Ainsi, pour ne prendre qu'un exemple parmi ceux-ci, à propos de la Première Guerre mondiale, S. Freud pouvait déclarer que "jamais un événement n'avait détruit autant de biens précieux communs à l'humanité, égaré tant d'intelligences parmi les plus lucides, si radicalement abaissé ce qu'elle avait élevé".
Courageux diagnostic que l'on pourrait appliquer, sans y changer une virgule, à tous ces phénomènes, apparemment différents, en fait étrangement semblables, qui s'égrenèrent tout au long du XXe siècle : communisme en Union soviétique et dans les pays satellites, Révolution culturelle en Chine, épuration au Cambodge, millénarisme d'un Reich racialement pur en Allemagne, la liste est loin d'être close de ces mondes meilleurs fondés sur un idéal moral à fortes justifications, légitimations, rationalisations scientifiques.
Et que dire de tous ceux, intellectuels ou politiques, qui se firent la caution de ces actions ! C'est bien sûr au nom du Bien que leurs voix s'élevèrent, et que leurs plumes s'activèrent. Certains encore de nos jours, continuent à servir des causes, et donnent, sans vergogne, des leçons de morale ou de scientificité à ceux qui n'ont pas la chance de détenir la vérité. C'est en pensant à cela, à ceux-là que l'on serait, presque, enclin à écouter le roué Talleyrand, spécialiste du genre s'il en est, "il y a quelque chose de plus horrible que le mensonge, c'est la vérité".
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