Par Alain Mabanckou

Note moyenne : 3.59/5 (sur 17 notes)
Points 2007
ISBN : 2757805193  
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Mémoires de porc-épic est le second volet d'une trilogie inaugurée par l'inoubliable Verre Cassé. Ici encore, en détournant, avec le sens de la dérision qu'on lui connaît, les codes narratifs de la fable, Alain Mabanckou revisite en profondeur un certain nombre de lieux fondateurs de la littérature et de la culture africaines.

Parodiant librement une légende populaire selon laquelle chaque être humain possède un double animal dans la nature, il nous livre l'histoire d'un étonnant porc-épic, chargé par son alter ego humain, un certain Kibandi, d'accomplir, à l'aide de ses redoutables piquants, toute une série de meurtres rocambolesques. Malheur aux villageois qui se retrouvent sur la route de Kibandi, car son ami porc-épic est prêt à tout pour satisfaire la folie sanguinaire de son "maître" !

Avec brio et malice, Alain Mabanckou renouvelle les formes traditionnelles du conte africain, pour nous offrir un récit truculent et picaresque où l'on retrouve l'art de l'ironie et la verve inventive qui en font l'une des voix majeures de la littérature francophone actuelle.

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Critiques et avis sur Mémoires de porc-épic


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    • Livres 5.00/5
    Par sentinelle, 2010-07-30 14:46:47

    bibliothèque

    Avez-vous déjà été témoin des confessions d’un porc-épic faites à un Baobab ? Mais attention, pas de n’importe quel porc-épic ! Il s’agit ici d’un porc-épic qui n’appartient plus tout à fait au genre animal, puisqu’il fut longtemps le double nuisible d’un homme qu’on appelait Kinbandi.



    Incarnation animale d’un homme tué avant-hier pour avoir commis de nombreux crimes dans son village, ce porc-épic ne comprend pas pourquoi il est toujours en vie alors que son maître n’est plus.



    Et c’est à l’ombre d’un cher Baobab qu’il confesse que les visages de ces hommes tués sous ses piquants ne cessent de le hanter depuis lors. Mais que pouvait-il faire, obligé d’obéir sans broncher et sans juger à Kibandi , cet homme qu’il rejoignait la nuit pour exécuter les missions qu’il lui confiait, même si les dernières en date furent particulièrement pénibles tant elles lui paraissaient gratuites et sans fondements ?



    Il faut dire que la transmission d’un double, qui s’opère à la dixième année d’un enfant au cours d’un rite initiatique secret accompli exclusivement par le père, et ce de génération en génération, conduit à des changements qui feront de l’initié un homme qui ne se laissera plus jamais habiter par des sentiments comme la pitié, la commisération ou le remord. Et quand on sait que les raisons pour ‘manger’ son pareil (c’est-à-dire « mettre fin aux jours d’un individu par des moyens imperceptibles pour ces incrédules qui nient l’existence d’un monde parallèle ») sont si nombreuses (jalousies, moqueries, colères, envies, humiliations pour ne citer que quelques-unes), on ne s’étonnera guère qu’un jour ou l’autre la multiplication des décès dans le village suscitera interrogations et recherche du coupable…



    Fable philosophique sous les allures d’un conte africain et hommage à La Fontaine, « Mémoires d’un porc-épic » est un roman très original dans lequel l’humour, les parodies, les clins d’œil, l’ironie sont une belle invitation au pays des croyances et de l’imaginaire africains.



    Originalité au niveau du style dans la mesure où la ponctuation (ou le manque de ponctuation, seule la virgule étant gardée) sert au mieux la musicalité, le rythme et l’oralité africaine.



    Originalité au niveau du contenu : sorciers, féticheurs, villageois, double nuisible, tout ce petit monde pris dans la tourmente d’un monde parallèle et d’une société africaine où l’épreuve du cadavre qui déniche les malfaiteurs heurte la raison des ethnologues et des prétentieux africains éduqués en Occident, mais aussi réflexion sur la littérature, les romans, l’autre cet éternel « étranger ».



    J’ai beaucoup aimé ce roman même si j’ai eu du mal au début de ma lecture, peu habituée au style et au sujet. J’ai dû lire quelques dizaines de pages avant de me laisser apprivoiser mais quel délice passé ce cap, nom d’un porc-épic !

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    • Livres 5.00/5
    Par Sifak, 2010-08-08 00:14:09

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    Décalé, plein d'humour, jouissif... et tellement représentatif de la culture africaine.
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    • Livres 2.00/5
    Par dpansu, 2010-07-30 11:48:45

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    Un roman onirique qui permet d'aborder sous un angle original la question de l'identité . Un livre écrit sans point à la fin des chapitres, comme un long récit qui ne s'arrête pas. Il se dégage de cet écrit une énergie hors du commun pour un européen.
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    • Livres 4.00/5
    Par urbanbike, 2008-03-16 14:10:39

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    http://www.urbanbike.com/index.php/site/1737/
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    • Livres 5.00/5
    Par Sifak, 2010-08-08 00:15:00

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    Décalé, plein d'humour, jouissif... et tellement représentatif de la culture africaine.
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Citations et extraits de Mémoires de porc-épic


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  • Par urbanbike, 2008-03-16 14:10:53

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    au petit matin, Amédée entreprit sa promenade quotidienne dans la brousse, il ne portait qu'un short, marcha en sifflotant jusqu'au bord de la rivière où il plongea ses pieds dans l'eau, s'étendit sur la rive et se mit à lire ses livres de mensonges, mon maître m'avait dit d'aller l'épier, d'aller voir ce qu'il était en train de manigancer seul, de m'assurer que ce jeune homme ne possédait pas lui aussi un double qui pourrait nous causer des ennuis lorsque nous nous occuperions de lui, c'était une précaution inutile car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d'un porc-épic, deviennent si bornés qu'ils estiment que les histoires de doubles n'existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique, et quand Amédée me vit déboucher d'un bosquet près de la rivière, nom d'un porc-épic, il hurla de rage « sale bête, dégage de ma vue, espèce de boule à piquants, je vais te réduire en pâtée et te manger avec du piment et du manioc
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