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ISBN : 2213635188
Éditeur : Fayard (2012)


Note moyenne : 3.59/5 (sur 39 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
résumé du livre

Je suis noir, et forcément ça se voit. Du coup les Noirs que je croise à Paris m'appellent 'mon frère '. Le sommes nous vraiment ?

Qu'ont en commun un Antillais, un Sénégalais, et un Noir né dans le Xème arrondissement, s... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par fanfanouche24, le 10 avril 2014

    fanfanouche24
    J'ai fini il y a déjà quelques jours… cet essai captivant d'Alain Mabanckou .Exemple vivant d'un citoyen du monde… qui analyse, décortique, élargit le débat pour ne pas tomber dans des affirmations manichéennes ou trop simplistes.
    Un long moment que j'avais en tête de découvrir les textes de cet écrivain…une rencontre avec Alain Mabanckou, à la Médiathèque d'Issy-Les-Moulineaux ce 21 mars…au moment du Salon du Livre, a accéléré ma décision ; tant je l'ai trouvé passionné,... passionnant, ...dans l'enthousiasme de son poste d'enseignant de littérature de langue française, aux Etats-Unis…
    Ainsi je me suis plongée dans « Le sanglot de l'homme noir » (référence à l'essai de Pascal Brückner )…réflexion dans laquelle il s'adresse à son jeune fils ; chaque intitulé de chapitre fait référence à un texte de langue française : L'Esprit des lois, L'Etudiant étranger, le Soleil des Indépendances, L'Afrique fantôme, etc."
    Questionnements, constats, réflexions élargies sur l'identité nationale, le racisme, l'antagonisme historique noirs-blancs, les idées préconçues, l'aveuglement entretenu sur les réalités historiques dérangeantes, mais aussi l'amour de l'auteur pour la langue française et les richesses culturelles, historiques de tous les pays.
    Un ouvrage assez court, mais très dense ; un beau texte qui incite à la tolérance et à la réflexion, avant d' "Exclure » quiconque !
    Un passage très explicite sur son travail d'enseignant aux Etats-Unis, et de ses engagements :
    « Je gagnais bien ma vie en France et j'aurais pu vivre ainsi jusqu'à la fin de mes jours. Il s'agit d'abord et avant tout d'une décision individuelle mûrement réfléchie. Si j'ai accepté d'aller enseigner aux Etats-Unis, c'est parce que je savais que je ne me couperais pas pour autant de cette langue d'écriture qui est la mienne : le français. J'ai exigé d'enseigner le français, ce qui est toujours le cas à ce jour. J'ai aussi souhaité enseigner, outre les auteurs africains, certains auteurs français que j'apprécie. Il se trouve que j'allais, bien malgré moi, devenir l'ambassadeur d'une culture et d'une langue que j'avais reçues par la colonisation. En enseignant les textes d'écrivains africains d'expression française, j'avais pour mission indirecte de veiller à la diffusion de la langue auprès des étudiants américains. Et c'est en Amérique qu'on m'a pour la première fois considéré comme un écrivain français, parce que dans ce pays la couleur de la peau ne définit pas forcément le pays d'origine d'un individu. Je m'exprime et enseigne en français, pour les Américains. Je suis donc naturellement un français. Jamais ils n'ont songé à me demander si je suis un « franco-quelque chose ». (p.114)
    Cet ouvrage m'a appris de nombreuses choses quant à l'histoire de l'Afrique, ses littératures…dont le parcours difficile, contesté de l'écrivain , Ouologuem…qui reçut le prix Renaudot 1968, avec « le devoir de violence » ; ce texte polémique, accusé de plagiat fut retiré de la vente. Ce texte reste un roman incontournable de l'histoire de la littérature africaine d'expression française. Texte pour la première fois éloigné des thèmes habituels, et autocritique quant au continent africain ; il dérangea à l'époque l'image que l'on voulait donner des civilisations africaines « avant l'arrivée des méchants européens »...
    J'ai fort apprécié cet essai rendu très vivant de par les anecdotes vécues par l'écrivain, qui viennent illustrer ses propos…Dans ce texte, Alain Mabanckou refuse de définir l'identité noire par le ressentiment, le ressassement et la haine du « Blanc »…permanents

    Avant d'achever cette note de lecture sur deux autres extraits, je redis mon plaisir et vif intérêt pour l'ouverture d'esprit, la réflexion élargie d'Alain Mabanckou… qui va bien au-delà de l'histoire africaine, de l'hostilité ancestrale des blancs envers les noirs et réciproquement. Ce livre incite à peser le pour, le contre, d'analyser les faits historiques, de prendre de la distance… et de ne surtout pas ostraciser aucun individu, au nom de la race ou d'autre chose. Mise en garde indirecte contre toutes les intolérances…possibles, et célébration de la richesse apportée par la diversité des cultures
    « Définir l'homme par le –sang-, c'est privilégier une vision naturaliste au détriment d'une approche humaniste correspondant plus à l'évolution des sociétés actuelles, où l'identité est le résultat d'une diversité de cultures. En somme, il y a deux catégories de Français : ceux qui n'ont rien fait pour l'être, et ceux qui ont entrepris les travaux d'Hercule pour le devenir. Les premiers se croient –naturellement-français » (p.93)
    « le fanatisme trouve son terrain d'expérience d'abord entre les hommes d'une même origine, avant de s'étendre peu à peu sur d'autres « races » avec une virulence alimentée par l'esprit de vengeance. » (p.15-16)
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    • Livres 5.00/5
    Par paroles, le 21 février 2014

    paroles
    Merci Hugo d'avoir mis en exergue la citation qui suit car elle me sert, aujourd'hui, d'ouverture pour annoncer ma petite participation à la découverte de l'essai d'Alain Mabanckou "Le sanglot de l'homme noir" :
    L'esprit des Lumières de Tzvetan Todorov
    ...Tous les habitants du globe sont, d'emblée, des êtres humains. Ce que les hommes ont en commun est plus essentiel que ce qui les différencie. " Je suis nécessairement homme et je ne suis français que par hasard" déclare Montesquieu. Ceux qui se sentent imprégnés par l'esprit des lumières chérissent davantage leur appartenance au genre humain que celle à leur pays. Denis Diderot écrit à David Hume, le 22 février 1768 : mon cher David, vous êtes de toutes les nations et vous ne demanderez jamais au malheureux son extrait baptistaire. Je me flatte d'être comme vous, citoyen de la grande ville du monde.


    Dès les premières pages, Alain Mabanckou s'adresse à son fils afin que celui-ci prenne conscience que son histoire est celle d'aujourd'hui et qu'elle se construit avec des actes d'aujourd'hui et non pas ceux du passé. Il refuse de s'appuyer, contrairement à la plupart de ses frères de couleur, sur les souffrances subies pour définir sa place au sein du territoire français.
    "Mon cher petit la pire des intolérances est celle qui vient des êtres qui te ressemblent, ceux qui ont la même couleur de peau que toi. le fanatisme trouve son terrain d'expérience d'abord entre les hommes d'une même origine, avant de s'étendre peu à peu sur d'autres "races" avec une virulence alimentée par l'esprit de vengeance. Ils ont de ce fait, érigé une union fondée sur ce passé mythique au lieu de l'asseoir sur leurs préoccupations quotidiennes."
    Autre constatation : Les Noirs de France ne se connaissent pas. Leur origine est diverse et variée. Leur venue en France provient de mobiles personnels et divers. Ils n'ont pas en commun l'histoire esclavagiste comme les Noirs d'Amérique. Leur seule ressemblance est la couleur de peau. Un Malien ne côtoie pas un Antillais. Leur culture est différente.
    Pour Alain Mabanckou,"Le défi consiste plutôt à rapporter de nos différentes "appartenances" ce qui pourrait édifier positivement un destin commun et assumé" et non pas se focaliser sur les préjugés occidentaux.
    Il exprime aussi l'idée que ce qui définit l'homme n'est pas le territoire. Ses parents étaient français (sans le savoir) puisqu'avant l'indépendance, le Congo était français. de même, il nous montre qu'un ressortissant français, s'il commet un acte répréhensible à l'étranger, c'est bien la France qui sera montrée du doigt, et ce quelque soit la couleur de peau de ce ressortissant. Et en ce qui concerne les jeux olympiques, par exemple, tous les Français s'enorgueillissent quand la médaille d'or revient à un Français, et ce quelque soit la couleur de peau de celui-ci. Alors franco-quelque chose ? Non, Français tout simplement. Une France blanche n'existe plus, que ça déplaise ou non à certains, c'est un fait, une évidence. Mais il faudrait bien que les esprits s'ouvrent et acceptent ce constat, et ce à tous les niveaux. Nos ancêtres les Gaulois ont vécu...
    D'aucuns se sont penchés sur l'identité nationale et ont même créé un ministère ad hoc. Mais qui aujourd'hui est capable de faire le portrait-robot du Français ?
    Identité nationale, immigration, ces débats existent bel et bien et réapparaissent régulièrement au moment des élections. Il faut s'attirer des voix !
    Parmi les réflexions d'Alain Mabanckou, il est aussi celle des écrivains francophones. Faut-il se débarrasser de la langue française pour devenir écrivain africain ? Il semblerait que notre auteur juge ce fait d'acte fanatique. le discours sur l'Afrique ne peut pas être uniquement le reflet de celui qui vit sur le sol africain et s'exprime uniquement avec sa langue maternelle. L'Afrique est multiple et ne relève pas d'une conception unique bâtie sur la nostalgie des actes passés.
    Voici quelques unes des réflexions d'Alain Mabanckou. Je n'ai pas développé toutes ses idées. Je vous laisse le soin de les découvrir et de vous forger votre propre regard. Toujours est-il qu'il nous interpelle sur la place des Noirs en France et qu'il le fait souvent en utilisant les rencontres qui l'ont marqué au cours de sa vie et qui lui ont servi à s'interroger et à se construire. Mais, une chose est sûre, c'est qu'Alain Mabanckou est bien un citoyen du monde.
    "Définir l'homme par le sang, c'est privilégier une vision naturaliste au détriment d'une approche humaniste correspondant plus à l'évolution des sociétés actuelles, où l'identité est le résultat d'une diversité de cultures."

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  • Par aranzueque-arrieta, le 01 mai 2012

    aranzueque-arrieta
    Le sanglot de l'homme noir
    Alain Mabanckou
    Fayard

    Le romancier Alain Mabanckou nous propose un essai iconoclaste dans lequel il utilise pour construire son argumentation la littérature, la philosophie, l'histoire, la sociologie ainsi que quelques anecdotes - parfois cocasses - de sa vie d'écrivain et d'homme Noir.
    Le livre commence par une lettre adressée à son fils Boris dans laquelle il l'exhorte à ne pas sombrer dans l'accusation-condamnation à sens-unique de l'homme Blanc que certains rendent responsables de tous les malheurs de la condition des Noirs et de tous les maux du continent africain ; l'essai s'achève par une autre lettre - en annexe -, celle de Yaguine et Fodé - les deux adolescents retrouvés morts dans le train d'atterrissage d'un avion à l'aéroport de Bruxelles en 1999 - qui demandent désespérément, au prix et sacrifice de leurs vies, de l'aide aux « responsables de l'Europe » pour sauver l'Afrique qui se meurt.
    Le sanglot de l'homme noir nous invite à prendre nos responsabilités, Noirs et Blancs.
    Alain Mabanckou revient sur une réalité historique et politique, tout en prenant du recul avec pragmatisme, quitte à nous faire grincer des dents. Il ne renie pas les monstruosités commises lors de la Traite des Noirs, ni celles perpétrées pendant la période coloniale et postcoloniale, mais il met aussi les Africains « sur le banc des accusés » aux côtés des Blancs, en rappelant entre autres que des chefs Noirs ont aussi vendu leurs frères pendant les horreurs du commerce triangulaire et qu'après les indépendances, dans les années soixante, les africains n'ont pas su profiter de cet élan de liberté pour trouver leur propre modus vivendi, ils se sont fait à nouveau avaler par des ogres avides de pouvoir et de sang tels que Bokassa, Mobutu ou Amin Dada - pour ne citer qu'eux -.
    Mabanckou revient aussi sur le débat houleux qui concerne la langue française, celle du colonisateur et du colon pour certains intellectuels africains.
    Son parcours illustre une autre voie - et voix - loin de la haine, du complexe d'infériorité et de la méfiance que pourraient avoir ceux qui comme lui utilisent cette langue qu'ils ont du apprendre souvent contraints et forcés ; il est né au Congo Brazzaville, a bénéficié d'une bourse pour étudier en France et il enseigne - en français, précise-t-il - aujourd'hui aux Etats-Unis.
    Nous pensons qu'il est un des meilleurs représentants de l'essor de la langue française ; il n'est en aucun cas un larbin du colonialisme linguistique parce qu'il utilise la langue des colons, mais un acteur majeur de sa rénovation et de sa vitalité à travers son œuvre. Voilà la meilleure réponse qu'il peut donner à ses détracteurs, une belle revanche sur un passé obscur.
    Il pose aussi la question - en ces nauséeux moments de débat sur l'identité nationale ou sur la supériorité de certaines civilisations par rapport à d'autres - de la nationalité : qu'est-ce que c'est « être français » ?
    Quand il annonce qu'il est français, on lui demande aussitôt son origine, car en tant que Noir, il ne peut être que « franco-quelque chose ». Dans l'esprit étriqué de beaucoup, être français c'est être Blanc, un point c'est tout. Or la France est aussi ce mélange enrichissant et bouillonnant de cultures qui viennent de différents horizons. Mabanckou est un ambassadeur de la culture française à travers ses livres. Etre français ce n'est pas une donnée géographique liée à un territoire donné, bien sûr que non !
    Les républiques des lettres et de la langue dépassent ces frontières topographiques purement stériles.
    Faut-il être français de père en fils - ou 100% français, horrible expression aux connotations puantes -, pour avoir une vraie légitimité quitte à parler un français approximatif comme beaucoup de nos compatriotes qui ignorent tout des subtilités de leur propre langue et la prostituent dès qu'ils ouvrent la bouche ; on retombe alors dans une vision inquisitrice de la nationalité qui rappelle les heures sombres de l'histoire de l'humanité - le sang pur et pourquoi l'ADN tant qu'on y est !-.
    Le sanglot de l'homme noir est un livre choc très riche qui bouscule beaucoup d'idées reçues. Nous mettons cependant un bémol sur la part exagérée de responsabilités qu'attribue l'auteur aux Noirs. le rôle de la France et par conséquent, jusqu'à une certaine époque en tout cas, de l'homme Blanc a eu une incidence indéniablement négative et destructrice sur le continent africain. Des siècles d'humiliations, de viols - culturels, humains, religieux, etc. - ont forcément une conséquence culturelle et humaine sur les victimes. Au lendemain des indépendances, comment l'homme africain, jusqu'alors muselé, noyé dans un obscurantisme que les Blancs ont savamment entretenu, aurait-il pu prendre le recul que nous confère aujourd'hui l'histoire - et la raison - ? Ce n'est pas, en tant que Blanc, le sentiment de culpabilité et de honte - qu'analyse d'ailleurs l'auteur - qui nous amène à tenir ce discours, mais la colère et l'indignation de faire partie de ceux qui ont permis ces ignominies. Si Plaute disait que « l'homme est un loup pour l'homme », nous pensons que l'homme blanc a été un ogre pour l'homme noir et que des hommes blancs aux masques noirs - Mobutu, Bokassa et compagnie - n'ont fait que perpétrer une oeuvre de destruction et d'humiliation permanente de laquelle les africains ont évidemment du mal à se sortir. Nous ne justifions certes pas la haine ou la méfiance de certains Noirs envers les Blancs, néanmoins nous la comprenons en partie.
    Nous partageons - avec quelques nuances - la réflexion qu'Alain Mabanckou propose dans son essai, mais précisons qu'il l'exprime, ou peut se permettre de l'exprimer, après avoir effectué un parcours intellectuel qui n'est pas à la portée de tout le monde et certainement pas de ceux à qui l'on n'a jamais permis de relever la tête pour des raisons historiques, politiques ou sociales.
    Quoiqu'il en soit, Le sanglot de l'homme noir a gagné son pari, celui de nous indigner, de nous faire réagir et c'est cela même qui permet de faire avancer le débat. Et puis lire du Mabanckou ça reste toujours un grand plaisir...

    http://faranzuequearrieta.free.fr

    Lien : http://faranzuequearrieta.skyrock.com/3073425163-Le-Sanglot-de-l-Hom..
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    • Livres 5.00/5
    Par bina, le 06 avril 2012

    bina
    Voici un essai qui ne va pas passer inaperçu dans la littérature africaine.En effet, il met à plat les relations de l'homme noir avec son passé et part du principe qu'il faut se construire par soi-même et non en référence à un passé de sueur et de sang. Il ne faut pas restreindre le passé de l'Afrique à l'esclavage et au colonialisme, et vivre dans l'esprit de vengeance.
    La reflexion de l'écrivain se construit au fil de ses rencontres multiples, tant en France qu'aux Etats-Unis, et il profite de ces occasions pour analyser les relations de ses interlocuteurs avec cette histoire avec laquelle tous prétendent se coltiner.
    Le livre est de lecture facile, agréable. Nous suivons très clairement la pensée de l'auteur, au fil de chapitres faisant allusion à différents auteurs ou textes fondateurs.
    Il convoque Pascal Bruckner et la culpabilité des occidentaux envers leur passé colonial.
    Dans le passage intitulé ''L'esprit des lois'', il fait référence à la Constitution de la République française qui assure l'égalité de tous devant la loi sans distinction d'origine. Mais s'il faut effectivement dénoncer les dérives racistes et les injustices envers la population noire (je ne dis pas la population africaine, car il faut penser à ceux qui sont nés en France et qui n'ont de l'Afrique qu'une idée parfois mythologique), cette population doit aussi veiller elle-même à ne pas se marginaliser en mettant en avant "des instincts grégaires" anticonstitutionel.
    Cet ouvrage pose de multiples questions et essaie d'apporter des éléments de réponse: la place de l'immigration, des immigrés, leurs perceptions dans les différentes politiques, la place de la diversité dans la création des identités nationales.
    Alain Mabanckou est écrivain et se pose alors la question du français comme langue d'écriture. Ce français, langue des Blancs, des dominateurs, pourtant toujours parlée dans de nombreux pays d'Afrique, peut-il être la langue de l'expression de l'identité africaine? le combat fait rage et la réponse n'est pas la même pour tous.
    Mais pour nous, lecteurs cherchant l'ouverture culturelle, la découverte de nouvelles identités, que doit-on penser? Lire un livre de littérature africaine en VO en français, ou lire une traduction du wolof ou du peul, que doit-on choisir pour promouvoir ces oeuvres? Qu'est-ce qui aura la plus grande diffusion, un plus grand impact?
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  • Par HeureDuThe, le 06 juillet 2012

    HeureDuThe
    Essai d'un romancier sur l'image et la considération de l'homme noir et sur sa quête d'identité. Il parle de sa situation d'immigré comme « privilégié » et décrit la situation des Congolais. Il n'a pas pour objectif ici de rappeler la colonisation et la traite des Noir. Il axe surtout sa réflexion sur la reconnaissance d'une identité plutôt que sur l'appartenance à une population qui se différencie par sa couleur de peau. Son analyse repose sur ces questions : qu'est-ce qu'un Noir ? Peut-on parler d'une Identité Nationale ? Sont-ils différents ?
    Un essai qui vient en réponse au « sanglot de l'homme blanc » de Pascal Bruckner, mais écrit avec simplicité. Il argumente sa réflexion avec des références bibliographiques et fait référence à la littérature africaine. Pour exemple on retrouve : « En Afrique, quand un vieillard meurt, c'est une bibliothèque qui brûle » d'Amadou Hampâté Bâ.
    Un livre avec une couverture peu attractive mais un auteur que l'on a toujours plaisir à lire.
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Critiques presse (3)


  • Bibliobs , le 08 février 2012
    Mabanckou froissera beaucoup de susceptibilités dans la diaspora africaine. On l'accusera de s'être «blanchi», d'avoir épousé les valeurs des anciens maîtres. Preuve qu'il aura visé juste. On mesure la valeur d'un texte à l'irritation qu'il provoque, au nombre des conformismes qu'il bouscule.
    Lire la critique sur le site : Bibliobs
  • Lhumanite , le 23 janvier 2012
    Le Sanglot de l’homme noir est un texte rude, sévère, étayé, qui fait fi de tout politiquement correct. L’adresse initiale justifie tant d’intransigeance.
    Lire la critique sur le site : Lhumanite
  • LaLibreBelgique , le 10 janvier 2012
    L’autocritique, pour [Alain Mabanckou], est essentielle si l’on veut ensuite poser un regard juste sur le reste du monde. Il sait que l’Afrique n’a jamais été, hélas, aussi tributaire de ses anciens maîtres, mais il sait que les Africains eux-mêmes se retrouvent aussi sur le banc des accusés.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique

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Citations et extraits

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  • Par autreregard, le 25 septembre 2014

    Alain Mabanckou déconstruit lentement les clichés liés aux noirs et va à l'encontre d'une approche anglo-saxonne et communautariste très en vogue. Car un noir, c'est avant tout un individu qui se définit par bien plus de choses que par ses origines. Noir ne signifie pas non plus esclaves contrairement à ce que certains, racistes mais aussi chercheurs de victimisation essaient de nous faire croire...un très bel essaie qui vient des tripes...
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  • Par fanfanouche24, le 30 mars 2014

    -La carte d'identité-

    Lorsqu'on me demande si l'émigration influe sur mon écriture, il m'est impossible de donner une réponse précise et définitive. Sans doute parce que suis de plus en plus persuadé que le déplacement, le franchissement des frontières, nourrit mes angoisses, contribue à façonner un pays imaginaire qui, finalement ressemble à ma terre d'origine. Il y va de ma propre quête intérieure, de ma façon de concevoir l'univers. J'ai choisi de ne pas m'enfermer, de prêter l'oreille au bruit et à la fureur du monde, de ne jamais considérer les choses de manière figée. (p.131)
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  • Par fanfanouche24, le 29 mars 2014

    Gauche ou droite, le monopole du cœur n'aura jamais été d'un côté ou de l'autre, et l'immigration semble être très tôt devenue un argument politique pour s'attirer les voix des électeurs en jouant sur la peur de l'étranger. N'en blâmer que le Front national serait une grande erreur; (p.87-88 / Seuil, coll. points, 2013)

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  • Par fanfanouche24, le 30 mars 2014

    Etre francophone, cela empêcherait-il d'être écrivain ? L'ombre de la France serait-elle si pesante qu'elle nous empêche d'écrire en toute liberté ? N'avons-nous pas encore compris qu'il y a longtemps que la langue française est devenue une langue détachée de la France, et que sa vitalité est également assurée par des créateurs venus des cinq continents ? (p.137)

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  • Par fanfanouche24, le 31 mars 2014

    L'Afrique n'est plus seulement en Afrique. En se dispersant à travers le monde, les Africains créent d'autres Afriques, tentent d'autres aventures peut-être salutaires pour la valorisation des cultures du continent noir. (...)
    Nous avons besoin d'une confrontation, d'un face à face des cultures. Peu importe le lieu. (p.160)

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Scholastique Mukasonga "prix Océans" France Ô 2012 .
Scholastique Mukasonga a reçu le prix Océans France Ô 2012.Parrainé par Alain Mabanckou et en partenariat avec Babelio.com, ce nouveau prix initié par France Ô récompense un roman écrit en français mettant en lumière les valeurs d'ouverture sur le monde, d'échanges et d'humanisme publié dans les douze mois précédant








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