ISBN : 2070787664
Éditeur : Joëlle Losfeld (2008)


Note moyenne : 3.52/5 (sur 52 notes) Ajouter à mes livres
Encore adolescente, Delphine a compris de quoi les êtres humains ont besoin: de réconfort, d'illusion, de mensonge même, de tout ce qui peut rendre la vie supportable. Elle a trente cinq ans et vit grâce à l'agence qu'elle a créée, "Pour Vous", un lieu destiné à sati... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 3.00/5
    Par tilly, le 04 juin 2010

    tilly
    Franchement, j'ai été un peu déçue de recevoir par poste un livre de poche...mais bon, j'avais choisi vite-vite dans la liste de Masse Critique pour être sûre de recevoir quelque chose !
    Le titre me plaisait, et je me souvenais avoir beaucoup aimé Leur histoire (2002) de la même Dominique Mainard, porté à l'écran par Alain Corneau sous le titre Les Mots Bleus, d'après la belle chanson de Christophe.
    Pour Vous a donc été publié la première fois en 2008 aux Éditions Joëlle Lossfeld.
    Et a même déjà reçu le Prix des Libraires 2009.
    J'arrive bien après la bataille...
    Mais si comme moi vous aviez raté cet excellent roman, et original et dense, lors de sa sortie, faites-vous un petit plaisir pour pas trop cher !
    Delphine M. est-elle une Amélie Poulain en plus barge ? Plus trash ? Un peu, mais pas seulement, heureusement.
    Très jeune et par vocation, elle a créé sa petite entreprise : l'agence Pour Vous, une seule employée permanente pour l'aider, et quelques paumés intérimaires pour des mises en scènes au service de clients tous plus déboussolés les uns que les autres.
    Elle fournit du "service à la personne".
    Ses clients la payent (chichement, mais elle tient sa comptabilité au plus près) pour pouvoir vivre leurs illusions.
    "... on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire."
    Il y aura évidemment un jour où tout s'emballera, se dérèglera. Quand les rêves et les demandes exorbitantes de ses clients viendront un jour percuter et fêler sa carapace d'indifférence, sa résilience.
    C'est bien sûr une fable. Un conte, cruel comme souvent les contes. Qui parle de manipulations dérisoires, de chantages un peu minables, mais aussi de compassion, d'empathie, d'écoute. Avec sinon une morale, au moins une profondeur assez vertigineuse pour une simple histoire.
    La réjouissante complexité des personnages de Dominique Mainard est toujours suggérée, rien n'est affiché, asséné.
    Il y a toujours place pour l'imagination, la réaction et l'interprétation du lecteur.
    C'est ce qui fait pour moi la supériorité de cet écrivain sur... par exemple, Anna Gavalda, ou Douglas Kennedy.
    Et le style, l'écriture ? Impeccable, claire et nette.
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    Critique de qualité ? (4 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par yoshi73, le 07 juin 2010

    yoshi73
    Delphine a souffert d'un manque d'attention et d'amour pendant son enfance. Ce véritable traumatisme est à l'origine de la création de sa propre entreprise : Pour Vous. A travers cette entreprise, Delphine se propose d'offrir des services en tout genre moyennant finance. Ces services peuvent être aussi basiques que faire le ménage mais peuvent aussi être plus hors du commun. Ainsi, il arrive à Delphine de prendre l'identité d'une femme décédée pour permettre à un veuf éploré de vivre une soirée de plus avec celle qu'il a aimé.
    Delphine est une femme froide et méthodique que rien ne fait reculer. Elle garde toujours de la distance avec ses clients. Jusqu'au jour où une faille apparaît. Un client la fait sortir de sa réserve et mettre en péril tout ce qu'elle a construit jusque là. Un client qui lui ressemble et qui va lui faire espérer une vie nouvelle.
    Ce roman m'a mise mal à l'aise. le personnage principal, Delphine, est d'une froideur incroyable. le genre humain ne semble pas l'émouvoir et tout ce qui compte pour elle est de savoir combien ses clients sont prêts à la payer pour les services qu'elle va leur rendre. Chez elle, tout est rapport à l'argent. Cette froideur m'a vraiment empêché de m'accrocher au personnage. Toutefois, j'ai apprécié le déroulement de l'histoire, notamment le fait que l'auteur choisisse une fin plausible au regard du personnage qu'elle nous a fait suivre tout au long des 300 pages de ce livre. Une impression de lecture dérangeante.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 1.00/5
    Par ph_hugot, le 18 avril 2011

    ph_hugot
    Deplphine M. a trente cinq ans. Delphine dirige son agence « Pour Vous », une agence de services à la personne. Elle sait depuis longtemps ce dont les gens ont besoin : services, certes, mais aussi et surtout réconfort, écoute, compassion, tendresse.
    Du coup ses services ont pris dés le départ une tournure particulière : de promeneuse de grand-père, d'accompagnatrice et lectrice pour dame âgée, à prêteuse d'enfant, ou même de ventre, usurpatrice d'identité pour veuf en mal de femme ou amoureux trompé, Delphine propose une prestation unique, à la lisière de la légalité. Elle ira jusqu'au bout. Jusqu'au pire. Delphine est un roc, elle ne ressent rien, ses service sont facturés, point barre. No conscience, donc, au pays des désabusés. Relations clients / fournisseurs, un point c'est tout.
    Cruelle déception que ce roman d'un auteur dont j'avais beaucoup aimé Leur histoire ou Le Ciel des chevaux.
    Ici, le point de départ est séduisant, mais hélas, tout sonne convenu et peu crédible: le personnage de Delphine est trop passif et peu attachant pour susciter l'empathie et les rebondissement sentent l'artifice. Dommage
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    Critique de qualité ? (2 votes positifs)
    • Livres 3.00/5
    Par tulisquoi, le 23 mai 2010

    tulisquoi
    Depuis toute jeune, Delphine doit se débrouiller toute seule : émancipée à seize ans, des parents absents, des études jamais finies. Elle démarre donc du mauvais pied dans la vie. Jusqu'à ce qu'un jour, une petite vieille sympathique l'embauche pour l'aider à faire ses courses et lui tenir compagnie. Très vite, Delphine va se trouver sous la protection de cette dame, qui va lui payer des cours pour qu'elle puisse apprendre à lire et écrire correctement, lui donner certains de ses vêtements, car Delphine n'a pas de quoi se payer des habits chauds pour l'hiver, etc. Et c'est de cette rencontre que va naître la vocation de Delphine. Aider les autres. Mais les aider d'une manière très inhabituelle, puisqu'elle va leur faire payer ses services : remplacer une fille jamais présente, tenir le rôle de sa femme morte pour qu'un mari puisse une dernière fois faire l'amour avec elle, trouver un enfant pour qu'un couple puisse enfin réaliser son rêve ? Tout ça et même beaucoup plus encore est possible chez Pour Vous. Il suffit de payer.
    Comme dans Le Ciel des chevaux, les personnages de Dominique Mainard, sous une apparence solide et forte, cachent une grande fragilité. Mais être fragile, c'est être vulnérable. Et ses personnages ont souvent déjà bien trop souffert pour laisser à nouveau quoi que ce soit les atteindre. Ça peut sembler froid et impersonnel comme ça. Et ça l'est. Dans l'écriture, dans les efforts que déploie Delphine pour ne surtout pas ressentir quoi que ce soit et aussi dans la vision du monde que nous offre Dominique Mainard. Mais si on regarde un peu autour de nous, sommes-nous vraiment à l'abri de voir un jour une telle agence s'ouvrir ? Delphine ne fait qu'apporter aux gens ce qui manque souvent dans nos villes : un lien social, une écoute, un geste pour l'autre.
    Un bémol ? Petit le bémol, mais ça sera pour la façon dont Delphine va finalement s'ouvrir au monde et aux sentiments. Une impression de trop de facilité dans tout ça, comparé à la carapace qu'elle s'était forgée. Mais je ne peux que vous conseiller de découvrir malgré cela Dominique Mainard et son écriture qui est, comme le dit si bien Brize, " comme une voix basse et mélodieuse capable de capter immédiatement mon attention ! "

    Lien : http://tulisquoi.over-blog.com/article-pour-vous-dominique-mainard-5..
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    • Livres 5.00/5
    Par Lostinmypal, le 07 février 2012

    Lostinmypal
    C'est un très beau livre qui ne plaira pas à tout le monde, par contre, c'est certain. Mainard met le doigt là où ça fait mal mais tout en douceur, sans cynisme (ce n'est pas son genre). Simplement, on ne peut nier que cette histoire est "politiquement incorrecte". L'héroïne est touchante sous sa carapace mais encore faut-il être capable de ne pas la juger d'office.
    Bref, ce fut un merveilleux moment de lecture.
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Critiques presse (1)


  • Lecturejeune , le 01 décembre 2008
    Lecture jeune, n°128 - Delphine dirige une agence de services à la personne appelée « Pour vous ». Elle joue la promeneuse de grand-père, la lectrice pour les grands-mères, la consolatrice de mari trompé... et annonce le prix. Elle réconforte, écoute, console et n’a pas de limites : Delphine peut tout faire contre rémunération et elle tient ses comptes scrupuleusement. La jeune femme est une éternelle solitaire, rien ne l’émeut, rien n’a de valeur. Est-il possible de briser le mur de briques dont elle s’est entourée ?

    Dominique Mainard dresse le portrait d’une femme qui semble s’être immunisée contre la souffrance mais peut-on se couper de la vie réelle ? Le commerce de l’amour et du réconfort est un sujet complexe et rude. En revanche, l’écriture chaleureuse fascine et l’absence d’informations spatio-temporelles permet de percevoir la souffrance de la jeune femme comme une blessure universelle. Le récit est angoissant, fascinant et beau, même si la tristesse et la solitude sont omniprésentes au fil du roman.

    Agnès Donon

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Citations et extraits

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  • Par Reka, le 26 mai 2010

    Voilà, tout a commencé ainsi, j'ai été la petite fille d'une inconnue, puis la soeur, la maîtresse, l'amie, la confidente de centaines d'autres, et aujourd'hui je porte un enfant dont je ne suis pas vraiment la mère. Cette agence est un vaste sac où l'on trouve de tout, une boîte de Pandore, selon les termes d'un client, et il n'est rien en effet dont nous ne fassions commerce, la vie, l'amour, la mort. (p. 63)
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  • Par Chrys, le 16 septembre 2010

    P31: "Je ne sais pas s'il est vrai que je devrais avoir honte de ce que je fais. Je ne sais pas s'il est vrai que je n'ai pas ou plus la moindre idée de ce qu'est la réalité, comme on me l'a reproché parfois; on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire. "
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  • Par Heloize, le 13 mai 2010

    J'ai dû m'interrompre alors. J'ai fermé le cahier, je l'ai posé sur les autres et je les ai entourés de leur élastique, comme on maintient close la gueule d'un monstre, un de ces monstres dont les paroles et les rires sont cruels de vérité ou encore prémonitoires. Je pensais à mon errance dans la rue presque abandonnée, la veille, quand j'étais partie de l'appartement de Jones après ses menaces et ses injures. Je me rappelais le scooter surgissant et mon espoir insensé - peut-être était-ce Jones, peut-être était-il venu me consoler, incliner ma tête et la poser sur son épaule comme il l'avait fait pour Adorno voici longtemps ; mais, non, j'avais marché seule dans la rue avec les yeux humides et mon gros ventre, il n'avait sans doute même pas jeté un regard par la fenêtre pour s'assurer que je prenais la direction de l'arrêt de bus, et j'ai senti les larmes me monter aux paupières, difficilement, lourdes et brûlantes.
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  • Par Reka, le 26 mai 2010

    J'ai tout de suite eu beaucoup de clients - parfois je les appelle 'patients' mais est-ce vraiment le mot, 'patients', puisque ceux qui viennent me voir n'ont justement pas eu la patience nécessaire pour que le temps fasse son travail, qu'il épuise, émousse, filtre le plus gros de la douleur ou du désir. (p. 33)
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  • Par FraHau, le 23 novembre 2010

    Je ne sais pas s'il est vrai que je devrais avoir honte de ce que je fais. Je ne sais pas s'il est vrai que je n'ai pas ou plus la moindre idée de ce qu'est la réalité, comme on me l'a reproché parfois ; on m'a traitée de marchande de rêves et c'était indifféremment un compliment ou la pire des injures. Aux yeux de mes clients, je suis quelqu'un qui console et soigne ou qui vend la plus toxique des drogues. Mais la vie m'a appris qu'il n'y a rien de moins réel que ce qu'on nomme la réalité et qu'une mort, une trahison, une souffrance cessent d'exister du moment qu'on arrive à s'en distraire.
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Vidéo de Dominique Mainard

Rencontre avec Dominique Mainard qui présente son roman, "Je voudrais tant que tu te souviennes" au Poivre d'Ane.








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