> Paul-Jean Toulet (Traducteur)

ISBN : 2277300640
Éditeur : J'ai Lu (1999)


Note moyenne : 3.89/5 (sur 19 notes) Ajouter à mes livres
Belle mais démoniaque ! Entourée d'un halo d'étrangeté et de mystère...
Telle est la femme qui hante les rues de Londres, mais aussi l'esprit dérangé de ceux qui l'ont rencontrée, des hommes en général fortunés. Tous ont finit leurs jours dans des circonstances t... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 30 octobre 2010

    Woland
    Great God Pan
    Traduction : Paul-Jean Toulet
    Vous qui n'avez jamais lu "Le grand dieu Pan", vous ignorez encore ce qu'est la Peur. Vous aurez beau vous targuer d'avoir dévoré l'intégralité de Clive Barker, cela n'y changera rien : "Le grand dieu Pan" dominera toujours le plus gore des romans modernes.
    Ambrose Bierce pensait que, pour lire une histoire de fantômes ou un conte d'épouvante, il fallait avant tout se placer dans des conditions idéales, à savoir le faire la nuit, à la lueur chancelante d'une bougie, dans une vieille maison au plancher qui craque, et dans la plus parfaite solitude, cela va de soi. Son point de vue se défend mais, pour un ouvrage tel que "Le grand dieu Pan", peu importent l'heure, le lieu, les conditions : la Peur, une Peur impériale, celle que Jean Ray, autre fabuleux magicien de l'Angoisse, a su dépeindre, drapée dans les brumes de ses Flandres natales, est toujours au rendez-vous.
    Oui, vous aurez beau connaître par coeur les ambitieux projets du Dr Raymond et le témoignage du Dr Clarke, vous aurez beau réciter sur le bout des doigts les noms de tous ceux qui, dans ce court mais fulgurant roman, "ont vu le Grand Pan", au même passage, au même instant, toujours - toujours - l'angoisse vous étreindra le coeur. Pis : le livre refermé, et même s'il fait soleil, vous aussi vous aurez l'impression non pas d'avoir "vu" l'indicible et sinistre majesté du Grand Dieu Pan mais d'avoir perçu au plus profond de vous-même l'un des sombres reflets de son aura.
    D'une habileté technique qui laisse pantois et d'une intensité dramatique qui ne faiblit pas un seul instant, "Le grand dieu Pan" est un de ces récits qu'on n'oublie jamais. Ouvrez-le et laissez-vous marquer au fer rouge par la Peur qui y dort : tant que vous ne l'aurez pas fait, vous ne pourrez vous prétendre un véritable sectateur de ce genre divin et secret qu'est la littérature d'épouvante ... ;o)
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    • Livres 3.00/5
    Par sentinelle, le 11 juin 2008

    sentinelle
    Arthur Machen (1863 – 1947) est un écrivain fantastique britannique qui est né et a grandi au Pays de Galles. Contemporain de Robert Louis Stevenson et de Bram Stoker, Arthur Machen a marqué de son influence les auteurs tels que H.P. Lovecraft, Graham Joyce et Peter Straub, dont le roman « Ghost story » fut directement influencé par « Le grand dieu Pan ».
    Arthur Machen base son univers littéraire sur d'anciennes puissances démoniaques qui demeurent influentes et qui s'immiscent par divers interstices dans l'époque contemporaine de l'auteur, à savoir la société victorienne, sans manquer de causer des dommages irréversibles à ceux qui s'y sont confrontés.
    « Le grand dieu Pan » ne fait pas exception puisqu'il est question de Pan, dieu grec de l'antiquité qui était considéré comme un dieu de la fécondité mais également comme l'incarnation du grand Tout et de l'Univers par les philosophes.
    La recherche de ce grand Tout par le docteur Raymond le conduira à des années de recherche qui aboutiront à une intervention chirurgicale sur sa pupille, Marie, afin qu'elle puisse « lever le voile » et accéder à la totalité de l'univers. Mr Clarke sera le gentleman choisit par le docteur Raymond pour assister à cette étrange expérience du Grand Pan.
    « Oui, le scalpel est nécessaire, mais songez à ce qu'il va produire : renverser la muraille des sens, et, sans doute pour la première fois depuis que l'homme existe, un esprit va contempler le monde des esprits. Clarke, Marie va voir le Grand Pan. »
    L'opération terminée, en pleine phase d'éveil, Marie ouvrira ses yeux dans lesquels une grande admiration se manifestera mais très rapidement suivie de sensations d'épouvantes. Marie ne s'en remettra d'ailleurs jamais.
    « Oui, dit le docteur toujours froid, c'est grand dommage. Elle est idiote irrémédiablement. Mais c'est inévitable, et, après tout, elle a vu le Grand Pan »
    Des années plus tard, Clarke sera confronté à d'étranges événements inexpliqués que seront les décès inopinés de plusieurs gentlemen, tous retrouvés avec un masque d'horreur à la place du visage. Leur point commun ? Une jeune femme belle et pourtant vénéneuse, connue sous de multiples identités. Qui est-elle ? Quelle est son histoire ? Pourquoi ces hommes sont-ils retrouvés avec les traits congestionnés par l'horreur ? Qu'ont-ils bien pu voir pour que cela provoque une telle frayeur mortelle ?
    La peur et la recherche de l'inexploré, les expériences mettant en jeu des forces inconnues, l'incapacité de l'homme à appréhender l'univers dans sa totalité (mort pour avoir vu ce qu'il n'aurait pas dû voir), l'intérêt pour l'occultisme et la mythologie, voilà le voyage auquel vous convie Arthur Machen. Un classique du roman gothique victorien.
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    • Livres 5.00/5
    Par Shaitana, le 27 septembre 2011

    Shaitana
    Je m'attendais à quelque chose de plus ardu mais je dois avouer que le style de l'auteur coule plutôt de source. Je n'ai pas eu peur non plus mais je dois dire que le lire assise dans le métro changeait la donne.
    Je l'aurais lu un soir dans une vieille bâtisse dont le bois craque, le vent qui souffle et des branche qui viennent griffer les fenêtres, je n'aurais sûrement pas été aussi sereine...
    Un très bon moment de lecture que je vous conseille.
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 30 octobre 2010

    [...] ... Un gentleman riche fut trouvé mort auprès d'une maison de Paul Street, à la hauteur de Tottenham Court Road. Naturellement, ce ne fut pas la police qui le découvrit ; passez la nuit, avec de la lumière à vos fenêtres, le constable viendra sonner ; mais qu'il vous arrive d'être étendu, raide, à la porte de n'importe qui, on vous y laisse. En cette occasion, comme en bien d'autres, l'alarme fut donnée par une façon de vagabond ; je ne dis pas un simple rouleur, ou un pilier d'assommoir, mais un gentleman que ses affaires ou ses plaisirs, ou les uns et les autres, faisaient se promener dans les rues de Londres à cinq heures du matin. Cet individu, à ce qu'il affirma, "rentrait chez lui", quoique d'où et vers où, on n'en sut trop rien, ni quelle raison il avait de passer par Paul Street entre quatre et cinq heures du matin. Je ne sais quoi lui fit regarder le numéro 20. Il prétendit une chose assez absurde, que cette maison avait la physionomie la plus déplaisante qu'il eût jamais observée. En tous cas, il regarda dans la cour ; à son grand étonnement, il vit un homme étendu sur le pavé, jambe de ci, jambe de là, et la figure tournée en haut. Notre gentleman trouva cette face singulièrement fantomatique, et se mit à courir, en quête du premier policeman. Le constable prit d'abord la chose assez légèrement, n'y voulant voir qu'une histoire d'ivrogne. Cependant, il y alla, et changea vite de ton quand il eut vu la face du mort. L'oiseau matinal qui avait découvert ce fin vermisseau fut envoyé à la recherche d'un docteur, tandis que le constable tapageait à coups de sonnette et de heurtoir, jusqu'à faire arriver une servante sale, à moitié endormie encore. Il lui montra ce qu'il y avait dans la cour, et elle de pousser des cris à ameuter toute la rue. Mais elle ne savait rien du monsieur, ne l'avait jamais vu à la maison, etc ... Cependant, le premier donneur d'alarme était revenu avec un médecin ; et il ne restait plus qu'à entrer dans la cour. La porte fut ouverte, tout le quartier en profita pour entrer aussi et effacer en piétinant les traces qui s'y pouvaient trouver. Le docteur eut à peine besoin d'un moment d'examen pour déclarer que le pauvre diable était mort depuis plusieurs heures, et le faire transporter provisoirement au poste de police. C'est ici que l'affaire devient intéressante. Le mort n'avait pas été volé, et une de ses poches contenait des papiers l'identifiant à ... , enfin à un homme riche et de bonne famille, très aimé dans la société, à qui on ne connaissait pas un ennemi. Je ne vous dis pas son nom, Villiers, parce qu'il n'a rien à voir avec l'histoire et que ce n'est jamais une bonne chose de fouiller dans les histoires des morts dont les parents vivent encore. Le plus curieux ensuite est que les médecins ne purent se mettre d'accord sur la cause de la mort. Il y avait quelques légères meurtrissures sur les épaules du cadavre, comme s'il avait été poussé rudement par la porte de la cuisine et traîné en bas des marches, plutôt que jeté par-dessus la balustrade ; mais il ne portait aucune marque de violence, certainement aucune qui pût entraîner la mort ; et quand on en vint à l'autopsie, il n'y avait pas trace de poison. Naturellement, la police voulut se renseigner sur les habitants du 20 ; et ici encore, comme je l'ai appris de sources privées, on releva deux ou trois détails curieux.

    La maison était occupée par M. et Mme Herbert ; lui, riche propriétaire, à ce qu'on dit, et beaucoup de gens remarquèrent que Paul Street n'est pas précisément le point où l'on irait chercher de l'aristocratie campagnarde ; elle, dont personne ne semblait savoir qui elle était, ni quoi. Entre nous, ceux qui plongèrent dans son existence connurent de drôles d'eaux, j'imagine. Bien entendu, tous deux nièrent savoir quoi que ce fût du défunt et, toute preuve absente, furent déchargés. Mais plusieurs choses étranges ressortirent sur leur compte. ... [...]
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  • Par Woland, le 30 octobre 2010

    [...] ... Après le repas l'enfant, qui avait environ sept ans, laissa son père à son travail, et, selon son propre récit, se mit à chercher des fleurs dans le bois ; et le père, qui pouvait l'entendre s'exclamer joyeusement de ses découvertes, était sans inquiétude, quand soudain il entendit des cris de terreur du côté où son fils avait disparu. Jetant en hâte ses outils, il courut voir, et, s'orientant au bruit, rencontra le petit garçon qui courait tête baissée et manifestement terrorisé. Aux questions de son père, il finit par répondre qu'après avoir cueilli une brassée de fleurs et se sentant fatigué, il s'était couché sur le gazon et endormi. Il avait été réveillé par un bruit singulier, quelque chose comme un chant, disait-il ; et, regardant à travers les branches, il avait aperçu Hélène V ... [une fillette de la ville, en résidence dans une ferme voisine] qui jouait sur l'herbe "avec un drôle d'homme tout nu" dont il ne pouvait donner une description plus précise. Il ajouta qu'il s'était senti épouvanté, et avait couru en criant vers son père. Joseph W ... s'avança et trouva Hélène V ... assise au milieu d'une aire laissée par des charbonniers. Il l'accusa avec colère d'avoir effrayé son fils, mais elle démentit toute l'accusation et rit beaucoup de l'histoire de l'homme étrange. Joseph n'y ajoutait pas grande foi, et il en arriva à la conclusion que son fils s'était réveillé avec une peur soudaine, comme il arrive aux enfants ; mais Trevor s'obstina dans son récit, et manifesta tant d'angoisse qu'à la fin on le ramena à la maison, dans l'espoir qu'il y pourrait être calmé par sa mère. Pendant plusieurs semaines, l'enfant donna de grandes inquiétudes ; devenu nerveux et bizarre, il refusait de quitter le cottage et souvent, la nuit, réveillait ses parents par les cris de : "L'homme du bois, père, père !"

    Peu à peu néanmoins, cette impression parut s'effacer, et environ trois mois après, il accompagnait chez un gentleman du voisinage son père qui y travaillait. L'enfant fut laissé dans le hall, Joseph W ... ayant été appelé au bureau ; quelques minutes après, comme le gentleman lui donnait ses instructions, ils furent tous deux étonnés par un cri perçant et le bruit d'une chute. Ils coururent et trouvèrent Trevor sans connaissance sur le parquet, les traits contractés d'épouvante. Le docteur aussitôt appelé déclara après un premier exament que l'enfant avait eu une sorte d'attaque, à la suite probablement d'une émotion soudaine. On le porta dans une chambre à coucher où il reprit assez vite connaissance, mais pour passer à un état dénommé par le médecin : hystérie violente. ... [...]
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