ISBN : 2020973375
Éditeur : Editions du Seuil (2009)

Existe en édition audio



Note moyenne : 3.68/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Le héros de Black Bazar est un dandy africain de notre temps, amoureux des cols italiens et des chaussures Weston, qui découvre sa vocation d'écrivain au détour d'un chagrin d'amour.
Naviguant entre complainte et dérision, il brosse avec truculence un tableau san... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par Malaura, le 17 mai 2011

    Malaura
    Depuis que sa compagne l'a quitté pour un joueur de tam-tam en emmenant leur petit fille, Fessologue, surnommé ainsi pour sa connaissance approfondie des derrières féminins (les faces B), tente de surmonter sa colère en écrivant un journal sur une vieille machine à écrire.
    Entre anecdotes, pensées et impressions, des brèves de comptoir aux marchés colorés de Château Rouge, le jeune congolais, installé en France depuis 15 ans, brosse un tableau drolatique de la communauté africaine au sein de la capitale.
    Poète, essayiste, romancier, l'écrivain francophone Alain Mabanckou incarne le nouveau combat contre communautarisme et racisme avec le rire et l'humour pour seules armes.
    Celui qui souligne que « l'ironie et le rire sont des armes redoutables qui suscitent souvent bien plus de réflexion qu'une approche stricte et sérieuse » reste dans la même veine sarcastique que celle de « Verre cassé » et n'hésite pas à utiliser l'autodérision pour bousculer les idées reçues et fustiger les petites médiocrités et autres préjugés qui alimentent le racisme ordinaire.
    A travers une galerie de personnages hilarants, farfelus ou pathétiques, Black Bazar est le témoignage de la folie du monde mais aussi le constat désopilant d'une Afrique étonnamment désunie, en proie aux fréquentes querelles d'ethnies.
    Ce sentiment de haine au sein même de la communauté africaine, Mabanckou le dénonce avec autant de vigueur qu'il met à condamner toutes formes de racisme.
    « L'autocritique est essentielle si l'on veut ensuite poser un regard juste sur le reste du monde » explique-t-il en s'attristant des ségrégations que ses compatriotes exercent entre eux.
    Sous ses airs de galéjade, Black Bazar est donc un roman au thème identitaire fort, mais à aucun moment l'auteur ne veut se départir de son humour ravageur.
    Avec ironie, verve et truculence, il met ainsi en scène des personnages pris entre deux mondes, deux cultures, des êtres résolus à conserver leurs origines et en même temps déterminés à s'intégrer au mieux dans la culture occidentale (allant même pour certains jusqu'à se décrêper les cheveux et blanchir la peau, symbole d'ascension sociale et culturelle !)
    Un proverbe africain dit : « Si vous voulez savoir la vérité, écoutez les fous »
    Mabanckou nous le prouve en alliant lucidité et grain de folie dans ce texte pétillant, cocasse et savoureux, d'une drôlerie irrésistible.
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par CyrielF, le 06 avril 2012

    CyrielF
    J'ai beaucoup aimé lire ces brèves de comptoir. Dans Black Bazar, on ne connaît pas le nom des personnages, notre héros les désigne seulement par leur origine, comme ses amis du Jip's Paul du grand Congo, Yves l'Ivroirien et Pierrot le Blanc, ou par leurs caractéristiques physiques, comme son ex-femme Couleur d'origine qui s'est enfuie avec l'Hybride... J'ai trouvé que cela offrait au lecture une certaine intimité avec les personnages : plusieurs fois j'ai, en effet, eu l'impression de faire partie du cercle de tout ce petit monde. le récit se déroule à Paris, dans le quartier de Château-Rouge, dans lequel s'est établie une grande communauté africaine. En lisant ce roman, j'ai souvent eu l'impression de me retrouver chez moi. J'ai retrouvé les odeurs familières des salons de coiffure afros et les sons des quartiers bondés, baignés de cet accent chantant à la musicalité particulière.Les personnages qui évoluent dans ce Black Bazar sont incroyablement réalistes et n'échappent pas aux clichés, accentués par l'auteur de façon souvent humoristique : le héros affiche un (mauvais ?) goût prononcé pour les costumes italiens et les chaussures Weston à bouts pointus en peau de croco ou de serpent, les filles parlent fort dans des cabines téléphoniques, comme si le fait de crier rendrait la conversation plus audible pour leur interlocuteur resté au pays, et l'épicier du quartier, "l'Arabe du coin", connaît tout le monde et débite des discours interminables à ses clients. le réalisme des personnages est tellement poussé qu'on parvient même à entendre leurs accents à la lecture de leurs dialogues.
    Le style d'Alain Mabanckou est ce que je qualifierai de populaire, en ce sens qu'il écrit comme il parle. J'ai beaucoup aimé cette façon d'écrire qui nous plonge directement dans l'univers du narrateur et qui nous transmet, du même coup, toute la richesse et la diversité des personnages qu'il côtoie. Alain Mabanckou a donc été pour moi une belle découverte, et je vais très prochainement me pencher sur ses autres titres !

    Lien : http://tetedelitote.canalblog.com/archives/2012/04/06/23944309.html
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    • Livres 4.00/5
    Par carre, le 01 janvier 2012

    carre
    Weston, le héros de Black Bazar traine régulièrement au "Jip" un bar du 1er arrondissement de Paris, sa compagne vient de le quitter pour un joueur de tam-tam. Il décide de mettre sur papier ces sentiments.Bien évidemment ce point de départ est l'occasion pour Mabanckou de dresser le portrait de personnages truculents, drôles, pathétiques, touchants mais aussi pour parler du racisme ordinaire, d'exclusion, de communitarisme. Mabanckou ne juge pas, il laisse le lecteur apprécier suivant ces convictions les idées émises.
    L écriture est joyeuse, volubile, enjouée et l'on retrouve le même plaisir qu'a la lecture de "Verre cassé" le roman qui révéla Mabanckou.
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    • Livres 5.00/5
    Par bina, le 15 avril 2012

    bina
    Black Bazard est un livre d'Alain Mabanckou parut en 2009 et dans lequel on retrouve ses thèmes de prédilection et son style inimitable.
    Encore un roman agréable à lire, moins oral que Mémoires de Porc- Epic ou que Verre cassé. On retrouve des noms haut en couleur (Hippocrate, Couleur d'Origine, ...) pour une histoire qui se passe à Paris dans la communauté congolaise.
    Nous suivons le parcours du narrateur au moment où il se met à écrire le livre de sa vie, le déclencheur de l'écriture étant la rencontre avec un écrivain et une rupture amoureuse. La vie de ce personnage est prétexte à un arrière plan politique sur les gouvernements de certains pays africains vus depuis la France et ses immigrés. Notamment à travers la famille de Couleur d'origine, congolais opposants au régime et exilés en France.
    En parallèle, on note dans la bouche des personnages traversant ce roman différentes versions du dicours sur la colonisation des pays africains par les blancs [ p 15] (Français et Felges pour le Congo) qui seront ensuite développés par l'auteur dans Le sanglot de l'homme noir deux ans plus tard. les références aux croyances et à la culture africaine se retrouve avec un clin d'oeil aux Mémoires d'un porc-épic, avec le tireur de vin de palme retrouvé mort au pied de son arbre (p 17).
    Tous les livres de cet auteur peuvent se lire séparément, mais une lecture chronologique suivant l'ordre de parution me parait aussi intéressante, car dans ces ouvrages on retrouve des clins d'oeils sur sa vie ou sur des livres antérieurs qui se comprennent à la lumière de ce qui a déjà été lus auparavant.
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    • Livres 4.00/5
    Par Mouna, le 25 janvier 2009

    Mouna
    Dans "Verre cassé", on découvrait les portraits bigarrés des différents piliers de comptoir du bar congolais "le Crédit a Voyagé".
    Dans "Black Bazar", c'est à Paris que Mabanckou exerce ses talents de conteur. Notre narrateur est un "fessologue", membre de la SAPE (comprenne qui lira). Il fréquente le "Jap's", un bar dont les piliers ont des opinions bien campées, les quartiers près de Château Rouge, les dancefloor où les corps se mêlent en sueurs sur des rythmes endiablés.
    Et puis sa femme le quitte pour un autre, peut-être le déclic qui va lui donner l'envie de décrire sa vie à la fois pathétique et délicieusement drôle.
    On retrouve le style lithanique de Mabanckou et ses phrases qui n'en finissent plus, mais dont on ne se lasse jamais. Black Bazar, c'est un vrai bazar qui secoue, un concentré de préjugés qui sautent, un humour décapant et révélateur sur fond d'Histoire de grands et de petits hommes.


    Lien : http://ranatoad.blogspot.com/
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Citations et extraits

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  • Par clarinette, le 03 avril 2010

    Ecoute mon gars, sois réaliste ! Laisse tomber tes histoires de t'asseoir et d'écrire tous les jours, y a des gens plus calés pour ça, et ces gens-là on les voit à la télé, ils parlent bien et quand ils parlent y a un sujet, un verbe et un complément. Ils sont nés pour ça, ils ont été élevés dans ça, alors nous autres les nègres, c'est pas notre dada, l'écriture. Nous c'est l'oralité des ancêtres, nous c'est les contes de la brousse et et de la forêt, les aventures de Leuk-le-lièvre qu'on raconte aux enfants autour d'un feu qui crépite au rythme du tam-tam. Notre problème c'est on n'a pas inventé l'imprimerie et le bic, on qu'on sera toujours les derniers assis au fond de la classe à s'imaginer qu'on pourrait écrire l'histoire du continent noir avec nos sagaies. Est-ce que tu me comprends ? En plus on a un accent bizarre, ça se lit aussi dans ce que nous écrivons, or les gens n'aiment pas ça. D'ailleurs il faut avoir un vécu pour écrire. Et toi, qu'est-ce que tu as comme vécu, hein ? Rien ! zéro ! Moi par contre, j'aurais des choses et des choses à raconter par ce que je suis un métis, je suis plus clair que toi, c'est un avantage important. Si je n'ai pas encore écrit une seule ligne à ce jour c'est que le temps me manque. Je me rattrapperai quand je serai à la retraite dans une belle maison en pleine campagne, et le monde entier saura ce qu'est un chef- d'oeuvre !
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  • Par ChezLo, le 20 décembre 2010

    Je me trouvais alors à la gare du Nord et devais me rendre à La Courneuve chez mon cousin qui organisait une fête. Quelques types bien de la négraille parisienne avaient été conviés et je savais au fond que c'était pour aller exhiber les costumes en vogue sur la place de Paris. Quand c'est comme ça on arrive toujours bien sapés, bien parfumés et bien rasés, on se toise en chiens de faïence, on inspecte un peu les quatre coins de la baraque, question de voir s'il y a quelques nouvelles filles du pays qui valent la peine qu'on s'y attarde parce que quand ces gazelles sauvages débarquent à Paris avec leur crasse on ne doit pas leur laisser le temps de comprendre comment marchent les métros ou à quel guichet elles doivent s'adresser pour les allocations familiales.
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  • Par Seashell, le 20 avril 2010

    On aurait pu, avec un peu plus de courage politique, nous acheter une version revue et corrigée de la Révolution française et la France elle-même nous l'aurait volontiers livrée clés en main, avec un service fiable de maintenance 24 h/24, 7 j/7 et un numéro vert au cas où il y aurait eu des pannes de révolution la nuit et que personne dans le pays n'aurait été capable de changer les boulons et de changer les ampoules grillées à cause du voltage surélevé des Lumières ! D'accord, on aurait alors eu notre 1789 à nous. Et après, hein ?
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  • Par luocine, le 11 juillet 2009

    « ..ce groupe fait la pluie diluvienne et le beau temps là-bas... C’est pour ça qu’à la différence de notre Arabe du coin, moi je respecte les Chinois et les Pakistanais. Ce sont de braves types à qui on colle injustement la mauvaise réputation qu’ils se démènent ou restent cois alors qu’ils ne font de mal à personne….
    Le jour on inventera des tams-tams sans bruit, beaucoup de vieux nègres perdront leur raison de vivre… »
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  • Par ignatus-reilly, le 27 mars 2010

    Si je suis toujours habillé en costard c'est qu'il faut "maintenir la pression", comme on dit dans notre milieu de la Société des Ambianceurs et des Personnes Elégantes, la SAPE, une invention de chez nous, née dans le quartier Bacongo à Brazzaville, vers le rond-point Total, polémique à part.
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