ISBN : 2351780493
Éditeur : Gallmeister (2012)


Note moyenne : 3.91/5 (sur 32 notes) Ajouter à mes livres
Texas, 1895. Un propriétaire terrien voit la seule femme qu'il a jamais aimée mourir en mettant au monde leur quatrième fils, Karel. Vaincu par la douleur, l'homme entraîne ses enfants dans une vie austère et brutale. Pour lui, seuls comptent désormais ses chevaux de co... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par LiliGalipette, le 25 février 2012

    LiliGalipette
    1895, au Texas. Klara Skala meurt en mettant au monde son quatrième fils, Karel. Inconsolable veuf, Vaclav Skala enferme sa peine dans le travail et fait de ses fils des bêtes de somme. « À compter de ce jour, les gens du coin diraient que la mort de Klara avait transformé cet homme d'un naturel gentil en une personne amère et dure, mais en vérité, Vaclav le savait, l'absence de sa femme avait seulement fait ressurgir celui qu'il était avant de la connaître, celui que seule cette compagnie féminine avait su adoucir. » (p. 17) La seule marque d'attention que Vaclav accorde à son dernier-né, c'est de lui laisser monter ses chevaux de course. Devenu adolescent, Karel court pour son père : les enjeux sont toujours des terres et l'appétit de Vaclav le pousse à en vouloir toujours plus.
    Jusqu'au jour où Gillermo Villasenor traverse la frontière mexicaine et offre ses trois filles en mariage aux aînés de la famille Skala. Cela doit encore se conclure par une course : que Karel gagne et Le Domaine de son père s'étendra. Qu'il perde et ses frères auront de jeunes et belles épouses. Mais Karel ne sait s'il doit gagner la course pour satisfaire son père ou la gagner pour ne pas que la belle Graciela n'épouse son frère aîné. Et puisque les désirs ne sont pas toujours satisfaits ou qu'ils ne le sont que partiellement, le seul recours possible est l'imagination. « Karel allait désormais adopter cette façon de déformer la réalité pour instiller un peu de merveilleux dans le quotidien, en particulier dans les histoires qu'il raconterait à sa progéniture. » (p. 68) le cou rendu difforme par des années sous le double joug paternel, Karel tord la réalité à son goût, l'adapte à sa vue et à sa vision du monde.
    Une quinzaine d'années plus tard, Sophie, l'épouse de Karel, est sur le point d'accoucher et c'est toute une vie de souvenirs, réels ou fantasmés qui fait surface et s'empare du jeune fils d'émigrés tchèques. Karel est aujourd'hui un homme séparé de ses frères par une querelle qui sourd et perce quand le ciel gronde. Et quand les jumeaux Knedlik entreprennent de le rouler et de rouler les autres frères Skala, il est temps de savoir ce qui définit une famille et ce qu'il est bon de laisser au passé.
    Un personnage est omniprésent dans ce roman alors qu'il n'apparaît qu'au début, Klara Skala, la mère de Karel. Conscient de l'avoir entraînée dans la tombe en poussant son premier cri, Karel manque de sa mère, même à l'âge adulte. Il ne cesse de la rêver et de l'imaginer, superbe cavalière blonde. À cette image surgie du néant se superpose celle de Graciela : cavalière émérite et belle à se damner, elle hante les rêves du jeune Karel et reste son fruit défendu. Cette obsession de la femme inaccessible est nourrie de ressentiment et de frustration. « Quelle sorte de femme, se demande-t-il, se donnerait à un homme pour ensuite le renvoyer et épouser son frère le jour suivant après une bonne nuit de sommeil ? Quel genre de femme met un garçon au monde pour l'y abandonner sans la chaleur de sa poitrine, sans le doux tourbillon de ses jupes ni la caresse apaisante de ses mains et de ses lèvres, et surtout sans les mots qui pourraient dissiper les peurs qui le réveillent au milieu de la nuit et le laissent seul, les yeux écarquillés dans l'obscurité ? » (p. 249) Chez les Skala, on ne met pas de mots sur les sentiments mais, comme est immuable la chasse du hibou grand duc, jamais Karel ne cessera de chercher la tendresse originelle.
    Le récit se compose d'allers et retours entre les années 1895, 1910 et 1924, soit celle de la naissance de Karel, celle de la mort de son père et celle de la naissance de troisième enfant. Ces trois éléments fondateurs s'enchevêtrent dans le présent. L'intrigue se tisse lentement et inexorablement : la navette du temps ne revient en arrière que pour mieux dessiner le motif à venir.
    Pour un premier roman, Bruce Machart entre d'un bond dans la cour des grands. Son texte a l'âpreté et la rugosité des romans de Steinbeck et la superbe des romans de Faulkner. Ouvrir Le sillage de l'oubli, c'est fouler le sol sec et poussiéreux d'un comté texan oublié du monde, c'est remonter le temps pour rejoindre l'époque où la vie se jouait à pile ou face sur le comptoir d'un débit de boisson. Si vous voulez savoir qui, de l'enfant ou du cheval, a le plus de valeur, lisez ce roman. Si vous pensez que les liens du sang parlent plus fort que les liens du cœur, lisez ce roman. Si vous êtes prêt à tout parier sur la course d'un cheval, lisez ce roman. Mais ne regardez pas de quel côté tombe la pièce : vous risquez d'être déçu dans les deux cas. Mais par le roman de Bruce Machart, non, vous ne serez pas déçu.
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    Critique de qualité ? (25 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par litolff, le 11 février 2012

    litolff
    Karel Skala vit au Texas, une immense plaine brûlante en été et boueuse en hiver, entouré de ses trois frères, de son père,immigré tchèque brutal, exigeant, autoritaire et peu aimant, de vaches et surtout de beaux chevaux de course avec lesquels il gagne des courses et des parcelles qui agrandissent la propriété de son père. La mère de Karel est morte à sa naissance et il n'en finit plus de pleurer silencieusement son absence. Avec son cou tordu par la charrue qu'il a tirée avec ses frères, Karel est un écorché vif, qui essaie de trouver auprès d'un père mutique, l'amour maternel qui lui a tant manqué. Mais son père, en perdant la femme qu'il aimait, a également perdu la capacité d'aimer ses enfants et leur préfère ses chevaux. Autant le préciser tout de suite, on n'est pas chez les Bisounours, et ce n'est pas le climat qui va arranger les choses : quand le soleil brûlant ne grille pas terres et êtres vivants, c'est la boue visqueuse qui engloutit les bottes et la pluie qui noie les récoltes. Voilà pour le décor.
    D'un récit qui aurait pu être pathétique et larmoyant, l'auteur a fait une formidable fresque puissante, noire et haletante qui s'étale sur 30 ans, de 1895 à 1924, en pleine prohibition. Avec une écriture précise et lyrique qui exsude la violence et la colère, la chaleur ou la pluie, il offre au lecteur une véritable tragédie américaine, pleine de noirceur, qui parle de famille, de drames, de rédemption, de fratries déchirées, d'amour, magnifique !
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    Critique de qualité ? (20 votes positifs)
  • Par trust_me, le 26 février 2012

    trust_me
    Texas, 1895. Klara Skala meurt en donnant naissance à son quatrième garçon, Karel.
    Texas, 1910. Vaclav, le mari de Klara, élève seul ses fils, à la dure. Propriétaire d'une des plus grosses exploitations agricoles de la région, il bichonne ses chevaux de course et laisse trimer ses enfants dans les champs de coton, derrière la charrue. Il faudra un pari perdu pour que ses trois ainés quittent la ferme et se marient avec les filles de Guillermo Villasenor, un riche espagnol.
    Texas, 1924. Karel a hérité des terres de son père. Il n'a plus de relations avec ses frères depuis des années. Marié, père de deux fillettes, sa femme est sur le point de mettre au monde leur troisième enfant…
    Pour son premier roman, Bruce Machart frappe fort. Possédant un sens évident de la dramaturgie et du découpage, il déroule une histoire ample et vaste, une fresque familiale tragique et sombre. Effectuant des allers-retours dans le temps, il dévoile les zones d'ombre avec parcimonie, alternant montées d'adrénaline et scènes plus contemplatives, descriptions des travaux de la ferme et courses de chevaux frénétiques. le personnage de Karel est le point central du roman. Sa naissance a plongé la famille dans le tourment. C'est à cause de lui que les enfants Skala ont grandi sans leur mère dans un environnement aussi brutal et dénué de toute affection. Il porte comme un fardeau ce sentiment de culpabilité, cette blessure béante impossible à refermer.
    Un récit superbe, une prose sensuelle, attentive au moindre détail. Machart est un conteur. Il prend son temps et sait exactement où il veut emmener le lecteur. Après David Vann, Pete Fromm et Howard Mc Cord, les éditions Gallmeister peuvent se targuer d'avoir trouvé une nouvelle pépite. A l'évidence, un écrivain est né.


    Lien : http://litterature-a-blog.blogspot.com/2012/02/le-sillage-de-loubli...
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  • Par christianebrody, le 20 mai 2012

    christianebrody
    Un premier roman à mi-chemin entre le western et le roman noir pour l'ambiance morbide qui court tout le long de ces pages. Un roman visuel, olfactif et auditif pour raconter une tragédie terrienne oppressante, lente, condensée au remugle de whisky, de bière, de tabac à chiquer, de labours, d'écuries. Une fresque qui s'étale sur 29 ans dont on imagine sans peine un film en noir et blanc avec de forts contrastes qui mettrait en valeur non seulement ce drame familial mais aussi ferait la part belle à tous ces pionniers venus d'Europe prêts à en découdre avec ces terres inhospitalières et à bâtir ce « nouveau monde ».
    Le sillage de l'oubli retrace la vie de la famille Skala en trois dates importantes : 1895, 1910 et 1924, de la naissance de Karel Skala venu au monde en tuant sa mère jusqu'au moment où il devient lui-même père pour la troisième fois et d'un fils cette fois-ci.
    1895, Lavaca County-Texas, une année qui célèbre deux évènements importants: la naissance de Karel, quatrième garçon, et la mort de sa mère, un incident qui marquera à jamais la fratrie. Eperdu de douleurs, Vaclav, le père, ne portera plus son intérêt que sur ses chevaux de course et attèlera ses fils à une charrue pour les travaux de labours au point de les rendre difforme. Ainsi harnachés, dominés par le mutisme et la violence de leur père, ils creuseront ces terres qui n'en finissent pas de s'agrandir jusqu'à l'épuisement. Si le bien-être de ses fils ne l'intéresse pas plus que cela, l'extension de son domaine -une obsession pour cet hommme aigri, se fait soit en espèces sonnantes et trébuchantes soit par une course de chevaux les soirs de clair de lune.
    1910, une année charnière et tout aussi traumatisante pour ces descendants tchèques. L'arrivée d'un espagnol/mexicain fera voler en éclat cette famille liée par une haine farouche envers leur bourreau. le richissime Guillermmo Villasenor, flanqué de ses gardes du corps et de ses trois filles propose un marché à Vaclav: à condition de gagner la course, il lui suggère d'agrandir son domaine et un mariage à la clef, enfin trois. Voici Karel, le jockey de la maison investit de la mission la plus importante qui soit; à quinze ans, il est seul responsable de l'avenir de la famille et surtout celle de ses frères.
    1924. Karel, marié, père de deux filles, a hérité de la propriété familiale. le tracteur, la voiture remplacent les chevaux. Il vit de sa plantation mais aussi de l'alcool qu'il vend aux débits de boissons installés aussi bien à Lavaca que sur les comtés voisins. Une petite affaire qui arrondit les fins de mois mais sujet à d'impérieuses disputes de territoires. L'arrivée d'un fils, évènement inattendu et inespéré, et l'euphorie qui s'ensuit le pousse à engager deux frères, des jumeaux qui se retrouvent orphelins et pauvres. Une initiative qui lui causera ennui, chagrin mais qui se révèlera peut-être être le chemin vers la rédemption et la réconciliation pour cet homme.
    Derrière cette histoire de famille pleine de haine, de rancoeur, de sentiments réprimés, Bruce Machart fait l'éloge de tous ces immigrants venus de partout à la recherche d'une vie meilleure qui ont construit à la force de leurs bras un pays qui fascine encore et toujours. Un hymne à tous ces hommes et femmes, il en est beaucoup question ici, qui n'ont jamais baissé les bras et ont su ou pu trouver en eux les ressources nécessaires pour combattre ces cieux incléments. Le sillage de l'oubli est le récit d'une renaissance, celle d'un homme qui tente de s'élever au-dessus de l'héritage violent du père, de trouver la paix de l'âme et la force de pardonner. Ce qui se rapproche plus du titre original, The Wake of Forgiveness.
    Un premier petit roman presque bien fait car les quelques longueurs ou phrases inutilement alambiquées que j'ai relevées peuvent en rebuter plus d'un. Aller à l'essentiel aurait donné un autre impact au récit. J'ai particulièrement aimé cette ambiance quasi claustrophobe alors que la nature est omniprésente. le choix de Bruce Machart de ne pas en faire un récit linéaire participe à la tension nerveuse qui s'y dégage. Une écriture suggestive, sensuelle avec de beaux dialogues et de surprenantes prises de position sur la condition féminine de la part de certains protagonistes. Il est préférable d'aimer la nature, les chevaux, les descriptions, le livre ne se donne pas facilement. Sans remettre en cause le genre ou y apporter de la nouveauté, il reste agréable à lire malgré quelques malheureuses envolées lyriques.

    Lien : http://www.immobiletrips.com/nature-2/le-sillage-de-loubli-1806
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    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 23 mars 2012

    caro64
    Sud du Texas, 1895. Un homme se réveille dans un lit maculé de sang. A côté de lui, sa femme a commencé à donner naissance à leur quatrième garçon. Ça se présente plutôt mal. Il comprend rapidement que ses minutes sont comptées.
    C'est à travers le regard de Karel, le dernier de la fratrie qui n'aura donc jamais connu sa mère, que nous est racontée l'histoire de sa famille. Sous le joug d'un père tyrannique et castrateur qui ne vit plus désormais que pour acquérir de nouvelles terres et voir courir ses chevaux, les quatre garçons grandissent dans un univers marqué par la violence et l'absence de la moindre forme de tendresse, en permanence tiraillés entre la terreur qu'il leur inspire et la volonté de lui plaire. Leur destin est scellé à partir du jour où un riche propriétaire mexicain s'installe dans le coin avec ses trois filles, et lui propose un pari bien étrange qui affectera l'ensemble de leurs destinées.
    Ancré dans la conquête de l'Ouest, ce premier roman très réussi se lit comme une magnifique variation sur le thème de la rédemption. Avec ses airs de tragédie grecque, l'épopée haletante de ces quatre frères livrés à la violence de leur père promet de ne pas vous lâcher tant que vous n'en aurez pas terminé la lecture. C'est dur, c'est rude, c'est âpre, ça sent le cheval, l'alcool et les coups de cravaches. Mais ne vous y trompez pas, derrière tout cela se cache ce qu'il faut de lyrisme, d'images fortes, de drames familiaux, de sentiments et d'amours déçus, le tout servi par une écriture remarquable. le tour de force, le coup de génie, c'est le souffle, la puissance narrative hors du commun, le ton, la profondeur, la densité. Un livre qui ne laisse pas insensible, qui nous emmène au grand galop. Un auteur à suivre !
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Critiques presse (5)


  • Actualitte , le 09 février 2012
    C'est un livre à ressentir, un livre où la puissance des mots éveille tous nos sens. En lisant, Bruce Machart, vous sentez vos pieds s'enfoncer dans la boue et devenir lourds, l'humidité désagréable pénétrer peu à peu dans vos chaussures. Vous entendez les corneilles se disputer à grands cris, les rasades de whiskey et d'alcool de maïs, âprement avalées.
    Lire la critique sur le site : Actualitte
  • Lexpress , le 06 février 2012
    Un roman superbe, avec une prose sensuelle, presque hypnotique, attentive aux moindres détails, comme si Richard Ford débarquait dans ce Texas rempli de funestes présages.
    Lire la critique sur le site : Lexpress
  • LePoint , le 01 février 2012
    C'est un premier roman hypnotique, un drame familial symbolique et lyrique sur le lien sacré entre des fils et leur mère, signé Bruce Machart, jeune comète de cette littérature américaine dite "du grand dehors".
    Lire la critique sur le site : LePoint
  • LaLibreBelgique , le 31 janvier 2012
    Dans ce premier roman au souffle épique, Bruce Machart dépeint des êtres écartelés par la vie et les désirs jamais réalisés, la rancune et le poids du passé.
    Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
  • Telerama , le 11 janvier 2012
    Le Sillage de l'oubli met en scène l'éclatement de la fratrie, les rivalités fratricides, les obstacles quotidiens au rêve, l'ancrage des hommes sur une terre et dans une existence laborieuse qui les lestent et les broient. L'instinct du récit de Bruce Machart, la confiance en la narration dont il témoigne extraient le roman des clichés où il aurait pu demeurer englué. Il y a là un tour de force - la marque d'un écrivain déjà en pleine possession de ses moyens.
    Lire la critique sur le site : Telerama

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Citations et extraits

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  • Par jsgandalf, le 22 mai 2012

    Ce n’est rien moins que la soif du sang qui anime ses frères, la rage vengeresse du père, le tout porté par le mal absolu en une sorte de redite pervertie de la Genèse, mis en scène pour la plus grande joie de ces dépravés. Jusqu’où, se demande le prêtre, peut-on se fourvoyer le long de son funeste chemin ?
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  • Par GabySensei, le 07 février 2012

    Il a appris, durant toutes ces années d'entrainement, que jauger correctement l'autre cavalier est beaucoup plus important que l'impression qu'a pu lui donner le cheval. Mais là, les choses sont complètement différentes. Elle est rapide et manie la cravache avec une adresse remarquable, mais surtout, et c'est là sans doute le véritable avantage de cette fille puisque cela le laisse totalement démuni, il ne peut s'empêcher, même à un moment pareil, de la regarder. Comment ne pas admirer la flexion souple et facile de ses genoux, ses seins qui se soulèvent et que les trépidations de sa monture font trembler, son pantalon d'équitation suffisamment ajusté pour révéler la courbe de ses hanches et le délicat sillon qui les partage, le tout rebondissant comme une belle pêche bien ferme et tout juste mûre que le vent feraient se balancer sur sa branche?
    (P115)
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  • Par LiliGalipette, le 25 février 2012

    « Quelle sorte de femme, se demande-t-il, se donnerait à un homme pour ensuite le renvoyer et épouser son frère le jour suivant après une bonne nuit de sommeil ? Quel genre de femme met un garçon au monde pour l’y abandonner sans la chaleur de sa poitrine, sans le doux tourbillon de ses jupes ni la caresse apaisante de ses mains et de ses lèvres, et surtout sans les mots qui pourraient dissiper les peurs qui le réveillent au milieu de la nuit et le laissent seul, les yeux écarquillés dans l’obscurité ? » (p. 249)
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  • Par mimipinson, le 04 janvier 2012

    Pendant ce temps, le grand-duc aux yeux d’ambre, perché bien à l’abri sur la branche basse d’un gommier, lisse ses plumes qui ruissellent d’eau de pluie. Sur l’autre rive, près de l’enchevêtrement de racines de chênes aquatiques et de pins, là où des empreintes de bottes sont imprimés dans la vase, le rapace remarque les plus imperceptibles mouvements dans la danse des pousses de pâturins, devinant grâce à un frisson instinctif dans les fibres de ses muscles que la pluie et le vent couchent les brins d’herbe les plus hauts, tandis que la course effrénée d’un rongeur ou le mouvement vif d’une queue ne manque jamais de faire relever les tiges des roseaux.
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  • Par krol-franca, le 29 janvier 2012

    Alors ce qui venait tout juste de s’épanouir en lui se recroqueville et jaunit sur les bords, et il comprend soudain, en l’espace de quelques secondes à la fois éphémères et éternelles, qu’un homme ne saurait oublier l’immense toile de fond de son passé, et que même l’éblouissante blancheur des champs de coton en été ne peut venir totalement à bout de la croûte stérile et dure de la terre qui s’est formée au fil des hivers. Il arrive presque à mettre des mots dessus, mais c’est une impression fugace, elle a déjà disparu : il ne reste que la certitude mordante qu’il est impossible d’avancer sans sentir la bride sur son cou, que le harnais à l’épreuve des intempéries ne se desserrera jamais, que le poids de tout ce qu’on traîne derrière soi ne peut pas s’alléger.
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