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ISBN : 207013220X
Éditeur : Gallimard (2012)

Note moyenne : 3.28/5 (sur 82 notes)
Résumé :
Lucy, célibataire pas encore trentenaire, est bibliothécaire dans une petite ville perdue du Middle West. Ian, dix ans, fils unique de chrétiens fondamentalistes homophobes, est son plus fidèle lecteur. Un beau matin, elle le découvre sur son lieu de travail réfugié parmi les livres. Contre toute attente, elle ne va pas le ramener tout de suite à ses parents. Ensemble, ils vont parcourir plusieurs Etats de cette Amérique post-11-Septembre. Pour ce gamin rêveur, c'es... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (31) Voir plus Ajouter une critique
horline
horline08 septembre 2012
  • Livres 3.00/5
La littérature américaine s'est découvert une nouvelle plume pour exposer les névroses contemporaines qui assaillent les Etats-Unis. A l'image d'un Percival Everett, Rebecca Makkaï nous dépeint avec une lucidité amusée une Amérique éclatée en quête de repères. Une Amérique tiraillée entre celle conservatrice, qui se crispe et se réfugie dans les églises évangélistes, et celle des déracinés qui s'interroge sur l'identité, sexuelle et filiale, ou encore l'évanescence des liens à l'image de Lucy, jeune bibliothécaire pleine d'autodérision qui porte en elle les ferments de la révolte dans ses veines russes des Hulkinov.
Dans sa volonté d'ouvrir à un nouvel univers le jeune Ian prisonnier de parents évangélistes convaincus, Lucy se voit embarquée malgré elle dans un périple burlesque promenant les deux héros du Missouri au Vermont en passant par Chicago. Pour n'importe qui ça ressemblerait à un kidnapping. Mais la légèreté extravagante associée à la culpabilité tournée en dérision brouillent les faits et attirent la complaisance, de sorte que sous les apparences d'un rapt d'enfant, crime grave de nature fédérale, on se laisse séduire par ce qui prend la tournure d'une fugue loufoque ou d'un menu larcin.
Nourri de rencontres fortuites et de rendez-vous organisés, le roman bascule dans un récit plein de bienveillance et de générosité qui fait tomber des barrières cognitives, mais pas forcément celles que l'on croit.
Ce premier roman de Rebecca Makkaï est une découverte sympathique où l'humour et quelques réflexions s'enrichissent réciproquement. Même si on n'apprend rien de nouveau et les fictions dénonçant les travers de notre société sont légion, Chapardeuse offre un bon moment de lecture. On apprécie le récit pour les contradictions nées du contact avec un jeune garçon intelligent et singulier qui ont pour rôle de désinhiber les consciences. Pages après pages, l'auteur s'amuse à déstabiliser Lucy la narratrice pleine de certitudes, de sorte que le périple improvisé bouleverse moins la conscience du jeune Ian que celle de Lucy.

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mariech
mariech28 novembre 2012
  • Livres 4.00/5
Lucy est bibliothécaire dans un petit village perdu dans l' Amérique profonde , dans le Missouri , elle a peur en pensant que sa vie est toute tracée , qu'il ne lui arrivera jamais rien d'intéressant , qu'on la considère comme la caricature de la bibliothécaire idéale , c'est-à-dire , vieille fille entourée de chats qui vit dans un petit appartement et qui n'a pas d'amis .
Lucy travaille au rayon ' jeunesse ' , le jour où Ian , un petit garçon de 10 ans vient à la bibliothèque , ce jour-là devient le jour de chance pour Lucy , elle ne peut rêver d'un meilleur lecteur , il est avide de nouvelles connaissances et a une passion la lecture .
Ces deux là devaient se rencontrer c'est inévitable .
Mais , car il y a un ' mais ' bien sûr , la famille de Ian est évangéliste et lui impose des lectures ; elle fait des listes avec les lectures interdites : pas de magie , de sorcellerie , pas de livres sur la théorie de l'évolution , même Harry Potter ne trouve pas grâce
à ses yeux ; pas de bonbons non plus .
Lucy va essayer d'aider Ian comme elle peut en fermant les yeux sur les livres qu'il lit à la bibliothèque .
Un matin , en arrivant la première dans sa bibliothèque , Lucy découvre que le jeune garçon s'est fait enfermer la veille et a passé la nuit dans les locaux ;
Bien sûr , ses parents doivent s'inquiéter , et bien sûr , Lucy va les prévenir mais .... dans les livres ça ne se passe jamais comme prévu , sinon il n'y aurait pas d'intrigue .
Lucy et Ian vont embraquer pour un tour des Etats -Unis qu'ils n'oublieront jamais , qui va les marquer à vie , oh positivement , ne vous tracassez pas pour eux .
Et oui ça finit bien .
C'est un roman qui donne de l'espoir , c'est une fable moderne plutôt qu'une histoire plausible , malgré quelques petits défauts , j'ai beaucoup aimé , surtout la critique sous-jacente des Etats -Unis , l'évocation de la famille de Lucy , le personnage de son père Russe est très bien .
Pas vraiment un coup de coeur mais une lecture bien agréable qui pose des questions .
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Renod
Renod23 février 2016
  • Livres 3.00/5
Hannibal est une bourgade anodine de l'Etat du Missouri, si ce n'est que Mark Twain y a passé son enfance. Lucy Hull travaille au sein du département jeunesse de la bibliothèque municipale. Elle mène une existence rangée qui pêche avec le tempérament tourmenté et tumultueux de ses origines russes. Mais une rencontre va tout faire basculer. Son plus fidèle lecteur, Ian, attire son attention et l'intrigue. Elle se plaît à conseiller ce jeune bibliophage, quitte à passer outre les restrictions imposées par ses parents qui lui interdisent toute fiction sur la magie ou la sorcellerie. Ian est le fils unique d'un couple de chrétiens fondamentalistes. C'est un enfant sensible et éveillé. Malgré son jeune âge, ses parents l'envoient en thérapie chez un pasteur controversé pour corriger ce qu'ils pensent être des prédispositions à l'homosexualité. Un matin, Lucy le découvre reclus dans la bibliothèque. Il y a passé la nuit et refuse de rentrer chez lui. Contre toute attente, Lucy accepte de partir avec lui en voiture sans bagage et sans destination précise. Au cours de leur pérégrination, des liens d'amitié vont se tisser entre ces deux personnages. Et Lucy va en apprendre plus sur elle-même, sur son histoire familiale mais aussi sur son entourage.
Le roman a en arrière-plan plusieurs oeuvres de la littérature jeunesse. Tout d'abord "les Chapardeurs" de Mary Norton qui raconte l'histoire de petits êtres qui vivent dans les petits endroits secrets des vieilles maisons, qui ne possèdent rien mais empruntent tout aux êtres humains. J'ai aussi pensé à "Matilda", Ian étant un grand lecteur contrarié par ses parents, et aux "aventures de Tom Sawyer", le garçon étant malicieux et parfois manipulateur. "Chapardeuse" est un roman léger, agréable à lire et plein d'humour qui plaira aux lecteurs passionnés par la littérature jeunesse et aux... bibliothécaires.
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Ness
Ness05 septembre 2012
  • Livres 5.00/5
Avant toute chose, je tiens à dire que je tiens entre mes mains mon coup de coeur de la rentrée ! Il est vrai
que je suis loin d'avoir lue tout ce qui est paru mais ce roman est une pépite.
Je remercie d'emblée Libfly et le Furet du Nord pour cet envoi. Vous ne pouviez pas me faire de plus beau
cadeau pour cet été.
Lucy bibliothécaire jeunesse à Hannibal petite bourgade du Missouri, tente désespérément de faire
contredire tout les clichés de sa profession, sans grand succès. A presque trente ans, toujours célibataire,
elle vit entourée de ses livres. Mais la vie de cette jeune femme va basculer le jour ou elle rencontre Ian. Ian,
est un lecteur fidèle comme on en trouve dans toutes les bibliothèques. Ian passe ses journées à fureter
entre les étagères. Mais à seulement dix ans, il ne peut pas encore tout emprunter, d'autant plus que sa
mère surveille ses lectures. Un lien va alors se créer entre ces deux personnages que tout semble opposer.
Un lien qui va les sauver l'un et l'autre.
Un très beau conte comme on aimerait en lire bien plus souvent. Et ce n'est pas parce que c'est l'histoire
d'une bibliothécaire que je dis cela !! Même s'il est vrai que moi aussi j'aimerai avoir des lecteurs comme ce
petit bonhomme.
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Missbouquin
Missbouquin16 mars 2016
  • Livres 4.00/5
Lucy est bibliothécaire, dans une petite ville du Middle West. Ian, 10 ans, est un lecteur fréquentant sa bibliothèque, mais ses lectures et actes sont étroitement surveillés par ses parents, chrétiens fondamentalistes homophobes. Leurs destins vont basculer le jour où le jeune garçon va franchir un point de non-retour pour fuir une vie limitée et terne. Et Lucy va être embarquée, bon gré mal gré. Pour une fois, c'est la bibliothécaire qui va « emprunter » non pas un livre, mais un enfant … Et les voilà partis dans un road-trip à l'américaine, complètement délirant.

Chapardeuse est le premier roman de l'américaine Rebecca Makkai, traduit du titre anglais « The Borrower », l'emprunteur au sens strict. Or pour moi cette traduction est donc erronée : les mots « chaparder » et « emprunter » n'ont pas la même signification … Dans un cas, l'objet en question n'est jamais retourné, alors qu'on rend normalement ce qu'on emprunte. Ce détail n'en est pas un car il change aussi le sens du roman : Lucy emprunte Ian, mais le rend à ses parents … différent.
Sinon, que dire sur un tel roman ? Il est délirant, enthousiasmant, mais aussi plein de profondeurs. On y questionne l'importance de nos influences culturelles, l'importance de l'enfance, les sentiments contradictoires, la religion, la lutte d'un enfant contre ses propres parents … On y évoque la force de la littérature, de l'imaginaire, …
Bref un vrai roman d'apprentissage, mais pas seulement pour l'enfant … Au passage, Lucy en apprend plus sur ses origines, les mythes familiaux. Et se rend compte, de par son propre passé, que Ian, aussi intelligent qu'il soit, ne se détachera jamais du sien. Elle peut simplement l'inciter à lire, à apprendre, pour exercer son esprit critique et se défendre, mais sans nier ce qu'il est. le rendre plus clairvoyant sur ce qu'on voudrait qu'il soit.
Elle raconte surtout la difficulté de vivre dans une Amérique post-11 septembre, qui laisse peu de liberté à ses habitants d'être soi-même. Un pays conformiste, étouffant où elle n'a pas sa place.
Mais ce qui donne de la force à ce roman, ce n'est pas seulement son thème, c'est aussi la manière de la traiter : la narration est décousue, au fil des idées qui passent par la tête de Lucy paniquant face à son geste; au fil des rencontres qu'elle fait; au fil des scénarios qu'elle imagine (issus de références littéraires variées) et qui aboutissent à des textes hilarants …
En passant, elle y brocarde les clichés sur les bibliothécaires, qu'elle dynamite à chaque page : « comme c'est étrange, cette profession systématiquement associée à la solitude, à la virginité et au désespoir féminin. La bibliothécaire, avec son pull à col roulé, qui n'a jamais quitté sa ville natale. Assise à son bureau, elle rêve du grand amour. » Mon oeil oui, nous dit Lucy en nous montrant son caractère guerrier et indépendant, qui n'hésite pas à passer à l'action quand il le faut … Et même si elle a (terriblement) conscience qu'elle ne changera pas le monde, qu'elle ne sauvera personne, elle essaye.
Héroïne attachante, désopilante, surprenante, c'est grâce à elle et à son style que Rebecca Makkai sort du lot avec son premier roman. En bref, lisez, suivez-là, vous ne le regretterez pas.
Lien : http://missbouquinaix.com/20..
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Citations & extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
horlinehorline08 septembre 2012
Même aujourd’hui, cinq ans plus tard, je sais que toute ma Russie, celle forgée par mon esprit, est un pur mensonge. Ma carte mentale de la mère patrie est parsemée de fiction, comme les vieilles cartes de l’Atlantique le sont de sirènes et autres monstres marins : ici au nord de Moscou, se trouve la chocolaterie de mon père ; ici, Ivan Illitch accroche des rideaux ; ici coule la Volga, polluée de réfugiés ; là trotte le nez de Gogol ; ici, les braves citoyens jettent des cailloux à la statue de Staline….
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horlinehorline08 septembre 2012
En bonne Russe, j’avais envie de pénétrer par effraction dans la maison du pasteur Bob et de l’empoisonner. En bonne américaine, j’avais envie de poursuivre quelqu’un en justice.
Mais en bonne bibliothécaire, je restais assise à mon bureau et attendais.
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MissbouquinMissbouquin16 mars 2016
"comme c'est étrange, cette profession systématiquement associée à la solitude, à la virginité et au désespoir féminin. La bibliothécaire, avec son pull à col roulé, qui n'a jamais quitté sa ville natale. Assise à son bureau, elle rêve du grand amour."
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maylibelmaylibel19 décembre 2012
Voici le tableau final. Voici les sous-titres utiles. Voici quelques dernières notes d’espoir pour les curieux, ceux qui comme Ian et moi ne peuvent se retenir de lire les dernières phrases en premier. […] Imaginez-le sous ses couvertures avec la lampe de poche. Pour une éternité bienheureuse, un tel monde devrait suffire. Pour le moment, il devrait le sauver.
Faisons le pari.
(p. 368)
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Bookworm84Bookworm8413 décembre 2012
Comme c'est étrange, cette profession systématiquement associée à la solitude, à la virginité et au désespoir féminin. La bibliothécaire, avec son pull à col roulé, qui n'a jamais quitté sa ville natale.
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