> Jean Rosenthal (Traducteur)

ISBN : 222111065X
Éditeur : Robert Laffont (2008)


Note moyenne : 4/5 (sur 25 notes) Ajouter à mes livres
Ce que nous raconte Norman Mailer dans ce livre, c'est la vie, les amours et la mort de Gary Gilmore, un assassin qui fascina l'Amérique. Meurtrier de deux étudiants à sa sortie de prison, Gilmore devait ensuite littéralement exiger son châtiment par fusillade... Le pel... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par caro64, le 24 juillet 2009

    caro64
    Prix Pulitzer en 1980, Le Chant du bourreau dresse le portrait de Gary Gilmore connu des Américains comme étant le premier condamné à être exécuté après le rétablissement de la peine capitale en 1976.
    Le Chant du bourreau est une des œuvres phare de ce genre littéraire américain appelé New Journalism. Ni un document ni tout à fait un roman, un travail très particulier sur la fiction dans sa puissance à rendre le réel, le mettre en perspective, à en exploiter les détails. Dans ce texte fleuve, Mailer sonde, retranscrit, exploite le matériel énorme, expliquant sa méthode dans le chapitre qui clôt le roman (« en guise de posface »). « le récit est aussi exact que possible (…), un récit fondé sur les faits – cette histoire vraie d'une vie, j'ose le dire (…) – comme s'il s'agissait d'un roman ».
    Au long de 1300 pages, Norman Mailer retrace le parcours de cet américain moyen privé de liberté pour avoir commis des petits larcins durant son adolescence. Après sa sortie de prison cet homme broyé par l'univers carcéral réapprend à vivre une existence banale comme les autres. Mais la parenthèse se ferme lorsqu'il assassine sans raison et de « sang froid » deux jeunes hommes sans histoire, ce qui le renvoie aussi sec en prison. Il est jugé et condamné à mort au terme d'un procès bâclé. Refusant tout recours, luttant contre les abolitionnistes, sa propre famille, certains de ses avocats, les croyances religieuses, politiques et morales, Gilmore choisira la mort, choisira de se faire fusiller dans un pénitencier de l'Utah en 1977.
    La puissance du roman tient dans la démesure : Norman Mailer s'attarde sur la personnalité de cette figure de meurtrier, fouille les détails de sa vie.
    Gary Gilmore apparaît comme un personnage complexe, doté d'une intelligence et d'une culture supérieure à la moyenne, qui oscille perpétuellement entre le bien et le mal dont la culpabilité est avéré mais qui se présente comme une victime d'une société refusant le mal dont elle est rongée.
    Lorsqu'il essaie de mourir dans la dignité et qu'il grandit dans sa lutte pour finir sa vie, le cirque va se mettre en place, les médias vont s'engouffrer dans cette affaire, ainsi que les affairistes qui vont l'exploiter avec des contrats d'Hollywood et des ventes de tout type (lettres, tee-shirt,…). L'auteur peint avec un humour corrosif toute cette pantomime de l'hypocrisie. Gary deviendra une star exhibitionniste du fond de sa cellule et mènera même la danse.
    Mailer n'enferme pas Gilmore dans une image unique : il est à la fois détestable et admirable, criminel et artiste – il dessine remarquablement mais tenait « à un grand succès, à devenir un artiste renommé, pas un manœuvre de l'art commercial « .
    L'auteur met en scène toute une galerie de personnages stupéfiants. Chacun d'eux est l'objet d'une notice biographique, de quelques lignes à plusieurs chapitres , Norman Mailer montrant combien chaque vie s'imbrique à celle d'autrui, change son cours, façonne des pensées, des comportements. Il peint une Amérique profonde avec ces gens perdus, incultes, pathétiques mais aussi attendrissants. Derrière le portrait de Gary Gilmore, il y a aussi une formidable photographie de la société américaine des années 1970 et d'une communauté mormone très conservatrice.
    Et puis, on ne peut pas lire ce roman sans être touché par la terrible histoire d'amour qui le traverse, celle unissant Gary Gilmore et Nicole Baker, jeune fille de 19 ans, paumée, rencontrée quelques semaines avant de commettre l'irréparable. Cette passion, faite de sexe, de coups, de rupture et de retour, de lettres enflammées (quand les deux amants sont séparés au cours de la détention) apporte une dimension tragique supplémentaire. Car l'union de ces deux destins brisés se révèle impossible.
    Le Chant du bourreau est d'une force et d'une tension hypnotique, une fois commencé on a du mal à le lâcher. Ces 1300 pages se lisent facilement, d'autant plus qu'on est accroché à l'histoire dès le début. C'est merveilleusement bien écrit. Ce "roman" pourrait se décomposer en plusieurs récits tant il est riche. C'est une comédie humaine, un roman social, un roman politique, un roman d'amour.
    Un livre qui secoue. J'ai trouvé cette histoire fascinante, époustouflante et je pense que le le visage de Garry va me hanter un certain temps... La scène de l'exécution de Gilmore, dans les derniers chapitres du roman, celle de sa crémation, ensuite, sont magistrales. Un livre à découvrir !
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    Critique de qualité ? (8 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par manoes, le 17 mai 2012

    manoes
    Quoi que l'on fasse, on revient toujours à ses fondamentaux. Ici, l'Amérique et sa littérature. Depuis quelques années, je cherchais Le chant du bourreau qui n'était plus édité depuis longtemps. Et puis voilà, un jour, le miracle arrive à la librairie du coin tandis qu'Un long silence s'achève. Le chant du bourreau de Norman Mailer n'est certes pas une nouveauté mais quel livre magistral sur l'Amérique. D'un fait divers hors norme, Mailer extrait le sang, le pus, ce que l'on cache. A l'opposé du de sang froid de Truman Capote qui glace le sang mais dont l'écriture garde le vernis mondain propre à l'auteur, Mailer plonge corps et âme dans cette histoire folle pleine de sang, de sexe, de fureur, de cris. En 1976, Gary Gilmore, 36 ans, tue de sang froid deux jeunes hommes mariés et père de famille. Il a déjà passé plus de la moitié de sa vie en prison. Enfermé à 13 ans dans un centre de rééducation, il en ressort pour s'enfoncer encore plus dans la délinquance. Dans plus de 1 500 pages que l'on ne peut lâcher tant la tension va crescendo, Mailer raconte donc ce crime et ce qui a suivi. Condamné à mort dans un Etat qui n'applique plus cette peine, Gilmore va tout mettre en œuvre pour que la sentence soit appliquée. Et par là, déclencher une formidable tempête médiatique et juridique aux Etats-Unis comme dans d'autres pays. L'histoire peut se séparer en deux temps comme le titre du beau film de Douglas Sirk : celui d'avant les crimes, le temps de l'amour et celui d'après, le temps de mourir. L'histoire d'amour est à la fois fascinante et répulsive qui met en scène deux êtres fragiles et cabossés. Mailer glisse dans son texte les lettres des amoureux, des textes pleins de poésie.
    La seconde partie est un véritable thriller juridique, haletant, ponctué de rebondissements, de coups de théâtre avec d'innombrables avocats tantôt nuls, tantôt épuisés, un procureur inflexible, un directeur de prison sensible, des associations contre la peine de mort, des journalistes charognards ; chacun a un avis sur la question, le tout en terre mormone. Ce qui n'est pas rien. La peine de mort, les longues peines de prison, l'enfermement des jeunes délinquants, la place des journalistes autant de sujets de réflexion pour le lecteur. Pourtant Mailer ne s'arrête pas à poser telle ou telle question : il avance à sa manière, celle d'un ogre. L'un des personnages-clé du roman peut se permettre quelques états d'âme : Lawrence Schiller. On peut croire que ce livre existe grâce à ses interviews et aux liens tissés avec les principaux protagonistes de l'histoire. Il y a enfin, le personnage central, Gary Gilmore, fascinant parce que mystérieux… comme la majorité des êtres humains. Très intelligent, cultivé, l'amoureux de Nicole est aussi un être violent, probablement brisé par les années d'enfermement et une enfance sombre. Dont il ne parlera que pour dire du bien de sa mère, Bessie. Quelques années plus tard, son plus jeune frère se chargera du portrait de leurs parents et racontera ses souvenirs d'enfance dans Un long silence.
    Le chant du bourreau est une grande lecture, de celle qui vous marque définitivement.


    Lien : http://manoes.canalblog.com
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    Critique de qualité ? (7 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par valeriane, le 08 février 2012

    valeriane
    Petit retour en 2009 avec des notes de lecture en retard...Le Chant du bourreau de Norman Mailer, petit pavé écrit vers 1981, réédité dans la collection Pavillon poche de Robert Laffont en mars/avril 2009, m'a totalement emballé!Je n'ai pas lu d'une traite les quelques 1291 pages du roman, mais plutôt en deux étapes. le livre est divisé en deux parties de 500 et 700 pages. (Je parle beaucoup du nombre de pages, mais ça faisait longtemps que je ne m'étais pas engagée envers une telle brique... ma dernière expérience doit remonter avec le Comte de Monte Cristo qui ne faisait "que" 800-900 pages le tome).Quelque soit l'épaisseur du roman, dès que l'on ouvre la couverture du livre de Mailer, on pénètre dans une immense saga.Cette histoire, c'est celle de Gary Gilmore. Personnage d'un réel fait historique qui s'est déroulé aux Etats-Unis dans les années 70.Norman Mailer relate l'histoire de cet homme via un travail documentaire et des témoignages de ses proches. Un récit tellement bien écrit qu'on a vraiment l'impression de se plonger au coeur du sujet en première ligne.L'histoire : Gary Gilmore sort de prison, où il a passé la majeure partie de sa vie (près de 20 ans sur ses 36). A sa sortie, une cousine va le prendre sous son aile et tenter de le réadapter à la vie sociale. Très vite, il fait la rencontre de Nicole dont il va s'enticher. Un amour tantôt réciproque, tantôt déchiré de la part de la jeune fille-mère. La réinsertion de Gary se fait tant bien que mal, et après 9 mois de liberté et quelques petits larcins, Gary commet deux meurtres.Pris en chasse par la police, Il est renvoyé manu-militari en prison. C'est à ce moment que Nicole prend conscience du profond attachement qui la lie à Gary. Elle ne vit désormais plus que pour lui et est prête à mettre fin à ses jours, en même temps que son homme alors emprisonné, afin d'être réuni à jamais. Tentavies qui vont échouer.Gary est alors inculpé pour le double meurtre et condamné à la peine de mort. Peine contre laquelle Gary ne souhaite pas faire appel, au grand dam de ses avocats.L'affaire Gilmore devient donc un fait majeur dans l'actualité judiciaire qui va animer les médias.Difficile de résumer cette brique, tellement elle est foisonnante!En quelques mots, on pourrait dire "l'histoire d'un criminel refusant de faire appel"... ou comme l'a fait l'auteur "Une histoire d'amour américaine" (sous-titre de l'ouvrage).Mailer nous emporte dans un récit palpitant sur la vie d'un homme, son appartenance à la communauté mormon, une culture, la vie carcérale et le monde judiciaire. le portrait fascinant d'un personnage ambigu et à multiple facettes, une personnalité difficile à cerner.La première partie concerne les neuf mois de vie en liberté de Gilmore, la seconde (plus épaisse) relate son combat pour être fusillé, espérant ainsi une rédemption pour une autre vie en osmose avec Nicole.J'ai été totalement happée par le roman, même si je l'ai lu en deux fois.Il est difficile de classer ce roman dans la catégorie fiction tellement Mailer se base sur la réalité (enfin bon, je n'y étais pas et n'ai pas étudié le sujet en profondeur, mais pour ce que j'en ai lu, le roman tient plus ici du documentaire romancé que de la fiction basée sur des faits réels... enfin quoique, vous allez me dire que c'est vague comme description).Une chose est sûre, sachant qu'il s'agit de faits réels, impossible d'imaginer que Mailer n'a pas suivi les protagonistes pas à pas depuis le début.Le style de Mailer est qualifié de New journalism, c'est-à-dire l'usage appliqué de techniques journalistiques dans le récit de fiction.Autant que je me souvienne (baaah oui, ça fait déjà plus d'un an que je l'ai lu...), Mailer ne propose pas de courtes phrases ou des rebondissements à tous les chapitres, mais le rythme n'en n'est pas moins haletant. Même si je connaissais l'issue de l'histoire, j'ai été absorbée par le déroulement et le développement qui s'étalait sous mes yeux.Une oeuvre à découvrir!!(Et j'en profite pour remercier Pierre qui m'a conseillé ce livre, même si je ne pense pas qu'il passera par ici ; -) )Ma note : 4 étoiles
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    • Livres 2.00/5
    Par gridou, le 11 février 2011

    gridou
    Gary est ce qu'on appellerait aujourd'hui un '"petit délinquant qui a mal tourné". Il commence par des petits délits qui le conduisent en prison. du coup, c'est là qu'il apprend la vie. Quand il en sort, 13 ans plus tard, il a 35 ans, il n'a pas fait d'étude, n'a jamais travaillé, il a la maturité du gamin qu'il était quand il y est entré la 1ere fois. Malgré le soutien de sa famille (des bons mormons prêts à aider leur prochain, qui lui trouvent un boulot, un logement ...), il ne rentrera jamais dans le moule.
    La première chose qui m'a dérangée, c'est Gary lui-même. Un vrai anti-héros! Carrément agaçant ! On a beau s'armer de toute la compassion du monde, pas moyen de le supporter. Ce type est un vrai boulet !! Ingrat, immature , instable et violent en prime. Évidemment, tout ça est voulu. Il faut rester neutre à tout prix et relater les faits, uniquement les faits...Mais moi, je m'attache aux personnages d'habitude, et là... impossible.
    Ensuite, pour chaque personnage intervenant dans le récit (même s'il ne revient pas par la suite) Mailer rentre dans le détail (mais vraiment ! C'est une petite biographie à chaque fois!). Pour chaque action,chaque lettre envoyée, chaque petit détail: un paragraphe. Une enquête effectivement très méticuleuse, qui permet de se faire sa propre opinion sur la justice, la récidive, la peine de mort, la responsabilité...mais tellement longue...
    Les thèmes abordés m'intéressaient au départ mais je n'ai pas accroché.
    Cependant, je ne veux décourager personne. Quiconque a aimé 'de sang froid' de Truman capote, appréciera sûrement 'Le Chant du bourreau' , qui est un peu dans le même style, très froid et détaché.

    Lien : http://lesgridouillis.over-blog.com/article-le-chant-du-bourreau-de-..
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  • Par lapetitesteph, le 23 avril 2012

    lapetitesteph
    En 1980, N. Mailer en fait le personnage central des 1200 pages et quelques de son "Chant du bourreau", un ouvrage de "journalistic fiction" comme on dit de l'autre côté de l'Atlantique, un pavé magistral dans la lignée du "De sang froid" de T. Capote.
    Provo, petite ville non loin de Salt Lake City, tranquille, avec une population à majorité mormonne. C'est là que vit la famille de Gary Gilmore. Justement le voilà de retour, après 13 ans de prison. Tout est réuni pour un retour à une vie normale, un toit, un travail, mais les barreaux, ça bousille un homme. Gary brûle sa liberté par les 2 bouts : il boit, il vole, il ment, seule embellie, il tombe amoureux de Nicole, 19 ans, un passé amoureux tumultueux, 2 enfants. C'est Je t'aime Moi non plus avec grands étreintes, grands cris et gros coups. Mais un jour il tue, 2 hommes en 24 heures. Retour en prison. Procès. Peine de mort. Et tout un battage médiatique pour le sauver, obtenir un sursis. Mais quitte à passer le restant de ses jours enfermé, loin de Nicole, Gary préfère mourir, il choisit d'ailleurs le peloton d'exécution. Ses derniers mots : "Let's do it".
    Dans sa manière de retracer cette triste histoire N. Mailer est extrèmement minutieux et réaliste. La personnalité de Gary Gilmore est dévoilée par touches précises, un élément de son existence par-ci par-là. de même pour les autres personnages.
    Le plus triste, c'est la dernière partie, quand tout le monde s'agite autour de Gary soi-disant pour le sauver. Certains le veulent vraiment, mais d'autres voient plutôt la couleur des dollars : plus il y aura de sursis, plus les avocats gagneront de l'argent, plus il y aura de suspense, plus les journalistes vendront cher leurs articles, plus les producteurs de cinéma en tireront un bon film à faire pleurer les chaumières... Et dire que Gary avait tué pour quelques billets.

    Lien : http://lapetitesteph.blogspot.fr
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Citations et extraits

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  • Par caro64, le 25 juillet 2009

    Nicole lut et relut la lettre de Gary. Elle avait dû la lire cinq fois, et les mots entraient et tourbillonnaient dans sa tête comme un vent déchainé.

    3 août
    Rien dans mon expérience ne m’a préparé au genre d’amour sincère et sans réserve que tu m’as donné. J’ai tellement l’habitude des saloperies et de l’hostilité, de la duperie et de la mesquinerie, du mal et de la haine. Ça, c’est mon environnement naturel. C’est ce qui m’a formé. Je regarde le monde avec des yeux qui se méfient, qui doutent, qui craignent, qui haïssent, qui trichent, qui raillent, qui sont égoïstes et vains. Les choses inacceptables, je les considère comme naturelles et j’en suis même venu à les accepter comme telles. Je regarde cette horrible et abominable cellule et je sais que je suis à ma place dans un endroit aussi humide et sale car où devrais-je être ailleurs ? ...
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  • Par caro64, le 25 juillet 2009

    ...J’espère que ça ne fait pas mélo, mais j’aimerais me retrouver sous les yeux de Dieu. Savoir que je suis juste, droit et pur. Quand on est comme ça, on le sait. Et quand on ne l’est pas, on le sait aussi. Tout cela est en nous, en chacun de nous – mais je crois que j’ai fui ça et que quand j’ai essayé de m’en approcher, je m’y suis mal pris. Je me suis découragé, ça m’a ennuyé, j’ai été paresseux et finalement inacceptable. Mais qu’est-ce que je dois faire maintenant ? Je ne sais pas. Me pendre ?
    Ça fait des années que je pense à ça, il se peut que je le fasse. Espérer que l’Etat m’exécute ? C’est plus acceptable et plus facile que le suicide. Mais on n’a exécuté personne ici depuis 1963 (c’est à peu près la même année pour des exécutions légales où que ce soit). Qu’est-ce que je vais faire, pourrir en prison ? Devenir vieux et amer et finir par ruminer ça dans mon esprit jusqu’à penser que c’est moi qui me suis fait baiser, que je ne suis qu’une innocente victime des foutaises de la société ? Qu’est-ce que je vais faire ? Passer toute une vie en prison en recherchant le Dieu que j’ai envie de connaître depuis si longtemps ? Me remettre à la peinture ? Ecrire de la poésie ? (…) Qu’est-ce que je vais faire ? On a toujours le choix, n’est-ce pas ? (...)
    Mon Dieu Nicole, que je t'aime.»
    (Lettre à Nicole, 3 août 1976)
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  • Par caro64, le 25 juillet 2009

    Une fois de plus, Schiller changea d'avis au sujet de l'apparence physique de Gilmore. On aurait dit que cet homme pouvait retirer un masque, l'accrocher au mur et en prendre un autre. Aujourd'hui, Gary n'avait pas l'air d'un concierge, d'un démarcheur ou d'un tueur au sang de glace. Ca faisait dix jours qu'il faisait la grêve de la faim et ça l'avait rendu pâle. Son visage s'était creusé et on distinguait mieux les cicatrices. Il était beau et frêle. Comme rongé. Il ne ressemblait pas à Robert Mitchum ni à Gary Cooper, mais à Robert DeNiro. La même impression de torpeur, mais la même force derrière cette torpeur.
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  • Par caro64, le 25 juillet 2009

    Nicole commenca à se dire qu'il n'y avait pas une minute où elle ne cessait de l'aimer, pas une minute. Pas une minute de sa journée où il ne fut pas présent à son esprit. Ca, ça lui plaisait. Ca lui plaisait ce qu'elle ressentait en elle.Mais c'était bizarre. Elle prenait une grande inspiration et s'apercevait qu'elle était en train de tomber de plus en plus amoureuse d'un type qui allait bientôt mourir.
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  • Par caro64, le 24 juillet 2009

    Oui, Gary était un homme triste et esseulé, un des plus tristes et des plus essulés. "Oh, mon Dieu, songeait Bessie, il a été en prison si longtemps, il ne savait pas comment travailler pour gagner sa vie ou pour payer ses factures. Tout le temps où il aurait dû apprendre, il était bouclé".
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Norman Mailer : Portrait de Picasso en jeune homme
Des salles du musée Reina Sofia, à Madrid, et devant un tableau de Pablo PICASSO, Olivier BARROT présente le "Portrait de Picasso en jeune homme" de Norman MAILER, qui, semble redécouvrir la prééminence du peintre sur ses contemporains. le commentaire est illustré par des oeuvres de jeunesse.








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