)


  • BullesEtOnomatopees , le 20 février 2013
    Le Singe de Hartlepool est sans conteste un des meilleurs albums de 2012. Le propos est intelligent, Lupano et Moreau le mettent merveilleusement en scène. Et si l’on s’étonne ou l’on se scandalise de cette méprise et de cette bêtise ahurissantes, pas tout à fait sûr que l’on soit forcément plus éclairés de nos jours.
    Lire la critique sur le site : BullesEtOnomatopees
  • Lexpress , le 26 novembre 2012
    La réussite de cet album tient à la vivacité du ton […], à l'intelligence du regard posé par Wilfrid Lupano sur la haine ordinaire et à la nervosité bien venue du dessin de Jérémie Moreau, qui fait penser à Ronald Searle.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • BoDoi , le 09 octobre 2012
    Absurde et cruel, ce récit creuse ce qui fait le terreau des nationalismes. […] Le jeune créateur Jérémie Moreau […] insuffle énormément d’humanité à ses protagonistes, notamment aux enfants, fil conducteur des évènements. Son trait souple et vivant est idéalement renforcé par une mise en couleurs ébouriffante.
    Lire la critique sur le site : BoDoi
  • BDGest , le 21 septembre 2012
    Oui, c'est hilarant, oui les dialogues sont cinglants et oui, les personnages sont truculents. Méfiez-vous néanmoins. Sous ces airs de pantalonnade, le ton est, en fait, sombre, glacial.
    Lire la critique sur le site : BDGest
  • LaLibreBelgique , le 11 septembre 2012
    Si certaines situations sont un peu démonstratives, le récit est bien mené et certaines scènes savoureuses.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Sceneario , le 11 septembre 2012
    Une fable dont on remercie les auteurs de l’avoir mise en lumière. Un excellent one-shot.
    Lire la critique sur le site : Sceneario

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Citations et extraits

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  • Par marina53, le 14 avril 2014

    - Ah ? Vous avez été marchand d'esclaves ? Vous ne me l'aviez pas dit.
    - C'est parce que je préfère ne plus en parler.
    - Des regrets ?
    - Boaf ! Sur la fin, on n'y gagnait plus autant sa vie qu'avant ! Ces satanés humanistes, toujours à nous empêcher de travailler... à nous coller des droits de l'homme partout, y compris chez les nègres ! Croyez-moi, on ne mesure pas encore que le mal que le soi-disant siècle des lumières a fait à l'idée de grandeur nationale. On n'a pas fini d'en payer le prix, c'est moi qui vous le dis. Un jour, on viendra vous dire qu'un nègre peut commander un bateau.
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  • Par alouett, le 18 janvier 2013

    - Ah ? Vous avez été marchand d’esclaves ? Vous ne me l’aviez pas dit.
    - C’est parce que je préfère ne plus en parler.
    - Des regrets ?
    - Boaf ! Sur la fin, on n’y gagnait plus autant sa vie qu’avant ! Ces satanés humanistes, toujours à nous empêcher de travailler, à nous coller des Droits de l’Homme partout, y compris chez les nègres ! Croyez-moi, on ne mesure pas encore le mal que le soi-disant siècle des Lumières a fait à l’idée de grandeur nationale
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  • Par colimasson, le 28 novembre 2012

    Charly, une pendaison, ce n’est pas un spectacle, et encore moins un divertissement. Une pendaison, c’est un homme qui meurt. Il n’y a rien de réjouissant là-dedans, tu comprends ? Il n’y a qu’un immense chagrin. Et mon rôle de père, Charly, c’est de te mettre en garde contre ce penchant naturel à la cruauté qui sommeille en chacun de nous. Méfie-toi de ce sentiment qui te fait te réjouir à la vue du sang, Charly. Lorsqu’on fait couler du sang c’est toujours une tragédie.
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  • Par Clairoche, le 10 décembre 2013

    CHARLY, UNE PENDAISON, CE N'EST PAS UN SPECTACLE, ET ENCORE MOINS UN DIVERTISSEMENT. UNE PENDAISON, C'EST UN HOMME QUI MEURT.
    IL N'Y A RIEN DE RÉJOUISSANT LA-DEDANS, TU COMPRENDS ? IL N'Y A QU'UN IMMENSE CHAGRIN.

    O ... OUI ...

    ET MON RÔLE DE PÈRE, CHARLY, C'EST DE TE METTRE EN GARDE CONTRE CE PENCHANT NATUREL A LA CRUAUTÉ QUI SOMMEILLE EN CHACUN DE NOUS.
    MÉFIE-TOI DE CE SENTIMENT QUI TE FAIT TE RÉJOUIR A LA VUE DU SANG, CHARLY.
    LORSQU'ON FAIT COULER DU SANG, C'EST TOUJOURS ...
    ... UNE TRAGÉDIE.
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  • Par canel, le 19 février 2014

    - Alors voilà, euh, quand le prisonnier était en cellule, on a fait des expériences, par rapport à ce qu'on savait de la cuisine française...
    - Et donc ?
    - Alors on lui a servi des grenouilles... et il les a mangées !
    La foule : BEUAAAAH !
    (p. 70)

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