> Carine Chichereau (Traducteur)

ISBN : 2265087327
Éditeur : Fleuve noir (2009)


Note moyenne : 3.5/5 (sur 8 notes) Ajouter à mes livres
Dans la solitude de son royaume du sous-sol, Clara passe ses journées penchée sur ses " clients ". Juste au-dessus de sa tête, dans les salons du funérarium, les familles en pleurs se succèdent. Mais Clara ne les voit pas. Elle ne fréquente pas les vivants. Seulement le... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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    • Livres 3.00/5
    Par Myrtle, le 18 juillet 2011

    Myrtle
    L'enfant sans nom n'est pas un roman policier comme les autres. Il risque de fortement vous bouleverser tant les destins de ses personnages sont plombés.
    Clara est thanatopractrice. Elle évolue entre deux univers : celui des morts, auxquels elle apporte les derniers soins, et la vie, que représente sa serre aux fleurs rares et exotiques.
    Elle est renfermée, ne sort jamais et ses seules fréquentations demeurent son « chef », Linus, et sa femme, Alma, qu'elle considère comme des parents d'adoption.
    Un jour apparaît une petite fille brune au teint cireux. Trecie a 8 ans et ressemble étrangement à Clara. Nullement intimidée par l'ambiance morbide du lieu de travail de notre héroïne, elle se confie vaguement avant de se volatiliser, tel un fantôme.
    Déjà intriguée par cette présence évanescente, Clara va sombrer dans l'horreur quand elle la reconnaît sur la cassette video d'un pédophile…
    Le policier Mike et son équipe vont se charger de l'affaire… Mais le lecteur ne se retrouve pas face à une enquête de plus. Tout est désespérément sombre dans cet ouvrage. Les vies des personnages sont toutes remplies de drames : Mike a perdu sa femme dans un accident de voiture, Linus et Alma leur fils, et notre héroïne possède un passé très proche de la petite Trecie… Nous découvrons avec horreur ce que Clara a vécu, au fil du roman, lorsqu'elle se rappelle certaines scènes de sa jeunesse. Pour vous donner un exemple, la grand-mère qui l'a élevée n'a rien à envier à la mère de Carrie, dans le roman et le film éponymes ! Et encore, je ne vous ai pas tout dévoilé.
    Il y a aussi « Aimée X », la petite fille retrouvée morte il y a un an, atrocement mutilée, et que personne n'est jamais venue réclamer… Son meurtrier court toujours… Mais peut-être que l'affaire de la petite Trecie livrera certains indices ?
    Le roman ne verse jamais dans le pathos écœurant. La vie et ses drames sont évoqués simplement, même si certaines scènes vont très loin dans l'horreur. Clara, constate, sans émotion « Je me suis rendue dans des familles comme celle de Trecie, aux mères indignes et aux beaux-pères violents. En général, c'est le corps de la femme que je viens y chercher ; parfois, cependant, c'est celui de son fils adolescent, tué parce qu'il a voulu la protéger. Ce sont des maisons bien connues des services sociaux, où la police est appelée au bout de longues nuits de querelles arrosées de whisky. »
    Tout n'est que fatalité autour de Clara, et pourtant tous continuent à se battre. On est loin des romans niais où l'amour, omniprésent, sauve tout. Ici, pas de poudre aux yeux, seuls des faits bruts et des êtres humains qui utilisent leur force de caractère pour s'en sortir.
    Le suspense du roman est préservé d'une main de maître par l'auteur qui distille des informations sur le passé des protagonistes au compte-gouttes : Pourquoi Clara ne cesse de tortiller une mèche de ses cheveux dès qu'elle se sent mal à l'aise ? Qui est Trecie, qui disparaît lorsque l'on s'y attend le moins, en laissant derrière elle une mèche de cheveux attachée avec une tige de fleur ?
    Tant de réponses qui vous attendent au fil de l'ouvrage, et à sa fin, bien sûr, si tour du moins vous avez les tripes d'aller jusqu'au bout ! Croyez-moi, cela vaut le coup.
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  • Par livresquedunoir, le 30 janvier 2011

    livresquedunoir
    l y a des romans qui vous marquent suite aux sujets qui y sont abordés. D'autres par l'ingéniosité et la flamboyance de leur intrigue.
    L'enfant sans nom quant à lui, fait partie de ceux qui ne laissent pas indifférent de par l'ambiance qu'il dégage.
    Dès le départ le lecteur est positionné dans un rôle de voyeur, pénétrant dans l'intimité et le quotidien de Clara Marsh, femme torturée et victime d'un lourd passé, dont le métier consiste à préparer les morts pour une entreprise de pompes funèbres.
    Son chemin va croiser celui d'une petite fille. Cette rencontre va bouleverser son existence et réveiller les douleurs du passé.
    La singularité de cet ouvrage est aussi du fait de l'excellent travail de traduction accompli par Carine Chichereau, qui contribue à rendre à ce livre cette atmosphère si particulière.
    Chaque mot semble soigneusement choisi pour générer chez le lecteur une sensation de malaise. Au final, on ressort de cette lecture avec un sentiment bizarre et indescriptible.
    Si pour son premier roman, Amy MacKinnon souhaitait marquer les esprits, on peut dire que le pari est réussi.

    Lien : http://www.k-libre.fr/klibre-ve/index.php?page=livre&id=729
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    • Livres 5.00/5
    Par Sharon, le 03 octobre 2010

    Sharon
    Ce roman n'est pas un polar ordinaire. le sujet évoqué est particulièrement sensible - la pédophilie - et il est vrai que l'évocation des souffrances des victimes, ou le fait de les montrer, définitivement détruites, est éprouvant. L'auteur est particulièrement réaliste.

    Lien : http://le.blog.de.sharon.over-blog.com/article-l-enfant-sans-nom-d-a..
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Citations et extraits

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  • Par Myrtle, le 18 juillet 2011

    - Quand vous êtes en bas, là, fait-il en désignant le funérarium de la tête, vous n’avez jamais l’impression qu’on vous observe ? Comme si les morts attendaient pour voir ce qu’on va faire de leur corps ?
    Je me demande s’il songe à Jenny en disant cela, s’il s’imagine qu’elle s’est matérialisée pendant que je m’occupais d’elle. Espère-t-il qu’elle était restée là, à flotter dans l’atmosphère, pendant que je l’installais dans son cercueil d’acajou, entourée d’alstroémères (dévouement) ?
    - Non, je ne crois pas à ce genre de choses.
    Mike se penche en avant, tout son corps cesse de bouger.
    - Vous ne croyez pas à quoi ?
    - Tout ce genre de trucs.
    - Vous ne croyez pas en Dieu ?
    Je ne peux lui répondre. Comment pourrait-il y avoir un dieu quand une petite fille gît dans le cimetière de l’autre côté de la rue sans que personne ne réclame son corps, tandis qu’une autre est contrainte de se coucher sur ce lit, mourant un peu plus chaque fois qu’un adulte vient se coucher avec elle ? Je sais ce que c’est de mourir à petit feu. Mais c’est une chose terrible de tuer l’espoir, surtout quand c’est tout ce qui fait vivre un homme.
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  • Par Myrtle, le 18 juillet 2011

    Je me suis rendue dans des familles comme celle de Trecie, aux mères indignes et aux beaux-pères violents. En général, c’est le corps de la femme que je viens y chercher ; parfois, cependant, c’est celui de son fils adolescent, tué parce qu’il a voulu la protéger. Ce sont des maisons bien connues des services sociaux, où la police est appelée au bout de longues nuits de querelles arrosées de whisky.
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