L'Escargot Entêté, le patron du bar le Crédit a voyagé dont
Verre cassé, la soixantaine, est l'un des plus fidèles clients, donne à celui-ci un cahier : "Disons que le patron du bar le Crédit a voyagé m'a remis un cahier que je dois remplir, et il croit dur comme fer que moi,
Verre cassé, je peux pondre un livre parce que, en plaisantant, je lui avais raconté un jour l'histoire d'un écrivain célèbre qui buvait comme une éponge, un écrivain qu'on allait même ramasser dans la rue quand il était ivre (...)" (page 11) Dans ce cahier,
Verre cassé, entre un "poulet-bicyclette" et une bouteille de vin de palme, écrit les histoires des clients du bar. Histoires rocambolesques, histoires d'amour, histoires tristes, histoires drôles ou absurdes... Mais ne dévoilons pas ici les destins pittoresques de l'homme Pampers, de l'Imprimeur ou de
Verre cassé lui-même. Ce ne sont pas seulement les histoires qui font la saveur du roman.
Alain Mabanckou s'amuse avec la ponctuation : pas un point dans tout le livre, mais des virgules, de nombreuses virgules... Loin d'être indigeste, le texte est léger, il se dévore.
Autre originalité : le lecteur, qui se laisse emporter par les histoires des clients, se rend compte que le texte est truffé d'allusions, de titres de livres. Plusieurs manières de lire existent alors : continuer à lire d'une traite ou s'amuser simultanément à débusquer les références... histoire aussi de tester sa propre culture littéraire.