ISBN : 2020849534
Éditeur : Seuil (2006)


Note moyenne : 3.64/5 (sur 47 notes) Ajouter à mes livres
" Verre Cassé est un ivrogne de 64 ans. Ancien instituteur, [...] il a été chargé par l'Escargot entêté, patron du bar Le Crédit a voyagé, de tenir la chronique des faits et gestes de sa clientèle. Une sorte de Cour des miracles peuplée de mythomanes assoiffés, d'éclopé... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Altona, le 02 mars 2011

    Altona
    L'Escargot Entêté, le patron du bar le Crédit a voyagé dont Verre cassé, la soixantaine, est l'un des plus fidèles clients, donne à celui-ci un cahier : "Disons que le patron du bar le Crédit a voyagé m'a remis un cahier que je dois remplir, et il croit dur comme fer que moi, Verre cassé, je peux pondre un livre parce que, en plaisantant, je lui avais raconté un jour l'histoire d'un écrivain célèbre qui buvait comme une éponge, un écrivain qu'on allait même ramasser dans la rue quand il était ivre (...)" (page 11) Dans ce cahier, Verre cassé, entre un "poulet-bicyclette" et une bouteille de vin de palme, écrit les histoires des clients du bar. Histoires rocambolesques, histoires d'amour, histoires tristes, histoires drôles ou absurdes... Mais ne dévoilons pas ici les destins pittoresques de l'homme Pampers, de l'Imprimeur ou de Verre cassé lui-même. Ce ne sont pas seulement les histoires qui font la saveur du roman. Alain Mabanckou s'amuse avec la ponctuation : pas un point dans tout le livre, mais des virgules, de nombreuses virgules... Loin d'être indigeste, le texte est léger, il se dévore.
    Autre originalité : le lecteur, qui se laisse emporter par les histoires des clients, se rend compte que le texte est truffé d'allusions, de titres de livres. Plusieurs manières de lire existent alors : continuer à lire d'une traite ou s'amuser simultanément à débusquer les références... histoire aussi de tester sa propre culture littéraire.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par Lencreuse, le 24 août 2010

    Lencreuse
    « Disons que le patron du bar le Crédit a voyagé m'a remis un cahier que je dois remplir, et il croit dur comme fer que moi, Verre cassé, je peux pondre un livre, parce que, en plaisantant, je lui avais raconté un jour l'histoire d'un écrivain célèbre qui buvait comme une éponge ». Un poivrot patenté, habitué du Crédit a voyagé devient ainsi le biographe d'un bar congolais crasseux, lieu de toutes les rencontres et de toutes les passions. « le sens de la conservation » de l'Afrique se meurt et seuls les écrits restent, telle est la conviction de l'Escargot entêté, patron du café. Alors Verre cassé attaque sans grande conviction la narration d'une épopée invraisemblable, narration à laquelle il prend goût peu à peu. Sous sa plume à l'humour parfois féroce naît une galerie de portraits pittoresques. On y croise des éclopés de la vie dont les destinées tiennent plus du conte que de la réalité. Mais plus que des portraits d'invidus, c'est celui d'une Afrique drôle et inattendue que nous offre Alain Mabanckou dans un style haletant. Il passe en revue hypocrisies, coutumes, politique, religion, culture avec un humour décapant, sans langue de bois et une pointe de sérieux quand il le faut. L'auteur congolais pose sur son pays un regard parfois cynique mais profondément tendre tout en rendant subtilement hommage à la langue française. Verre cassé est une œuvre truculente, exubérante et lucide qui en a déjà séduit plus d'un puisqu'elle a reçu le Prix des Cinq Continents de la Francophonie , le Prix Ouest-France/Etonnants voyageurs et le Prix RFO du livre en 2005. Alors précipitez-vous sur ce petit moment de bonheur. Rires garantis !

    Lien : http://lencreuse.over-blog.com
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    • Livres 5.00/5
    Par betty, le 28 juillet 2010

    betty
    C'est un enchantement! le style Mabanckou (sans majuscules , ni points) pose problème (surtout lorsque l'on n'est pas prévenu) mais j'ai eu plus de facilité à lire mon deuxième! Peut-être est-ce dû au fait que j'ai pris "l'habitude" ou peut-être les phrases sont-elles plus fluides?
    On découvre tout le talent de Mabanckou à travers l'histoire de la naissance du Crédit a voyagé, une fable ironique, truffée de références , de citations , de répliques de films , livres ou chansons. C'est un régal de reconnaitre les clins d'oeil , j'en souriais toute seule! Mon passage préféré : quand le dictateur fait travailler ses conseillers pour reprendre à son compte une phrase historique célèbre afin de concurrencer son ministre fameux pour son 'j'accuse'!
    Les 50 dernières pages sont tout aussi merveilleuses car l'histoire personnelle de Verre cassé prend la forme d'une évocation de la littérature : L'attrape-coeur, le vieil homme et la mer, 100 ans de solitude, Victor Hugo, L'albatros... C'est magnifiquement et intelligemment conté ... même si on ne reconnait pas tout!


    Lien : http://mesbettys.over-blog.com/article-verre-casse-alain-mabanckou-5..
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par AnneLaure, le 06 août 2010

    AnneLaure
    Un style d'écriture proche de l'oralité qui nous plonge dans le décor de la culture africaine. On échappe aux normes linguistiques. Très original. le personnage de Verre cassé est touchant avec son franc-parler.
    La dimension intertextuelle est très présente - un roman tout en citations et références fournissant au lecteur des connaissances encyclopédiques avec des phrases célèbres de penseurs et hommes politique de l'Histoire...
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    • Livres 4.00/5
    Par ChezLo, le 14 novembre 2010

    ChezLo
    Sans se donner le temps de ponctuer son roman par des points en fin de phrase, Alain Mabanckou déroule comme un fil, sans le casser, le récit de ces vies qui hantent le bar Crédit a voyagé. Jusqu'à découvrir celle de notre narrateur-écrivain. Comme une dernière délivrance.
    Alain Mabanckou parvient sans difficulté et non sans plaisir, à truffer son récit de clins d'oeil en référence aussi bien à Anna Gavalda, Amin Maalouf, que Georges Brassens, Zao et tant d'autres... ! Un vrai bonheur pour le lecteur !
    Derrière ces tranches de vies grotesques et cette écriture joueuse, et une ironie quasi omniprésente, on devine, cachées, des réalités cruelles de l'Afrique contemporaine.
    J'ai eu peur de trouver la lecture difficile mais ça n'a pas été le cas, j'ai trouvé le livre très fluide.
    Un débit de paroles ininterrompues pour un débit de boissons improbable, nostalgique. :-)

    Lien : http://chezlorraine.blogspot.com/2006/12/verre-casse.html
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Citations et extraits

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  • Par betty, le 28 juillet 2010

    "je jure aussi que j'aimais leur apprendre les participes passés conjugués avec l'auxiliaire 'avoir' et qui s'accordent ou ne s'accordent pas selon qu'il fait jour ou nuit, selon qu'il pleut ou ne pleut pas, et les pauvres petits, hébétés , désemparés, parfois révoltés me demandaient pourquoi ce participe passé s'accorde aujourd'hui à 16h alors qu'il ne s'accordait pas hier à midi avant la pause déjeuner, et moi je leur disais que ce qui est important dans la langue française, c'était pas les règles mais les exceptions, je leur disais que lorqu'ils auraient compris et retenu toutes les exceptions de cette langue aux humeurs météorologiques les règles viendraient d'elles-mêmes, les règles couleraient de source et qu'ils pourraient même se moquer de ces règles, de la structure de la phrase une fois qu'ils auraient grandi et saisi que la langue française n'est pas un long fleuve tranquille, que c'est plutôt un fleuve à détourner"
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  • Par Nanne, le 19 mars 2011

    Comme il me l'avait lui-même raconté il y a bien des années, L'Escargot entêté avait eu l'idée d'ouvrir son établissement après un séjour à Douala, dans le quartier populaire de New-Bell où il avait vu La Cathédrale, ce bar camerounais qui n'a jamais fermé depuis son ouverture, et L'Escargot entêté, changé en statue de sel, s'y est installé, il a commandé une bière Flag, un monsieur s'est présenté comme étant le responsable des lieux depuis des lustres, il a dit qu'on l'appelait « Le Loup des steppes », et d'après les dires de L'Escargot entêté le type ressemblait à une espèce en voie de disparition, une momie égyptienne, il n'y avait que son commerce qui comptait, même se brosser les chicots ou se raser les cactus clairsemés de son menton, c'était pour lui une perte de temps, il mâchait de la noix de cola, fumait du tabac moisi, on aurait dit qu'il se déplaçait à l'aide d'un tapis volant comme dans certains conte, et alors L'Escargot entêté lui a posé mille et une questions auxquelles le commerçant a répondu sans hésitation, et c'est comme ça que L'Escargot entêté a réalisé que, pour ne pas fermer son bar depuis des années, ce Camerounais comptait sur un personnel fidèle, une gestion rigoureuse et sa propre implication […]
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  • Par sentinelle, le 08 août 2010

    [...] et je ne reviendrai pas là-dessus parce que même ivre, j'ai horreur des répétitions inutiles ou du remplissage comme certains écrivains connus pour être des bavards de première classe et qui vous vendent la même sauce dans chacun de leurs livres en faisant croire qu'ils créent un univers, mon oeil
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  • Par livresdetrain, le 22 juin 2009

    combien de litres tu comptes dans ton ventre comme ça, papa", et moi je dis que j'ai pas encore bu, que depuis ce matin j'ai pas bu une seule goutte d'alcool, et je ris en débitant ce mensonge gros comme une résidence secondaire d'un dictateur africain,...........
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  • Par Nanne, le 19 mars 2011

    […] donc fallait que je lui dise que je l'aimais, fallait que je ne cache pas mes sentiments, fallait que je les exprime sans tabous, me disait-elle, et c'est-là que j'ai vraiment appris à dire pour la première fois à une femme que je l'aimais, et tu sais bien qu'ici au pays c'est pas des choses à dire au risque de passer pour un gars faible, ici on tire son coup la nuit et on se dispense de cette littérature à l'eau de rose, mais en France c'est une autre histoire, il faut pas déconner avec les sentiments, on ne badine pas avec l'amour […]
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Alain Mabanckou vous dit pourquoi il aime "Cent ans de solitude" de Gabriel Garcia Marquez.








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