> Toussaint Guiraudet (Traducteur)
> Harvey Claflin Mansfield (Éditeur scientifique)

ISBN : 2080706152
Éditeur : Flammarion (1993)


Note moyenne : 3.17/5 (sur 6 notes) Ajouter à mes livres
Machiavel restreint le champ de la réflexion politique à une seule question centrale : prendre le pouvoir (si on ne l'a pas) ou le conserver (si on l'a). Il ne s'agit donc plus de chercher en quoi consistent le " bien commun " ou la " nature politique de l'homme ", comm... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 3.00/5
    Par Gregory_Lemarchand, le 27 novembre 2011

    Gregory_Lemarchand
    Si je vous disais : "L'art de la guerre", et "Machiavel", vous me répondriez tous, la bouche en coeur et le clavier en éventail : "Sun-tzu" et "Le prince" ! Et vous obtiendriez la note de zéro sur deux à mon quizz intitulé "quizz pour introduire ma critique de "L'art de la guerre" de Machiavel", ce qui montre à quel point ce livre s'est perdu dans les limbes de l'oubli. Pourtant, il mérite un peu mieux que son absence de page wikipédia.
    Dialogue imaginaire entre un mercenaire désabusé et une bande de jeunes suce-boules florentins, "L'art de la guerre" a été publié du vivant de son auteur. Par conséquent, le texte est fort avare en passages amoraux qui pousseraient n'importe quelle populace à lui jeter des pierres en le croisant sur la voie publique, et qui néanmoins firent sa gloire posthume. En lieu et place, Machiavel fait son humaniste lambda en défendant rhétorique au clair les armées de citoyens de l'Antiquité (madness ? This is Sparta !") face aux minables troupes de mercenaires qui ont vécu sur les rivalités des cités italiennes entre le trouzième et le dix-sixthuime siècle (à la louche).
    Cela a deux conséquences : d'une part, en plus d'être fort avare en horreurs machiavéliques, "L'art de la guerre" ne dispense guère plus de conseils d'ordre généraux récupérables par Guy Debord ou n'importe quel manuel de stratégie marketing, à l'inverse des Oeuvres de Clausewitz ou Sun-Tzu. Contrairement à ceux qu'on ne peut même pas qualifier de confrères puisqu'il n'a jamais été général, Machiavel parle essentiellement d'exercices aux manOeuvres, d'ordre de marche, de la meilleure position de l'artillerie en territoire ennemi, de la façon optimale d'organiser un camp en comparant les méthodes grecques et romaines, bref, il détaille par le menu toute l'organisation logistique d'une armée pas encore industrielle. Soit exactement ce qui fera dire à George Orwell en constatant que les combattants du POUM se basent encore là-dessus en 1937 : "Fuck."
    En clair : c'est très daté. Ce qui nous amène directement à l'autre part : "L'art de la guerre" s'apprécie nettement plus si on a quelques notions historiques concernant l'Italie de la fin du Moyen-Age et de la Renaissance, si on sait écrire Thucydide sans demander à google, et si on a perdu un nombre incalculable de parties au jeu "Cossaks" sur PC en se faisant gauler ses canons après qu'une douzaine de piquiers de merde ont terrassé toute sa cavalerie...
    Là si vous voulez je viens de comprendre pourquoi je suis le seul que ça intéresse.
    Et pourtant, ce livre a une grande qualité, surtout pour un traité de guerre : il est très plaisant à parcourir. En effet, hormis une description de trois pages vers la fin (au sujet du camp) qu'on sautera allègrement, la pensée machiavélienne a l'avantage de se dérouler naturellement sans jamais être rébarbative. Car, si les propos stratégiques d'un Clausewitz sont nettement plus édifiants pour le lecteur moderne que de savoir de quel côté il est préférable que l'infanterie porte, l'italien remporte les doigts dans le nez la bataille du style. On s'étonne de terminer son opus aussi prestement, tandis qu'il faut s'accrocher pour arriver à bout de celui du thuriféraire napoléonien.
    Bref, "L'art de la guerre" de Machiavel n'a pas vraiment de raison de briller autant que son illustre homologue, malgré le fait que Sun-Tzu irait mieux à une marque de liquide vaisselle qu'à un nom de général. Mais la couverture est plus jolie.
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Citations et extraits

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  • Par Gregory_Lemarchand, le 19 novembre 2011

    Rien n'est plus facile qu'un projet que l'ennemi vous croit hors d'état de tenter, et c'est du côté qu'ils pensent avoir le moins à craindre que les hommes sont le plus souvent frappés.
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  • Par Gregory_Lemarchand, le 20 novembre 2011

    Le riche désarmé est la récompense du soldat pauvre.
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