ISBN : 2916207465
Éditeur : Editions Ca et Là (2010)


Note moyenne : 3.71/5 (sur 38 notes) Ajouter à mes livres


À l'été 1984, deux jeunes punks autrichiennes, Ulli et Edi décident sur un coup de tête de partir pour l'Italie, sans papiers, avec pour seul bagage leurs sacs de couchage et les fringues qu'elles ont sur le dos. Leur voyage durera deux mois, et les mène... > voir plus
Ajouter une critique Ajouter une citation

> voir toutes (14)

Critiques et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 3.00/5
    Par chocobogirl, le 18 avril 2011

    chocobogirl
    Vienne, 1984. Ulli est une jeune fille autrichienne de 17 ans, une gentille punkette qui passe son temps avec les copains à refaire le monde et à boire. Les chambres sont squattées par les uns et les autres. L'ambiance est plutôt libertaire et la famille assez loin. Un jour débarque Edi, une nana quelque peu délurée qui n'a pas froid aux yeux. Les deux sympathisent et décident de partir sur un coup de tête pour prendre la route, direction l'Italie. Mais le goût de l'aventure et de l'interdit les mèneront surement un peu plus loin qu'elles ne l'auraient souhaités.
    Parties les mains dans la poche, sans passeport, sans bagage, sans argent et sans prévenir personne, Edi et Ulli sont pourtant bien décidés à franchir la frontière et à prendre du bon temps. En faisant du stop et en prenant des chemins détournés, elles débarquent en Italie, joyeuses et insouciantes. Pourtant sur place, elles rejoignent le milieu des marginaux et découvrent la nécessité de la survie : il faut trouver de l'argent de quelque manière que ce soit. Mendicité, vols et bientôt offres de gâteries diverses pour avoir à manger. La violence règne, les bastons sont récurrentes, la drogue fait aussi des ravages et la mafia n'est pas loin. Si Edi couche sans scrupules avec des hommes pour un simple repas ou par pur plaisir, Ulli a un peu plus de mal avec tout ce qui touche au sexe.
    " Même si je m'efforçais de jouer les dures à cuire, mes besoins érotiques étaient étonnamment innocents. Embrasser, des câlins, je trouvais ça super. La baise, je m'en fichais. "
    Passant de Vérone à Rome puis s'enfonçant un peu plus vers le Sud et la Sicile, les 2 amies vont peu à peu découvrir que les italiens sont de plus en plus intéressées par les parties de jambes en l'air potentielles qu'elles représentent. Leurs regards se faits de plus en plus lourds et leurs demandes de plus en plus insistantes. Pour eux, une étrangère est une fille facile, voire une pute.
    " le pire, c'est d'être matée et pelotée sans arrêt, le viol mental. D'être traitée comme un petit toutou, qui par hasard sait parler. Mais ce que toutou dit, tout le monde s'en fiche. "
    Le mode de vie des 2 punkettes basé sur la liberté commence à trouver ses limites et se fait de plus en plus inquiétant. A raison car le drame finit par arriver. Ulli perd le contact avec Edi mais continue malgré tout son voyage seule. Elle tombe de déchéance en déchéance et ses retrouvailles avec Edi n'y changeront rien.
    Edi, inconsciente, les entraine dans les mains de mafieux sans scrupules avant d'abandonner son amie.
    Les 2 mois de voyage se termineront abruptement. Ulli rentrera chez elle, seule, avec ses illusions perdues.
    Récit autobiographique, "Trop n'est pas assez" est la chronique amère et violente d'un voyage initiatique qui conduira notre héroine sur la voie du désenchantement.
    Exaltée par la liberté et les interdits bafoués, Ulli va pourtant découvrir la face noire des hommes.
    L'idéal punk et ses idées libertaires sont bien mis à mal dans ce récit qui n'épargne pas non plus l'amitié et ses petites trahisons.
    L'auteur décrit, sans complaisance aucune envers elle-même et avec beaucoup de recul et d'à-propos son expérience quelque peu borderline qui l'a emmené au-delà des limites qu'elle souhaitait. Cru et sans équivoque, elle évoque sans pudeur la sexualité, devenue un moyen de se protéger, de se nourrir plutôt que de se donner du plaisir.
    Un récit toujours sur le fil mais qui ne tombe pas dans le glauque et sait se ménager des passages plus légers où l'humour affleure.
    L'odyssée italienne d'Ulli est entrecoupée ici de passages textuels, extraits de son carnet de voyage, donnant ainsi une résonnance encore plus forte et réaliste de son périple.
    Ce voyage en Italie restera indélébile pour Ulli, marquant d'une certaine manière la fin de l'enfance et de ses illusions. Découvrant la cruauté et l'oppression masculine, son regard sur le monde sera à jamais changé et laissera place à une vision plus féministe des choses.
    On notera le graphisme, plutôt surprenant avec sa bichromie dans les tons verts, et son trait simple assez expressif qui sert bien le propos.
    Prix révélation Angoulême 2011.

    Lien : http://legrenierdechoco.over-blog.com/article-trop-n-est-pas-assez-u..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 2.00/5
    Par Tampopo, le 18 août 2011

    Tampopo
    Avec ce roman graphique, je m'attendais à quelque chose d'assez exceptionnel, en effet, cette bd a tout de même gagné le Fauve de la révélation au festival d'Angoulême 2011 ! J'avais également lu « çà et là » (sans mauvais jeu de mots, hinhin) des critiques assez dithyrambiques. Je m'attendais donc à un récit d'apprentissage dans la veine d'un Persépolis, j'ai été assez déçue… le propos de ce roman graphique est authentiquement trash. L'auteur n'élude aucun épisode de son périple à travers l'Italie, ni la faim et son corollaire, la mendicité, ni le viol, ni la prostitution, ni même la drogue… J'ignore quelles sont les « bonnes rencontres » évoquées dans la quatrième de couverture car, à mon sens, les deux filles ne croisent que des hommes concupiscents (pour rester polie…). Elles partent sur les routes car elles sont avides de liberté et d'aventure mais elles ne feront que multiplier les galères et leur amitié n'y survivra pas. L'épisode où elles tombent entre les griffes de la mafia est le summum. Pourtant, j'ai lu cette bd de bout en bout, j'ai pensé naïvement qu'il se passerait quelque chose et qu'enfin elles finiraient par faire une rencontre décisive qui allait enrichir leur vision du monde. Mais rien ne se passe et un épisode glauque en chasse un autre, Ulli finit se fera arrêter par la police des frontières et ses parents viendront la chercher en tôle. Il est vain de chercher une morale à cette histoire si ce n'est : « quand on est une jeune fille mineure et qu'on prend la clé des champs, on est vulnérable et on devient une proie ».
    On s'attache en particulier à Ulli qui n'oublie jamais qui elle est, à la différence de Edi, totalement givrée, qui se met perpétuellement en danger. Au final, on ne sait pas trop pourquoi Ulli est partie d'Autriche, elle n'explique jamais ce qu'elle cherche à fuir, c'est pourtant ce qui aurait été intéressant de voir développer. On devine toutefois en filigrane un malaise familial, l'ennui profond d'Ulli, ennui qu'elle partage avec toute une génération dans le Vienne des années 80, ajoutez à cela un fond de rébellion adolescente et vous tenez les ressorts psychologiques de cette histoire.
    En conclusion, j'ai quelques difficultés à comprendre l'engouement autour de cette bd et ni l'histoire, ni le dessin ne me laissera un souvenir impérissable, en clair, « trop c'est assez ».
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (0 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par yvantilleuil, le 21 février 2011

    yvantilleuil
    Nommée au festival d'Angoulême 2011, cette brique de plus de 400 pages, relate l'aventure vécue par l'auteur il y a plus de vingt-cinq ans.
    C'est en 1984 que deux punkettes de dix-sept ans décident de quitter l'Autriche pour se lancer dans une aventure italienne. C'est sans papiers, sans argent, sans moyen de transport et gonflées d'insouciance, Qu'Ulli et Edi partent pour l'Italie.
    C'est à travers ce récit autobiographique et avec le recul nécessaire, qu'Ulli Lust retrace cette errance qui dura finalement deux mois. le résultat est un road-movie parsemé d'obstacles et dépeint sans aucune complaisance par l'auteur autrichienne. Quelques lettres, photos et extraits de journal intime viennent d'ailleurs agrémenter cette rétrospective pleine de justesse.
    Si ce rêve d'indépendance débute de manière enthousiaste, l'excitation et la bonne humeur s'effritent très vite, pour faire place à l'angoisse et à l'insécurité. Transformées en proies faciles au sein d'un pays machiste au possible, les deux jeunes filles sont vite confrontées à la violence sexuelle, à la drogue, à la mendicité, à la prostitution, à la mafia, au sexisme et même au viol. Si le portrait que l'auteur dresse de l'ère punk de l'époque est encore assez positif (si l'on excepté quelques affrontements entre néonazis et punks), le portrait qu'elle dresse de l'Italie en général et de la Sicile en particulier, se veut par contre plus acide. Alors qu'elles partaient à la recherche de la plage et de la liberté, les deux héroïnes vont finalement découvrir un pays mafieux et machiste, où leur rêve va se transformer en cauchemar.
    Le trait naïf et rapide d'Ulli Lust ne révolutionne pas le neuvième art et la bichromie verte a tendance à rebuter, mais au fil des pages le graphisme s'avère finalement efficace.

    Lien : http://brusselsboy.wordpress.com/2010/12/30/ulli-lust-trop-nest-pas-..
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par atchoumgirl, le 13 juin 2011

    atchoumgirl
    En Allemagne, deux copines punk décident de tout plaquer et de partir pour l'Italie sans papier. Ce qui au début semble amusant, sans danger s'avère rapidement plus compliqué. On découvre la dûreté de la vie en Sicile pour les femmes (harcelement, sexe, violence, drogue, prostitution). L'auteur qui est aussi l'héroine principale, voulait rompre ses chaines de jeune fille bourgeoise et aller à la rencontre d'elle même. Elle va se découvrir et tester ses limites à un âge où l'on aime parfois tester ses limites. Elle fait preuve d'une grande force de caractère malgré son insouciance des débuts. Au fur et à mesure, on ressent son dégoût, la violence des regards et des préjugés.
    Un regard acide sur une société patriarcale où l'homme garde sa toute puissance et où l'individualisme prime.
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (1 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par MarianneDesroziers, le 19 février 2011

    MarianneDesroziers
    Dans ce gros road book, on suit les pérégrinations d'Ulli et Edi, deux punkettes autrichiennes encore mineures qui n'ont pas froid aux yeux et décident d'aller en Italie durant l'été 1984 par leur propres moyens, c'est-à-dire sans argent, sans passeport, sans connaître le pays et sans avoir rien prévu. Entre galères (les hommes lourds qui ne comprennent pas le mot « non », les bagarres de rues avec des skinheads, la faim, etc.), grands moments de joie (le concert des Clash),
    la suite sur le blog : http://lepandemoniumlitteraire.blogspot.com/2011/02/trop-nest-pas-assez-de-ulli-lust-ca-et.html
    > lire la suite
    Critique de qualité ? (2 votes positifs)

> voir toutes (2)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par gaspardB, le 17 juillet 2011

    Il y a une légende autrichienne qui dit : celui qui veut traverser la tour sombre doit regarder vers l'avant. Celui qui se retourne sera englouti par l'enfer.
    Citation de qualité ? (3 votes positifs)
  • Par gridou, le 08 mars 2012

    On ne dit pas "oui" à un type qui dit "tu veux baiser" à la place de "bonjour"!
    Citation de qualité ? (0 votes positifs)

> voir toutes (2)

Videos de Ulli Lust

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Ulli Lust

Pénélope Bagieu présente "Trop n'est pas assez" de Ulli Lust.








Acheter sur Amazon

Faire découvrir Trop n'est pas assez par :

  • Mail
  • Blog

Autres livres de Ulli
Lust(1) > voir plus

> voir plus

Lecteurs (55)

  • Ils sont en train de le lire (1)

> voir plus

Quiz