> Fabrice Pointeau (Traducteur)

ISBN : 2355840369
Éditeur : Sonatine Editions (2010)


Note moyenne : 3.94/5 (sur 65 notes) Ajouter à mes livres
1348. La peste s’abat sur l’Angleterre. Rites païens, sacrifices rituels et religieux : tous les moyens sont bons pour tenter de conjurer le sort. Dans le pays, en proie à la panique et à l’anarchie, un petit groupe de neuf parias réunis par le plus grand des hasards es... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Malaura, le 19 septembre 2011

    Malaura
    C'est en 1348 que commence cette histoire.
    Nous sommes en Angleterre et la peste commence à faire des ravages. Partant des villes portuaires, elle gagne insensiblement l'intérieur des terres, encerclant peu à peu la population dans un territoire de plus en plus restreint. S'ajoutant au mauvais temps sévissant depuis de longs mois et ruinant les récoltes, misère, maladie, mort, puanteur et peur dessinent les reliefs d'un pays exsangue, accablé par le sort.
    C'est par ces temps maudits que Camelot, le narrateur de cette histoire, se présente à nous.
    C'est un voyageur solitaire qui parcourt les routes du pays en vivant de la vente de reliques, fragments d'os, mèches de cheveux de personnages saints, sensés protéger l'acheteur des misères de l'existence…
    Avec l'avancée de la mort bleue, l'errance solitaire de Camelot prend fin. Réunis par un drôle de hasard, neuf compagnons de route vont accompagner le vieil homme.
    Composée d'un magicien, d'une guérisseuse, d'un peintre et de sa femme enceinte, d'un duo de musiciens italiens, d'un jeune manchot et d'une enfant étrange aux cheveux blancs, liseuse de runes, la Compagnie avance vers le nord, seule partie du pays encore épargnée par le mal.
    Mais échapper à la contagion n'est pas leur seule préoccupation.
    Tous semblent également fuir un passé trouble et lorsque l'un des leurs est retrouvé pendu, un autre démembré, et un suivant noyé, la panique ne tarde pas à s'emparer de la Compagnie.
    Alors que chaque membre se voit contraint de confier aux autres ses secrets les plus enfouis, la traque continue, décimant peu à peu cette Compagnie de Menteurs.
    Ensorcelant, captivant, envoûtant…les adjectifs ne manquent pas pour décrire le saisissement et les sensations que procure la lecture de cet ouvrage de la romancière anglaise Karen Maitland, tant il est vrai qu'il agit comme un véritable enchantement.
    Catalogué hâtivement dans le genre « thriller historique », c'est avant tout un roman tout d'ambiance et d'atmosphère que l'auteur a crée, une évocation aussi sombre que superbe d'une Angleterre de bruine, de brume et de brouillard, encerclée par la mort bleue.
    Le pari superbement réussi de l'auteur est de nous transporter quasi physiquement au cœur d'un Moyen Age de rites et de légendes, si bien que l'on ne suit plus simplement les aventures de la Compagnie mais les vivons charnellement avec eux, à leurs côtés, partageant au plus près leurs mystères et leurs secrets.
    C'est qu'en prenant tour à tour la parole pour raconter son histoire cachée, chaque membre sait se faire plus proche, plus attachant, plus important et plus présent, alors même que la mort rôde et que le lecteur transi, la peur au ventre, va devoir se résoudre à accepter leur inéluctable disparition.
    Ces récits dans le récit donnent à l'œuvre de Karen Maitland un côté foisonnant, une aura de mystère à la lisière du fantastique qui immerge le lecteur dans un monde trouble et chimérique comme les fables des anciens temps.
    A cela, une intrigue et un suspense riches et surprenants, et au final une oeuvre absolument magnétique, terriblement visuelle.
    Magique.
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    Critique de qualité ? (10 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par fleurdusoleil, le 31 janvier 2012

    fleurdusoleil
    Ce roman n'était pas dans mes grandes envies du moment, mais une personne me l'a prêté en me disant que j'allais être conquise. A la lecture du résumé, j'en doutais un peu. Pourtant, et heureusement, j'ai eu beaucoup de mal à le refermer.
    Rien à voir avec l'approche proposée en quatrième de couverture, non plus avec le genre dans lequel le livre est classé.
    La compagnie des menteurs est en fait un road-movie médiéval à l'ambiance très noire. Nous sommes en Angleterre en 1348. La peste fait rage dans le pays et installe une atmosphère de peur et de désespoir. Elle avance sans pitié et décime les populaces. Dans ce contexte apocalyptique, un groupe de 9 personnes tente de fuir la contagion et sillonne le pays pour rejoindre le Nord, apparemment épargné par le fléau. Ils ne se connaissent pas mais ont un but commun : survivre. Dans leur assemblée, une petite fille étrange et inquiétante ayant le don de lire les runes, un jeune couple en fuite, un musicien italien et son disciple, un vieux camelot, un illusionniste caractériel, une guérisseuse et un conteur manchot. Sur leur chemin la mort rôde. Pas la peste, mais une menace bien plus vicieuse et mauvaise. Comment vont-ils faire pour la combattre ?
    En entrant dans ce roman, il ne faut pas s'attendre à beaucoup d'action. Tout se joue sur l'atmosphère qui entoure nos compagnons d'infortune. Chaque personnage cache un secret, une culpabilité, un malaise. Et c'est avec bonheur que le lecteur se prend au jeu de tenter de découvrir qui sont réellement ces hommes et ces femmes. le titre prend donc tout son sens : "La compagnie des menteurs".
    Sur la route pour la survie, on apprend peu à peu à connaitre les compagnons et l'on est absorbé par leur périple. On découvre aussi les rites et les coutumes en usage au moyen-âge, rituels païens, superstitions...
    Bref, sceptique d'abord, conquise ensuite. J'ai simplement adoré ce roman d'atmosphère et j'ai eu beaucoup de plaisir à le lire. C'est un véritable coup de coeur pour moi.


    Lien : http://lacaveauxlivres.blogspot.com/2012/01/la-compagnie-des-menteur..
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    Critique de qualité ? (17 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par belette2911, le 21 avril 2012

    belette2911
    Que dire de plus sur cette belle découverte que fut ce livre et que l'on a pas déjà dit dans toutes ces critiques ??
    Tout d'abord, lorsque je lus le quatrième de couverture, dans cette bouquinerie, je m'attendais à me retrouver avec un tout autre récit ! M'attendant à trouver le groupe déjà formé dès le départ. Hors, il a fallu quelques centaines de pages avant que tout le groupe ne se constitue et voyage ensemble. Petit à petit il se forme, passant de un à trois, puis à quatre, cinq, six, sept, huit et le neuvième en la personne du conteur.
    Donc, avant de commencer et vu le résumé, je croyais fermement découvrir une sorte de "Communauté de l'Anneau" (ils sont 9 !) mis à la sauce de "Dix Petits Nègres", un des membres disparaissant au fil de leurs pérégrinations et au fil de la lecture.
    Raté ! La communauté prend son temps et il n'y aura pas un mort chaque soir. Cela ne m'a pourtant pas ôté le plaisir de lire ce livre, ce n'est pas la première fois que le quatrième de couverture joue avec mon imagination.
    Nous voilà donc en pleine période de pestilence et je me suis rendue compte, une fois de plus, que dans certains domaines, l'évolution s'est arrêtée.
    Pourquoi ? Parce que c'est toujours la faute des étrangers, dans ce cas-ci, les Juifs sont montrés du doigt et les ragots vont bon train. L'homme est con, permettez-moi de vous le dire, au cas où vous n'auriez pas remarqué que certains esprits volent plus bas que le derrière d'un cochon.
    Bien entendu, dans leurs petits cerveaux, la peste ne tuera que les étrangers et si des Anglaismeurent, c'est qu'ils auront fréquenté des étrangers. Élémentaire, non ?... (Ironie et sarcasmes).
    Pour l'époque, je peux encore pardonner cet esprit étriqué et cette référence à la punition divine, mais en 2012, c'est toujours d'actualité pour certains esprits qui ne volent pas plus haut. Et ils n'ont plus l'excuse de ne pas avoir été instruit et d'être sous le joug de l'Eglise et de son âme damnée nommé Inquisition.
    Pardon, je m'éloigne du sujet...
    Dans la communauté, tout le monde à un secret à cacher et ce n'est pas d'avoir piqué de la confiture dans l'armoire. J'en ai découvert certains très vite, mais pour d'autres, je fus plus lente, malgré les indices.
    Ce roman est passionnant pour son histoire, pour son côté sombre, par ce qu'on ne sait pas ce qui les suit et qui les tue... Ni quels sont les effroyables secrets qu'ils cachent.
    J'ai eu des envies de meurtre sur un des personnages, celui qui se dit magicien. Misogyne, égoïste, salopard, n'hésitant pas à dire ou faire du mal, je l'aurais bien encastré dans sa carriole.
    Le livre est facile à lire, pas de courses poursuites trépidantes, ils avanceront au pas de Xanthos, le cheval.
    J'ai eu des frissons en le lisant, la fin m'a fait ouvrir de grands yeux et j'en suis restée sur le cul.
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    Critique de qualité ? (9 votes positifs)
    • Livres 4.00/5
    Par caro64, le 27 octobre 2011

    caro64
    Une chronique de Christine (Bibiofractale) que je partage :
    Nous sommes en 1348, au sud de l'Angleterre, à Kilmington pour la foire de la Saint-Jean. Camelot, un vendeur itinérant de reliques et autres fragments d'espoir, donne à manger à une curieuse gamine famélique de 12 ans. D'apparence étrange, de comportement farouche, c'est une devineresse. Crainte, haïe, méprisée, Narigorm lit dans les runes, et ne ment jamais.
    Mais l'évènement marquant de la journée sera sans nul doute le premier cas de peste dans la ville. C'est la panique, et certains habitants prennent la fuite.
    Camelot, lui aussi, reprend sa route, décidé à aller vers le Nord en évitant les côtes du pays puisque c'est là que sont signalés les foyers les plus importants de contagion.
    Sur son chemin vont se trouver quelques personnages eux aussi en fuite, venant peu à peu grossir cette troupe itinérante.
    Au final ils seront 9, 9 à errer de village en village ou plutôt de contournement de village en contournement de village, pour éviter d'être face à face avec la peste. Pour fuir certainement un passé qu'on devine trouble, pour chercher… l'espoir d'une autre vie, sans maladie, sans crainte ? Qui sait.
    Camelot, avec Narigorm et Plaisance, avec Rodrigo et Jofre (un musicien et son élève), avec Cygnus (un homme possédant une aile de cygne), avec Zophiel (un prestidigitateur possédant une sirène), avec Osmond et Adela (un jeune couple attendant la naissance toute proche de leur premier enfant) commence un voyage, vers le Nord, puis vers l'Est, vers la sécurité peut-être.
    Mais dans un pays qui tombe peu à peu dans le chaos et l'anarchie, sous une pluie persistante, les superstitions font rage, les loups affamés rôdent, et les mensonges ne peuvent rester longtemps tus. Car il y a des tensions, des heurts, la cohabitation ne se fait pas sans mal. C'est un combat permanent pour manger à sa faim, et pour survivre.
    Surtout quand il y a un premier mort. Puis un autre. Puis encore un autre.
    Doutes et suspicions menacent le groupe.
    Quelle sera l'issue de ce curieux voyage ?

    Qu'importe l'itinéraire si l'on connaît le but ? Pas si sûr…
    Lecteur amateur de thriller avec un rebondissement à chaque page et un meurtre une page sur deux, passe ton chemin !
    Tous les autres, restez !
    Ce livre n'est pas donc pas un thriller à proprement parler, bien que chaque page amène son lot de surprises ou de détails soigneusement distillés.
    Ce livre vaut surtout pour le magnifique rendu d'une époque, d'une ambiance, d'un climat. Les descriptions sont précises, le vocabulaire parfait, un ton particulier s'installe. le réalisme est saisissant. On ne peut que s'incliner devant le talent de Karen Maitland pour cette belle justesse.
    Pas de suspense, mais l'envie bien réelle de tourner les pages pour en savoir plus, pour mieux connaître les personnages et ce qu'ils ont à cacher. Car derrière les apparences parfois contrefaites, les âmes sont également torturées.
    L'auteur, à petites touches, dévoile peu à peu le passé et les secrets des uns et des autres, dans cette époque où les tabous rivalisent avec les préjugés, où les peurs conditionnent les comportements.
    Plongez dans le Moyen Âge ! Mettez vous dans la peau de Camelot et observez bien ce qui se passe. Marchez sur les routes boueuses, craignez pour votre vie et la survie de votre âme !
    Les meurtres ajoutent le petit plus, la chute n'est pas totalement imprévisible, mais finalement ce n'est pas le plus important.
    Le plus important reste cette fuite d'une certaine vérité. Celle que l'on laisse derrière soi. Et même celle que l'on s'invente jusqu'à presque y croire.
    Le mensonge n'est parfois qu'une forme déguisée d'espoir….

    Un excellent livre, qui sans être un véritable thriller, est une très belle fresque historique et humaine.
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    • Livres 5.00/5
    Par Cath36, le 28 avril 2011

    Cath36
    Admirable roman situé au Moyen-Age ce livre hésite entre le thriller et le conte pour adultes, où on retrouve -en plus du suspens- tous les éléments de la tradition orale : le thème du voyage où chacun se révèle à lui-même et aux autres, des situations qui se répètent en une progression qui aboutit à une crise puis à une fin ouverte laquelle permet à chacun de donner sa propre interprétation, tout en étant renvoyé à lui-même. Il y a du reste au cours du récit des veillées où chacun se raconte à travers une histoire qu'il improvise. de plus Il y a des éléments de légende et chaque personnage symbolise quelque chose de notre humanité.La vérité finit par surgir peu à peu du miroir des apparences, au fur et à mesure que l'âme de chacun traverse malgré lui le tain de ses mensonges sous l'emprise d'un sortilège qui le contraint à se révéler.
    Bref un livre complexe, vivant, magnifiquement écrit, quelquefois un peu long mais prenant et riche de sens, et qui restitue en profondeur l'esprit du Moyen-Age. J'ai vraiment beaucoup aimé.
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Citations et extraits

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  • Par Ptitgateau, le 27 mai 2012

    Le besoin d'atteindre le sanctuaire se faisait chaque jour de plus en plus pressant. La peur gagnait les terres. Elle montait en silence, telle la marée dans une crique, une peur froide, grise, qui s'insinuait partout. On ne parlait plus dans la région que de la pestilence qui avait atteint Londres. La nouvelle avait ébranlé même les plus optimistes. Certes, Londres était un port; il était condamné à succomber tôt ou tard, mais il ne se trouvait pas sur la côte sud, ni même sur la côte ouest. La pestilence s'était propagée de tous côtés, et s'apprêtait désormais à atteindre le coeur de l'Angleterre.
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  • Par Elianthe, le 07 juillet 2010

    Comparé à d'autres, mon commerce pourrait être considéré comme respectable, et il ne fait aucun mal. Vous pourriez même dire qu'il fait du bien, car je vends de l'espoir, et c'est le plus précieux des trésors. L'espoir est peut-être une illusion, mais c'est ce qui vous retient de sauter dans une rivière ou de boire la ciguë. L'espoir est un mensonge magnifique et il faut du talent pour le donner aux autres. Et à l'époque, en ce jour où soi-disant tout commença, je croyais sincèrement que la création de l'espoir était le plus grand de tous les arts, le plus noble de tous les mensonges. (p.19)
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  • Par Cath36, le 27 avril 2011

    Les juifs sont d'excellents musiciens. Vous devriez les entendre jouer pendant leurs mariages...La musique commence doucement et lentement, jouée par un seul homme, chaque note si pure et claire, telle une goutte d'eau tombant d'une feuille, et peu à peu les autres musiciens se joignent à lui et les gouttes forment un ruisseau, puis le ruisseau devient un torrent qui s'engouffre dans vos oreilles et vous fait danser comme si vous étiez ensorcelé.
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  • Par Cath36, le 28 avril 2011

    Espérer, c'est placer sa foi dans les autres et dans les choses extérieures à soi-même ; ce qui mène inévitablement à la trahison et à la déception... Ce dont les hommes ont besoin, c'est la certitude qu'ils ont raison ; ils ne veulent pas douter, envisager qu'ils pourraient avoir tort ou se tromper. La certitude absolue qu'on a raison, voilà ce qui donne la confiance et le pouvoir d'agir à sa guise et de prendre ce que l'on veut dans ce monde comme dans le prochain.
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  • Par Cora13000, le 01 mai 2012

    (...) un jour tu te trouveras un beau prince qui t'emmènera vivre dans un château avec des tourelles dorées, qui t'habillera d'arcs-en-ciel et te donnera la lune pour jouer à la balle avec, et les étoiles pour te faire des paillettes dans les cheveux.
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Les Âges sombres .
Avec "La compagnie des menteurs", Karen Maitland a renouvelé le thriller historique. Avec "Les Âges sombres", elle confirme sa maîtrise absolue du genre.http://www.sonatine-editions.fr/Les-Ages-sombres








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