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Sophie Mayoux (Traducteur)
ISBN : 2869304129
Éditeur : Payot et Rivages (1990)

Note moyenne : 3.7/5 (sur 166 notes)
Résumé :
"Véritable chronique de mœurs, roman policier, comédie baroque, La Vérité sur Lorin Jones est un miroir tendu à toute une génération de femmes qui jonglent avec le féminisme, le militantisme, les grands principes et les grands sentiments."
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Critiques, Analyses & Avis (3) Ajouter une critique
Woland
Woland26 décembre 2007
  • Livres 5.00/5
The Truth about Lorin Jones
Traduction : Sophie Mayoux
Si vous ne deviez lire qu'un seul Lurie, c'est celui-ci, je crois, que je vous recommanderais.
La romancière y prend pour héroïne Polly Alter (les latinistes apprécieront son nom qui annonce d'ores et déjà la couleur), mère divorcée qui redoute de voir son fils, Stevie, décider, à l'adolescence, d'emménager définitivement chez son père. C'est que, en ce début des années soixante-dix qui voient s'affirmer outre-Atlantique une revendication féministe un peu trop virulente, Polly, en dépit de ce qu'elle affirme en public, notamment auprès de ses relations lesbiennes et à sa meilleure amie, Jeanne, lesbienne elle aussi, Polly n'est absolument pas sûre d'elle-même et encore moins du bien-fondé de l'existence qu'elle a choisie.
Au départ, Polly voulait peindre. Malheureusement, le lendemain même de son mariage, elle tomba, à l'hôtel, sur une toile merveilleuse, signée Lorin Jones, et qui la découragea définitivement. C'est qu'elle voyait là, sur cette toile, tout ce qu'elle-même rêvait de produire, un mélange d'abstrait et de pré-raphaélite tout à fait hors du commun. du coup, Polly abandonna et devint chroniqueuse et agent pour les galeries d'art.
Après toutes ses années, on vient justement de lui demander de rédiger la biographie de cette Lorin Jones, décédée à la fin des sixties. Emballée - elle se sent tant d'affinités avec Lorin - Polly accepte, persuadée, tant par son expérience personnelle que par l'atmosphère ambiante, que Lorin est morte victime des hommes. Polly tient d'ailleurs prête sa liste de coupables potentiels à interviewer :
1) le marchand de Lorin, Paolo Carducci ;
2) le demi-frère de Lorin, Leonard Zimmern ;
3) l'ex-mari de Lorin, le critique d'art Garrett Jones
4) et enfin l'amant de Lorin, qui l'enleva à son mari : Hugh Cameron.
Elle se met donc en quête ...
Vous raconter le reste serait dévoiler l'intrigue - et ce serait surtout vous priver d'une grande source de plaisir. Car "La Vérité sur Lorin Jones" est un petit chef-d'oeuvre d'acidité, de tendresse et d'humour qui nous donne en outre une leçon de sagesse : rien n'est jamais si beau, si bon ... ni si laid, si pourri qu'on le croit. Tout cela doublé d'une réflexion féroce sur les excès du féminisme.
A emporter cet été, sur la plage, par exemple. Vous devriez passer un sacré bon moment. ;o)
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akcd
akcd17 janvier 2016
  • Livres 5.00/5
Polly Alter, 39 ans, reçoit une bourse du musée où elle travaille pour écrire une biographie sur une peintre décédée vingt ans plus tôt, Lorin Jones. Fragilisée par son divorce récent, elle ne peut s'empêcher une vive sympathie pour cette femme dont elle a l'impression d'avoir emboîté le pas : née dans la même ville, peintre elle-même, passionnée par le génie de son modèle, il y va jusqu'à leur surnom qui ne différait dans leur enfance que par une seule lettre : Polly / Lolly.
Afin de se libérer du temps pour enquêter et écrire, Polly envoie son fils adolescent quatre mois chez son père. Elle invite en parallèle sa meilleure amie Jeanne à venir s'installer chez elle. Jeanne, lesbienne et féministe, a une vision bien arrêtée sur la destinée tragique de Lorin Jones : si la peintre n'a pas eu de son vivant le succès qu'elle méritait, c'est que les hommes influant de son milieu étaient bien décidés à lui mettre des bâtons dans les roues. A commencer par Garett Jones, critique d'art et premier mari de Lorin. Ou Jacky Herbert, le galeriste. Mais est-ce si sûr ? Polly Alter est décidée à interviewer toutes les personnes encore vivantes qui ont connu Lorin, afin de découvrir et d'écrire la vérité sur Lorin Jones.
Sur fond de féminisme, Alison Lurie critique le milieu de l'art new-yorkais des deux époques où se joue l'intrigue : les années 1960 et les années 1980. le lecteur est propulsé du monde féminin de Polly dans le monde masculin de Lorin avec le même bonheur. Plus l'enquête de Polly avance, plus ses idées s'embrouillent. Chaque protagoniste a sa propre vérité sur Lorin Jones. Famille, critiques, collectionneurs, l'intérêt de chacun diffère quant au contenu de la biographie à écrire. Entre manipulation et passion, quelle sera la version la plus crédible aux yeux de Polly ?
Ce thriller psychologique est un fascinant témoignage du monde artistique de New-York de la deuxième moitié du XX° siècle. L'auteur dénonce avec beaucoup de subtilité le machisme de ce milieu, dans lequel sans les hommes, les femmes ne peuvent pas percer. En parallèle, elle dresse un tableau particulièrement cynique des milieux féministes. le lecteur ne peut pas s'empêcher de grincer des dents et de s'interroger : finalement, est-ce si certain que l'homme est le plus grand des manipulateurs ? le sexe des individus y est-il pour quelque chose ?
La vérité sur Lorin Jones fait partie des romans dont la justesse psychologique traverseront toujours les époques, sans jamais vieillir. Il a reçu le Prix Femina 1989.
Lien : http://akarinthi.com/2016/01/17/la-verite-sur-lo..
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vavarnerot
vavarnerot18 août 2013
  • Livres 3.00/5
Polly, récemment divorcée pour ne pas avoir voulu sacrifier sa carrière à celle de son époux, vient de percevoir une subvention pour écrire une biographie de Lorin Jones.
Lorin Jones a fait basculer sa vie lorsque Polly, alors jeune mariée en voyage de noces, voit pour la première fois une de ses toiles accrochée dans la pension elle résidait. Lorin est déjà morte mais elle hante Polly. Ses toiles expriment ce que Polly voudrait peindre. Aussi Polly, ayant rangé ses pinceaux, lui consacrera-t-elle une rétrospective dans le musée où elle travaille. Leur parcours sont différents mais étroitement entremêlés, selon Polly. Elles auraient pu se croiser. Mais cela ne s'est jamais produit.
Son travail biographique conduit Polly à s'enfoncer plus avant dans son dialogue intime et posthume avec Lorin. Pourtant, Polly soliloque. Elle entame son enquête avec des certitudes solidement chevillées. Polly estime que Lorin a vu sa vie brisée et son talent exploité par les hommes qui ont jalonné sa brève vie.
Partager son appartement avec son amie Jeanne, lesbienne, n'aide pas vraiment Polly à atteindre la neutralité nécessaire au travail biographique. le discours de Jeanne sur les hommes assoit Polly dans son analyse et son féminisme se teinte de sapphisme. C'est ainsi pétrie de sentiments négatifs envers les hommes qu'elle aborde ses premières interviewes. Les figures masculines de la vie de Lorin sont autant de menteurs livrant un visage volontairement fallacieux de celle-ci.
Pourtant, tous les entretiens ne concordent pas.La pluralité et la discordance des opinions recensées sur Lorin amènent Polly s'interroger sur sa vie et son futur. Polly, en cherchant Lorin, va se trouver elle-même.
Roman très bien construit, La vérité sur Lorin Jones soulève de manière plaisante mais un peu veillie la question des rapport hommes/femmes. La manière de construire les dialogues d'Alison Lurie est remarquable, le lecteur n'accédant jamais aux questions que la succession des réponses données.
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Citations & extraits (4) Ajouter une citation
dbreitdbreit26 décembre 2012
S’il fallait à tout prix être amoureuse, avec tous les problèmes, toute la déraison que cela impliquait, peut-être valait-il mieux être amoureuse d’un mort ou d’une morte. En aimant une personne morte, on ne risquait pas de subir de blessures sentimentales ; quelqu’un de mort n’allait pas vous critiquer, vous trahir, vous quitter. Et on ne risquait pas non plus de lui faire du mal ; il n’y avait donc pas de culpabilité.
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andreepierretteandreepierrette26 octobre 2013
Par un après-midi nuageux, encrassé de neige, une semaine avant Thanksgiving, Polly Alter entra dans son salon, les pieds mouillés, les cheveux humides, emmêlés par le vent, portant un lourd paquet plat enveloppé de papier kraft qu'elle posa délicatement sur le divan. Elle se débarrassa de ses bottes et de son manteau trempé, qu'elle jeta dans le placard de l'entrée. Puis elle déballa le paquet, d'où elle tira la gouache de Lorin Jones, l'étang de Truro, maintenant marouflée et encadrée par un professionnel. Elle dégagea le dessus de la cheminée, d'où elle e,leva quelques bougeoirs de cuivre cabossés et les bégonias rampants de Jeanne pour y poser la peinture. Elle recula et se plaça en plein devant, espérant une sorte de miracle.
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nina2loinnina2loin04 septembre 2012
Polly Alter aimait bien les hommes mais elle avait cessé de leur accorder la moindre confiance et n'avait plus guère affaire à eux. Le mois passé, à l'occasion de son trente-neuvième anniversaire, elle s'était aperçue brusquement que sans jamais avoir cherché ce résultat de façon délibérée, elle ne voyait plus que des femmes. Médecin, dentiste, comptable, thérapeute, "banquière" : dans sa vie, toutes ces professions se mettaient désormais au féminin. Et c'était aussi à des femmes que l'unissaient les liens d'amitié les plus étroits. Elle faisait ses courses dans des magasins tenus par des femmes, où elle était servie par des femmes, et lorsque que sa doctoresse lui prescrivait des médicaments, elle allait les chercher au coin de Broadway et de la 87ᵉ Rue, chez une pharmacienne, malgré le détour que cela lui imposait. Il lui arrivait de ne pas parler à un homme adulte pendant plusieurs jours d'affilée.
Quand son mari était parti, dix-huit mois plus tôt, Polly n'avait pas imaginé que sa vie prendrait cette tournure.
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mickaelamickaela17 octobre 2012
"Malheureusement, rien ne prouvait que ceux qui se mordraient les doigts ne sortiraient pas aussi leurs griffes."
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