ISBN : 2743615362
Éditeur : Payot et Rivages (2006)


Note moyenne : 3.33/5 (sur 15 notes) Ajouter à mes livres
Au travers du journal intime d'une femme qui a trouvé refuge dans une colonie d'artistes, Alison Lurie met en cause avec un humour ravageur la figure du " grand homme ".
Janet " Belle " Smith, auteur de nouvelles médiocres, s'imagine en effet que le vert paradis ... > voir plus
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Critiques et avis(2)

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    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 26 décembre 2007

    Woland
    Real People
    Traduction : Marie-Claude Peugeot
    Plus qu'un roman, ce texte assez bref (un peu plus de deux cents pages) constitue surtout une réflexion personnelle de l'auteur sur le statut d'artiste et, plus précisément, sur celui d'écrivain.
    L'héroïne qu'elle met en scène, Jane Belle Smith, et sur laquelle elle donne quelques légères indications physiques, pourrait être son double, à une certaine époque en tous cas. Chaque année, Jane a l'habitude de séjourner deux semaines au domaine d'"Illyria", que, dans les années 1900, Ondine Moffat voulut convertir par testament en une résidence payante où musiciens, peintres, sculpteurs, écrivains, etc ... pourraient trouver un havre où se livrer en paix - pour un temps - à leur activité favorite.
    Comme chaque année, Jane retrouve un petit cercle d'amis, dont Kenneth, le peintre. Comme chaque année, les relations s'engagent, avec leurs hauts et leurs bas ... Mais, contrairement aux années précédentes, la fin de ce séjour verra une Jane Smith tout à fait transformée quitter "Illyria."
    Pour vous inciter à lire ce petit ouvrage dont l'intrigue n'est pas essentielle, mieux vaut vous en citer - pour une fois - certains passages :
    "... Quoique je ressente, quelque part dans ma tête, l'écrivain est là, qui prend des notes, enregistre le dialogue. (Comme a dit un jour Philip Roth, paraît-il, "Notre chance a nous, c'est qu'il ne peut rien nous arriver de mal. Tout est bon à écrire.") Même ici et même en présence de quelqu'un d'aussi célèbre que Teddy Berg - dans un domaine qui n'est pas le mien, c'est vrai - je continue à avoir cette sensation. ..."
    ... Je suis ici parce que je suis écrivain, or paradoxalement, c'est le seul endroit où je ne sois pas étiquetée comme "écrivain." Je peux être à nouveau quelqu'un d'ordinaire, au lieu de cette espèce de phénomène dangereux que j'ai été à Westford dans les six derniers mois.
    Autrefois, dans ma naïveté juvénile, je croyais que ce serait merveilleux de devenir auteur. Il ne m'était pas venu à l'esprit que, si ça se réalisait, je cesserais en partie d'exister en tant qu'être humain, aux yeux de presque tout le monde. ...
    ... En fait, dans l'ensemble, les gens n'aiment pas vraiment l'idée qu'une femme puisse sérieusement être écrivain. Ils trouvent ça incongru. Ils préfèrent oublier l'un des deux, ou bien l'écrivain, ou bien la femme. ...
    ... A longue échéance, nous ne serons pas jugés sur notre vie privée, mais sur ce que nous aurons écrit. ..."
    Si cela vous interpelle ... ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par BVIALLET, le 26 mars 2012

    BVIALLET
    La novelliste Janet Belle Smith, mariée à Clark, un assureur, et mère de deux enfants est invitée dans la magnifique propriété d'Illyria mise à la disposition d'artistes plus ou moins renommés par une famille de riches mécènes américains. Chaque année, s'y retrouvent peintres, musiciens, poètes et romanciers pour y travailler à leurs oeuvres sous la houlette de Caroline Kent qui veille à leur bien-être avec l'aide d'un bataillon de domestiques. L'ambiance est assez bonne jusqu'à l'arrivée d'Anna May, la filleule de Caroline, jolie fille aussi allumeuse qu'écervelée, qui sème le trouble et insupporte la distinguée Janet qui a toutes les peines du monde à écrire une petite nouvelle et songe même à abandonner la littérature. Elle se lie d'amitié avec Kenneth, un peintre d'inspiration classique qu'elle soupçonne d'avoir quelques sentiments pour elle et finit par coucher avec Nick Donato, un peintre aussi avant-gardiste que mal embouché...
    Cette description d'une colonie d'artistes sent le vécu et ne manque pas d'un certain intérêt. Il y a là toute une série de portraits de personnages à la fois atypiques et convenus comme le hippie à cheveux longs et idées courtes, le sous-Picasso négligé et inculte, la vieille fille poétesse excentrique, le romancier communiste alcoolique ou le peintre homosexuel ventripotent et maniéré. L'intrigue n'est pas d'un grand intérêt et frise presque avec le roman à l'eau de rose type Harlequin. Toute la problématique littéraire se résume aux problèmes de la création littéraire d'un auteur en plein doute et en grand manque d'humour. Janet juge sa nouvelle « banale, répétitive et ennuyeuse. » On peut craindre que le lecteur en pense autant de l'ouvrage de Mme Lurie...

    Lien : http://www.etpourquoidonc.fr/
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 26 décembre 2007

    "... Quoique je ressente, quelque part dans ma tête, l'écrivain est là, qui prend des notes, enregistre le dialogue. (Comme a dit un jour Philip Roth, paraît-il, "Notre chance a nous, c'est qu'il ne peut rien nous arriver de mal. Tout est bon à écrire.") Même ici et même en présence de quelqu'un d'aussi célèbre que Teddy Berg - dans un domaine qui n'est pas le mien, c'est vrai - je continue à avoir cette sensation. ..."

    ... Je suis ici parce que je suis écrivain, or paradoxalement, c'est le seul endroit où je ne sois pas étiquetée comme "écrivain." Je peux être à nouveau quelqu'un d'ordinaire, au lieu de cette espèce de phénomène dangereux que j'ai été à Westford dans les six derniers mois.

    Autrefois, dans ma naïveté juvénile, je croyais que ce serait merveilleux de devenir auteur. Il ne m'était pas venu à l'esprit que, si ça se réalisait, je cesserais en partie d'exister en tant qu'être humain, aux yeux de presque tout le monde. ...

    ... En fait, dans l'ensemble, les gens n'aiment pas vraiment l'idée qu'une femme puisse sérieusement être écrivain. Ils trouvent ça incongru. Ils préfèrent oublier l'un des deux, ou bien l'écrivain, ou bien la femme. ...

    ... A longue échéance, nous ne serons pas jugés sur notre vie privée, mais sur ce que nous aurons écrit. ..."
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