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ISBN : 2246772710
Éditeur : Grasset (2012)


Note moyenne : 4.12/5 (sur 333 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Cela fait vingt-cinq ans qu’Adam n’est pas retourné dans son pays natal. Vingt-cinq ans qu’il vit à Paris, où il est un historien reconnu.

Une nuit, il est réveillé par la sonnerie du téléphone. L’appel vient du pays où il est né et où il a grandi. L’un d... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par nadejda, le 22 septembre 2012

    nadejda
    Adam vit à Paris et se sent parfaitement intégré dans son pays d'adoption. Il retourne dans son pays d'origine à la demande de Mourad le plus âgé de ses amis qui y est resté et veut le revoir avant de mourir. 
Le départ d'Adam en 1976 les avait éloignés mais c'est le comportement trouble de Mourad durant la guerre qui les a définitivement coupés l'un de l'autre en le blessant profondément.
    Adam n'est pas retourné dans son pays depuis son départ quand il reçoit cet appel téléphonique qui va l'entraîner, pendant seize jours, du 20 avril au 5 mai 2001, à confronter au présent le souvenir des liens lumineux des idéaux de sa jeunesse étudiante, vécue avec enthousiasme, en compagnie d'une bande d'amis qui désiraient ensemble mettre à exécution leurs généreux projets d'avenir.
    «Nous nous proclamions voltairiens, camusiens, sartriens, nietzschéens ou surréalistes, nous sommes redevenus chrétiens, musulmans ou juifs, suivant des dénominations précises, un martyrologue abondant, et les pieuses détestations qui vont avec.»
    A la demande de Tania la veuve de Mourad, Adam va renouer avec les amis dispersés et les survivants restés au pays pour les inviter à se retrouver et tenter une réconciliation autour du souvenir du disparu. 
Tous désirent ces retrouvailles mais savent que ce qui les réunissait, leur monde a disparu. Une faille s'est créée entre ceux qui sont restés et ceux qui sont partis, un malaise difficile à dissiper.
    Quelques beaux moments émouvants où renaît passagèrement leur joie de vivre ancienne, quand ils revisitent les lieux et les souvenirs de leur enfance et de leur adolescence, leur donnent l'illusion passagère de pouvoir renouer mais ils sont obligés de constatés que leur idéal est bien mort. Les années ont passées et la guerre s'est chargée de tuer dans l'oeuf l'avenir qu'ils espéraient, qui était en gestation en chacun d'eux.
    «...la guerre est passée par là. Aucune maison ni aucune réminiscence n'est restée indemne. Tout s'est corrompu --- l'amitié, l'amour, le dévouement, la parenté, la foi, comme la fidélité. Et aussi la mort. Oui, aujourd'hui, la mort elle-même me semble souillée, dénaturée."
    
Les femmes qui traversent ce livre Dolorès la compagne d'Adam, Sémiramis son amour de jeunesse retrouvée qui lui offre l'hospitalité de son auberge et une belle parenthèse amoureuse, Tania la femme de Mourad.... occupent une grande place et savent préserver malgré leur déceptions, leurs regrets ou leur amertume la générosité et la chaleur de la vie.

    Amine Maalouf ne nomme pas le pays où se déroule son roman comme il évite de parler directement des guerres qui l'ont ravagé si ce n'est à travers les retentissements qu'elles ont eu dans la vie des différents amis d'Adam.
 C'est sans doute le premier livre où Amin Maalouf offre le plus de lui-même mais c'est aussi à mes yeux, son livre le plus sombre où filtre une rage contenue face à ce qui aurait pu être, le développement d'une civilisation levantine, qui semble se déliter et disparaître désormais.
    J'ai écouté la video de l'entretien passionnant de Amin Maalouf sur France Culture qui est joint à la présentation du livre sur Babelio après avoir achever sa lecture et je conseille de ne pas le faire avant pour que ce livre garde toute sa saveur et afin de préserver l'envie de le découvrir.

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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 22 avril 2013

    paroles
    Coup de cœur !!!
    Qui sont Les désorientés ? Certainement ceux qui ont perdu leur Orient. Magnifique jeu de mots d'Amin Malouf.
    Un groupe d'amis va se retrouver après 25 ans d'éloignement, pour évoquer la mémoire d'un des leurs qui vient de mourir, mais aussi pour évoquer leurs souvenirs communs et parler de leur parcours. Certains ont quitté leur pays et fuit la guerre, d'autres sont restés, d'autres ont pris les armes ou sont entrés en religion.
    C'est un très beau récit que nous offre l'auteur, un récit choral où les différents personnages sont mis en lumière en alternance avec le journal intime d'Adam, le narrateur. C'est donc à la fois une histoire contée à la troisième personne et à la première personne : un jeu de ping pong entre ce que croit savoir Adam et la réalité des parcours de ses amis.
    Grâce à cette diversité de caractères, Amin Malouf ne nous impose rien. Il diversifie les opinions et notre regard. Il nous apprend à vivre l'histoire du Liban et à ressentir les évènements de l'intérieur et de l'extérieur. Il nourrit notre réflexion sur de nombreux sujets : la guerre, l'exil, l'amitié, l'amour, la religion, le rapport Juifs et Arabes, celui de l'Orient et l'Occident…
    C'est brillant, subtil, enrichissant.
    Remarque supplémentaire : Dans ce roman, Amin Malouf ne cite jamais le Liban. Ici, il le nomme le Levant. Sans doute par pudeur (ne pas parler de soi) et pour occulter la douleur (quitter sa terre natale).
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 22 octobre 2012

    caro64
    Trente-cinq ans après l'avoir quitté précipitamment, Amin Maalouf ne peut toujours pas se résoudre à écrire le nom de son pays natal. Il a en lui un amour intact pour le Liban, une souffrance toujours vive et une grande nostalgie pour sa jeunesse dont il n'avait peut-être jamais aussi bien parlé que dans ce roman.
    C'était les années 1970 dans un des plus beaux pays du monde, la perle de l'Orient. Ils avaient 20 ans et formaient une bande, surnommée "le club des Byzantins". Ils étaient juifs, chrétiens, musulmans et surtout, ils étaient inséparables et s'étaient promis une amitié éternelle en voulant croire en un monde meilleur. Et puis la guerre avait éclaté. Les amis s'étaient perdus de vue, chacun suivant sa voie, taisant les souffrances de l'exil pour certains et celles du doute et des rancœurs pour tous. Après des décennies d'absence, Adam, historien vivant depuis longtemps en France, revient sur la terre de ses Origines. C'est l'appel de Mourad, à l'agonie mais avec lequel il est brouillé, qui le décide à faire le voyage. Adam arrivera trop tard, mais son voyage deviendra l'occasion pour lui de renouer les liens à ses racines, et surtout aux hommes et aux femmes auxquels il fut le plus attaché, quand ils étaient tous étudiants. Il tentera de les réunir de nouveau.
Certains sont restés, d'autres sont partis comme lui loin de ce qui fait souffrir (ou vers ce qui fait rêver ?). Cependant, qu'ont-ils encore en commun ces quinquagénaires aux parcours si différents ? À l'heure des bilans naissent les confidences, ressurgissent les souvenirs et cette terrible question : fallait-il rester ou ont-ils eu raison de partir ?
    Amin Maalouf prend le parti d'un découpage quotidien, seize journées où se mêlent les événements que traverse le narrateur, ses échanges avec les amis perdus de vue et les notes qu'il en retient sur un carnet.
Une construction en finesse, sans pause, qui maintient le lecteur en équilibre.
 Un roman, qui au fil des retrouvailles entre les protagonistes, aborde avec intelligence la mémoire, le chaos, la foi, l'argent, les pouvoirs, l'honnêteté, les trahisons, les amitiés, l'amour, les religions, les Origines, la fidélité, la sensualité, la maturité, et tout ce qui peut construire un être humain et un peuple au travers de ces trente dernières années.
    Un superbe roman, intimiste, dense, émouvant qui suscite bien des réflexions et qui devrait parler à tout le monde.
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    • Livres 4.00/5
    Par SMadJ, le 25 septembre 2014

    SMadJ
    J'ai perdu mon Orient...
    Voilà qui résume bien le bouquin et jette un coup de projecteur au titre, "Les désorientés".
    Quand avons-nous perdu la direction se demande l'auteur ?
    Mais le monde a-t-il jamais suivi une direction ? le chaos et la fureur ne résument-ils pas à eux-seuls la façon dont le chemin s'est tracé à travers les siècles ?
    L'histoire se passe au Liban même si Amin Maalouf ne le cite jamais, lui préférant le terme de Levant. Mais l'histoire aurait pu se passer ailleurs, nous souffle l'écrivain.
    Les bonheurs, rires, déchirements et déceptions étant apatrides.
    On s'était dit rendez-vous dans 25 ans...
    Portrait de la génération soixante-huitarde libanaise, éprise de liberté, d'envies, de passions, d'espoir. Une parenthèse enchantée où tout semblait possible. Les probables changements, les promesses de jours meilleurs, les révolutions pacifiques... Et qu'en est-il maintenant ?
    Tant de gâchis et de renoncements...
    Il ne faut pas que je vous donne l'impression que ce livre est triste et pessimiste. Ce livre ne l'est pas, toujours teinté d'ironie salvatrice et de regards optimistes sur les individus. Même les plus discutables. Partant du principe que chacun a du bon en lui.
    Et c'est une magnifique galerie de personnages que nous croque l'auteur. Masculin ou féminin, chacun apporte au livre sa touche personnelle et ses couleurs.
    Empreints d'humanisme et de pétillance les écrits d'Amin Maalouf, il permet à chacun d'y projeter sa vie, ses pensées, ses espérances, de s'y glisser avec délectation.
    Tellement de sagesse, de profondeur et de pertinence dans les réflexions et les mots choisis.
    Il faudrait que ce livre soit lu dans toutes les écoles du monde, à minima dans celles des 3 religions à Dieu unique.
    L'apaisement donné pourrait y faire des miracles. D'autant que l'auteur n'épargne pas non plus son personnage principal, Adam, qui ne détient pas toutes les vérités, ne les imposent pas et se conduit, lui aussi, de façon totalement imparfaite. Ce qui rend le bouquin crédible et attachant.
    D'après Amin Maalouf, le XXIe siècle sera celui de la régression. Morale notamment. Ces 14 dernières années lui donnent-elles tort ? 4/5
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    • Livres 4.00/5
    Par KATE92, le 25 novembre 2012

    KATE92
    Le passé ne nous quitte jamais.
    Adam, historien, est, de par sa profession, fervent du passé très lointain et non de ses Origines ; pourtant lors du décès de l'un de ses amis d'enfance, Mourad, il va été contraint de s'y « replonger ».
    Il va même « tenter » de réunir « ses » amis pourtant éparpillés de par le monde.
    Les déchirements d'un pays (non nommé) par les religions.
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Critiques presse (4)


  • Lexpress , le 08 novembre 2012
    La grande vertu de ce beau roman est de donner à la guerre une fibre humaine, de découdre le tapis libanais pour en démonter les noeuds et en détacher les fils. Oeuvre douloureuse, où des fragments de douceur de vivre se mêlent à une amertume infinie.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • Lexpress , le 27 septembre 2012
    On pourrait prendre ce roman émouvant, très personnel, pour un récit autobiographique mais l'imagination de l'écrivain a joué à fond [...]. Un livre très attachant.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LeSoir , le 10 septembre 2012
    Plein d'émotion et d'Histoire, ce roman magnifique tient en haleine de bout en bout. Son choix d'alterner narrations à la première et à la troisième personnes le rythme subtilement.
    Lire la critique sur le site : LeSoir
  • LaLibreBelgique , le 04 septembre 2012
    Le roman d’Amin Maalouf, l’un de ses tout meilleurs, soyons-en d’emblée certain, prend un tour sensuel et voluptueux qui rend une fois encore tous ses parfums à un Orient merveilleux.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par pyrouette, le 25 mai 2015

    La religion c’est important, mais pas plus que la famille, pas plus que l’amitié, et pas plus que la loyauté. Il y a de plus en plus de gens pour qui la religion remplace la morale. Ils te parlent du licite et de l’illicite, du pur et de l’impur. Moi, j’aimerais que l’on se préoccupe plutôt de ce qui est honnête, et de ce qui est décent. Parce qu’ils ont une religion, ils se croient dispensés d’avoir une morale.
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  • Par pyrouette, le 23 mai 2015

    Absorbé par mes propres nostalgies, je prête rarement attention aux nostalgies des êtres que j'ai connus. Qu'ils aient pu laisser des traces dans ma mémoire, la chose me semble naturelle. Que j'ai pu laisser moi aussi des traces dans leur mémoire me surprend. Reste à savoir si je fais preuve là de modestie ou d'insensibilité.

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  • Par pyrouette, le 21 mai 2015

    Ce qui m'exaspère, c'est cette manière que l'on a aujourd'hui d'introduire la religion partout, et de tout justifier par elle. On la met à toutes les sauces, et on croit la servir, alors qu'on est en train de la mettre au service de ses propres ambitions, ou de ses propres lubies.

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  • Par pyrouette, le 20 mai 2015

    Mieux vaut se tromper dans l'espoir, qu'avoir raison dans le désespoir.

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  • Par Kaullye, le 18 mai 2015

    De la disparition du passé, on se console facilement ; c'est de la disparition de l'avenir qu'on ne se remet pas. p. 67

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Pierre Hazette présente Amin Maalouf, "Les désorientés", Grasset
Dans Les désorientés, je m'inspire très librement de ma propre jeunesse. Je l'ai passée avec des amis qui croyaient en un monde meilleur. Et même si aucun des personnages de ce livre...








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