ISBN : 2070129624
Éditeur : Editions Gallimard (2010)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 24 notes) Ajouter à mes livres
Pointe-Noire, capitale économique du Congo, dans les années 1970. Le narrateur, Michel, est un garçon d’une dizaine d’années qui fait l’apprentissage de la vie, de l’amitié et de l’amour, tandis que le Congo vit sa première décennie d’indépendance sous la houlette de « ... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par Gangoueus, le 30 octobre 2010

    Gangoueus
    Nous sommes dans les années 70 en république populaire du Congo, du coté de Pointe-Noire, la capitale économique de ce pays. C'est un régime marxiste-léniniste qui s'applique. Michel a entre neuf et dix ans. Il est le fils unique de maman Pauline et il fait partie de la grande famille de papa Roger qui l'a choisi pour fils.

    Son oncle René est un marxiste exalté donnant une place importante à Marx, Engels et Lénine dans son salon et qui n'hésite pas en parallèle à spolier son entourage familial de tous les biens matériels issus des héritages successifs.

    Michel nous conte les personnages hauts en couleur de son enfance dans un quartier populaire de Pointe-Noire et l'apprentissage de la vie d'un mome. Par l'amitié de Lounès, le fils du tailleur du quartier. Par l'amour de Caroline, la soeur de Lounès. Par la rivalité de Mabélé, un prétendant de Caroline, footballeur, castagneur et lecteur de Marcel Pagnol. Par le sens des responsabilités de papa Roger. Par la folie de Petit Piment, qui fut dans un autre vie un étudiant en philosophie et un cadre d'entreprise. Par la détresse de sa mère dans son désir de concevoir d'autres enfants. Par maman Martine, sa deuxième mère...


    Ce que le regard de Michel restitue, c'est à la fois l'atmosphère de ce quartier, l'ambiance d'une époque où etre traité de "capitalistes!" ou "impérialistes!" au Congo était la pire des insultes. Mais Alain Mabanckou brosse également par les nouvelles que papa Roger écoute de La voix de l'Amerique, les hauts faits de l'actualité internationale de l'époque, comme les frasques d'Idi Amin Dada, la chute et les pérégrinations du Chah d'Iran, la neutralisation de Jacques Mesrine ou les otages du Liban...

    Je trouve très interessant la manière avec laquelle il rappelle combien cette actualité façonne l'imaginaire de la jeunesse de ce que l'on appelait le Tiers monde. Michel écoute avec la meme attention que son père, ce poste radio ainsi que les interprétations passionnées de papa Roger.
    Ce roman alterne à la fois entre la réalité de ce que Michel voit autour de lui et cette intrusion du lointain.
    Mabanckou utilise une écriture qui permet d'exprimer le ressenti de Michel, de mieux rentrer dans l'imaginaire en gestation de cet enfant. De comprendre ses mécanismes de défense face l'absurdité des choix des adultes ou encore dans une lutte féroce pour gagner le coeur d'une fille. Par les mots plutot qur par les poings.
    L'interet de ce roman réside dans ces petites étincelles d'émotion que nous transmet Michel, dans son désir d'etre accepté et d'etre aimé.
    Pour terminer, il est difficile d'évoquer un texte du romancier congolais sans les références littéraires qu'il sème avec extase dans ses livres. Il y a en une qui traverse tout l'ouvrage : celle à Arthur Rimbaud. dont le visage sourit à Michel. C'est assez amusant de voir cet enfant se débattre pour tenter de rentrer et comprendre un texte de ce poete.
    Un roman qui m'a replongé dans une époque où je revais d'avoir 20 ans jour. Ce titre, Demain j’aurai vingt ans, est inspiré d'un vers de Tchicaya U Tam'si, celui qu'on appelait aussi le Rimbaud noir. Un très beau roman.


    Lien : http://gangoueus.blogspot.com/2010/08/alain-mabanckou-demain-jaurai-..
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    • Livres 3.00/5
    Par ChezLo, le 28 avril 2011

    ChezLo
    Congo, années 70. le petit Michel, 10 ans, grandit à Pointe Noire, au sein d'une famille de classe moyenne, avec papa Roger son père adoptif, maman Pauline qui le gâte avec ses plats de haricots - viande, maman Martine la deuxième épouse, tonton René qui se la raconte sans cesse, Lounès son meilleur ami et puis Caroline, la soeur de ce dernier, dont il est amoureux.

    Avec Demain j'aurai vingt ans, il n'y aura pas de lecteur reprochant à l'auteur ses phrases interminables sans virgule, sans respiration. Ici l'auteur opte pour la syntaxe conventionnelle, avec un narrateur enfant, Michel, et quelques expressions légèrement grammaticalement incorrectes pour coller au style oral infantil. Alors oui, le récit est vivant, on s'attache à ce petit garçon qui nous parle avec sincérité, malice, mais on est très loin de la truculence de Verre cassé ou Mémoires de porc-épic (et c'est vrai que c'est cette verve insolente que j'aime chez cet auteur, et que je m'attendais à retrouver dans ce roman).
    C'est avant tout un roman d'enfance qui relate un âge d'initiation, d'apprentissage. Pour le lecteur, c'est aussi une fresque qui dépeint en arrière plan un contexte précis : celui du Congo-Brazza des années 70, du contexte politique marxiste-léniniste, des actualités mondiales d'alors (il est question de l'exil du Shah d'Iran, de la mort de Mesrine, d'Idi Amin Dada, de Bokassa...) des préoccupations des gens, du quotidien en ce temps-là, pas forcément très éloigné de celui d'aujourd'hui. Un récit maîtrisé, fluide, une histoire tendre d'enfant bavard mais pas un roman inoubliable.


    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2011/04/demain-jaurai-vingt-ans.html
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    • Livres 2.00/5
    Par letitbe, le 14 novembre 2010

    letitbe
    Je ne vais pas faire de résumé de ce livre car certains s'en sont chargés.
    J'ai été charmée par les premières lignes mais ensuite agacée par le style trop bavard. J'ai bcp de mal à croire qu'un enfant de dix s'intéresse autant à la politique et les pages consacrées à ce sujet ont pesé. A la rigueur sur la situtation locale, je peux comprendre, mais la politique internationale...Les anecdotes concernant les amitiés enfantines sont touchantes, les pages sur les parents aussi. Mais pour ma part, j'ai trouvé l'ensemble brouillon et souvent inutilement bavard.
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    • Livres 3.00/5
    Par ajouf, le 06 octobre 2011

    ajouf
    Toujours un style très personnel, agréable à lire, mais un peu long dans la mesure où les 350 pages ne sont pas le support d'une histoire dont on attend un dénouement. Mais quand on lit ce livre écrit avec le vocabulaire d'un enfant (par ce professeur de littérature française à l'université de LA...), On entend parler Mabankou, avec son humour, son auto dérision.
    Pour réussir à faire très simple mais très bien, il faut être très fort.
    Michel (le narrateur) est le deuxième nom de Alain, l'auteur. Mais dans le langage de son village d'Afrique, Michel veut dire petite banane. Pas facile à porter pour un jeune garçon.
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    • Livres 4.00/5
    Par Iskander, le 29 octobre 2011

    Iskander
    Le Congo des seventies, la chute du Chah, le communisme soviétique et africain, les cassettes magnétiques, et le petit Michel qui apprend à grandir dans ce pays le PC local contrôle le tout. Apprendre par coeur les hymnes et se traiter d'Opium du peuple comme insulte suprême.
    Un récit long et complexe qui peut fatiguer certains lecteurs, mais qui est d'une superbe exactitude pour ceux qui ont vécu cette période. Un ouvrage qui exhale la chaleur et la poussière tropicale, petite ouverture sur une époque révolue.
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Citations et extraits

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  • Par ChezLo, le 27 avril 2011

    A table, chez tonton René, on me fait asseoir à la mauvaise place, juste en face d'un vieux Blanc qui s'appelle Lénine et qui n'arrete pas de me regarder alors que moi, je ne le connais pas et que lui ne me connait pas. Moi aussi, comme je ne suis pas d'accord qu'un vieux Blanc qui ne me connait pas me regarde méchamment, eh bien je le regarde droit dans les yeux. Je sais que c'est impoli de regarder les grandes personnes droit dans les yeux, c'est pour ça que je regarde en cachette sinon mon oncle va s'énerver et me dire que je manque de respect à son Lénine que le monde entier admire.
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  • Par ChezLo, le 27 avril 2011

    Papa Roger est mon père, un point c’est tout. Je ne veux pas savoir si j’ai un vrai père quelque part. Je ne veux pas voir le visage de ce monsieur que je ne connais pas et qui serait mon vrai père. C’est un lâche qui a laissé maman Pauline se débrouiller à l’hôpital alors que c’est lui qui l’avait épousée depuis Louboulou, le village de ma mère. Ce type était gendarme là-bas avant d’emmener ma mère vivre dans le district de Mouyondzi où on l’avait affecté. Maman Pauline n’était qu’une petite fille devant lui. Et voilà que ce gendarme a dit, juste deux ans après leur mariage : maintenant je fais ce que je veux, je prends plusieurs femmes si je veux, je vais te renvoyer dans ta brousse si tu n’es pas d’accord avec moi. Si tu ouvres ta gueule de villageoise de Loubboulou, je mets ta famille en prison jusqu’à la fin du monde.
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  • Par ChezLo, le 27 avril 2011

    Si parfois je n'arrive pas à dormir ce n'est pas toujours à cause du baiser que j'attends de ma mère, c'est aussi à cause de la moustiquaire qui me gêne. Quand je me mets dedans j'ai l'impression que l'air qui entre dans mes poumons c'est le même que j'ai déjà respiré hier soir et je ne fais plus que transpirer jusqu'à mouiller le lit comme si j'avais fait pipi alors que non.

    Les moustiques de notre quartier sont bizarres, ils aiment trop la transpiration, comme ça ils se collent à ta peau et ont tout le temps de bien sucer ton sang jusqu'à cinq heures du matin. En plus, lorsque je suis dans la moustiquaire, je ressemble à un cadavre, les moustiques qui tournent autour de moi sont comme des gens qui me pleurent parce que je viens de mourir.
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  • Par ChezLo, le 27 avril 2011

    Papa Roger n’aime pas les militaires et il croit que les nôtres ont toujours faim… Papa Roger croit aussi que si nos militaires ne font pas de sport c’est parce qu’ils se disent que c’est pas demain que nous serons en guerre et que de toute façon c’est pas un pays comme le Congo qui peut la gagner.
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  • Par ChezLo, le 27 avril 2011

    De Gaulle était grand comme deux hommes et demi de chez nous ou cinq Pygmées et demi du Gabon. D’après papa Roger, le Congo l’aimait bien parce que quand les Allemands avaient décidé d’habiter la France le général de Gaulle est venu chez nous à Brazzaville pour annoncer que la France n’est plus dans la France, que la capitale de la France ce n’est plus Paris avec sa tour Eiffel, c’est maintenant Brazzaville la capitale de la France libre.
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