ISBN : 2756017140
Éditeur : Delcourt (2009)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres

" Berlin, la cité des pierres " est la première partie d'un captivant récit imaginé par Jason Lutes. Les personnages principaux de ce roman graphique, le journaliste Kurt Severing et l'artiste peintre Marthe Müller, évoluent au m... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par emmyne, le 16 novembre 2011

    emmyne
    Ce roman graphique en deux tomes raconte la République de la Weimar et la montée du nazisme entre 1928 et 1930 travers deux personnages principaux : Kurt Severing, journaliste, et Marthe Müller, dessinatrice.
    Il s'agit sans aucun doute d'une véritable fresque historique, d'un ouvrage ambitieux, pour lequel, hélas, ma lecture a été laborieuse. J'en attendais beaucoup. Je ne peux pas écrire que j'ai été déçue, non, mais il m'a manqué une émotion.
    Ce que je veux dire, c'est que ce double ouvrage est réussi, c'est certain, mais qu'il m'a laissée à distance. La peinture sociale et politique est à la fois humaine et documentée, les séquences pertinentes, développées avec un réel sens du récit qui alterne et intègre des monologues intérieurs à une narration extérieure touffue; une chronique dans laquelle se croise de nombreux personnages secondaires et leurs préoccupations quotidiennes, des scènes choisies qui rappellent que la reconstruction de l'Allemagne n'a que dix ans et que déjà cette histoire là est complexe; presque un reportage qui évoque les premiers affrontements entre communistes et nationalistes, la puissance que prend la voix politique sur la vie de tous les jours. Pourtant cette fiction, impressionnante tant elle semble un témoignage sur la ville et l'époque, ne me marquera pas car rien ne m'y a accrochée, certainement parce que je m'y suis déjà intéressée à cette période, dans cette ville. le panel de personnages, leurs origines, leurs situations ( des anciens dignitaires de l'Empire aux ouvriers en passant par la jeunesse dorée et la famille immigrée juive ) est évidemment choisi pour développer tous les aspects sociétaux.
    Des pages en noir et blanc pour un trait classique qui livre des portraits expressifs, des décors fouillés. L'ensemble m'a semblé manquer de caractère, un peu trop lisse, un peu trop convenu et donc un peu trop long. J'ai regretté que le crayon ne s'attarde pas plus sur les paysages urbains, de ne pas profiter de plus de vignettes agrandies ( en cela, le second tome, est plus généreux ) qui m'auraient permis de plonger visuellement dans cette atmosphère si particulière de ce Berlin en pleine chute. C'est étrange, ce récit, particulièrement intéressant parce que particulièrement attaché à la dimension humaine, m'a paru impersonnel.
    Finalement, c'est bien le gris qui définira pour moi cette lecture.


    Lien : http://lisezjeunesse.canalblog.com/archives/2011/11/16/22684396.html
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    • Livres 4.00/5
    Par IDDBD, le 09 juin 2011

    IDDBD
    (...)onséquente est un mot un peu trop léger pour décrire le travail de Jason Lutes tant son approche micro-historique constitue un véritable travail de fourmi, un batîment construit de dizaine de milliers, voire de millions de pierre. Et ces pierre sont les berlinois eux-même. Capable de passer avec fluidité de l'intimité d'une famille juive-allemande aux bas-fonds de la rue, des ouvriers bolcheviques aux discours solennels des nazis, multipliant les personnages et décrivant leurs vies, leurs espoirs et leurs malheurs, Jason Lutes créé un monde et dresse le portrait d'une bulle urbaine, reflet des malaises, des espoirs et des blessures de la société allemande de l'entre-deux guerres. le Berlin de cette période (1929-1930) – rarement traité dans les œuvres de fiction consacrées à l'Allemagne contemporaines – est un écosystème en mouvement bâti sur des paradoxes : les luttes entre les communistes et les nationalistes, l'arrivée des musiques américaines, les errements et les drames de la politique instauré par la maladroite république de Weimar, la misère de la crise économique, l'insouciance de la bourgeoisie, l'inquiétude des intellectuels… Ces paradoxes amènent des luttes rappelant que dans les écosystèmes, seuls les plus forts, les plus malins ou les plus opportunistes survivent, ils aident surtout à comprendre la situation en remettant en lumière le terreau qui fit basculer l'Allemagne dans le totalitarisme trois ans après les événements décrits dans Berlin(...)

    Lien : http://www.iddbd.com/2011/06/chronique-berlin/
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  • Par alouett, le 18 février 2012

    alouett
    Cette lecture m'aura pris plus d'une semaine. Parvenir à entrer dans le tome 1 m'a coûté : dialogues verbeux, graphisme austère et difficulté à identifier la majeure partie des nombreux protagonistes amenés à intervenir dans le récit. J'ai pensé à abandonner la série mais cette idée s'est estompée une fois que je suis parvenue à la seconde moitié du Livre Premier. Je crois que c'est avant tout la richesse du scénario qui m'a prise au dépourvu. Autour des deux personnages principaux (Marthe et Kurt), le lecteur sera amené à rencontrer une bonne dizaine de personnages secondaires qui apportent tour à tour au récit un complément narratif à prendre en compte. Je me suis longtemps demandé si la scène finale allait nous permettre – comme au théâtre – d'accéder à un dénouement où tous seraient présents cependant, ce ne sera pas le cas (du moins, pas si la série est terminée mais là aussi, je suis incapable de dire si nous sommes face à un diptyque ou si – comme le laissent supposer plusieurs sites BD – d'autres tomes vont venir compléter cette fresque humaine).

    Lien : http://chezmo.wordpress.com/2012/02/15/berlin-tomes-1-et-2-lutes/
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Citations et extraits

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  • Par alouett, le 18 février 2012

    J’imagine la somme de travail quotidien de tout le quartier de la presse. Ça me donne l’impression de sombrer mais je veux m’efforcer de regarder les choses autrement. Ainsi : l’histoire de l’humanité serait une grande rivière trouvant son chemin au long des points les plus bas du relief, et chaque page est une pierre. Jetées sans objectif, juste pour éclabousser, des milliers de pierres pourraient élever le niveau jusqu’à ce que la rivière déborde de son lit. L’eau s’étale, la force de la rivière décroît : c’est bientôt un marécage. Mais si chaque pierre est placée avec soin et intention peut-être est-il possible de construire quelque chose. Pas pour interrompre le flot mais pour le détourner. Berlin a été construite sur un marécage. J’espère qu’il en restera plus qu’un tas de cailloux
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  • Par IDDBD, le 09 juin 2011

    Berlin a été construite sur un marécage. J’espère qu’il en restera plus qu’un tas de cailloux.
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